Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

14/02/2012

ELIETTE ABECASSIS.

 

eliette abécassis, sépharade, histoire des juifs marocains, quête d'identité, destin

 

Eliette Abécassis est née le 27 janvier 1969 à Strasbourg. Elle est la fille d'Armand Abécassis spécialiste de la pensée juive. Elle est agrégée de philosophie. Mariée, deux enfants, elle habite Paris. Elle a publié de nombreux romans.

 

"Mon Père" "La répudiée" (voir billet du 22 octobre 2009). "L'or et la cendre" (voir billet du 17 novembre 2010) "Et te voilà permise à tout homme" (voir billet du 13 octobre 2011).

 

SEPHARADE.

 

Le livre a été publié chez "Albin Michel", en livre de poche, en 2009.

 

Eliette Abécassis a décidé d'en faire un roman. Son objectif est pourtant de raconter l'histoire des juifs marocains, de l'inquisition à nos jours. En faire un roman plutôt qu'un livre d'histoire rend l'oeuvre plus attachante mais aussi plus confuse. C'est à travers son personnage, ses rencontres sentimentales ou amicales, ses conversations avec sa famille, qu'elle retrace l'histoire.

 

Esther Vital, la narratrice est une juive marocaine née à Strasbourg. Tout au long du livre, elle se demande qui elle est vraiment et si on peut échapper à son destin.

 

Dans le prologue, Eliette Abécassis, résume la quête qui sera celle de son personnage. "Nous avons tous des identités multiples. Nous venons tous d'un pays, d'une ville, ou d'une rue qui nous définit à jamais. Nous sommes issus d'une culture ancestrale qui nous emprisonne autant qu'elle nous féconde. (...) Nous sommes empruntés et confisqués par notre passé, que nous empruntons et confisquons à notre tour, essayant de savoir qui nous sommes, en cette quête infinie qui commence au premier cri, qui ne s'achève jamais – et qui s'appelle la vie."

 

Esther Vital a décidé de se marier avec Charles Tolédano, malgré l'opposition de ses parents. Charles est arrivé à rompre les liens fusionnels qu'il entretenait avec sa mère. Esther, au contraire est sous l'emprise totale de sa mère qui n'hésite d'ailleurs pas à lui faire du chantage. "Tu me feras mourir" est une phrase qui revient plusieurs fois.

 

Le mariage est cependant décidé et Esther veut se marier en Israël. Toute la famille s'y retrouve et des intrigues se nouent. Son père lui a appris que le jour de son mariage, il confierait à son mari un secret transmis de génération en génération. Ce secret va rendre le mariage impossible. Il s'agit d'une amulette qui doit révéler les secrets des sépharades. Au moment de la remettre à Charles, elle disparaît. Moïse, le père d'Esther, soupçonne Charles de l'avoir volée car il refuse de se laisser fouiller. Il ne le peut pas car il a sur lui un document secret remis par son père. Il ne dit rien.

 

 Les parents d'Esther s'en vont après avoir essayé de dissuader Esther de se marier et de les suivre, ce qu'elle refuse. Mais Charles n'admet pas qu'Esther ne lui fasse pas confiance et s'en va, lui aussi. "Comment te faire confiance désormais ? Comment bâtir une vie autour de toi, et comment croire encore en ton amour ? Tu as tué notre amour".

 

Avant cette ultime rencontre avec Charles, Esther, était allée retrouver un ancien amoureux, Noam avec qui elle passe la nuit. Quand elle apprend à sa mère qu'elle hésite entre Noam et Charles, celle-ci lui apprend que Noam est son frère.

 

Esther se retrouve donc seule. Elle essaie de se noyer mais l'amulette la sauve.

 

Je suis bien consciente que, résumer ainsi, le livre apparaît sans intérêt. Il se lit pourtant avec plaisir. Eliette Abécassis ne se contente pas de raconter l'histoire des juifs marocains mais les conversations entre ses tantes, par exemple, nous apprennent beaucoup sur les traditions. Il est vrai que la cuisine occcupe une grande partie, les recettes des plats cuisinés sont aussi transmises de génération en génération. J'avoue avoir des difficultés à comprendre une telle importance mais la cuisine n'est pas ma tasse de thé !

 

Eliette Abécassis parle longuement de la différence entre les Ashkénazes et les Sépharades, de leur rivalité qui va parfois jusqu'au mépris.

 

Esther est déconcertante. Alsacienne, elle admire la culture française mais son ascendance marocaine, par son père, la lie à ses racines. "Alsacienne, elle était ponctuelle, tranchante, au point de paraître insensible. Orientale, elle avait en elle une générosité onctueuse."

 

"Dès son plus jeune âge, on lui avait inculqué les valeurs fondamentales de la religion, du groupe et de la famille." De plus, elle était superstitieuse, comme sa mère. Elle croyait "au mauvais oeil". Même ses études de lettres n'avaient pas réussi à la détacher de ces croyances. Tous ces efforts pour conquérir la liberté engendraient un terrible sentiment de culpabilité.

 

Lorsqu'elle choisit d'épouser Charles, malgré l'opposition de ses parents, elle croit qu'elle a enfin réussi à être libre. Hélas ! ce mariage tourne au désastre. D'où l'interrogation : "Peut-on échapper à son destin ?"

 

Je l'ai dit, j'ai bien aimé le livre. Il faut du talent pour rendre attrayant une oeuvre où se côtoient l'invraisemblable, de longues descriptions, des réflexions philosophiques, l'histoire. Du talent et un style que j'avais déjà apprécié dans les autres oeuvres de l'auteur. 

Les commentaires sont fermés.