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18/04/2013

LAURENT GOUNELLE.

 

laurent gounelle, les dieux voyagent toujours incognito, philosophie de vie, PNL

Laurent Gounelle est né le 10 août 1966. Il voulait devenir psychiatre mais sous la pression de sa famlle, il a fait des études de Sciences économiques. Il a travaillé en entreprise puis est devenu consultant s’intéressant surtout à l’amélioration des relations entre les gens et l’épanouissement au travail. Il a fait des formations en Europe, en Asie et aux Etats-Unis.

Son premier livre « L’homme qui voulait être heureux » publié en 2008 a été un best-seller international. (billet du 4 octobre 2012)

LES DIEUX VOYAGENT TOUJOURS INCOGNITO.

Le titre du livre est inspiré par la célèbre citation d’Einstein : « Le hasard, c’est Dieu qui voyage incognito. »

Alan Greenmoor vit mal.  « Mon existence était une succession d’échecs qui avait commencé avant même ma naissance. Mon père – si l’on peut désigner ainsi le vulgaire géniteur qu’il fut – ne m’avait pas jugé digne de le connaître : il avait quitté ma mère dès qu’elle lui avait annoncé sa grossesse. »

Sa mère l’avait élevé seule et quand elle avait appris qu’aux Etats-Unis les études étaient payantes et fort coûteuses, elle l’avait forcé à faire du sport, seule chance d’obtenir une inscription gratuite dans une université. Sa mère mourut quelques années après qu’il ait obtenu son diplôme. Sur un coup de tête, il était parti à Paris et avait été engagé dans un cabinet de recrutement : Dunker Consulting.

Alan ne se sent pas en accord avec l’esprit de l’entreprise. De plus,  son amie Audrey, étudiante aux Beaux Arts, vient de le quitter, sans explication, laissant un simple mot sur la table « Adieu. » Elle a aussi laissé un article d’un psychiatre, Igor Dubrovnik qui explique comment se suicider. Il décide de passer à l’acte en suivant les instructions de l’article. Il va se jeter du haut d’un restaurant « Jules Verne ». Un homme d’une soixantaine d’années apparaît qui l’empêche de le faire.

Yves Dubreuil, qui vient de lui sauver la vie, passe un pacte avec lui. « Voilà, tu restes en vie, et moi je m’occupe de toi, de te remettre dans le droit chemin, de faire de toi un homme capable de mener sa vie, de résoudre ses problèmes et même d’être heureux. En échange, tu t’engages à faire tout ce que je te dirai. Tu t’engages… sur la vie. »

Alan accepte. Il est embarqué dans ce que je pourrais appeler « un parcours initiatique. » Yves Dubreuil va lui imposer des tâches à accomplir censées le transformer. Il devra apprendre à dire « non », à imposer ses opinions, à vaincre le tract, en un mot, à devenir un homme libre qui a confiance en lui.

Alan accomplit tout ce qui lui ordonne Dubreuil. L’auteur relate longuement les entretiens entre Alan et Yves. Ce dernier n’explique jamais comment les tâches qui lui imposent, qui paraisent bien farfelues, vont le transformer.  Alan doute bien un peu, se demande s’il n’a pas affaire à un sadique ou un gourou mais s’exécute.

Le lecteur se divertira des différentes tâches imposées à Alan. Un exemple : entrer dans une bijouterie de luxe pour faire semblant d’acheter une montre, en essayer une série puis sortir sans rien acheter.

Laurent Gounelle fait passer ses idées sur le développement personnel par le truchement de ses deux personnages. Le procédé est ingénieux car le lecteur est pris par l’intrigue, se demande comment tout cela va finir et qui est donc ce Dubreuil.

Alan travaille toujours dans le cabinet de recrutement. Le directeur a décidé d’entrer les actions en bourse et désormais tout est centré sur le chiffre d’affaires à réaliser. Il n’hésite pas  à changer encore plus l’esprit de l’entreprise. Il ordonne à son personnel de passer le moins de temps possible avec chaque candidat et publie même de fausses offres d’emploi pour donner l’impression aux marchés que l’entreprise est très performante. Il faut, comme on le dit maintenant, « faire du chiffre ». Alan est révolté mais ne parvient pas à faire changer son patron qui se moque de ses réticences et le traite d’idéaliste.

La dernière tâche imposée par Yves Dubreuil à Alan est de devenir le président de l’entreprise. Un défi insensé qu’Alan va pourtant réaliser. A quel prix ? Il va faire chuter les actions par des procédés fort peu honnêtes pour arriver à diminuer le poids des deux actionnaires principaux et faire venir les petits actionnaires, effarés par la chute de leurs actions, à l’Assemblée Générale où il se présente comme candidat au poste de président.

Cette partie du livre est ennuyeuse,  je dirais même en contradiction avec les théories de l’auteur. Réussir à tout prix mais par des procédés malhonnêtes. Laurent Gounelle justifie l’action d’Alan par un raisonnement spécieux. Les actionnaires ont le choix entre un président qui leur apportera de l’argent rapidement ou un autre qui ne sera pas préoccupé par les bénéfices mais rendra l’entreprise plus humaine. Les actionnaires le choisissent comme président. La ficelle est un peu grosse, personne ne peut imaginer que ce soit possible dans « la vraie vie ».

Alan a donc réalisé le dernier défi imposé par Dubreuil. Il garde l’ancien président comme directeur général.

Le livre ne pouvait pas se terminer comme cela. Alan va apprendre qu’Yves Dubreuil est en réalité le psychiatre Igor Dubrovski qui a manigancé tout cela parce qu’il est en réalité le père d’Alan qu’il avait abandonné avant sa naissance. Il veut réparer l’abandon en aidant son fils à devenir quelqu’un d’heureux.

Apprenant qu’Alan a réussi le dernier défi, qu’il croyait qu’il refuserait,  il se suicide. Alan retrouve Audrey, vend la maison héritée de son père et reprend sa vie avec Audrey presque comme avant.

Le livre est passionnant.  Le lecteur retrouvera « les recettes » déjà décrites dans le livre précédent. Libre à lui d’y adhérer ou de ne pas y croire.

Un petit coup de patte à Jacques Lacan. Igor Dubrobroski est présenté comme faisant de l’ombre au célèbre psychanalyste. Le portrait qu’il fait de lui est peu flatteur : prix exhorbitants, séances de plus en plus courtes.  Jacques Lacan a ses « fans » et ses détracteurs. Psychanalyse contre PNL… (Programmation-Neuro-Linguistique).

Le roman ne changera peut-être pas votre vie mais vous passerez un bon moment.

 

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