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28/12/2011

2012.

Meilleurs voeux !

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23/12/2011

TRINH XUAN THAN.

 

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Trinh Xuan Thuan a publié chez "Albin Michel" un très beau livre : "Le Cosmos et le Lotus" sous-titré "Confessions d'un astrophysicien". Il y raconte sa vie et en toile de fond, l'histoire de son pays, le Vietnam.

 

L'auteur est venu au monde dans une famille aisée en 1948, à Hanoi, capitale administrative du Tonkin. La guerre d'indépendance menée par Ho Chi Minh contre les colonialistes français faisait rage. En 1954, ses parents décident de tout abandonner et se réfugient au Sud-Vietnam, à Dalat, station balnéaire. Il entre au lycée français. Toutes ses études se déroulent donc en français et il n'a que quelques bribes de la culture vietnamienne.

 

Pourtant, il est profondément imprégné de culture confucéenne par son environnement familial. "Le confucianisme est une philosophie de vie, non pas enseignée mais vécue." Il est profondément marqué par la notion du ren qui peut être traduite par "plénitude d'humanité" ou "amour de l'humain" qui constitue la pierre angulaire de l'enseignement confucéen. "Confucius (551-479 av. JC) est le premier penseur en Chine à placer clairement l'homme au centre de sa réflexion."

 

Malgré la guerre du Vietnam, il passe une enfance heureuse. Il lit beaucoup et apprécie spécialement les romans d'Arthur Conan Doyle et d'Agatha Christie. Il fera plus tard un rapprochement entre les romans policiers "reconstitution du crime, découverte du coupable, dicté par une déduction logique et rationnelle" et la découverte scientifique en astronomie.

 

Ayant obtenu son baccalauréat français, section mathématique, en 1966, il hésite à choisir entre une carrière littéraire ou scientifique. C'est le livre d'Albert Einstein "Comment je vois le monde" qui le décide à devenir physicien. Il aurait voulu faire ses études en France mais comme il ne pouvait obtenir de passeport, il choisit la Suisse romande, Lausanne. Le choc est la découverte du sentiment de sécurité. "Depuis ma naissance, j'avais toujours vécu dans une atmosphère de guerre. Je ne savais pas ce que pouvait signifier vivre dans un pays en paix."

 

Après un an, il s'aperçoit que devenir ingénieur physicien ne correspond pas à ses attentes. Il décide alors d'émigrer aux Etats-Unis malgre le handicap constitué pas son anglais sommaire. Il choisit Caltech, en Californie. Les professeurs étaient tous des chercheurs de renommée internationale. Il dira toute son admiration pour Richard Feynman qui avait une intuition hors du commun. Caltech était aussi à la pointe de l'astrologie et possédait le plus grand télescope du monde. C'est ainsi qu'il devient astrophysicien passionné par l'exploration spatiale du système solaire.

 

Après avoir obtenu son "bachelor" en 1970, il choisit de faire sa thèse de doctorat à Princeton. Il défend sa thèse en 1974, qui porte sur le milieu interstellaire. Les quatre ans passés à Princeton portaient essentiellement sur de la théorie, calculs et modèles mathématiques. Le contact direct avec le ciel lui manquait. Il accepte la proposition de James Gunn, professeur d'astronomie à Caltech de travailler avec lui en cosmologie.

 

Après ces deux années d'études postdoctorales, il peut enseigner tout en continuant ses recherches. Il choisit Charlottesville, en Virginie. Cettte université a été fondée par Thomas Jefferson, principal auteur de la Déclaration d'indépendance de 1776, défenseur des droits de l'homme et élu à deux reprises  Président des Etats-Unis.

 

Sa recherche porte essentiellement sur la formation et l'évolution des galaxies qui reste l'un des problèmes majeurs de l'astrophysique contemporaine. En décembre 2004, il eut la grande joie d'identifier la plus jeune galaxie connue de l'univers. Elle s'appelle I Zwicky 18 et son âge est de l'ordre d'un milliard d'années. "Un vrai bébé galaxie"!  Il fait aussi des recherches sur la "masse noire". Incroyable, mais la matière lumineuse des étoiles et des galaxies ne représente qu'un 0,5 % de l'univers."Nous vivons dans un univers iceberg dont plus de 95 % nous échappent."

 

J'ai dit au début de mon post que dans son livre, il retraçait son parcours et l'histoire de son pays. Il dit aussi son admiration pour les Etats-Unis. Apatride, il a été naturalisé américain le 14 juillet 1981, dans la plus grande émotion.

 

S'il admire les universités américaines qui favorisent les talents quelle que soit l'origine des futurs chercheurs, il est aussi très critique sur certains aspects. Thomas Jefferson alors qu'il proclamait "Tous les hommes sont créés égaux" n'a jamais eu le courage de s'élever contre l'esclavage. L'auteur s'étonne aussi qu'en 2009, 39 % seulement des Américains croient en la théorie de l'évolution de Charles Darwin. Et les créationnistes se battent pour que la "science de la Création" soit enseignée dans les écoles publiques. Autre sujet d'indignation, la répartition des richesses. 1 % de la population gagne autant que les 50 % les plus pauvres.

 

Une des grandes préoccupations de Tru Xuan Thuan est la désaffection des jeunes pour les carrières scientifiques. Il a tenu à vulgariser la science : "J'avais l'intime conviction que par la vulgarisation de la science, il me serait permis de répondre à cet idéal du ren, ce concept de l'amour de l'humain si cher à Confucius et ancré si profondément en moi." Ainsi, cela a été un grand bonheur pour lui que "La Mélodie secrète" soit devenu ne best-seller traduit dans plusieurs langues.

 

Il commençait son livre par une constatation : "Je suis le produit de trois cultures. Né vietnamien, éduqué à la française, j'ai acquis  toute ma science aux Etats-Unis" Il caresse le projet de s'installer à Paris quand il n'enseignera plus et de se consacrer à plein temps à l'écriture.

 

Le titre de son livre "Le Cosmos et le Lotus" fait référence au bouddhisme dont il parle longuement dans la dernière partie du livre. J'y reviendrai car c'est un chapitre important qui dépasse le cadre de ce post. De même, je n'ai pu reprendre toutes ses explications scientifiques,  claires et compréhensibles pour des non initiés mais impossibles à résumer. Je renvoie le lecteur au livre.

 

Je terminerai par cette profession de foi : "De même que je constate une organisation dans l'univers, je me demande s'il en existe une dans les grandes lignes de la destinée d'un homme, sans qu'il perde pour autant son libre arbitre. Plus j'avance sur le chemin de la vie, plus je me dis que certains événements et rencontres ne peuvent être le seul fruit du hasard. (...) Certains épisodes de mon parcours quand je les revois, me paraissent trop extraordinaires pour que je ne m'émerveille pas devant leur agencement."

 

L'émerveillement est une constante de ce très beau livre.

 

20/12/2011

IRENE NEMIROVSKY.

 

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Irène Némirovsky  née à Kiev en 1903 est décédée à Auschwitz en 1942. Elle a écrit de nombreux romans dont "Suite française" publié après sa mort en 2004. (voir billets du 3 juin 2010 et 16 août 2011).

 

LE MALENTENDU.

 

Ce livre est le premier roman de l'auteur publié en 1926. Elle a vingt-trois ans. Les Editions Denoël viennent de le rééditer en Folio.

 

"Le malentendu" se passe en 1924,  sur la côte basque, lieu de villégiature privilégié de l'époque, puis à Paris.

 

Yves Harteloup a vécu une enfance heureuse de garçon riche et bien portant, choyé par ses parents. A dix-huit ans il se retrouve orphelin, prépare vaguement une licence ès lettres, passe quelques mois en Angleterre et un printemps à Hendaye, dans l'antique maison de ses parents où il passait ses vacances d'été avec sa gouvernante. En 1914, la guerre éclate mettant fin à son existence oisive. "Un long cauchemar". Blessé trois fois, décoré de la Croix de guerre, il revient à Paris en 1919.

 

Le notaire avait placé l'héritage de sa mère dans l'usine de son oncle, un richissime indutriel, mort en 1915, ruiné. Il ne lui reste plus qu'une rente insuffisante pour vivre. Il doit travailler. Il trouve une place dans une grande agence d'information mais ne supporte pas cette vie. "Yves menait cette vie d'employé qu'il haïssait comme certains petits garçons, très paresseux et très sensibles haïssent l'internat. Il avait gardé son ancien appartement plein de souvenirs, de fleurs, de jolies choses disposées avec amour. Chaque matin, en quittant son appartement "il ressentait le même désespoir, le même sursaut de révolte haineuse et vaine, le même horrible, noir, écrasant ennui."

 

Un été, il revient à Hendaye, en souvenir des vacances heureuses de son enfance. Il descend dans un grand hôtel, désireux de revivre une vie aisée, facile.

 

Sur la plage, il rencontre Denise Jessaint et sa petite fille. Denise est une grande bourgeoise, oisive, délaissée par son mari, qui voyage beaucoup. Très vite, Yves tombe amoureux de cette femme qui appartient à son milieu d'autrefois. Passion partagée, Denise ne vit plus que pour lui.

 

Le retour à Paris est brutal. Denise, toujours aussi amoureuse, veut lui faire partager sa vie mondaine. Elle ne se rend pas compte qu'Yves n'a pas les moyens d'assumer financièrement ce qu'elle lui demande. Yves est trop orgueilleux pour lui avouer qu'il n'est pas celui qu'elle a rencontré à Hendaye. La séparation est inévitable. Yves quittera Paris, avec un ami, sans la revoir, sans explication.

 

"Le malentendu" nous plonge dans les années folles et nous fait vivre la vie heureuse de ceux qui ont de l'argent. Le titre du livre rend bien la difficulté que rencontrent Yves et Denise, ils ne sont plus du même milieu.

 

C'est un roman facile, bien écrit mais tellement en décalage avec notre époque qu'il est difficile de l'apprécier vraiment, malgré le talent de l'auteur.

 

06/12/2011

NOUS AVONS UN GOUVERNEMENT.

Le gouvernement n'a pas été accueilli par un grand enthousiasme mais plutôt par une résignation teintée de scepticisme. Cela s'explique par la durée de négociations et l'énorme tâche qu'il devra accomplir. Les vingt dernières heures consacrées uniquement à la formation du gouvernement ne sont pas étrangères non plus au sentiment d'inquiétude manifestée par la population. Les ministres vont-ils réellement s'entendre ? Reverra-t-on des marathons comme ceux vécus pendant de longs mois ?

 

Je soulignerai d'abord combien il est dommage qu'alors que les ministres n'ont pas encore prêté serment, on réentende l'antienne trop connue. "Ils sont forcés de réussir" parfois changé et, c'est encore plus grave, par "Elio Di Rupo est condamné à réussir". Certains vont même plus loin et prédisent déjà que ce nouveau gouvernement, tant attendu, n'ira pas jusque la fin de la législature. Pire, Elio Di Rupo serait le dernier ministre de la Belgique !

 

Je comprends que les spécialistes interrogés, politologues, philosophe (!), expriment une inquiétude légitime mais ne pourraient-ils tout de même attendre que le gouvernement ait travaillé avant de prédire de manière péremptoire son avenir ? Je devrais dire son non-avenir. Cela a quelque chose d'indécent, voire d'irresponsable au moment où tout le monde sait que la confiance est primordiale. Pour faire une comparaison, un professeur qui dit à son élève, au début de l'année, qu'il a peu de chance de réussir, le conduit fatalement à l'échec.

 

Elio Di Rupo a été ausculté par les journalistes, les politiques, les politologues. Certains soulignent sa ténacité, sa patience, ses qualités d'écoute et, cela m'a étonné, son ambition. D'autres évoquent son manque de charisme (sic) et sa difficulté à décider. Il faut tout de même rappeler que le Premier ministre n'est pas tout le gouvernement et que les décisions sont prises par consensus.

 

J'en viens à la fameuse question du néerlandais. Tarte à la crème pour certains. Un Premier ministre doit parler les langues officielles du pays. (Et l'allemand ?) Cela paraît logique mais je rappellerai que Wilfried Martens, par exemple, parlait un français absolument déplorable et qu'on ne lui a jamais reproché. Quant à son charisme, ayant participé à certaines négociations qu'il présidait, je l'avais surnommé "le poisson froid".

 

J'ajouterai que les Flamands s'estiment très vite parfaits bilingues, même s'ils admettent, mais toujours avec un sourire qui dément leurs propos, que leur français n'est pas parfait. Par contre, un Wallon est très rarement considéré comme un parfait bilingue même lorsque sa connaissance du néerlandais est impeccable. Je crois qu'il s'agit aussi d'accent. D'expérience, je sais qu'un Wallon, parlant néerlandais, a un accent insupportable pour les Flamands. Les francophones admettent eux qu'un flamand parlant français a aussi un accent qu'ils pourraient qualifier de désagréable. Ils ne le font pas, pas plus qu'ils ne leur reprochent leurs fautes de français et c'est bien.

 

J'ai entendu beaucoup de critiques parce que Didier Reynders n'était plus ministre des Finances. Il a fait du bon travail mais a été tellement critiqué non seulement en Flandre mais aussi en Wallonie que c'est une bonne chose. Il avait d'ailleurs dit qu'il souhaitait le ministère des Affaires étrangères. C'est donc une bonne nouvelle d'autant plus qu'un Wallon sera enfin ! sur la scène internationale.

 

Je ne vais pas m'amuser à compter le nombre de ministres ou de secrétaires d'état donnés à chaque parti. D'autres le font suffisamment. Joëlle Milquët qui tenait tellement à l'emploi est-elle contente ? Je n'en sais rien. Olivier Chastel devient ministre. Récompense sans doute pour son bon travail et le soutien apporté à Charles Michel lors de la fronde anti-Reynders...

 

J'ai tenu à réagir aujourd'hui parce que c'est tout de même un jour important. Je souhaite bonne chance à Elio Di Rupo et à ses ministres, sans ironie. Si j'aimais les clichés, je dirais, du fond du coeur.

 

01/12/2011

ALAIN FINKIELKRAUT.

 

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Alain Finkielkraut est né à Paris en 1949. Il est le fils d'un maroquinier juif polonais déporté à  Auschwitz. Agrégé en Letttres modernes, il enseigne à l'Ecole polytechnique. Il s'est fait connaître en 1970 par sa collaboration avec Pascal Bruckner "Le nouveau désordre amoureux".  La publication en 1987 de "La défaite de la pensée"  marque le début d'une critique de la "barbarie du monde moderne".

 

Philosophe reconnu, ses prises de position suscitent souvent la polémique. Il est notamment très critique sur l'école qu'il accuse de ne pas avoir offert aux enfants défavorisés une chance réelle d'intégration et qu'elle ne fonctionne correctement que pour les fils de bourgeois.

 

Il a publié une dizaine de livres dont "Le Juif imaginaire" "La sagesse de l'amour" "Une voix qui vient de l'autre monde" "Au nom de l'Autre" "Réflexions sur l'antisémitisme qui vient" "Un coeur intelligent" (voir billet du 9 décembre 2009).

 

Il anime chaque semaine l'émission "Répliques" sur France Culture.

 

ET SI L'AMOUR DURAIT.

 

Le titre du livre est assez étonnant. Pourquoi n'y a-t-pas de point d'interrogation? Ce serait logique. Interrogé lors d'une émission littéraire, Alain Finkielkraut a donné des explications assez confuses.

 

Pour parler de l'amour, il s'appuie sur la littérature. Quatre livres : "La Princesse de Clèves" de Madame de la Fayette, "Les meilleures intentions" d'Ingmar Bergman, "Le Professeur de désir" de Philippe Roth et "L'insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera.

 

Le livre comprend de nombreuses citations et l'appel à des personnages figurant dans d'autres ouvrages que ceux qu'il analyse. C'est brillant mais rend la lecture un peu difficile. Tout le monde ne connaît pas l'oeuvre complète des quatre auteurs.

 

Dans son avant-propos, Alain Finkielkraut nous dit que "L'enfant du bohème est devenu roi".

Nous choisissons nos partenaires, nous sommes maîtres de nos engagements, aucune autorité ne peut nous imposer nos comportements. Mais, dit-il, l'amour durable est-il une chimère ? C'est à cette question qu'il veut répondre. S'il n'y répond pas vraiment., les textes qu'il a choisis parlent plutôt de l'impossibilité de l'amour, de sa fin inéluctable.

 

L'ENIGME DU RENONCEMENT.

 

C'est le premier chapitre du livre consacré à "La Princesse de Clèves" de Madame de la Fayette. Les littérateurs l'ont longtemps considéré comme le premier roman classique. Oublié, il revient à la mode à cause des critiques émises par Nicolas Sarkozy qui, bouillant de colère a déclaré "qu'un sadique ou un imbécile avait mis ce texte au programme du concours d'attaché d'administration" !

 

Madame de la Fayette a vécu au dix-septième siècle. Elle tenait "salon" et y recevait l'élite parisienne. Elle a publié plusieurs livres mais toujours sous des pseudonymes.

 

L'histoire est connue. Très amoureux de Mademoiselle de Chartres, le prince de Clèves  obtient de l'épouser. Mais, la princesse découvre qu'elle n'éprouve pour son mari que de l'estime tandis qu'une violente inclination l'entraîne vers le séduisant duc de Nemours.

 

Un épisode du roman va faire scandale. La princesse avoue à son mari qu'elle est amoureuse d'un autre et lui demande de l'éloigner de la cour. Incompréhensible pour les contemporains habitués aux maris volages ou trompés. Madame de la Fayette fait du prince de Clèves un "un mari transi".  

 

 Le prince de Clèves finit par connaître l'identité de son rival. Se croyant trahi, par la femme qu'il adore, il meurt de chagrin après d'émouvants adieux.

 

Après la mort de son mari, la princesse, toujours amoureuse du duc de Nemours, est libre de l'épouser. Elle refuse et ce refus est aussi incompréhensible pour les contemporains que l'aveu.

 

Alain Finkielkraut analyse l'attitude de la princesse. Elle agit par dignité car elle ne peut admettre tirer bénéfice de la mort de son mari dont elle est la cause. Mais, pour l'auteur, il s'agit surtout de la certitude qu'un jour ou l'autre il cessera de l'aimer. "Je sais que vous êtes libre, que je le suis, et que les choses sont d'une sorte que le public n'aurait peut-être pas sujet de vous blâmer ni moi non plus quand nous nous engagerions ensemble pour jamais. Mais les hommes conservent-ils de la passion dans ces engagements éternels ?"

 

L'auteur clôt son chapitre par ses mots : "Pour peu qu'ils réfléchissent à la signification du roman et ne se laissent pas enfermer dans la question de la vraisemblance, les modernes sont renvoyés à leur propre renoncement par celui de Madame de Clèves. Son extravagante intransigeance est le miroir inversé de leur démission."

 

Propos un peu obscurs. Alain Finkielkraut précisera dans une interview : "L'amour, pensons-nous, relève tout entier du principe du plaisir. (...) Si la loi de l'époque devient la loi de l'amour, si, au nom de l'intensité ou de la liberté, l'amour renonce à la durée (...)  cela voudra dire que l'amour n'est plus amour, mais avatar sentimental de la consommation."

 

Une opinion bien sévère qui rappelle combien Alain Finkielkraut est peu en accord avec son époque.

 

J'avais beaucoup aimé "Le coeur intelligent". J'ai beaucoup moins apprécié "Et si l'amour durait".  La principale qualité du livre est de nous faire connaître ou de nous rappeler de grandes oeuvres. Mais le cheminement de l'auteur est difficile à suivre malgré les qualités littéraires évidentes.