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27/06/2013

LES MOTS DES FEMMES.

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MONA OZOUF est l’auteur du livre « Les mots des femmes » suivi d’un essai  « Essai sur la singularité française. »

Mona Sohier est née en 1931 à Plourivo (Côtes-du-Nord). En 1955, elle a épousé Jacques Ozouf, historien ami de François Furet.

Agrégée de philosophie, elle s’est dirigée vers l’histoire et est devenue spécialiste de la Révolution française. Elle y a consacré de nombreux livres.

LES MOTS DES FEMMES.

Mona Azouf fait le portrait d’une dizaine de femmes en s’appuyant sur leurs écrits, livres et surtout correspondance. Elle s’intéresse à ce qu’elles disent du combat féministe et de leur féminité. Elle veut ainsi se distinguer de ses prédécesseurs comme Michelet ou Sainte-Beuve par exemple.

Elle illustre ainsi la condition féminine entre le XVIIIe et XXe siècle. Marie de Deffand, Isabelle Charrière, Manon Roland pour le XVIIIe, Germaine de Staël et Claire de Rémusat, au tournant du XIXe, George Sand et Hubertine Auclert, Colette qui ouvre le XXe siècle, enfin Simone Weil et Simone de Beauvoir.

Chaque chapitre est précédé d’une courte biographie. Elle qualifie aussi les femmes choisies par un adjectif qui, en somme, les résume. Madame du Deffand – Marie ou la féminité ; Madame de Charrière : Isabelle ou le mouvement ; Madame Roland – Manon ou la vaillance ; Madame de Staël – Germaine ou l’inquiétude ; Madame de Rémusat – Claire ou la fidélité ; George Sand – Aurore ou la générosité ; Hubertine Auclert – Hubertine ou l’obstination ; Colette – Gabrielle ou la gourmandise ; Simone Weil – Simone ou l’ascétisme ; Simone de Beauvoir – Simone ou l’avidité.

Certaines sont plus connues que d’autres mais les portraits sont toujours passionnants. Difficile parfois de suivre son raisonnement car elle fait appel aux personnages de ses héroïnes et même si elles citent leur livre, tout le monde n’a pas sa culture. Moi, je n’ai pas lu tous les livres qu’elle cite ou n’en ai plus qu’un vague souvenir.

L’auteur raconte aussi des rencontres, des jugements portés sur leurs contemporains, des anecdotes. C’est tout un monde que nous parcourons en lisant ses portraits.

J’ai l’intention d’en présenter plusieurs dans les semaines qui suivent. Une anecdote pourtant sur Simone de Beauvoir, bien à l’aise, on le sait, dans un monde dominé par les hommes.

« Le livre qui a fait sa réputation, l’énorme Deuxième Sexe est donc une œuvre de hasard. Elle admirait L’Age d’homme, le livre où Michel Leiris avait eu le courage de s’exposer, tel un torero, à la corne du jugement d’autrui, souhaitait prendre elle aussi le risque de l’autobiographie. Sartre qui s’entretient du projet avec elle, a l’intuition qu’une question préalable se pose et s’impose : qu’a signifié pour elle le fait d’être une femme ? Rien du tout, « ça n’a pour ainsi dire pas compté ». Comme il insiste, l’élève consciencieuse s’enferme pour deux ans à la Bibliothèque nationale. Elle y vole de surprise en surprise – la première, la plus forte, est de découvrir que toute femme qui entame son autoportrait doit commencer par ce truisme : « Je suis une femme », alors qu’un homme peut paisiblement passer outre. A mesure qu’elle progresse dans ses lectures se modifie aussi, car elle ne fait rien à moitié, sa vision du monde. De tout cela, elle émerge avec ce monument, à travers lequel le monde entier va la juger, et qui confirme, paradoxalement le « rien » dont elle était étourdiment partie. Etre femme, ce n’est rien, en effet, ni essence, ni destin. Mais pour la grande majorité des femmes, ce rien est tout, et voilà de quoi justifier huit cents pages. »

Un livre écrit par hasard comme celui de Benoîte Groult « Ainsi soit-elle » qui a apporté des révélations sur la situation des femmes comme l’excision et a été un véritable choc. Benoîte Groult reconnaissait récemment dans une interview qu’elle était devenue féministe très tard.

Je n’ai pas aimé « Le Deuxième Sexe » Je lui ai préféré « La femme mystifiée » de Betty Friedan, moins intellectuel, plus près de la réalité vécue par les femmes.

Dans son « Essai sur la singularité française » Mona Ozouf parle de ce qui oppose ces deux féministes : « Toute attachée qu’elle soit à la vision universaliste d’un féminisme de l’équité, Friedan est préoccupée par les aspects concrets de l’existence – la vie quotidienne des femmes est, il est vrai, plus difficile en Amérique qu’en France, le système d’assistance sociale beaucoup moins efficace. Toute séduite qu’elle soit par la différence, Beauvoir ignore les femmes réelles et tient un langage qui paraît à l’autre complètement désincarné. Dialogue de sourdes. »

Dans son essai, Mona Ozouf parle de la spécificité française au niveau du féminisme. D’après elle, la révolution française a donné tellement de droits aux femmes que même la revendication du vote n’était pas importante. (France : 1944). Elle insiste aussi sur le travail fait par l’école laïque  qui mettait les garçons à l’égalité avec les filles. La France a été longtemps le seul pays à accepter des institutrices mariées.

Mona Ozouf le dit clairement, elle n’aime pas le féminisme anglo-saxon même si elle trouve sommaire l’opposition  faite par certains entre le féminisme à la française, qui serait celui de l’égalité, et l’anglo-saxon, qui serait celui de la différence.

J’aurai l’occasion d’y revenir en parlant de certaines des femmes qu’elle a choisi de présenter dans son livre. Mais, il est clair qu’il a existé et existe encore plusieurs conceptions du féminisme.

Je ne résiste pas à citer l’allusion qu’elle fait aux « Lettres persanes » de Montesquieu.

« Ils débarquent en France sans avoir imaginé une seconde que l’esclavage des femmes puisse n’être pas fondé en nature. Ils reçoivent leur premier choc du spectacle que leur offre la vie parisienne : ici, une manière d’égalité entre les sexes, et la liberté. Pas de voiles, ni de grilles, ni d’eunuques. Des maris ruinés, déshonorés, bernés par leurs femmes. »

J’ai beaucoup aimé le livre de Mona Ozouf. Je n’ai pas très bien compris sa conception du féminisme. Elle cite tellement de monde (Montesquieu, Rousseau, Hume, Tocqueville) qu’il en devient difficile de comprendre en quoi elle adhère. Je sais que son livre a été mal accueilli dans certains milieux féministes.

Comme je le crois, il y a féminisme et féminisme. Les revendications des femmes européennes ne sont pas celles qui vivent dans d’autres pays du monde et se battent pour des droits précieux dont nous ne nous rendons plus compte de la chance que nous avons de les avoir. Et pourtant, la véritable égalité homme/femme n’est pas encore acquise, même chez nous.     

24/06/2013

LES MEDIAS.

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Je voudrais revenir très loin, dans le temps. Les journaux étaient la seule source d’information. Je parlerai des plus connus. « Le peuple » socialiste, « La Libre » PSC, « Le Soir » neutre. Simple pour le lecteur qui choisissait son journal d’après ses opinions.

A y regarder de plus près, ce n’était pas aussi simple. Je prends le cas du Soir, qui justifiait sa neutralité par le pluralisme de ses journalises. En réalité, les questions sociales étaient traitées par une socialiste, l’enseignement par un PSC, il n’y a guère que l’économie qui était neutre.

Je me souviens d’une anecdote amusante. J’étais dans le bureau d’un syndicaliste CSC réputé,  lorsque le journaliste de La Libre lui a téléphoné. Démarche logique, l’information  doit bien se trouver. Ce qui l’est moins, c’est que, le lendemain, j’ai lu l’article, un copier/coller de la conversation téléphonique ! Je n’ai jamais oublié cet incident.

Quand la télévision est apparue, très vite, la RTBF a été considérée comme socialiste mais sérieuse, RTL était la TV «  de faits divers ». Les intellos regardaient la RTBF plutôt que RTL. Cela a bien changé.

Je sais que la ligne éditoriale était censée être fixée par un comité mais dans les faits, les journalistes jouissaient d’une grande liberté. Tout le monde se souvient des remous engendrés quand le journal changeait de propriétaire, les journalistes craignant pour leur liberté éditoriale.

Les temps ont bien changé. Les journaux n’ont plus la même étiquette et de ce fait, l’information est souvent la même. Ce n’est pas toujours vrai.

J’ai assisté ces dernières semaines à une véritable campagne du Soir contre Albert II. Elle a commencé par les rumeurs relayées de l’abdication possible cette année. La Libre les a très bien analysées et l’éclairage était fort différent.

Je passe sur les autres attaques pour en venir à l’affaire Delphine Boël. Sa décision de recourir au tribunal pour obtenir l’ADN du roi, d’Astrid et de Philippe, a été un véritable choc dans la population. Le Soir en a remis une couche en sollicitant sa mère pour une « interview exclusive » qui a finalement été reprise dans les journaux et à la télévision.

Hier, lors des débats télévisés, j’ai appris que le roi ne pouvait, à l’époque, ni maintenant reconnaître Delphine puisqu’elle est légalement la fille de Jacques Boël. Pourquoi une information aussi importante n’a-t-elle pas été diffusée ? Cela me pose un réel problème car la population s’est enflammée sur ce qu’elle a perçu comme une « abomination » royale.

La vérité étant connue, il me semble que les journaux devraient la diffuser. Je ne sais pas ce que fera Le Soir, rien sur le site internet et renvoi à l’édition pour les abonnés. Rien dans La Libre qui se contente de parler de la démarche de mardi. Pourquoi ?

Le plus curieux, c’est que RTL sur son site fait un compte rendu du débat absolument inadmissible. Deux tiers sont consacrés aux propos de Van Uytendaele, rien sur l’impossibilité royale de reconnaître Delphine. Pourtant plusieurs personnes l’ont affirmé mais rien. Le résumé de la RTBF, très court, est plus objectif et reprend l’information.

Je n’ose imaginer que Le Soir soit devenu républicain mais pourtant je ne comprends pas cet acharnement contre Albert II assortie d’une hypocrisie qui me met hors de moi. Albert II a été un grand roi, mais oust, qu’il s’en aille !

Et si je juge cette manière d’agir hypocrite c’est qu’elle est assortie d’un éloge de Philippe qu’on n’a jamais entendu. Il est, paraît-il, méconnaissable. La ficelle est un peu grosse !

Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, je dirai que je n’ai rien contre l’abdication du roi mais que, comme beaucoup, je pense que la décision lui appartient et que ces pressions sont intolérables. Je n’ai rien non plus contre Philippe mais le changement de ton à son égard me paraît suspect.

Internet est considéré par tous comme un formidable outil d’information mais où les dérives peuvent être dangereuses. Je revendique la liberté des twittos et des blogueurs car tout le monde sait qu’il parle en leur nom. Je suis moi-même blogueuse et je sais que je ne serai pas, même si je fais attention, nécessairement objective. Je le dis d’ailleurs souvent même pour une présentation d’un livre.

Ce qui me pose aussi problème pour l’information est la composition des plateaux de télévision lors des débats. Le choix n’est jamais innocent. Pour les politiques, c’est clair, ils représentent leur parti. C’est moins évident pour les spécialistes. Inviter un constitutionnaliste plutôt qu’un autre, un psychiatre plutôt qu’un autre a des répercussions sur l’information qui va être donnée. L’animateur est là pour veiller à un minimum d’objectivité ne fût-ce que dans le temps de parole mais encore faut-il qu’il le veuille et qu’il ait assez d’autorité pour qu’il y ait un minimum d’objectivité.

Nous sommes saturés d’information mais ne sommes-nous pas, trop souvent, manipulés ? je le crains. Et ces dernières semaines ont renforcé ma crainte.

Je m’en voudrais de ne pas mentionner combien j’ai apprécié les reportages de la RTBF sur nos rois sauf bien sûr le tout premier dont j’ai parlé dans mon blog. (billet du 28 mai).

Les journalistes font un métier difficile. Je suppose qu’ils ne sont pas toujours vraiment libres de dire ce qu’ils pensent. Je ne sais pas.

La presse hebdomadaire me semble plus claire. On sait très vite quelle est la « couleur » du magazine. On distingue aussi facilement la presse « people » de la presse sérieuse.

Je dirai, qu’heureusement, le lecteur a toujours le choix de son quotidien et peut exercer son esprit critique même si ce n’est pas toujours facile. Ne nous laissons pas manipuler !

21/06/2013

DELPHINE BOEL. (2)

 

Ce matin, en écoutant « Matin première » de la RTBF, une information me fait sursauter : la société de Delphine Boël serait en faillite virtuelle.

J’ai vu que la RTBF l’avait déjà annoncé hier, au journal parlé.

La vidéo est fort explicite. Delphine reconnaît être en difficulté, veut retourner à Londres et cherche de l’argent. Pour elle, être reconnue par Albert II serait « un bien » pour sa famille.

Comment qualifier cela ? La procédure serait de toute manière longue mais ne résoudrait pas ses problèmes financiers. Alors, chantage ?

Le procédé est odieux et tous ceux qui ont vu dans sa démarche une manière de rechercher de l’affection se sont bien trompés.

Sa démarche annoncée a, un fois de plus, alimenté les médias et porté atteinte à la monarchie.

Comment peut-on agir comme cela ?

http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-societe-de-del...

19/06/2013

EUTHANASIE.


La loi sur la dépénalisation de l’euthanasie a été votée en 2012. A l’initiative de Philippe Mahoux (PS) le sénat discute de l’élargissement de la loi aux mineurs et aux personnes atteintes de démence évolutive.

Le vote de la loi en 2012 n’avait pas été facile. C’était l’aboutissement d’un long combat mené notamment par l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité – association pluraliste.)

http://www.admd.be/Who_is_who.html

L’association propose à ses membres la déclaration anticipée d’euthanasie, valable cinq ans. Elle publie une revue, fait des réunions d’information et de formation. Comme elle le dit souvent, elle n’est pas opposée aux soins palliatifs mais regrette que souvent les associations de soins palliatifs soient une véritable machine de guerre contre l’euthanasie.

Rédiger une déclaration anticipée d’euthanasie n’est pas facile. Personne n’aime penser à la mort. Trouver une personne de confiance qui accepte de cautionner votre déclaration, pas simple non plus.

Je regrette que la déclaration ne soit valable que cinq ans. C’est un véritable frein.

Les associations de Soins palliatifs font du bon travail. Nous vivons à une époque où la souffrance est prise en compte. Ce que je leur reproche, c’est la négation qu’elles font de la pratique de la sédation. Pourtant, je l’ai constatée plusieurs fois.

Quelle différence avec l’euthanasie ? Enorme. Le patient n’est pas informé, ses proches non plus, il meurt seul et la famille ne sera avertie que plusieurs heures après le décès. C’est trop souvent le médecin seul qui prendra la décision, sans rien dire, essayant de faire croire que le décès est tout à fait naturel. Pour moi, c’est un vrai scandale.

J’ai aussi été fort étonnée de voir que le patient n’avait pas le choix de son association de soins palliatifs. Il faut l’accord du médecin. Certains s’opposent au choix qui est fait et ce n’est pas acceptable.

Il y a, je crois, unanimité contre l’acharnement thérapeutique. Mais, pratiquement, c’est bien difficile de définir à quel moment il faut arrêter les traitements. Même avec le progrès de l’imagerie médicale, le diagnostic sera toujours très difficile.

Ceci dit, la loi dépénalisant l’euthanasie n’est pas parfaite. Un très grave problème est la liberté de conscience du médecin. Je la trouve indispensable mais elle pose problème. La loi prévoit que ce médecin vous envoie chez un autre qui accepte de pratiquer l’euthanasie. Pratiquement, cela ne se fait pas. Et si vous vous trouvez dans un hôpital qui est contre l’euthanasie, vous ne pourrez rien faire. Je ne vois vraiment pas comment si on est hospitalisé dans un état grave, on peut, après le refus du médecin de vous euthanasier, aller dans un autre hôpital. Il faut, me dit-on, bien choisir son hôpital. C’est encore une fois bien théorique. Vous irez, c’est logique, dans l’hôpital où exerce votre médecin ou vous serez conduit d’office par l’ambulance dans l’hôpital le plus proche.

La loi existe. Pouvoir choisir de mettre fin à sa vie, de mourir entouré des siens est, pour moi, très important. Je regrette qu’elle ne soit pas toujours respectée.

La proposition d’extension de la loi examinée au sénat ne sera pas facile pas plus que ne l’a été la loi de 2002.

Les sujets éthiques sont toujours difficiles à traiter. Mais nous vivons dans un pays où la discussion est possible et c’est déjà bien.

Dois-je quand même rappeler que personne n’est obligé d’être d’accord avec la dépénalisation de l’euthanasie ? Mais, peut-on moralement refuser aux autres ce qu’on ne souhaite pas pour soi ?

18/06/2013

DELPHINE BOEL.

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Qui est-elle ? Sa mère, Sybille de Sélis Longchamp, appartient à une famille bien connue dans « ma région » Waremme, où je suis née. La baronne est la première épouse de Jacques Boël, père légal de Delphine et dont elle porte le nom.

La famille Boël fait partie des plus riches familles du royaume. Gustave Boël, à l’origine de la fortune, était bien connu à La Louvière.

Delphine, née le 22 février 1968, est une artiste spécialisée dans les sculptures de papier mâché. Elle a exposé à Ixelles, en 2001, à Coxyde en 2004 et à Lathem St. Martin en 2008.

Vivant à Londres, elle était une artiste peu connue. Elle a, lors des expositions, largement exploité sa naissance illégitime notamment par ses apparitions dans les médias.

Une de ses affirmations est que son père légal, Jacques Boël l’aurait déshéritée. Comment ? Pourquoi ? L’a-t-elle expliqué ? Jacques Boël, remarié depuis, n’a jamais voulu commenter ce qu’elle disait.

Depuis 1999, date de la révélation de sa naissance, elle revendique d’être reconnue par Albert II qui, a l’époque, n’était évidemment pas roi.

Aujourd’hui elle franchit un nouveau pas en citant à comparaître le Roi, le prince Philippe et la princesse Astrid devant le tribunal de première instance de Bruxelles.

La question qu’on peut légitimement se poser est : « Dans quel but ? » Financier ? Espérance d’un héritage ? Je me demande aussi ce que pensent son mari et ses enfants de cette décision.

Les médias ont déjà largement commenté sa demande. Je ne me prononcerai pas sur l’aspect juridique, d’autres l’ont fait.

Elle se dit « écoeurée », parle du « droit du sang »…

Je ne n’approuve certainement pas sa démarche que je ne qualifierai pas pour ne pas utiliser d’adjectif trop déplaisant.

Dans le débat « Connexions » de ce matin, qui portait sur le droit à connaître ses origines, les avis étaient partagés. Le droit existe mais est-ce toujours une bonne démarche ?  D’aucuns ont insisté aussi sur le droit des pères qui ont adopté un enfant qui n’était pas le leur.

Je peux comprendre qu’un enfant adopté cherche à connaître son géniteur mais je sais aussi que cette démarche fait souvent beaucoup de dégâts.

Je m’interroge aussi sur le droit de la mère à garder le silence, la peine que peut ressentir le père qui a adopté l’enfant, les répercussions sur la famille dans laquelle il vit.

Les pédiatres pourront m’affirmer cent fois que l’enfant sera plus heureux en connaissant son géniteur, je continuerai à penser que ce n’est pas toujours le cas.