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01/04/2013

COURS DE PHILOSOPHIE.

cours de philosophie

Une question débattue de puis longtemps a ressurgi dans l’actualité. Faut-il instituer des cours de philo ? Question subsidiaire : à partir de quel âge ? Le débat Controverse de ce dimanche a abordé la question mais comme d’habitude dans des affrontements entre différentes positions, pas toujours exprimées clairement.

Petit rappel. Que dit la Constitution ? « Art.24. La communauté assure le libre choix des parents. La communauté organise un enseignement qui est neutre. La neutralité implique notamment le respect des conceptions philosophiques, idéologiques ou religieuses des parents et élèves. Les écoles organisées par les pouvoirs publics offrent, jusqu’à la fin de l’obligation scolaire, le choix entre l’enseignement d’une des religions reconnues et celui de la morale non confessionnelle. »

Le pacte scolaire de 1959, compromis après la guerre scolaire, distingue l’enseignement confessionnel, qui organise des cours de religion et l’enseignement officiel qui doit offrir le choix entre les différents cours comme précisés dans la constitution.

Première difficulté rencontrée par ceux qui défendent l’introduction de la philosophie à la place du cours de morale ou de religion, la constitution ne le permet pas. Certains jouent sur les heures non précisées ce qui implique que les deux heures hebdomadaires pourraient être réduites.

Autre argument : le monde a changé. Doit-on alors maintenir l’enseignement des religions ? Ce point de vue défendu par les laïcs n’est pas acceptable par les représentants des cultes. On voit mal l’école catholique accepter la suppression des cours de religion, définis par le pacte scolaire comme sa spécificité. De même dans l’enseignement officiel, pas question de supprimer l’enseignement du Coran par exemple.

Autre argument des laïcs, la religion est une affaire privée donc ne devrait pas être enseignée à l’école. Cela paraît assez logique mais se heurte à une autre conviction : l’école est aussi un lieu d’éducation donc de transmissions de valeurs.

Voilà pour la théorie. En réalité, tout le monde sait que les cours de religion ou de morale n’étant pas soumis à un programme, même s’ils sont inspectés, ont bien évolué. J’ai enseigné dans une école catholique où il n’y avait que des étrangers en majorité des musulmans. Comment le prof de religion aurait-il pu ignorer cette réalité ? Les cours ont été adaptés. Cours d’histoire des religions, débats sur des questions de société, philo ont, bien entendu, remplacé le catéchisme d’antan.

Comme le lecteur peut s’en apercevoir, ce n’est pas simple.

J’ai, pour ma part, sans savoir comment techniquement le faire, souhaité l’introduction des cours de philosophie dans les deux dernières années du secondaire.

Plusieurs choses dans ce que j’ai entendu n’ont pas mon adhésion. La première, le cours de philo devrait se donner dès la première année primaire. Après avoir sursauté, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de cours de philo, ni même d’histoire de la philo, mais d’un cours de civisme. Qu’est-ce que cela veut dire ? 12 ans à former des citoyens. Fort bien, comment ? Enseigner le code de la route, combattre les incivilités, enseigner les rouages de l’état ? Comme rien n’est précisé, je ne sais pas, mais même en forçant mon imagination, je ne vois pas. De plus, je reste persuadée que ce dont nos jeunes ont besoin c’est d’une transmission des valeurs : respect des autres, rejet de la violence, apprentissage de la tolérance pour ne citer que celles-là. Valeurs universelles ? Pas pour tous.

Je suis encore plus perplexe devant la proposition de Marie-Dominique Simonet. Un tronc commun pour apprendre le fameux « vivre ensemble » cours dans lequel on mélangerait  toutes les religions. Je suis sceptique.

Si, officiellement ce cours existait, je suis quasi certaine qu’il deviendrait vite un lieu d’affrontement comme on le voit en politique. « Je défends ma religion. – Tu ne peux pas attaquer la mienne. – Je te défends de dire cela. – Tu ne comprends rien à ce que je dis » Pauvre prof qui devra affronter tout cela !

Vous me direz qu’actuellement, les échanges ont lieu dans les cours de morale ou de religion maisi ils ne sont pas officialisés, le prof sait bien jusqu’où il peut aller.

Une autre proposition de la ministre m’a fait frémir. Elle annonce qu’elle va rendre un décret pour établir les programmes. Pour son nouveau cours ou pour les cours existants ? Quid de la liberté pédagogique qui permet de s’adapter à son public ?

Certains, dont je suis, souhaitent une meilleure formation des imans. Qu’il y ait des dérives est une réalité trop souvent niée. L’islam enseigné dans les écoles n’est pas toujours l’islam des lumières de Malek Chebel.

J’ai tenu à m’exprimer comme d’autres, mais ce n’est qu’une première réflexion sur ce qui se dit. On verra…

                                                                                                  

 

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