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28/03/2013

FEMMES DE DICTATEUR.

Diane Ducret, Femmes de dictateur, Mussolini

DIANE DUCRET est une journaliste, philosophe et historienne née à Anderlecht. Après des études de philosophie à la Sorbonne et à l'Ecole normale supérieure, elle collabore à la rédaction de documentaires historiques pour la télévision et est aussi chroniqueuse occasionnelle sur Europe 1 dans l'émission de Laurent Ruquier, On va s'gêner.

Son premier livre Femmes de dictateur a été publié en 2011 aux éditions Perrin. Le succès a été foudroyant : 100.000 exemplaires vendus. Il est sorti chez  Pocket en février 2012. Il a été classé comme meilleure vente de livres histoires de Livres Hebdo.

Le deuxième volume est déjà sorti chez Perrin et est programmé pour avril chez Pocket.

Le premier volume reprend les dictateurs du début du siècle dernier : Mussolini, Lénine, Staline, Salazar, Bokassa, Mao, Ceausescu, Hitler.

L'auteur retrace la vie de ces dictateurs et surtout de leurs épouses ou maîtresses. C'est donc une plongée dans l'histoire ce qui explique sans doute le succès du livre.

Certains critiques analysent les succès féminins des dictateurs comme un attrait du pouvoir. Je trouve l'explication un peu sommaire. Toutes les femmes ne se ressemblent pas. Certaines ont eu du pouvoir, ont pesé sur les décisions de leur amant, d'autres pas. Chaque cas est unique. Je pourrais ajouter que si les dictateurs comme Mussolini par exemple ont fasciné les femmes, les hommes l'étaient aussi ! Il suffit de penser à l'admiration suscitée par Hitler, à l'hystérie que provoquaient ses discours.

Le livre de Diane Ducret est intéressant. Elle nous dévoile des aspects peu connus de ces dictateurs, violents, tyranniques mais ayant parfois un côté humain qu'on ne soupçonnait pas. Parfois, c'est le cas pour Mussolini, c'est leurs maîtresses qui se sont efforcées de créer une autre image de leur amant.

Passionnant, le livre l'est sûrement, mais pas facile à lire. En effet, l'auteur ne suit pas toujours l'ordre chronologique si bien que ce n'est pas facile de s'y retrouver. Impossible, en tous cas pour moi, de le lire d'une traite. Il faut du temps pour digérer un chapitre avant de pouvoir passer à un autre. Honnêtement, j'ajouterai que si la partie historique pouvait me fasciner, j'avais beaucoup de difficultés à comprendre ces femmes amoureuses jusqu'à se perdre.

BENITO MUSSOLINI.

"La foule, comme les femmes, est faite pour être violée." Cette phrase résume bien la personnalité de celui qui deviendra le duce. D'origine modeste, instituteur, son ascension sera fulgurante. Il apparaît épris de son propre corps. Le livre commence d'ailleurs par la foule qui le contemple quand il va se baigner à Riccione. Ce dialogue entre lui et sa dernière maîtresse Clara est éloquent : "Tu l'aimes, mon corps ? On m'a dit que c'était un des plus beaux d'Italie. – Qui l'a dit ? lui fait-elle. – Un homme sur la plage m'a dit : "Mussolini, tu as le torse le plus parfait de la plage" et moi, je lui ai répondu "non, d'Italie".

Sa force, sa virilité, il en fera un atout pour sa réussir sa carrière. L'auteur relève les propos tenus par les femmes qui l'ont rencontré : "le sourire de Mussolini est la chose la plus fascinante du monde" "Mussolini est comme une coupe de cristal pleine de vin capiteux" Et ce témoignage d'un de ses collaborateurs : "Combien d'entre nous en ont-ils vu tomber à genoux sur son passage ?"

De toutes les nombreuses conquêtes de Mussolini, dont il se vantait souvent cyniquement, j'en retiendrai quatre.

La première, Rachele, est une de ses anciennes élèves, fille de paysan, rencontrée dans le bistrot de son père. Il emploiera la force et le chantage pour la séduire : "Si tu me repousses, je t'entraîne avec moi sous un tram". Elle acceptera de se fiancer repensant à une prédiction que lui avait fait une gitane : "Tu connaîtras les plus grands honneurs, tu seras l'égale de la reine. Puis tout s'écroulera sous tes pieds et des deuils te frapperont."

Il finira par l'épouser, aura des enfants et, devenu célèbre, se servira d'elle pour donner l'apparence d'être un "homme bien". "Avec elle, il n'y a presque jamais eu d'amour.Juste quelque chose de physique. Parce qu'elle était une belle fille, pulpeuse, bien faite et, comme on dit, un beau brin de fille. Juste des sens, seulement ça."

L'auteur ne nous dit pas grand chose sur elle. Une anecdote donne un aperçu de leurs rapports. Frustré de ne pas avoir assisté à la naissance de leur troisième enfant, il la menace : "J'espère que tu ne vas profiter de mon absence pour mettre au monde le petit. J'en ai assez d'être le dernier informé de la naissance de mes enfants." (...) "Je t'avais dit de m'attendre, pourquoi ne l'as-tu pas fait ?" Sans un regard pour le bébé !

Angelica et Margherita feront de l'instituteur un leader politique. Toutes les deux sont juives, issues de la grande bourgeoisie, éduquées aristocratiquement et ont rompu avec leur milieu, ses codes et ses valeurs politiques. Elles sont converties aux idées socialistes d'avant-garde. Angelica quittera Benito pour Lénine, Margherita sera aux côtés de Mussolini pendant dix ans. C'est elle qui le poussera à forcer le destin et à organiser la marche sur Rome.

Elle sera considérée comme sa concubine officielle et parviendra à créer un mythe, celui du surmâle, arrivant même à le faire aimer par un peuple qui ne l'apprécie pas.

De fasciste qu'elle est devenue, elle est toujours juive. Et en 1934, après une entrevue avec Hitler, Mussolini devient antisémite et commence la persécution des Juifs. Il l'a fait licencier du journal qu'elle dirigeait. Menacée sérieusement par les lois antisémites, elle se réfugiera en Argentine. Elle lui avait pourtant tout appris...

Sa dernière conquête sera Clara Petucci. Son père est le médecin personnel de Pie XI. Elle est fiancée mais tombe éperdument amoureuse de Mussolini. Elle ira jusqu'à épouser son fiancé, Ricardo Federicci pour sauver les apparences. Elle divorcera et se consacrera entièrement à Benito.

Mais quelle conception de l'amour a ce Benito ? Jugez ce qu'il lui dit : "Je t'aime follement... et je voudrais te dévaster, te faire mal, être brutal avec toi. Pourquoi mon amour se manifeste-t-il avec cette violence ? J'ai un besoin de t'écraser, de te mettre en pièces, une impulsion violente. Je suis un animal sauvage". Ou encore : "Je suis double et le numéro deux est mauvais". A cette violence, elle ne répond que par des larmes...

La fin de Mussolini sera tragique. Il tentera de fuir après avoir supplié Clara de s'enfuir en Espagne. Ils seront tous les deux assassinés.  

26/03/2013

ENSEIGNEMENT : DU NEUF ?

enseignement, calendrier scolaire, décret, Le vif, la libre, jésuites

Du neuf ? Pas vraiment. Le gouvernement de la Communauté française vient d'adopter un décret-cadre déterminant les vacances et jours de congé dans tous les enseignements. Le nombre de jours de classe annuel reste fixé à 182 jours. Rien de changé. La nouveauté réside dans les appellations des différents congés scolaires, discutées depuis plus de vingt ans, modifiées dans les années 2000 mais cette fois ratifiées par un décret.

Quel était l'objectif ? Un constat : les congés scolaires correspondent à des fêtes religieuses. Insupportable pour certains. Mais peu de marge de manoeuvre puisqu'il fallait – tout de même – tenir compte des congés dans les entreprises. Supprimer Noël, Pâques, Pentecôte ou Toussaint,  était impossible. On avait donc eu recours à une astuce de langage. Les vacances de Noël devenaient les vacances d'hiver, les vacances de Pâques, vacances de printemps, le congé de Toussaint, congé d'automne.

Ce qui est plus étonnant, c'est d'avoir supprimé le congé du carnaval qui devient le congé de détente. Je me demande pourquoi car le carnaval est une manifestation folklorique importante pour tous. Tant pis, ce sera désormais un congé de détente ! Les vacances d'hiver, de printemps, d'automne, d'été sont des congés de..... Je ne sais pas.

Les cours restent suspendus pour la Fête de la Communauté française, la Commémoration de l'Armistice (11 novembre) le 1er mai. Rien de religieux : ouf ! Par contre, impossible comme je le disais plus haut, de supprimer le lundi de Pentecôte et le jeudi de l'Ascension.

Le décret-cadre précise les dates précises du début des vacances. Ce serait fastidieux de reprendre tout cela.

Le neuf réside dans le fait qu'une commission ne devra plus se réunir pour déterminer les congés en fonction de l'année civile et des demandes des PO d'avoir des jours "libres".

On reparle aussi du décret d'inscription. J'avoue ne pas avoir suivi tous les changements opérés chaque année. Je note que le mécontentement a un peu faibli mais n'a pas disparu. Quant à l'objectif initial, améliorer la mixité sociale, je ne crois pas qu'il soit rencontré.

J'ai trouvé fort amusant l'article de La Libre du 25 mars sous-titré : Recto/Verso pour reprendre les arguments des uns et des autres. Je n'en dirai pas plus car j'en ai déjà beaucoup parlé. Je regrette qu'on y ait passé autant de temps et surtout que des listes de bonnes ou mauvaises écoles aient fatalement vu le jour.

Ce que j'ai trouvé à la fois amusant et désolant est l'article du Vif du 22 mars sur les Jésuites. Amusant, dans le contexte scolaire qu'est le nôtre depuis le décret d'inscription; désolant, d'établir les listes des politiques ou célébrités qui ont fréquenté l'enseignement des Jésuites.  Fouiller dans la vie privée est très mode. Les personnes citées ont été, soit fières d'avoir eu un enseignement considéré comme élitiste, soit mécontentes qu'on le dise. Je n'en sais rien.

Qu'on ne se méprenne pas, je trouve que faire un dossier sur les Jésuites après l'élection du Pape François était une bonne idée.

A quand un véritable débat sur la qualité de notre enseignement et surtout sur ce qui est envisagé pour l'améliorer ? C'est moins simple que de parler "congés" mais tellement important.

16/03/2013

EN BREF.

DECLARATION HISTORIQUE SUR LES VIOLENCES CONTRE LES FEMMES.

Accord à l’ONU.

La Commission demande instamment aux Etats de condamner avec force toutes formes de violence contre les femmes et les filles et de s’abstenir d’invoquer toute coutume, tradition ou considération religieuse pour se soustraire à leur obligation de mettre fin » à cette violence.
(Article de la Libre de ce 16 mars)

LE VATICAN DEMENT LES LIENS DU PAPE AVEC LA DICTATURE ARGENTINE.

Après les rumeurs diffamatoires répandues sur le web après l’élection du pape accueillie pourtant dans la joie et dans l’espoir, le Vatican dément formellement les accusations « calomnieuses et diffamatoires ».

Voir les articles de mise au point sur le blog de paroissiens-progressistes.

http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/

A lire :

Argentine :  le prix Nobel de la paix, Perez Esquevel défend le pape François.

Démentis du Vatican.

13/03/2013

DOUGLAS KENNEDY.

Douglas kennedy, les désarrois de ned allen, entreprise américaine, licenciements, restructurations, vengeance, pouvoir

Douglas Kennedy est né à Manhattan en 1955. En 1994, il passe un an de sa scolarité à Dublin. Revenu à New York, il passe plusieurs mois comme régisseur de théâtre sans grand succès. Il décide de repartir à Dublin pour rendre visite à des amis et y reste.

En 1991, après un long voyage en Australie, il publie son premier roman "Cul-de-sac" qui sera un très grand succès. Il sera republié plus tard sous le titre "Piège Nuptial". (billet du 22 février 2010).

Tous ses romans sont des succès de librairie traduits en plusieurs langues. C'est probablement l'écrivain américain le plus populaire. Je l'ai beaucoup lu notamment "Rien ne va plus" (billet du 21 juin 2012) "L'homme qui voulait vivre sa vie" "Au pays de Dieu" (billet du 20 août 2008). Il vient de publier "Combien ?"

LES DESARROIS DE NED ALLEN.

Ned Allen est responsable de la vente d'espaces publicitaires pour un célèbre magazine informatique "Compu World". Il aime son métier et est considéré dans le milieu comme un excellent vendeur. "L'art de la vente, voyez-vous, se résume en un seul mot : "Persuasion". Ou encore : "Les affaires ont été bonnes, aujourd'hui. J'ai misé, attaqué, contré, jacté. Et j'ai conclu".

Nous sommes plongés tout de suite dans l'ambiance d'une entreprise américaine. La concurrence est rude. Chaque contrat perdu est vécu comme un échec. Un contrat signé, après une négociation difficile, est une réussite valorisante et un appel à en faire toujours plus.

Ned Allen, comme ses collaborateurs, ne vit que pour son métier. Il s'astreint à mener une vie saine. C'est un type bien, estimé par ses collaborateurs qu'il soutient, n'hésitant pas à intervenir lui-même quand ils sont en difficulté. Son credo : "Quand on fait le mauvais choix, on en paie toujours le prix."

Ned Allen est marié à Lizzie qui travaille dans les Relations publiques. Elle lui reproche de n'avoir aucun sens de l'argent. "Tu te sens obligé de dépenser, cela te rassure" lui dit Lizzie. En effet, gagnant très bien sa vie, Ned accumule les dettes. Ils n'ont pas d'enfant. Lizzie a fait une fausse couche, qui reste une blessure ouverte d'autant plus que Ned n'avait, dans un premier temps, pas apprécié que sa femme soit enceinte.

La vie de Ned va basculer. Son chef, Chuck Zanussi, qu'il n'apprécie pas car il est brutal et sans scrupule, lui apprend que l'entreprise a été achetée par une entreprise allemande "Klang-Sanderling". Ned est chargé de rassurer le personnel, ils seront tous repris. Mais il le sait : "Le rachat d'une entreprise, c'est une invasion. Du jour au lendemain, vos nouveaux maîtres ont un pouvoir absolu sur votre avenir."

Cette annonce intervient au moment où l'entreprise a un grave problème. Un vendeur, Ivan Dolinsky, n'est pas arrivé à conclure un contrat très important avec une entreprise. Le responsable Ted Peterson avait donné son accord verbal mais l'a retiré. La revue est en difficulté à quatre jours du tirage.

Un collaborateur, Phil, lui propose de faire pression sur Peterson en lui rappelant un fait de sa vie privée, un viol qui, révélé, ruinerait sa carrière. Ned refuse puis essaie de persuader Peterson de revenir sur sa décision mais, un peu malgré lui, il fait allusion à ce fait de sa vie privée. Un chantage qu'il ne se pardonne pas et qui aura des conséquences désastreuses pour sa vie.

Ned Allen va rencontrer le nouveau patron, Klaus Kreplin. Celui-ci va lui annoncer qu'il a décidé de virer Chuck Zanussi et de le nommer directeur à sa place. Ned défend son ancien patron mais l'Allemand le coupe : je suis le boss, je décide et il ajoute : "On a toujours à rendre compte à quelqu'un plus haut que soi. Si ce quelqu'un n'est pas satisfait de vos résultats, alors... L'annonce ne se fera qu'après les vacances de Noël et Klaus Krepin exige le silence complet. Il ne peut rien dire à Lizzie.

Nel, heureux, part en vacances avec sa femme. Quand il revient pour prendre ses nouvelles fonctions, c'est le chaos à Compu World. Les employés viennent d'apprendre que l'entreprise a été reprise par une autre société. Ils sont tous virés. Il rencontre le responsable des relations humaines : "Votre indemnité de départ sera d'un demi-mois de salaire par année d'ancienneté. Vous  bénéficierez de votre assurance maladie jusqu'à la fin du trimestre en cours." C'est la loi aux Etats-Unis. Passé ce délai, il peut obtenir une couverture sociale pendant dix-huit mois en la payant lui-même !

Ned Allen n'est pas au bout de ses surprises. C'est Chuck Zanussi qui est devenu directeur de la société. Et il est très clair : "Je vais vous dire une chose : si cela ne tient qu'à moi, vous ne réussirez plus jamais à travailler dans ce secteur. Jamais."

En sortant, Ned rencontre Klaus Krepin. Il le frappe violemment et le quitte baignant dans une mare de sang, ne bougeant plus.

La première partie du livre est terminée. Ned Allen va alors vivre un véritable enfer. Il apprend que l'outplacement donne des conseils, peut le mettre en relation avec un employeur mais c'est à lui de décrocher le job.

Ted Peterson et Chuck Zanussi vont empêcher tout engagement, même dans un autre secteur. Ils se vengeront aussi d'Ivan Dolinski qui se suicidera. Sa femme le quitte. Il tombe dans un piège tendu par un ami, Jerry Schubert. Celui-ci lui fait croire qu'il doit monter, en toute légalité, une société d'investissement. En réalité, il va s'apercevoir qu'il est son "porteur de valises", il transporte de l'argent aux Bahamas.

Je n'en dirai pas plus. Le lecteur le suivra dans cette seconde vie avec une question : finira-t-il par s'en sortir ?

Le roman est passionnant. Douglas Kennedy décrit parfaitement l'entreprise américaine, les ravages causés par les restructurations. Le côté humain est abordé par les dégâts causés au personnel mais aussi par la description des détériorations du mariage de Ned et Lizzie. La vengeance de Peter Peterson, de Chuck Zanussi illustrent bien ce que peut le pouvoir. La trahison de Jerry Schubert est particulièrement odieuse. Il s'est présenté en ami, comme un sauveur pour l'attirer dans son piège.

C'est la spécialité de Douglas Kennedy de décrire la société américaine et il le fait toujours très bien.

Je terminerai par cette remarque désabusée de Ned Allen : "Vous jouez le jeu, vous croyez en connaître les règles, jusqu'au jour où vous vous réveillez pour découvrir que c'est le jeu qui se joue de vous."

Les désarrois de Ned Allen sont ceux d'un type trop bien pour la société dans laquelle il vit. 

            

08/03/2013

CLIN D'OEIL : MES FEMINISTES.

 

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La journée internationale des droits de la femme trouve son origine dans les manifestations des femmes au début du XXème siècle en Europe et aux Etats-Unis réclamant l'égalité des droits, de meilleures conditions de travail, le droit de vote. Elle a été officialisée par les Nations-Unies en 1977 invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes.

Il faut bien l'avouer que la multiplication des journées consacrées aux revendications de certains droits ou même tout simplement à des problèmes de société, journée sans tabac par exemple, fait que, généralement, le 8 mars passe un peu inaperçu. Les mouvements féministes ne sont plus florissants, beaucoup de revendications ont été rencontrées même si l'égalité homme/femme n'est touours pas acquise. Et que dire de la maltraitance et du viol qui touchent de nombreuses femmes dans le monde ?

J'ai eu envie de me rappeler certaines féministes qui m'avaient influencée. J'en oublie certainement...

Impossible de ne pas commencer par Simone de Beauvoir. Le "Deuxième Sexe" a été considéré comme la bible féministe par excellence. J'avoue que je l'avais trouvé ennuyeux mais j'étais peut-être trop jeune pour l'apprécier. Par contre, j'ai beaucoup aimé ses romans quasi illisibles actuellement.

Son pendant américain est Betty Friedan née en 1921 et décédée en 2006. J'avais beaucoup aimée La femme mystifiée beaucoup plus accessible que le Deuxième Sexe. La traduction du livre a été publiée en France en 1964. En 1981, elle écrit Femmes. Le second souffle dans lequel elle s'interroge sur la difficulté de concilier vie professionnelle et familiale et cette question :  nous sommes-nous trompées en encourageant les filles à faire des études ? Non bien sûr, mais elle constate que les jeunes trouvent naturel le droit à l'avortement, à la contraception, au divorce, le droit de voter mais paient encore lourdement l'indépendance acquise qui semblait aux féministes une garantie d'un plus grand bonheur. Elle publiera aussi La révolte du 3ème Age, sous-titré, Pour en finir avec le tabou de la vieillesse. (billet du 9 mars 2009)

Suzanne Lilar née à Gand en 1901 et décédée à Bruxelles en 1992 n'a, je trouve, pas la place qu'elle mérite. Elle est la première à avoir obtenu un diplôme de droit en 1925. Elle a écrit pour le théâtre et des romans mais son oeuvre féministe est Le Couple (1963) et Le Malentendu du Deuxième siècle, une remise en question de l'oeuvre de Simone de Beauvoir, un livre courageux.(Elle est la mère de la romancière Françoise Mallet-Joris).

J'ai beaucoup aimé Evelyne Sullerot née en 1924. Sociologue, elle s'est beaucoup intéressée aux femmes notamment à la presse féminine dont elle était très critique. Je me souviens de certains de ses propos comme : pourquoi les journalistes parlent-elles toujours à l'impératif, même dans les recettes de cuisine ? Elles culpabilisent les femmes... Ou encore : pourquoi les femmes ne jouent-elles pas ? Il est vrai, qu'à l'époque, les hommes emmenaient les enfants jouer et les femmes s'acquitaient des tâches ménagères. Elle a publié de nombreux ouvrages dont Demain les femmes, Histoire et sociologie du travail féminin que j'avais beaucoup appréciés.

Encore une oubliée, Geneviève Gennari, née en 1920 et décédée en 2001. Le dossier de la femme paru en 1965 est une histoire du féminisme depuis 1889. J'en ai parlé dans mon billet du 20 juillet 2009 ainsi que de son roman Journal d'une bourgeoise que j'avais beaucoup aimé. Une citation faite aux Etats-Généraux du féminisme en 1929 avait fait grand bruit. "Lorsqu'une jeune fille majeure entre à la Mairie, avant d'avoir prononcé le "oui" sacramentel, elle jouit encore de ses droits civils (...) Aussitôt qu'elle a prononcé le "Oui, Monsieur le Maire" tous les droits qu'elle avait avant lui sont retirés. Mariée, la femme ne peut plus signer un contrat, elle ne peut ni acheter ni vendre sans la signature de son mari, elle ne peut pas plaider en justice au point de vue civil ni comme demanderesse, ni comme défenderesse, sans l'autorisation maritale. Elle est placée au même rang que les idiots, les fous, à qui l'on donne un conseil spécial." Sic ! On a quand même fait du chemin...

Christiane Collange, née Servan-Screiber, en 1930 a été journaliste et romancière. Une anecdote amusante : lorsqu'elle est entrée à Madame Express, fondée par Françoise Giroud, celle-ci lui aurait dit : "Surtout ne faites pas de journalisme féminin." Ses romans reflètent l'évolution de la société. Elle n'a pas vraiment milité comme féministe mais son influence était réelle. En vrac : "Madame et le bonheur, Le divorce boom, Chers enfants, Merci mon siècle, Je veux rentrer à la maison" (Ce dernier roman a été fort critiqué par les féministes.)

Voilà donc mon tour d'horizon "des anciennes" mais je vais rendre hommage aux plus connues, qui nous sont plus proches.

Françoise Giroud, née Léa France Gourdji le 21 septembre 1916, à Lausanne, est décédée le 19 janvier 2003 à l'Hôpital américain de Paris à Neuilly sur Seine. Elle avait pris officiellement le nom de Giroud par un décret paru au journal officiel du 12 juillet 1964. Elle a fondé l'Express avec Jean-Jacques Servan-Screiber, son amant, en 1953. Elle dirigera le journal, en deviendra la directrice. Parallèlement à sa carrière journalistique elle a publié plusieurs essais et romans dont La Nouvelle Vague, portrait de la jeunesse en 1958. Ce terme s'imposera pour qualifier le style des nouveaux cinéastes issus des Cahiers du Cinéma.

Elle a été Secrétaire d'Etat à la Condition féminine de 1974 à 1976. Le décret précisait que le Secrétaire d'Etat "est chargé de promouvoir toutes mesures destinées à améliorer la condition féminine, à favoriser l'accès des femmes aux différents niveaux de responsabilité dans la société française et à éliminer les discriminations dont elles peuvent faire l'objet." Projet ambitieux mais le temps était trop court que pour que le travail ait véritablement laissé des traces.

J'ai longuement parlé d'elle et de sa "rivale" Madeleine Chapsal dans mes billet du  29 juin 2010 et du 12 août 2011. Je n'en dirai pas plus pour le moment.

Gisèle Halimi, née en 1927, en Algérie, est une avocate très connue. J'en ai parlé à propos de son livre Ne vous résignez jamais dans mon billet du 15 septembre 2010.

Benoîte Groult,  née le 31 janvier 1920 à Paris est une romancière très connue. Ains soit-elle, Mon évasion, Touche étoile dans lequel elle défend l'euthanasie. (billet du 20 octobre 2008).

Elisabeth Badinter, née le 5 mars 1944, est une philosophe influente. Je noterai L'Amour en plus, Le Conflit. (billets du 9 mars 2010 et 27 octobre 2009)

Voilà donc mon clin d'oeil aux femmes qui m'ont beaucoup appris.