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17/07/2013

GERMAINE DE STAEL.

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Madame de Staël, née et décédée à Paris, (22 avril 1766 – 14 juillet 1817), est une romancière et essayiste française d’origine genevoise. Fille de Jacques Necker et Simone Curchod, elle a été élevée dans un milieu intellectuel, fréquentant le salon littéraire de sa mère.

Après son mariage avec le baron de Staël, ambassadeur de Suède, elle a ouvert son propre salon qui deviendra de plus en plus un salon politique.

Elle s’intéresse à la Révolution française mais après la chute de la monarchie, elle doit se réfugier en Suisse. Revenue à Paris, en 1975, elle s’est convertie à la République. Elle vivra très mal le despotisme de Napoléon. Bannie, elle se réfugie à Coppet, dans le château de Necker, en Suisse, où elle reçoit toute l’Europe cultivée. Elle voyage en Allemagne, en Italie, en Russie. C’est à cette époque qu’elle écrit ses romans  « Delphine » et « Corinne ».

Elle revient à Paris dès le retour des Bourbons où elle compose les « Considérations sur les principaux événements de la Révolution française. » Un livre qui fait encore autorité.

Dans mon souvenir,  Madame de Staël était une intellectuelle brillante et célèbre, recevant dans son salon, l’élite de l’époque.

Les deux premières lignes du chapitre que lui consacre Mona Ozouf ont été une surprise : « Deux fantômes hantent les pensées de madame de Staël : le silence, la solitude ; tous deux grimaçants et étendant leur ombre sur la chance d’être heureux. » Elle la décrit comme hantée par l’idée terrifiante de la mort et même de la vieillesse, où il faut « descendre sans appui. »

Aussi, pour elle, l’amour est, pour les femmes, l’indispensable car elles ont besoin de protection. Mais le versant noir, est la crainte de le perdre. Ainsi, dira-t-elle, les hommes, à tout âge peuvent commencer une nouvelle carrière ; les femmes, perdent leur pouvoir de séduction avec l’âge : « A la moitié de leur vie, il ne leur reste plus que des jours insipides, pâlissant d’année en année. »

Madame de Staël a entretenu une liaison avec Benjamin Constant, un amour passionnel qui la poussera pourtant a refusé le mariage qu’il lui proposait.

Quel constat pessimiste pour les femmes que la recherche de la gloire ! « Les femmes qui veulent songer à la gloire trouve devant elles la société masculine tout entière armée contre des rivales. »

Elle parlera des difficultés rencontrées par une femme auteur : les hommes sont intolérants devant une femme supérieure, rassurés quand ils trouvent chez leurs compagnes, un esprit médiocre ; les jolies femmes ne sont pas fâchées de faire la démonstration qu’elles peuvent vaincre la supériorité de l’intelligence, les mères de famille affirment que ce sont elles qui remplissent la véritable destination de leur sexe.

Même si les femmes n’ont pas toutes la même destinée, madame de Staël en est persuadée : « Il y a bien une nature féminine qui comporte des qualités spécifiques : la mobilité, la délicatesse, l’attention aux détails, le discernement que donnent la sympathie et la pitié ; et des insuffisances spécifiques : la timidité devant la calomnie, la difficulté d’exister sans appui, l’insurmontable faiblesse. » C’est ce que Mona Ozouf a découvert en étudiant la correspondance et les romans de son héroïne. Dans son roman, « Delphine », madame de Staël fait dire à un de ses personnages : « La nature a voulu que les dons des femmes fussent destinés au bonheur des autres et de peu d’usage pour elles-mêmes. »

Ses voyages conforteront madame de Staël dans ses opinions. En Angleterre, le pays interdit absolument aux femmes la gloire et même le délice de briller en société. Elle reconnaît que les hommes rendent aux femmes en respect et en fidélité ce que leur situation sociale a de subalterne. L’Angleterre est le pays des bons ménages mais aussi de l’ennui !

Les Italiens sont spirituels, gais, prêts à tomber amoureux et célèbrent le génie d’un être exceptionnel quel que soit son sexe. Le secret du bonheur italien est d’être imperméable à la vanité et à l’opinion. Les femmes peuvent avec une tranquille assurance confesser leur ignorance ou montrer leur instruction. Elles peuvent être professeurs, médecins ou avocats.

Les Allemandes trouvent chez les hommes plus de sentimentalité et de sérieux qu’en Italie, elles sont moins reléguées qu’en Angleterre, mais, défaut suprême aux yeux de madame de Staël, les hommes ont peu de séduction ! Dans une lettre à Necker, madame de Staël avoue ne rien connaître  « d’aussi lourd, de plus enfumé au moral et au physique que tous les hommes allemands. »

Madame de Staël aime la frivolité française, le brillant, la galanterie, mais elle en connaît le prix : « L’oubli et l’indifférence sont des défauts français. ( …) Là où s’affirme la liberté, la sécurité dépérit. »

J’ai trouvé assez curieux ce portrait que fait madame de Staël des femmes, en se basant sur le pays où elles habitent. Nous dirions maintenant : « Quels clichés ! » Mais, n’avons-nous pas les nôtres ?

Je préfère un autre aspect de la personnalité de madame de Staël : sa foi au changement des mœurs et des habitudes par la diffusion des Lumières. Elle se dit certaine que les femmes n’en seront pas exclues.

Si ses propos sur les femmes m’ont étonnée, elle, si brillante, je suis heureuse d’apprendre que malgré tout, elle avait foi en l’éducation, croyait à une évolution qui ferait que le mariage n’apparaîtrait plus comme le seul destin féminin.

Elle ne s’est pas trompée. Dommage pour elle, qu’elle ait vécu au dix-huitième siècle. Dommage qu’elle ait accordé autant d’importance à l’amour au point d’être malheureuse parce qu’une lettre n’arrive pas…

Mona Ozouf s’est surtout attaché à la conception de ce que nous appelons le féminisme dans le portrait qu’elle fait de Germaine. C’est le sujet de son livre.

Mais, si elle n’a pas été reconnue de son vivant comme elle le méritait, elle est entrée dans l’histoire comme celle qui a fait connaître le romantisme allemand en France. Son influence sur la conception de la littérature est indéniable.

C’est bien la femme de lettres qui reçoit les honneurs de la nation en 1850, lorsque son éloge est fait à l’Académie française. Cette consécration, qu’elle est la seconde femme à recevoir après madame de Sévigné, montre bien que, malgré les hésitations et les réticences, madame de Staël est reconnue comme une des grandes figures littéraires de son siècle.

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