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07/06/2012

GENEVIEVE LHERMITTE.

geneviève lhermitte, devoir d'enquête, procès 2008

Après la sortie du film "A perdre la raison", la RTBF a eu la bonne idée de faire un reportage sur Geneviève Lhermitte dans "Devoir d'enquête" de ce mercredi 6 juin.

Tout le monde se souvient du choc provoqué par l'assassinat de ses cinq enfants. Elle a été condamnée lourdement. Récemment, son avocat Me Xavier Magnée, dans l'émission "On refait le monde"disait regretter que les jurés n'aient pas tenu compte des avis des psychiatres. La pression médiatique était très forte, les crimes jugés particulièrement horribles. J'avais été choquée, à l'époque, que le jury ne se soit pas posé la question : Pourquoi ? Comment en est-elle arrivée là ?

L'émission donne un tout autre éclairage sur ce qui s'est passé. Dépressive avant son mariage désapprouvé par sa famille, elle est vraiment amoureuse de Bouchaïb Moqadem. Celui-ci est sous l'emprise du docteur Schaar, présenté à l'époque comme un "bienfaiteur". Bouchaïb ne travaille pas, sauf pour le docteur Schaar (?) et il est donc complètement dépendant de lui.

Je suppose que tout le monde aura remarqué la manière méprisante dont il parle de Geneviève. Il l'appelle "Lhermitte" et nie les propos tenus par Geneviève dans les lettres montrées à l'antenne. Gênant d'être qualifié de "salopard" !

Son mari aurait dû m'émouvoir lors de la visite des tombes. Pour ma part, j'admets volontiers qu'il doit souffrir de la perte de ses enfants mais je remarque qu'il n'a exprimé aucun regret sur l'enfermement qu'il a fait subir à Geneviève. Aucun sentiment de culpabilité.

Geneviève avait prononcé une phrase terrible." Il revient demain après un séjour d'un mois au Maroc, je ne pourrai plus le supporter".

Je me souviens, qu'à l'époque on avait insisté sur l'amour de Geneviève pour ses enfants, elle ne vivait que pour eux. Au procès, cet amour a rendu son acte encore plus monstrueux et, c'est cela le plus horrible, sans qu'on cherche vraiment à savoir ce qui pouvait pousser une mère aimante à décider "Je vais m'en aller avec mes enfants".

L'émission a le grand mérite d'avoir rappelé les faits sans porter de jugement. Rien n'a été omis, ni les meurtres, ni le suicide raté de Geneviève. Une bonne émission.

J'étais indignée après le procès. Je recopie ici ce que j'en disais.

BILLET DU 23 DECEMBRE 2008.

Madame Lhermitte a été condamnée, par un jury populaire, à la réclusion à perpétuité. Une peine plus lourde que celle réclamée par l'avocat général Pierre Rans, mais conforme à son rejet de circonstances atténuantes ou de ce que plaidait la défense, l'état de déséquilibre grave dans lequel elle se trouvait au moment des faits

Le procès n'a pas répondu aux questions essentielles que tout le monde se posait : "Pourquoi ? Comment en est-elle arrivée là ?"

L'avocat général n'a pas dû se poser la question et ce qu'il a déclaré dans sa plaidoirie est particulièrement odieux : elle représenterait un danger social ! "La carapace risque de sauter sous la pression de ses affect. Elle a encore du mal à ne pas focaliser sur certains faits, certaines personnes."

Justement, cette phrase donne un début d'explication à l'inexplicable. Geneviève Lhermitte a dit clairement qu'elle voulait emporter ses enfants avec elle, autrement dit, ne pas les laisser à son mari, ni au docteur Schaar. L'a-t-on entendue ?

Les paroles de Bouchaïb Moqadem et du docteur Schaar, après le verdict sont particulièrement choquantes. En clair, "bien fait, elle a eu ce qu'elle méritait". Pas l'ombre d'un sentiment de culpabilité sur le rôle qu'ils ont tous les deux certainement joué dans la dépression grave de Geneviève Lhermitte. Pire, ils le nient. Comme les maris des femmes battues !  Et le cynisme est atteint quand le docteur Schaar, interrogé par un journaliste, sur la non-intervention du psychiatre, après l'appel au secours, déclare : C'est moi qui ai envoyé madame Lhermitte chez lui, c'est à moi qu'il devait parler".

Son mari lui défend de voir sa famille, l'éloigne de tout, la laisse s'enfoncer dans la dépression, s'en va se promener au Maroc; le docteur Schaar trouve normal d'être en contact avec son psychiatre, insiste sur sa générosité "gratuite". Vraiment ? Hallucinant 

Pourquoi la justice ne s'est-elle pas posé plus de questions sur les 17 ans qui ont peut-être amené Geneviève Lhermitte à commettre ces crimes horribles? Comment a-t-on pu croire ce qu'affirmaient Schaar et Moqadem ?

Et cette phrase cynique de Motte de Raedt : "Il fallait remettre les pendules à l'heure et c'est ce qu'ont fait les jurés avec sérénité". Vous avez bien entendu "sérénité".

Je laisserai le dernier mot à Me Xavier Magnée : "On inflige la peine la plus forte à une femme qui a commis l'irréparable pendant deux heures et on ne connaît pas le mobile."

Si j'avais le coeur à rire, je dirais : Même dans les séries policières, la première questin posée est : "Quel est le mobile ?"

"Il est impossible de faire croire à un homme naturellement aveugle qu'il ne voit pas". (Montaigne).


Commentaires

Ce sont les drogues psychiatriques prescritent par les médecins qui ont tués les enfants de geneviève L'hermite !!!!

http://lespilulesquituent.sosblog.fr
(sauvegarde : http://lespilulesquituent.overblog.com )
http://zoloft.sosblog.fr
http://justicevictime.sosblog.fr

Ce sont les médecins et les experts qui le savent parfaitement qui devraient être en prison !

Encore faudrait il qu'on en parle !

Écrit par : garotoubib | 28/08/2012

Bonjour,
Je ne sais pas si ce sont les drogues qui ont poussé Geneviève Lhermite a tué ses enfants, ce qui est sûr c'est qu'elle n'était pas dans un état normal, que le psychiatre n'a pas répondu à son appel, que le docteur Schaar a osé dire que c'était à lui qu'elle devait s'adresser et non au psychiatre. Le tribunal n'a inquiété ni le docteur Schaar, ni le psychiatre, ni son mari. Ils sont tous les trois responsables. C'était visible qu'elle était en dépression, ils sont tous les trois responsables. De plus, son mari dépendait entièrement du docteur Schaar, comment pouvait-elle supporter cela ?

Écrit par : mado | 28/08/2012

Les commentaires sont fermés.