Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

09/02/2012

ALAIN DUHAMEL.

 

alain duhamel, portraits souvenirs, 50 de vie politique

 

 

Alain Duhamel est né le 31 mai 1940 à Caen. Etudiant à Sciences Po, il a pu faire un stage au Monde. Il est resté vingt ans à Science Po comme maître de conférence, directeur de séminaires, puis professeur.

 

Il est devenu chroniqueur au Monde et à Libération. Parallèlement à ses activités dans la presse écrite il a animé ou co-animé plusieurs émissions télévisées consacrées à la politique : A armes égales (à partir de 1970) Cartes sur table (à partir de 1978) L'heure de vérité (1982) 100 minutes pour convaincre (à partir de 2002) Question ouverte. Mots croisés (1997/2001) avec Arlette Chabot.

 

Il est également chroniqueur à la radio, sur Europe1, France Culture, RTL.

 

PORTRAITS SOUVENIRS. 50 ANS DE VIE POLITIQUE.

 

Dans son avant-propos, Alain Duhamel explique qu'il a sélectionné une cinquantaine de personnalités en se fondant sur deux critères : une connaissance directe et personnelle suffisante pour me faire une opinion précise et l'intérêt spécifique qu'ils me semblaient présenter pour le lecteur. 

 

Le schéma est toujours le même pour tous les portraits : rappel de la carrière –  échecs et réussites – personnalité : caractère, comportement, évolution – apport à la vie politique.

 

Alain Duhamel rappelle aussi des interviews, les polémiques qu'elles ont parfois suscitées, les réactions des interviewés, de leurs collègues ou amis.

 

Si l'auteur rapporte des entretiens plus personnels, il ne va jamais trop loin dans les confidences. Ce n'est pas son but., il n'est pas un "fouille poubelle". Son objectif, il le rappelle dans le quatrième de couverture :"Les principaux personnages de ces cinquante dernières années figurent cependant pratiquement tous dans cette galerie de portraits. En tous cas, je les ai dépeints avec sincérité, sans mesquinerie je l'espère, mais aussi sans complaisance : tels que je les ai vus et connus."

 

Il serait tentant de reproduire certains extraits, certaines phrases "choc" sur l'un ou l'autre, mais il me semble que ce serait trahir l'auteur. Prises hors contexte, elles donneraient certainement du piment à mon post mais déformeraient les propos d'un auteur qui se veut objectif autant qu'on peut l'être dans ce genre d'exercice.

 

Sans trahir l'auteur, je peux relever les personnalités pour lesquels il n'a pas de sympathie, il s'en explique. Que ce soit pour leurs idées, leurs actions qu'ils n'approuvent pas ou dont ils regrettent les conséquences, les relations plutôt tendues qu'il a eues avec certains. Je peux en espérant  ne pas trop me tromper, car je ne me fie qu'à ma mémoire,  faire la liste des "antipathiques".

 

Certains noms n'étonneront pas, d'autres sont plus inattendus. Jacques Attali, Jean-Pierre Chevènement, Laurent Fabius, Jean-Marie Lustiger, Georges Marchais, Jean-Luc Mélanchon, Ségolène Royal, Dominique de Villepin, Marine Le Pen.

 

Parmi ceux qui ont sa sympathie et qu'il estime parfois avoir été traités injustement ou ne pas avoir eu le destin qu'ils méritaient, je citerai Bernard Kouchner, Michel Rocard, Claude Allègre, Michèle Alliot Marie, François Bayrou, Raymond Aron, Jean Lecanuet, Valéry Giscard d'Estaing...

 

Pour certains, c'est plus mitigé, Jacques Chirac, Martine Aubry, François Hollande, Jacques Lang et beaucoup d'autres.

 

Il consacre une vingtaine de pages à François Mitterand. Il parle bien sûr de sa présidence, mais, ce qui est important pour lui, ce sont les discussions acharnées qu'il a eues en tête à tête.

 

Le livre s'ouvre sur une confidence : J'ai toujours voulu être journaliste politique ou, plus exactement, commentateur politique. Cette vocation m'est venue en janvier 1956. J'avais alors quinze ans, je suivais avec innocence et émerveillement la campagne de Pierre Mendès France à la tête du Front Républicain."

 

Cette vocation, il l'a gardée. Il avoue qu'on lui a parfois demandé d'être un "politique", mais qu'il a toujours refusé.

 

Certaines confidences sont intéressantes. Il est de coutume pour les entretiens importants d'hommes politiques de faire connaître les thèmes du débat. Certains insistent pour avoir les questions. Alain Duhamel ne cède jamais mais les communicants veulent aussi fixer les limites de l'intervieweur. Ainsi rappelle-t-il que d'avoir posé à François Mitterand la question sur l'abolition de la peine de mort lors d'un Cartes sur table lui avait valu des reproches violents de l'entourage de François Mitterand. Celui-ci, au contraire, le remercia de lui avoir posé la question lui donnant l'occasion d'affirmer que, s'il était élu, il mettrait fin à la peine de mort.

 

Ce qui ressort aussi du livre, c'est combien le monde politique peut être cruel. Pour certains ambitieux, tous les coups bas sont permis. D'autres doivent à leur honnêteté de ne pas avoir toujours eu le destin qu'ils méritaient.

 

Ce livre n'est pas seulement un florilège de portraits c'est aussi une description des cinquante dernières années. Et à travers certaines réflexions, les thèmes chers à l'auteur comme l'Europe, l'économie et, bien sûr, la France.

 

Bien écrit, parfois féroce, cet ouvrage se lit facilement. Je l'ai vraiment apprécié et je le recommande à ceux qui s'intéressent à la vie politique.

 

Les commentaires sont fermés.