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29/08/2012

MAURICE MAETERLINCK.

 

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Maurice Maeterlinck est né à Gand, le 29 août 1862. C'est aujourd'hui le 150eme anniversaire de sa naissance. Il est décédé le 5 mai 1949 à Nice.

Son recueil poétique Serres chaudes a été publié en 1889 chez Léon Vanier, l'éditeur de Verlaine. C'est son seul recueil de poèmes.

 Il fait aussi partie des grands dramaturges de l'époque. Sa pièce de théâtre Pelléas et Mélisande est un des sommets du symblolisme. "L'oiseau bleu" créée au théâtre d'art de Moscou où elle est toujours au répertoire, lui assurera une renommée internationale.

Essayiste, il a connu un grand succès auprès du public. "L'intelligence des fleurs" "la vie des Termites" "La vie des Fourmis".

Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1911.


FEUILLAGE DU COEUR.

Sous la cloche de cristal bleu
De mes lasses mélancolies,
Mes vagues douleurs abolies
S'immobilisent peu à peu.

Végétations de symboles,
Nénuphars mornes des plaisirs,
Palmes lentes de mes désirs,
Mousses froides, lianes molles.

Seul, un lys érige d'entre eux,
Pâle et rigidement débile,
Son ascension immobile
Sur les feuillages douloureux,

Et dans les lueurs qu'il épanche
Comme une lune, peu à peu,
Elève vers le cristal bleu
Sa mystique prière blanche.

(Serres chaudes, 1889)

24/08/2012

ADIEU.

 

décès de jean-luc delarue

Jean-Luc Delarue est décédé ce vendredi 24 août d'un cancer à l'estomac. Il avait 48 ans, était marié et père d'un enfant.

Sa carrière est longue mais il est surtout connu pour sa société de production "Réservoir Prod" qui a produit notamment "Ca se discute" et "C'est mon choix" animée par Evelyne Thomas

Dans "Ca se discute" l'animateur confronte les points de vue sur des sujets de société. Debout, face aux témoins, en costume sombre et chemise blanche, l'animateur écoute avec bienveillance et reste toujours maître de l'émission. L'oreillette est bien visible. Il dira que c'était pour montrer que l'émission est le fruit d'une équipe.

Très regardée, plus de deux millions de téléspectateurs, elle est parfois critiquée pour le "déballage" public des témoins. Elle sera à l'antenne de 1993 à 2009 où Sophie Davant prendra le relais.

En effet, l'animateur vient d'être arrêté pour détention et usage de drogue. Après une cure de désintoxication, il sillonne la France au bord d'un camping-car pour alerter les jeunes sur le danger de l'addiction aux drogues.

Il avait lui-même révélé sa maladie au grand jour lors d'une conférence de presse, le 2 décembre 2011.

Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, personne ne contestera qu'il a marqué la télévision de son empreinte.

Selon son souhait, il sera enterré dans la plus stricte intimité. Sa famille demande de bien vouloir la respecter.

Adieu, Jean-Luc.

DOMINIQUE FABRE.

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Dominique Fabre est né en 1960 à Paris. A trois ans, il est placé dans une famille d'accueil. A douze ans il habite avec sa mère et sa soeur dans une HLM à Asnières mais est aussitôt placé dans un internat jusqu'à la terminale. Il obtient une maîtrise de philosophie à Nanterre. Il vit de petits boulots en France puis en Nouvelle-Orléans où il restera un an. Correcteur pour le "Journal du textile" il publie son premier roman "Moi aussi un jour,  j'irai loin" en 1995. (voir billet du 31 janvier 2012).

Il publiera une dizaine de romans : Ma vie d'Edgar" "Celui qui n'est pas là" "Fantômes" "Mon quartier" "Les types comme moi" " Les prochaines vacances".

Comme dans son premier roman, il s'intéressera surtout aux plus démunis. Son enfance est aussi très présente dans ses livres. Actuellement, il enseigne l'anglais.

J'AIMERAIS REVOIR CALLAGHAN.

Jimmy Callaghan est le fils d'un maçon anglais et d'une mère remariée en Provence. Il intrigue ses amis de l'internat par ses départs et retours à l'internat dont il ne donne pas la raison. De plus, le week-end, il vit seul dans un petit appartement à Paris.

Le narrateur est subjugué par Jimmy. "Callaghan me sourit de temps en temps avec son regard bleu anglais. Je me souviens qu'il laisse traîner sa jambe qui bat nonchalamment derrière et dessus le bureau. Il portait des pantalons de toile beige clair ou des jeans blancs. Il était un modèle d'élégance pour moi".

Le narrateur parle peu de la vie en internat. Le plus important semble être de passer à travers le grillage dans le bois de Saint-Cucufa pour rejoindre des filles d'un internat voisin et, surtout, d'attendre le retour de Callaghan. "Sous mes yeux il est redevenu lui, et je ne sais pas ce qui me rend heureux, le voir ou simplement me rendre compte qu'il n'est pas perdu, qu'il sera toujours parmi nous, qu'il sera encore là pour alimenter mes rêves."

Petit à petit, Callaghan se dévoile, parle de sa famille. Son père, très malade vit à Londres dans la petite maison de sa tante Myriam. Sa mère est remariée avec un "type qu'il n'aimait pas". Une fois de plus, il quitte l'internat.

Huit jours plus tard, la police débarque à sa recherche. Il a disparu. Ses compagnons le retrouveront caché dans le bois, près de l'internat. Ils le prennent en charge, lui apportent nourriture et vêtements. Une fois de plus, il disparaît et cette fois définitivement.

Vingt ans après, le narrateur le retrouve par hasard dans la rue, avec une énorme valise. Il est devenu SDF. Il lui propose de dormir chez lui ou plutôt chez sa femme, dont il vient de se séparer. Comme la maison lui appartient, il doit la quitter et chercher un logement. Il s'installera à Asnières, au grand étonnement de ses amis. "J'étais allé jusqu'à Paris dans ma vie et là, je retournais où j'avais passé mon enfance, en banlieue. Ca allait bien m'aider à cicatriser, Asnières." Jimmy l'aide à déménager puis s'en va, une fois de plus, lui demandant de garder sa valise.

C'est la première fois que le narrateur parle de lui. Il souffre d'avoir quitté Hélène surtout quand il apprend qu'elle attend un enfant d'un autre. Il est prof d'anglais depuis quelque temps et regrette de ne pas avoir écrit de livres comme il en avait rêvé dans son adolescence. "Et toutes ces vieilles histoires qui me revenaient en boucle, depuis trois ans que je vivais seul, et que j'essayais de les raconter. Alors si je réussissais enfin à le faire, je serais peut-être plus vivant, moi aussi ?"

Son obsession de Callaghan ne l'a pourtant pas quitté après autant d'années. Il a rencontré une fille, Carole, mais il en parle peu.

Il finira par ouvrir la valise de Callaghan qui contient toute sa vie. Son mariage en Australie, sa fille, l'échec de son entreprise, sa fuite en France à cause de ses dettes. Il décide de lui rapporter sa valise à Londres où il le découvre gérant d'un pub.

L'histoire finit là, elle est devenue un livre mais son désir de revoir Callaghan est intact :"Il m'arrive encore de me dire que j'aimerais revoir Callaghan, que j'aimerais tous les revoir, en fait. Ca me prend de temps en temps quand tombe la nuit, pour espérer trouver le sommeil, ou que je vois une ombre assise toute seule sur le banc d'un arrêt de bus."

Difficile de juger ce livre. Il se lit facilement, est même agréable. Il a obtenu le Prix des Lecteurs, mais cette obsession d'un ami de classe, est difficile à comprendre. La solidarité entre les amis de l'internat, qui s'étend sur plusieurs années, toute une vie même est bien réelle et, il faut bien le dire, inhabituelle.

J'aurais aimé que le narrateur parle un peu plus de lui. Il se considère comme un "raté" sans véritable explication.

Bon roman ou non, c'est au lecteur de juger.

20/08/2012

MANIFESTATION DU 19 AOUT.

manifestation du 19 août

La manifestation organisée par Jean-Denis Lejeune a été une réussite. 5000 peronnes, d'après les manifestants, c'est un succès.

Manifestation pacifique, dit-on. C'est oublier les appels scandés par la foule, sous les applaudissements "Mort à Michelle Martin".

Oublier qu'un cercueil a été brûlé, près du Palais de Justice, avec les photos de Michelle Marin et de Marc Dutroux


Déjà, les manifestations contre les Clarisses, qui ont largement expliqué pourquoi elles accueillaient Michel Martin, étaient inacceptables. Il suffit de voir cette image : "Honte à vous" avec la croix chrétienne. 

manifestation du 19 août

Je comprends très bien l'indignation des manifestants en apprenant que Michelle Martin allait être libérée. Je leur reproche de ne pas mettre l'accent sur la libération conditionnelle et ce qu'elle implique, expliquée maintes fois.

Demander que les victimes soient mieux associées à la décision de la mise en liberté conditionnelle, surtout informées des conditions de cette libération, je le comprends mais aller jusqu'à revendiquer un droit de veto, c'est vraiment la porte ouverte à des dérives dangereuses inspirées par la haine.

Le respect du droit, de la justice sont les garants de la démocratie.

Céder à des mouvements de foule, ce n'est pas, comme le dit Jean-Denis Lejeune, un garant de démocratie. La foule, on l'a dit combien de fois, n'a pas toujours raison.

Mettre les désirs d'une foule, aussi légitimes qu'ils soient, au-dessus de la loi, n'est pas non plus démocratique.

L'intention était peut-être bonne mais légiférer dans l'émotion, on l'a dit cent fois, est toujours dangereux. 

Je salue les Russo qui ont choisi une manière plus digne de faire leur deuil.

Je souhaite à Jean-Denis Lejeune de comprendre qu'entretenir la haine n'aide pas à faire son deuil.

 

17/08/2012

DECLARATION.

 

liberté conditionnelle, communiqué de presse de l'ASM

L'association syndicale des magistrats (ASM) défend, dans une lettre adressée à la presse, le principe de la liberté conditionnelle.

Elle rappelle que la liberté conditionnelle est un mode d'exécution de la peine privative de liberté, par lequel le condamné subit sa peine en dehors de la prison. Elle est un facteur important de lutte contre la récidive car la personne libérée est suivie et encadrée.

Le président de l'association poursuit : "Jamais, la Justice ne pourra réparer les torts. Jamais elle ne pourra apaiser le sentiment d'horreur, ni réparer les souffrances subies par les victimes. En revanche, la Justice a pour mission d'examiner les possibilités de réinserton des condamnés. Ils ont des droits, sans lesquels il n'y pas de dignité humaine."

La déclaration a été publiée par Belga notamment dans La Libre du 17 août.

Le principe de la liberté conditionnelle a été largement expliqué depuis des semaines par des juristes. Néanmoins, je trouve ce communiqué de l'ASM important.