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19/06/2013

EUTHANASIE.


La loi sur la dépénalisation de l’euthanasie a été votée en 2012. A l’initiative de Philippe Mahoux (PS) le sénat discute de l’élargissement de la loi aux mineurs et aux personnes atteintes de démence évolutive.

Le vote de la loi en 2012 n’avait pas été facile. C’était l’aboutissement d’un long combat mené notamment par l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité – association pluraliste.)

http://www.admd.be/Who_is_who.html

L’association propose à ses membres la déclaration anticipée d’euthanasie, valable cinq ans. Elle publie une revue, fait des réunions d’information et de formation. Comme elle le dit souvent, elle n’est pas opposée aux soins palliatifs mais regrette que souvent les associations de soins palliatifs soient une véritable machine de guerre contre l’euthanasie.

Rédiger une déclaration anticipée d’euthanasie n’est pas facile. Personne n’aime penser à la mort. Trouver une personne de confiance qui accepte de cautionner votre déclaration, pas simple non plus.

Je regrette que la déclaration ne soit valable que cinq ans. C’est un véritable frein.

Les associations de Soins palliatifs font du bon travail. Nous vivons à une époque où la souffrance est prise en compte. Ce que je leur reproche, c’est la négation qu’elles font de la pratique de la sédation. Pourtant, je l’ai constatée plusieurs fois.

Quelle différence avec l’euthanasie ? Enorme. Le patient n’est pas informé, ses proches non plus, il meurt seul et la famille ne sera avertie que plusieurs heures après le décès. C’est trop souvent le médecin seul qui prendra la décision, sans rien dire, essayant de faire croire que le décès est tout à fait naturel. Pour moi, c’est un vrai scandale.

J’ai aussi été fort étonnée de voir que le patient n’avait pas le choix de son association de soins palliatifs. Il faut l’accord du médecin. Certains s’opposent au choix qui est fait et ce n’est pas acceptable.

Il y a, je crois, unanimité contre l’acharnement thérapeutique. Mais, pratiquement, c’est bien difficile de définir à quel moment il faut arrêter les traitements. Même avec le progrès de l’imagerie médicale, le diagnostic sera toujours très difficile.

Ceci dit, la loi dépénalisant l’euthanasie n’est pas parfaite. Un très grave problème est la liberté de conscience du médecin. Je la trouve indispensable mais elle pose problème. La loi prévoit que ce médecin vous envoie chez un autre qui accepte de pratiquer l’euthanasie. Pratiquement, cela ne se fait pas. Et si vous vous trouvez dans un hôpital qui est contre l’euthanasie, vous ne pourrez rien faire. Je ne vois vraiment pas comment si on est hospitalisé dans un état grave, on peut, après le refus du médecin de vous euthanasier, aller dans un autre hôpital. Il faut, me dit-on, bien choisir son hôpital. C’est encore une fois bien théorique. Vous irez, c’est logique, dans l’hôpital où exerce votre médecin ou vous serez conduit d’office par l’ambulance dans l’hôpital le plus proche.

La loi existe. Pouvoir choisir de mettre fin à sa vie, de mourir entouré des siens est, pour moi, très important. Je regrette qu’elle ne soit pas toujours respectée.

La proposition d’extension de la loi examinée au sénat ne sera pas facile pas plus que ne l’a été la loi de 2002.

Les sujets éthiques sont toujours difficiles à traiter. Mais nous vivons dans un pays où la discussion est possible et c’est déjà bien.

Dois-je quand même rappeler que personne n’est obligé d’être d’accord avec la dépénalisation de l’euthanasie ? Mais, peut-on moralement refuser aux autres ce qu’on ne souhaite pas pour soi ?

Commentaires

Le sujet est très difficile, Mado, mais je sursaute en lisant ton paragraphe sur les soins palliatifs ("Quelle différence avec l’euthanasie ? Enorme."...)
Ayant pu accompagner une amie aux soins palliatifs de St Jean à Bruxelles, je me suis dit que je voudrais pouvoir finir ma vie dans de telles conditions : l'accueil aussi bien envers la famille qu'envers les autres visiteurs, les échanges, l'information aux proches et l'attention continue, la qualité des soins, le traitement de la douleur, le respect de la personne...

Écrit par : Tania | 19/06/2013

Chère Tania,
Nous n'avons pas la même expérience. Je crois avoir dit que les associations de soins palliatifs faisaient du bon travail. Je leur reproche seulement la sédation. Je n'ai pas été informée de la mort de mon père, de ma mère, de mon frère, hospitalisés en soins palliatifs. J'ai été prévenue plusieurs heures après leur décès et je ne l'ai jamais oublié. Ce que je voulais dire, c'est qu'ils doivent avertir les proches et demander leur avis. Ils le font maintenant, parfois, pas toujours. Ma fille a travaillé des années dans une association de soins palliatifs et pour le soulagement de la souffrance, l'accueil etc je suis tout à fait d'accord.

Écrit par : mado | 19/06/2013

Oh, quelles expériences douloureuses - je comprends, Mado, excuse-moi.

Écrit par : Tania | 20/06/2013

Chère Tania,
Tu n'as pas à t'excuser, tu as lu l'article et tu as réagi en fonction de ce que j'écrivais.
J'avais écrit une première version très personnelle, je l'ai supprimée pour faire un article plus général mais, je l'ai vu à ta réaction, devenait presque incompréhensible. Ce n'est pas touours facile de gommer les expériences qui vous restent en tête.
Merci pour tes deux réactions.

Écrit par : mado | 21/06/2013

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