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05/07/2013

LES MEDIAS. (2).

 

Je n’avais pas du tout envie de revenir sur l’abdication du Roi. Tout a été dit. Emissions spéciales à la télévision, défilé de politiques, de spécialistes… Les mêmes questions reviennent en boucle : quel est votre sentiment ? vous y attendiez-vous ? que pensez-vous de Philippe ? Impossible de résumer des heures télévisées. J’ai cependant noté des constantes : surprise de l’annonce – Philippe est bien préparé – Il devra être lui-même – ses conseillers joueront un rôle important etc.

Le discours d’Albert II est bien accueilli avec des remarques parfois amusantes comme le fait qu’il ait lu son discours devant son bureau. Certains y voient un symbole de… je n’en dirai pas plus. Le discours est décortiqué, les interprétations se succèdent, rien que de très normal.

Idem pour le discours d’Elio Di Rupo le jour de l’annonce et le lendemain devant les chambres. Une révélation : la lettre adressée par le Roi au Premier Ministre qui montre clairement ce qu’on savait, le gouvernement aurait préféré que le Roi reste jusqu’aux élections, le Roi a pris sa décision, seul. Aucune critique et du respect : la décision d’abdiquer lui appartenait, comme le choix de l’annonce et du jour de l’abdication. Aucune fausse note, ni du Premier Ministre, ni des politiques, ni des journalistes.

Je retiens qu’Elio Di Rupo savait mais a respecté le souhait légitime du Roi d’annoncer sa décision quand il le voulait et en s’adressant à la nation.

Quelle surprise de découvrir l’interview de Martine Dubuisson à RTL. Il y a plus d’un an, le 2 mars 2012 qu’elle annonçait l’abdication d’Albert II pour le 21 juillet. Elle a été la seule à l’écrire, donc la seule à ne pas respecter un élémentaire devoir de discrétion. Elle se justifie d’une manière vraiment indécente : « On a un peu contribué à préparer l’opinion publique. ». Elle ajoute que le Palais n’a pas apprécié. Mais, elle est fière d’avoir tenu bon.

Voilà donc notre journaliste chargée d’une mission : préparer le pays à l’abdication en lançant des rumeurs, répétées, urbi et orbi, dans le Soir, à la télévision…

Qu’appelle-t-elle « préparer l’opinion » ? Silence. Nous juge-t-elle, nous citoyens, incapables de comprendre le Roi ? La réponse est sans doute dans une affirmation du Soir, que j’ai trouvée dans la presse étrangère : « L’abdication du roi Albert II ouvre une période d’incertitude politique ». Oui, effectivement, si Le Soir continue sa campagne d’acharnement contre la monarchie, tout est possible.

Forte de sa « mission » Martine Dubuisson s’exprime aujourd’hui dans le journal comme conseillère de Philippe : « Le Roi Philippe doit éviter les faux pas – il doit rester dans les clous – Mathilde doit garder son mari dans les rails. »

J’hallucine. Certes, d’autres journalistes s’expriment sur le règne de Philippe, mais sur un autre ton.

Bien sûr, les journalistes interrogent les spécialistes, se demandent qui sera le Chef de Cabinet du roi, glissent même un nom mais sans donner l’impression qu’ils vont décider à la place du Roi. Ils affirment d’ailleurs tous que c’est bien à Philippe de composer son cabinet. Une insistance, parfois un peu maladroite, sur le « coach » en communication qu’il devrait avoir.

Soit. Louis Michel est bien proche de la réalité quand il dénonce la pression exercée sur le Prince. Chaque mot, chaque geste a été commenté. Qu’il se taise ou qu’il parle, peu importe, il y a toujours matière à interprétation.

Marie-Dominique Simonet a annoncé sa maladie dans un communiqué afin que son retrait soit fait en toute transparence. Elle a ajouté, mais je n’ai pas retrouvé la citation, je la donne de mémoire, combien le travail politique pouvait être dur. Elle aussi a été souvent la cible des médias. Je la remercie pour le travail accompli et lui souhaite d’être aussi combative envers sa maladie ce dont je ne doute pas.

Les médias ont un pouvoir énorme. Je forme le vœu qu’ils l’exercent pour « le bien commun » et non à la recherche de l’info qui fera sensation.

Je pourrai terminer sur une note optimiste. Sudpresse donne le résultat d’un sondage : 92 % des Belges estiment que le Roi Albert II a fait un bon choix en abdiquant en faveur de son fils Philippe.  72 % estiment qu’il fera un bon Roi pour une Belgique qui ne devrait pas être affaiblie.

Je vais donc, moi aussi, être optimiste et peut-être sage en ne lisant plus certains journaux.

 

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