Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

13/11/2012

QUEL PAYS !

élections, gouvernement, austérité, déficit, relance, europe, sapin de noël

 

Je ne veux pas parler de la Grèce, de l'Espagne, de la Libye, de la RDC ou d'autres pays d'Afrique ou d'Asie dont la situation dramatique de la population suscite chez moi tristesse et compassion Non, c'est de la Belgique dont je voudrais vous entretenir.

Petit retour en arrière. Après les élections législatives fédérales, Bart de Wever, grand victorieux, cède élégamment (sic) sa place de Premier ministre à Elio Di Rupo. C'est l'euphorie, un Premier francophone, c'est la seconde fois que cela arrive. Nous devons vite déchanter. Il faudra plusieurs mois pour former un gouvernement, les records mondiaux de durée étant battus.

Le Constitutionnel étant prioritaire, la scission de BHV est âprement négociée, mais, miracle ! elle finit par aboutir. Un dossier qui nous a empoisonnés pendant des années est "presque" réglé.

Le gouvernement travaille au budget. Des milliards à trouver mais il finit par y arriver. Ouf ! Mais il a fallu tellement de temps que les élections régionales sont proches, le 14 octobre 2012 s'annonce. Que se passe-t-il ? Tout s'arrête. Ministres fédéraux ou régionaux sont en campagne. Même si on sait que les électeurs votent plus pour une personne, leur bourgmestre par exemple, qu'un parti, ceux-ci ne vont pas prendre le risque de les mécontenter avant les élections.

Je ne reviendrai pas sur la "saga" d'après élections. Accords d'alliance dénoncés, règlements de comptes, alliances inattendues, le vote de l'électeur a peu de poids face aux partis. Pas très démocratique...

Retour au Fédéral pour le budget qui devrait impérativemet être voté avant la fin de l'année. Rien ne filtre au début puis les mauvaises nouvelles s'accumulent. Le taux de croissance est moins élevé que prévu, réduire la dette pour rester dans le déficit de 2,5 % reste un impératif que certains, notamment les socialistes, remettent en cause. C'est tentant mais serait catastrophique au niveau européen et pour le taux d'intérêt très bas dont jouit l'état.

Les langues se délient un peu et nous assistons aux déclarations habituelles. "L'ambiance est bonne""Toutes les pistes sont envisagées" "Tout est sur la table" Tout le monde veut aboutir".

En réalité, les partis se déchirent, les tabous fleurissent : index, indemnités de chômage, hausse de la TVA, cotisations temporaire de crise. Pas simple de faire des économies et de relancer la croissance. Chacun a sa petite idée, les notes sont déposées, je dirais presque l'une contre l'autre, comme dans un détestable jeu de cartes. Les chiffres défilent : x millilons d'économies si on opte pour telle ou telle solution. Mais comment trancher ?

J'imagine que l'ambiance doit être détestable même si, interrogés à la sortie des négociations, tous les politiques arborent un sourire, un peu crispé, dirais-je.

Dans le pays, la situation se dégrade encore : fermetures d'usines, faillites. Mécontentement, colères, désespoir, discours enflammés et souvent haineux des syndicats, appels des entreprises pour sauver la compétitivité, tout s'enchaîne. Oserais-je dire que j'ai l'impression de vivre dans un pays en guerre ?

Comme si cela ne suffisait pas ou peur-être pour faire diversion, on reparle de la monarchie. Bravo à Albert II pour le rôle capital qu'il joue en ces temps difficiles mais, clament les républicains, un président de république aurait fait aussi bien !

Je rêve. Un pays où il est aussi difficile de se mettre d'accord, où on se moque éperdument des électeurs, où les querelles communautaires n'en finissent pas,  certains croient (ou font semblant) qu'un président élu serait plus légitime, plus efficace. Sur quelle planète vivent-ils ?

Je ne suis pas économiste c'est donc volontairement que je reste vague, que je n'affiche pas mes convictions ou mes préférences pour telle ou telle solution. De toute manière, on ne demande pas mon avis. J'ai voté, n'est-ce pas ? Mon droit s'arrête là ! Je me contente de dire ma tristesse devant ce qui se passe, mon anxiété pour l'avenir.

La crise est mondiale, c'est vrai. La Belgique n'est qu'un tout petit pays dans une Europe, malade elle aussi. Austérité, relance de la croissance, je suis bien consciente de la difficulté rencontrée par le gouvernement. Mais n'avons-nous pas le droit de comprendre, de savoir quelles seront les conséquences – à long terme – des décisions qui seront prises ?

Je le crois même si je ne me fais plus d'illusion.

Et pour terminer, une polémique que je trouve bien stérile, sur le sapin de Noël de Bruxelles. Coût plus élevé qu'un sapin naturel, mais tant pis, ce qui prime, disent les défenseurs, c'est la modernité et surtout de gommer le côté "religieux" de la fête. Dois-je rappeler qu'il a fallu longtemps pour que le sapin s'impose dans les foyers chrétiens même à côté de la crèche ? Qui s'en souvient ? Je vais donc le dire : le sapin n'est pas un signe religieux.

Chacun fait ce qu'il veut chez lui. Heureusement ! J'espère que Noël sera, cette année encore, une occasion de se retrouver en famille pour des moments heureux.   

Les commentaires sont fermés.