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18/04/2013

LAURENT GOUNELLE.

 

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Laurent Gounelle est né le 10 août 1966. Il voulait devenir psychiatre mais sous la pression de sa famlle, il a fait des études de Sciences économiques. Il a travaillé en entreprise puis est devenu consultant s’intéressant surtout à l’amélioration des relations entre les gens et l’épanouissement au travail. Il a fait des formations en Europe, en Asie et aux Etats-Unis.

Son premier livre « L’homme qui voulait être heureux » publié en 2008 a été un best-seller international. (billet du 4 octobre 2012)

LES DIEUX VOYAGENT TOUJOURS INCOGNITO.

Le titre du livre est inspiré par la célèbre citation d’Einstein : « Le hasard, c’est Dieu qui voyage incognito. »

Alan Greenmoor vit mal.  « Mon existence était une succession d’échecs qui avait commencé avant même ma naissance. Mon père – si l’on peut désigner ainsi le vulgaire géniteur qu’il fut – ne m’avait pas jugé digne de le connaître : il avait quitté ma mère dès qu’elle lui avait annoncé sa grossesse. »

Sa mère l’avait élevé seule et quand elle avait appris qu’aux Etats-Unis les études étaient payantes et fort coûteuses, elle l’avait forcé à faire du sport, seule chance d’obtenir une inscription gratuite dans une université. Sa mère mourut quelques années après qu’il ait obtenu son diplôme. Sur un coup de tête, il était parti à Paris et avait été engagé dans un cabinet de recrutement : Dunker Consulting.

Alan ne se sent pas en accord avec l’esprit de l’entreprise. De plus,  son amie Audrey, étudiante aux Beaux Arts, vient de le quitter, sans explication, laissant un simple mot sur la table « Adieu. » Elle a aussi laissé un article d’un psychiatre, Igor Dubrovnik qui explique comment se suicider. Il décide de passer à l’acte en suivant les instructions de l’article. Il va se jeter du haut d’un restaurant « Jules Verne ». Un homme d’une soixantaine d’années apparaît qui l’empêche de le faire.

Yves Dubreuil, qui vient de lui sauver la vie, passe un pacte avec lui. « Voilà, tu restes en vie, et moi je m’occupe de toi, de te remettre dans le droit chemin, de faire de toi un homme capable de mener sa vie, de résoudre ses problèmes et même d’être heureux. En échange, tu t’engages à faire tout ce que je te dirai. Tu t’engages… sur la vie. »

Alan accepte. Il est embarqué dans ce que je pourrais appeler « un parcours initiatique. » Yves Dubreuil va lui imposer des tâches à accomplir censées le transformer. Il devra apprendre à dire « non », à imposer ses opinions, à vaincre le tract, en un mot, à devenir un homme libre qui a confiance en lui.

Alan accomplit tout ce qui lui ordonne Dubreuil. L’auteur relate longuement les entretiens entre Alan et Yves. Ce dernier n’explique jamais comment les tâches qui lui imposent, qui paraisent bien farfelues, vont le transformer.  Alan doute bien un peu, se demande s’il n’a pas affaire à un sadique ou un gourou mais s’exécute.

Le lecteur se divertira des différentes tâches imposées à Alan. Un exemple : entrer dans une bijouterie de luxe pour faire semblant d’acheter une montre, en essayer une série puis sortir sans rien acheter.

Laurent Gounelle fait passer ses idées sur le développement personnel par le truchement de ses deux personnages. Le procédé est ingénieux car le lecteur est pris par l’intrigue, se demande comment tout cela va finir et qui est donc ce Dubreuil.

Alan travaille toujours dans le cabinet de recrutement. Le directeur a décidé d’entrer les actions en bourse et désormais tout est centré sur le chiffre d’affaires à réaliser. Il n’hésite pas  à changer encore plus l’esprit de l’entreprise. Il ordonne à son personnel de passer le moins de temps possible avec chaque candidat et publie même de fausses offres d’emploi pour donner l’impression aux marchés que l’entreprise est très performante. Il faut, comme on le dit maintenant, « faire du chiffre ». Alan est révolté mais ne parvient pas à faire changer son patron qui se moque de ses réticences et le traite d’idéaliste.

La dernière tâche imposée par Yves Dubreuil à Alan est de devenir le président de l’entreprise. Un défi insensé qu’Alan va pourtant réaliser. A quel prix ? Il va faire chuter les actions par des procédés fort peu honnêtes pour arriver à diminuer le poids des deux actionnaires principaux et faire venir les petits actionnaires, effarés par la chute de leurs actions, à l’Assemblée Générale où il se présente comme candidat au poste de président.

Cette partie du livre est ennuyeuse,  je dirais même en contradiction avec les théories de l’auteur. Réussir à tout prix mais par des procédés malhonnêtes. Laurent Gounelle justifie l’action d’Alan par un raisonnement spécieux. Les actionnaires ont le choix entre un président qui leur apportera de l’argent rapidement ou un autre qui ne sera pas préoccupé par les bénéfices mais rendra l’entreprise plus humaine. Les actionnaires le choisissent comme président. La ficelle est un peu grosse, personne ne peut imaginer que ce soit possible dans « la vraie vie ».

Alan a donc réalisé le dernier défi imposé par Dubreuil. Il garde l’ancien président comme directeur général.

Le livre ne pouvait pas se terminer comme cela. Alan va apprendre qu’Yves Dubreuil est en réalité le psychiatre Igor Dubrovski qui a manigancé tout cela parce qu’il est en réalité le père d’Alan qu’il avait abandonné avant sa naissance. Il veut réparer l’abandon en aidant son fils à devenir quelqu’un d’heureux.

Apprenant qu’Alan a réussi le dernier défi, qu’il croyait qu’il refuserait,  il se suicide. Alan retrouve Audrey, vend la maison héritée de son père et reprend sa vie avec Audrey presque comme avant.

Le livre est passionnant.  Le lecteur retrouvera « les recettes » déjà décrites dans le livre précédent. Libre à lui d’y adhérer ou de ne pas y croire.

Un petit coup de patte à Jacques Lacan. Igor Dubrobroski est présenté comme faisant de l’ombre au célèbre psychanalyste. Le portrait qu’il fait de lui est peu flatteur : prix exhorbitants, séances de plus en plus courtes.  Jacques Lacan a ses « fans » et ses détracteurs. Psychanalyse contre PNL… (Programmation-Neuro-Linguistique).

Le roman ne changera peut-être pas votre vie mais vous passerez un bon moment.

 

17/04/2013

TOUR D'HORIZON.


C’est fou ce que l’on peut parler d’enseignement ! Cela devrait être une bonne nouvelle. Malheureusement, ce sont toujours les mêmes dossiers qui reviennent sur la table sans apporter de réelles solutions au vrai problème qu’est la qualité.

Le décret d’inscription a été revu plusieurs fois, la polémique n’a pas cessé et l’objectif de mixité sociale, de l’avis de tous, n’a pas été atteint. Qu’importe ! On le maintiendra !

La réforme des titres revient sur la table. Plus de vingt ans qu’on l’a essayée sans aboutir à un accord. Marie-Dominique Simonet s’y remet ! Apparemment la seule nouveauté est la création d’un nouveau titre dit « de pénurie ». Cela pourrait être bon mais me paraît assez comique au moment où le ministre Marcourt remet en cause la formation des enseignants.

Apparemment, le ministre a compris que l’allongement des études à cinq ans plutôt que trois pèserait sur les parents des futurs enseignants et aggraverait la pénurie. Il ne renonce pas et imagine plusieurs formules, que je ne détaillerai pas, censées rencontrer l’objectif de  la CGSP  de mettre tous les enseignants au barème 501 même s’il faut plusieurs années pour y parvenir. Un coût élevé pour le budget de la communauté mais pas tout de suite. Après moi, les mouches... Et puis c’est bien une habitude de programmer des dépenses qu’on laissera aux autres !

Autre débat très ancien : la réforme des rythmes scolaires. Congé de carnaval trop court, vacances d’été trop longues. J’apprends qu’il faut quinze jours pour qu’un congé soit bénéfique : une semaine pour se déshabituer du rythme de l’école, l’autre pour se reposer ! Dit sans rire par un éminent spécialiste. Deux mois, c’est trop long, l’élève oublie ce  qu’il a appris et l’année doit commencer par des révisions. Après six semaines, non ? Je m’insurge car je pense que tout prof sérieux sait qu’il faut commencer une nouvelle année scolaire par des révisions. La durée des vacances n’y changera rien. J’irai plus loin, les révisions sont utiles toute l’année. Selon moi, les contrôles pendant l’année seraient mieux réussis s’ils étaient préparés par un rapide rappel de la matière.

Toujours en débat, le cours de philo. J’ai déjà dit ce que j’en pensais.

Pas de débat mais un constat : trois cents  professeurs en incapacité à la suite d’agressions en 2012. Dire, comme le fait la CGSP, que c’est seulement une conséquence de plaintes plus nombreuses, c’est nier le problème réel de la violence dans les écoles. A quand une recherche sérieuse sur les moyens de l’enrayer ?

Je pourrais, une fois de plus, parler de la réforme de l’enseignement professionnel qui n’est toujours pas à l’ordre du jour. Pense-t-on encore, comme il y a vingt ans, que le rôle de l’école n’est pas de répondre aux besoins des entreprises ? Tant pis pour le chômage !

J’espère que la prochaine fois que je parlerai de l’enseignement ce sera pour annoncer de bonnes nouvelles. J’aimerais telllement.

 

10/04/2013

LENINE.

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Diane Ducret consacre un chapitre de son livre  « Femmes de dictateur » à Lénine. Né le 10 avril 1870, il est décédé le 21 janvier 1924. Il s’appelait Vladimir Oulianov. Il avait fait des études de droit à l’Université de Saint-Pétersbourg. Il a participé à la Révolution russe qui a renversé le tsar, a fondé le parti bolchevik, institué le parti unique et les camps forcés ancêtres des goulags.

 L’auteur ne parle pas de sa vie de dictateur mais s’intéresse aux femmes qui ont fait partie de sa vie.

La première est sa mère. Il profitera de l’amour qu’elle lui vouait. Il lui demande continuellement de l’argent Elle accepte toujours. Elle lui envoie de la nourriture et des vêtements lors de ses séjours en prison et a même été jusqu’à déménager pour se rapprocher de lui. L’aimait-il ? L’auteur n’en dit rien.

Beaucoup de femmes ont aimé Lénine mais il n’en a véritablement aimé que deux, Nadia et Inessa.

Nadia, il l’a épousée, contraint, si je puis dire, parce qu’elle l’avait rejoint en Sibérie où il purgeait une peine de trois ans. Cest pendant ce séjour, au bord de la Léna qu’il décida de s’appeler Lénine. Nadia avait parcouru 8000 Km en train, trois jours en traîneau pour le rejoindre. « Il prend conscience de ce qu’elle avait fait pour lui. (...). Lénine est séduit par ce coup de force et accepte sans broncher sa nouvelle condition d’homme marié. »

Nadia était issue d’une famille noble mais pauvre et, très jeune, professait des idées progressistes. Elle s’occupera de sa santé, de son bien-être, supportera ses maîtresses et jouera un rôle politique important. Elle créera un magazine féminin « Femme ouvrière » qui remportera un grand succès.

Lénine n’avait guère d’estime pour les femmes. « Lénine répète à qui veut l’entendre qu’il n’a jamais connu une femme capable de lire « Le Capital », ni de  se débrouiller d’un tableau horaire de trains, ni même de jouer aux échecs. »

Et pourtant il va leur confier des rôles importants. Au gouvernement issu de la révolution d’octobre, il place des femmes à des places stratégiques. Sa soeur, Maria, à la rédaction de son journal, La Pravda, Inessa, à la direction du Soviet de Moscou, Alexandra est ministre. Plus tard, il sera entouré d’une véritable armada de secrétaires.

Pourquoi confie-t-il des postes importants à des femmes ?  Voilà ce que dit l’auteur : « Depuis son enfance, Lénine sait s’entourer de femmes, nombreuses à s’affairer autour de lui. Lénine ne fait confiance qu’à elles. Il a besoin de s’entourer d’une intimité qui ne soit pas celle de rivaux politiques. Comprenant très tôt l’enjeu que peut représenter cette masse brimée, il se présentera comme  un féministe (...) Nous ne pouvons exercer la dictature du prolétariat sans avoir des millions de femmes de notre côté »

Féministe, il ne l’était certainement  pas.  Ainsi, trouvera-t-il  stupide qu’Inessa veuille améliorer la condition des prostituées. Il  jugera  sévèrement sa défense de l’union libre. Position bourgeoise, dira-t-il, alors qu’il a longtemps vécu, à la fois, avec Nadia et Inessa !

Féministe, Inessa l’était.  Elle sera une ardente avocate de la liberté des femmes. Sa vocation remonte à une humiliation infligée par un pope. Alors qu’elle était enceinte de son troisième enfant, on lui avait refusé l’entrée de l’église parce qu’enceinte, elle était impure !

Une personnalité curieuse que celle d’Inessa. Elle avait été dans sa jeunesse amoureuse d’un jeune rebelle, Vlady, qui mourra  de la tuberculose. Mariéé à Alexandre Arnaud, elle semblait avoir trouvé l’équilibre qui lui avait manqué dans sa jeunesse :  la richesse, un mari gentil et attentionné. C’est son frère Vlad qui lui fera découvrir les milieux révolutionnaires.

Une amie l’amènera à une réunion semi-clandestine où elle rencontrera  Lénine. Elle n’est pas impressionnée par lui, qui, comme à son habitude, est mal vêtu, parle bien mais à l’air d’un moujik. Lui est conquis par cette jeune femme de quatre ans sa cadette. Il a trente-neuf ans. « Elle est habillée très à la mode, avec un chapeau sombre sophistiqué orné d’une plume rouge. Sous une masse indomptable de cheveux châtains, il remarque ses yeux immenses, sa grande bouche sensible,ses traits finement modelés. Rapide, intelligente, Inessa dégage une confince en elle inébranlable qui attire encore plus l’ardent idéologue. »

Comme Nadia, elle fera partie de ceux qui dirigeront le premier état communiste. Elle fondera une école pour diffuser  les idées de Lénine.  Chargée de la question paysanne, elle s’épuise. Elle en mourra.  Lénine est bouleversé. A son enterrement, il marche les yeux fermés, au bord des larmes.

Lénine sera victime d’une attaque. Se sentant perdu, il dictera à sa secrétaire une lettre qui peut-être considérée comme son testament. « Je pense que la présence au CC de membres tels que Staline et Trotski est une menace pour la stabilité. (...) En devenant secrétaire général, le camarade Staline a concentré entre ses mains un pouvoir immense, et je ne suis pas sûr qu’il sache toujours l’utiliser avec suffisamment de prudence. » Seule Nadia sera autorisée à l’ouvrir après sa mort.

Après la mort de Lénine, Nadia sera forcée de travailler avec Staline... Le jour de son anniversaire, en 1939, Staline lui enverra un gâteau qui l’empoisonnera... Elle sera rapidement incinéréé...

Je retiendrai le nom de deux féministes marxistes méconnues : Nadejda Kruhskaïo  et Inessa Arnaud Elles ne sont pas les seules femmes à ne pas être entrées dans l’histoire !

05/04/2013

CREDO POLITIQUE.

  

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ERIC de BEUKELAERE, né en 1963, est curé-doyen au centre de Liège. Il a été de 2002 à 2010, porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique. Historien,  il s’est toujours intéressé à la politique.

CREDO POLITIQUE.

Les thèmes abordés sont sérieux : civilisation, démocratie, spiritualité, justice, écologie, médias. L’auteur nous livre sa réflexion sur le monde d’aujourd’hui, sur ce qu’il apprécie ou regrette Il fait aussi des propositions, donne des conseil aussi bien aux hommes, croyants ou athées, qu’aux politiques ou aux journalistes. Sans pédanterie, avec le sourire et beaucoup d’humour.

Côté chrétien : des citations de Benoît XVI, admirables d’ailleurs, quelques références à l’évangile ou à la doctrine de l’Eglise mais sans appuyer. Ce n’est pas un livre polémique et si l’auteur titre son livre « credo » il a bien fait d’ajouter « politique ».

Pour l’auteur, l’avènement de la démocratie moderne date du 28 mai 1940 quand Winston Churchill a décidé de déclarer la guerre à l’Allemagne. Sans cela, Hitler aurait peut-être gagné la guerre. Et adieu la démocratie !

Ainsi le livre commence par un rappel historique et c’est, à mon avis, la partie intéressante du livre que le retour à l’histoire pour expliquer ses positions. Mais, il dit en s’adressant aux politiques, il faut connaître l’histoire pour nourrir sa réflexion, évidemment pas pour la copier.

Les exemples abondent dans ce qui a changé. La conception du bonheur par exemple, est bien différente de celles de nos grands-parents, la société de consommation a fait de notre monde un tout autre monde. Pas de condamnation mais pas non plus l’affirmation qu’elle n’est pas acceptible à tous !

 L’auteur est plus sévère sur mai 68 et la liberté sexuelle qui, d’après lui, a engendré des bouleversements de la famille où les enfants et les adultes sont souvent perdants. Je trouve son analyse un peu courte. Les divorces ne sont pas seulement imputables à mai 68 et, pour moi, la liberté de la femme est une valeur essentielle.

Le credo de l’auteur est la justice. Ce serait trop long à expliquer et hélas ! impossible à résumer.

Le plus important est un appel à la spiritualité. L’auteur cite Malraux sans le déformer comme c’est souvent le cas. Sans dogmatisme mais avec une insistance sur le droit de chacun de pouvoir s’exprimer. Ainsi, s’il admet que la foi relève d’une conviction personnelle, il revendique le droit pour les chrétiens d’affirmer leurs opinions, même de peser sur les décisions politiques tout en affirmant qu’une fois la loi votée, elle doit être respectée. Ce qui est primordial pour lui est d’agir selon sa conscience. Un exemple : l’euthanasie, il la rejette au nom de sa foi chrétienne et trouve que les médecins ont le droit de refuser de la pratiquer. Nuance importante, l’obligation d’orienter leurs patients vers un autre collègue D’accord, mais c’est théorique car une fois hospitalisé, c’est bien difficile d’aller ailleurs...

Je dirai quand même que je suis bien d’accord sur la primauté de la conscience mais je redoute les dérives. Le jihadiste qui se fait sauter obéit à sa conscience : est-ce bien ? Je pourrais donner d’autres exemples tout bêtement pratiques où la primauté de la conscience rendrait toute vie communautaire impossible... Et, il le souligne bien, les hommes ne sont pas tous des « justes » D’accord, mais je ne crois pas au péché originel. L’homme est ce qu’il est attiré par le bien ou le mal. C’est une évidence.

Comme j’ai un peu peur d’avoir d’avoir eu une lecture du livre trop personnelle, je vais lui laisser la parole.

EXTRAITS.

« La société semble en panne de valeurs qui puissent servir de boussole dans la tempête. »

« Quand un éclésiastique est convié sur un plateau c’est plutôt à titre d’ajout...folklorique. »

« Je pense qu’il s’agit de faire de cet élan spirituel un enjeu public – une « culture d’état » à inscrire en-tête de nos constitutions et à enseigner dans nos programmes scolaires avec autant de sérieux que le calcul ou la grammaire. »

« Je suis opposé à une législation sur le blasphème. »

« N’est-il pas curieux de constater qu’à l’époque de la communication, le premier cancer ce nos sociétés soit la solitude ? »

« Le bien commun est cette notion morale qui rappelle que l’économie est faite pour l’homme et non pas l’homme pour l’économie. »

« Avec d’autres traditions religieuses ou humanistes, la vision chrétienne de l’homme énonce que celui-ci n’est ni ange, ni bête. Il est une créature capax Dei, c’est-à-dire capable d’avoir des actions dignes de Dieu, mais en même temps abîmée par une blessure archaïque – que la tradition chrétienne nomme le péché originel. »

 J’ai aimé le livre, je ne regrette pas ma lecture même si je n’adhère pas à tout ce que dit l’auteur. J’aurais souhaité plus de souffle, des convictions mieux affirmées, plus convaincantes. Un véritable appel à la spiritualité. L’auteur a, me semble-t-il, préféré la tolérance, voire la tiédeur qui n’était pas celle du Christ.

 

01/04/2013

COURS DE PHILOSOPHIE.

cours de philosophie

Une question débattue de puis longtemps a ressurgi dans l’actualité. Faut-il instituer des cours de philo ? Question subsidiaire : à partir de quel âge ? Le débat Controverse de ce dimanche a abordé la question mais comme d’habitude dans des affrontements entre différentes positions, pas toujours exprimées clairement.

Petit rappel. Que dit la Constitution ? « Art.24. La communauté assure le libre choix des parents. La communauté organise un enseignement qui est neutre. La neutralité implique notamment le respect des conceptions philosophiques, idéologiques ou religieuses des parents et élèves. Les écoles organisées par les pouvoirs publics offrent, jusqu’à la fin de l’obligation scolaire, le choix entre l’enseignement d’une des religions reconnues et celui de la morale non confessionnelle. »

Le pacte scolaire de 1959, compromis après la guerre scolaire, distingue l’enseignement confessionnel, qui organise des cours de religion et l’enseignement officiel qui doit offrir le choix entre les différents cours comme précisés dans la constitution.

Première difficulté rencontrée par ceux qui défendent l’introduction de la philosophie à la place du cours de morale ou de religion, la constitution ne le permet pas. Certains jouent sur les heures non précisées ce qui implique que les deux heures hebdomadaires pourraient être réduites.

Autre argument : le monde a changé. Doit-on alors maintenir l’enseignement des religions ? Ce point de vue défendu par les laïcs n’est pas acceptable par les représentants des cultes. On voit mal l’école catholique accepter la suppression des cours de religion, définis par le pacte scolaire comme sa spécificité. De même dans l’enseignement officiel, pas question de supprimer l’enseignement du Coran par exemple.

Autre argument des laïcs, la religion est une affaire privée donc ne devrait pas être enseignée à l’école. Cela paraît assez logique mais se heurte à une autre conviction : l’école est aussi un lieu d’éducation donc de transmissions de valeurs.

Voilà pour la théorie. En réalité, tout le monde sait que les cours de religion ou de morale n’étant pas soumis à un programme, même s’ils sont inspectés, ont bien évolué. J’ai enseigné dans une école catholique où il n’y avait que des étrangers en majorité des musulmans. Comment le prof de religion aurait-il pu ignorer cette réalité ? Les cours ont été adaptés. Cours d’histoire des religions, débats sur des questions de société, philo ont, bien entendu, remplacé le catéchisme d’antan.

Comme le lecteur peut s’en apercevoir, ce n’est pas simple.

J’ai, pour ma part, sans savoir comment techniquement le faire, souhaité l’introduction des cours de philosophie dans les deux dernières années du secondaire.

Plusieurs choses dans ce que j’ai entendu n’ont pas mon adhésion. La première, le cours de philo devrait se donner dès la première année primaire. Après avoir sursauté, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de cours de philo, ni même d’histoire de la philo, mais d’un cours de civisme. Qu’est-ce que cela veut dire ? 12 ans à former des citoyens. Fort bien, comment ? Enseigner le code de la route, combattre les incivilités, enseigner les rouages de l’état ? Comme rien n’est précisé, je ne sais pas, mais même en forçant mon imagination, je ne vois pas. De plus, je reste persuadée que ce dont nos jeunes ont besoin c’est d’une transmission des valeurs : respect des autres, rejet de la violence, apprentissage de la tolérance pour ne citer que celles-là. Valeurs universelles ? Pas pour tous.

Je suis encore plus perplexe devant la proposition de Marie-Dominique Simonet. Un tronc commun pour apprendre le fameux « vivre ensemble » cours dans lequel on mélangerait  toutes les religions. Je suis sceptique.

Si, officiellement ce cours existait, je suis quasi certaine qu’il deviendrait vite un lieu d’affrontement comme on le voit en politique. « Je défends ma religion. – Tu ne peux pas attaquer la mienne. – Je te défends de dire cela. – Tu ne comprends rien à ce que je dis » Pauvre prof qui devra affronter tout cela !

Vous me direz qu’actuellement, les échanges ont lieu dans les cours de morale ou de religion maisi ils ne sont pas officialisés, le prof sait bien jusqu’où il peut aller.

Une autre proposition de la ministre m’a fait frémir. Elle annonce qu’elle va rendre un décret pour établir les programmes. Pour son nouveau cours ou pour les cours existants ? Quid de la liberté pédagogique qui permet de s’adapter à son public ?

Certains, dont je suis, souhaitent une meilleure formation des imans. Qu’il y ait des dérives est une réalité trop souvent niée. L’islam enseigné dans les écoles n’est pas toujours l’islam des lumières de Malek Chebel.

J’ai tenu à m’exprimer comme d’autres, mais ce n’est qu’une première réflexion sur ce qui se dit. On verra…