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17/10/2011

HARUKI MURAKAMI.

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Haruki Murakami est né à Kyoto, le 12 janvier 1949. Il reçoit le prix "Gunzo" pour son premier roman paru en 1979. Suivront "Chroniques de l'oiseau à ressort" "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" "Les amants du Spoutnik" Kafka sur le rivage" " Le passager de la nuit.

 

Il quitte le Japon pour la Grèce, l'Italie, les Etats-Unis où il enseigne la littérature japonaise à l'université de Princeton. Il est aussi traducteur en japonais de plusieurs écrivains anglo-saxons dont Scott Fitzgerald. Il est un auteur culte au Japon et son oeuvre est traduite dans plus de trente pays. La critique s'accorde à voir en lui un futur lauréat du prix Nobel de littérature.

 

Il revient au Japon après le tremblement de terre de Kobé en 1995 et publie un recueil de nouvelles "Après le tremblement de terre".

 

APRES LE TREMBLEMENT DE TERRE.

 

Le recueil comprend six nouvelles dont les personnages n'ont rien à voir les uns avec les autres. Mais tous ont subi la vague de choc qu'a été le tremblement de terre leur révélant la vacuité de leur existence. Tous sont des personnages désemparés. L'auteur ne décrit pas le tremblement de terre mais celui-ci est la toile de fond de toutes les nouvelles.

 

La première est intitulée "Un ovni a atterri à Kushiro".

 

Komura, beau garçon, est vendeur de matériel audio à Tokyo. Après avoir eu de nombreuses aventures féminines, il se marie à vingt-six ans avec une femme que l'auteur qualifie de "quelconque". "Non seulement elle avait un physique ordinaire, mais sa personnalité était dénuée du moindre charme. Elle parlait peu, avec un air particulièrement bougon. Elle était petite, avec des bras épais, et paraissait on ne peut plus lourdaude."

 

Komura trouve la paix auprès d'elle. Mais sa femme, originaire de Yamagata, n'aime pas la vie citadine étriquée qu'elle mène à Tokio. Très souvent, elle part dans sa famille quelques jours et revient de meilleure humeur qu'avant son départ.

 

Bien qu'elle n'ait aucun parent ou ami dans la région de Kobé, quand arrive le tremblement de terre, elle passe cinq jours entiers devant la télévision, contemplant les paysages dévastés. "Profondément enfoncée dans le canapé, les lèvres serrées, elle ne réagissait pas quand Komura lui parlait, ne secouant même pas la tête pour acquiescer ou répondre non."

 

Le cinquième jour, quand il revient du travail, sa femme a disparu laissant une lettre lui disant qu'elle n'avait pas l'intention de revenir, qu'elle ne voulait plus vivre avec lui. "Le problème, avait-elle écrit, c'est que tu ne m'apportes rien. Pour dire les choses plus clairement encore, tu n'as rien à donner. Tu es gentil, tendre, tu es beau, mais vivre avec toi, c'est comme vivre avec une bulle d'air."

 

Elle demande le divorce et les formulaires signés, Komura demande une semaine de congé. Un collègue, Sasaki, lui propose d'aller à Kushiro pour remettre un colis à sa soeur. Komura accepte et Sasaki lui remet une sorte de petite urne enveloppée de papier kraft. "Komura prit le paquet dans sa main, le regarda un moment, le secoua légèrement pour voir, mais il ne sentit rien, n'entendit rien bouger à l'intérieur."

 

A l'aéroport, il est accueilli par Keilo Sasaki et une amie, Shimao. Il leur remet le paquet et elles le conduisent dans un "love hotel". En parlant du départ de sa femme, les jeunes filles lui demandent si son départ a quelque chose à voir avec le tremblement de terre et comme il répond qu'il n'en sait rien, elles disent : "Il y a peut-être un lien quelque part (...) un lien qui vous échappe."  Elles leur racontent comment un de leurs amis a quitté sa femme après avoir vu un ovni, sans donner la moindre explication.

 

Plus tard, il aura avec Shimao, une étrange conversation. "Une bulle d'air ? Qu'est-ce que cela veut dire ? – Ca veut dire que je suis vide à l'intérieur. Oui, vide, creux, je n'ai pas de contenu. C'est peut-être vrai. Je ne sais pas très bien. Même si on me dit cela, je me demande ce que c'est le "contenu" de quelqu'un."

 

Shimao lui donnera la réponse sans vraiment la donner en lui apprenant que dans la boîte qu'il avait apportée, il y avait son contenu. Une réponse surréaliste qui laisse perplexe.

 

Dans toutes les nouvelles, les personnages se posent des questions existentielles. Mais,  Marukami ne donne jamais de solutions, il propose seulement des pistes dans lesquelles la vie spirituelle est toujours privilégiée. Il insiste sur l'importance du rêve niché en chacun de nous.

 

Il sera un peu plus explicite dans la seconde nouvelle "Paysage avec fer". Myaké qui allume des feux sur la plage dira : "Le feu a une forme libre. Aussi ceux qui le regardent se mettent-ils graduellement à y voir tout ce qu'ils veulent. Toi, par exemple, Junko, tu te sens apaisée en le regardant, mais c'est simplement un calme qui est présent au fond de toi qui se reflète dans les flammes."

 

Le livre est assez déroutant. Sans doute parce que Murakami nous invite, mais de manière très subtile, à déceler ce que nous portons en nous.

 

13/10/2011

ELIETTE ABECASSIS.

 

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Eliette Abécassis est née en 1969 à Strasbourg. Son père, Armand Abécassis, est spécialiste de la pensée juive. Après les classes préparatoires au lycée Henri IV à Paris, elle intègre l'Ecole Normale supérieure de la rue d'Ulm et obtient l'agrégation de philosohie. Elle enseigne pendant trois ans à l'Université de Caen puis se lance dans l'écriture. Mère de deux enfants, elle vit à Paris.

 

Son premier roman "Qumram" a remporté un énorme succès. Suivront "L'or et la cendre""Petite métaphysique du meurtre" "La répudiée" inspirée du film israélien "Kadosh", dont elle a écrit le scénario, "Un heureux événement" "Le corset invisible" "Mon père" "Sépharade" (voir billets du 20 octobre 2009 et du 17 novembre 2010).

 

ET TE VOICI PERMISE A TOUT HOMME.

 

Anna qui a une petite fille, Naomi, est divorcée civilement de Simon Attal depuis trois ans. Elle travaille dans une librairie. Son ex-mari lui refuse le "guet" qui lui permettrait de se remarier religieusement. "Le guet, il n'y a que le mari qui puisse le donner à sa femme. Eh bien, sache que tu ne l'auras jamais."

 

Anna rencontre Sacha Steiner et ils tombent éperdument amoureux. Mais, elle refuse d'abord toute relation sexuelle, sans oser dire à Sacha la vraie raison. Il est photographe, juif mais non pratiquant. Elle a peur de lui avouer la vérité et qu'il ne comprenne pas. D'après la loi juive, sans le guet, elle ne peut rencontrer un autre homme, ni l'épouser, ni avoir des enfants qui seraient considérés comme des bâtards.

 

Elle va entreprendre un long combat pour obtenir le guet qui lui permettrait d'épouser religieusement Sacha. Simon lui fait un chantage odieux. Il exige qu'elle lui donne la part de son appartement, puis une grosse somme d'argent qu'elle ne possède pas. Les rabbins l'encouragent à donner à Simon ce qu'ils demandent . "Madame, me dit-il en me regardant dans les yeux, un guet ça s'achète."

 

Le rabbin va même ajouter : "Soyez prudente. Si jamais vous étiez avec quelqu'un, et que cela se sache, tant que vous n'avez pas le guet, vous serez considéré comme une femme adultère. Et alors vous ne pourriez plus jamais sortir de votre état d'adultère car aucun rabbin n'aurait le droit de vous marier avec cet homme, même après avoir obtenu le guet."

 

Anna est révoltée mais ne veut pas à abandonner sa foi. Elle finira par avoir des relations sexuelles avec Sacha mais elle éprouvera un terrible sentiment de culpabilité.

 

Ses frères et soeurs la rejettent. Sa mère regrette son impuissance, son père la considère avec une inquiétude grandissante. "Je sais, murmura-t-il un soir, les yeux perdus dans le vague, cette loi est absurde. Je suis contre. Mais que faire, les rabbins ne la changeront pas. Cela fait longtemps qu'il en est question. Les rabbins refusent, avec obstination. Il ajoutera même : "C'est vrai, les rabbins trouvent toujours des solutions. C'est ainsi que le judaïsme a survécu pendant tout ce temps."

 

Désespérée, révoltée, comprenant que malgré ses promesses, Simon ne lui donnera jamais le guet, elle contacte des associations qui s'occupent de défendre les femmes. C'est une avocate qui trouvera "l'astuce" qui lui permettra de retrouver sa liberté. C'est Anna qui a acheté la bague et non Simon, c'est contraire à la loi. Avec son avocate, elle se rendra en Israël et un tribunal rabbinique prononcera l'annulation de son mariage.

 

Dans ce roman, Eliette Abécassis continue à se battre pour défendre les droits des femmes comme elle l'avait déjà fait dans d'autres romans. Mais si le combat d'Anna occupe une grande place dans le livre, Eliette Abécassis s'étend aussi longuement sur le bonheur que lui donne Sacha. Elle découvrira ce qu'elle ne connaissait pas, l'amour basé sur un respect mutuel.

 

Je ne serais pas honnête si je ne parlais pas de la situation de la femme divorcée dans le christianisme. Une femme divorcée est exclue de la communauté, elle ne peut communier, elle ne pourra jamais plus contacter un mariage religieux. Très souvent, elle sera rejetée par sa famille. Il est vrai que la situation est la même pour les hommes ce qui n'est pas le cas dans la religion juive.

 

Les récentes déclarations de Monseigneur Léonard sur les divorcés dans l'enseignement ont suscité un tollé. Mais cela ne réconfortera pas ceux qui souffrent du rejet de l'Eglise.  

 

11/10/2011

LIBRES PROPOS 3.

Elio Di Rupo vient donc de présenter à la presse l'accord institutionnel. Il était entouré de tous les négociateurs très souriants.

 

D'emblée, il présente la portée de l'accord. "Enfin, nous avons un accord institutionnel global. Un accord pour faire évoluer notre pays et le stabiliser. Un accord qui répond aux souhaits de changement profond exprimés en Flandre. Un accord qui répond à la volonté de stabilité exprimée en force en Wallonie et à Bruxelles."

 

Je me réjouis bien sûr qu'après une crise aussi longue un accord soit conclu. Pourtant cette première phrase a créé chez moi un certain malaise. Je m'explique. Stabiliser le pays était certes le premier objectif à atteindre. Il paraît l'être mais le bémol de "l'évolution" pourrait laisser supposer que cette réforme, la sixième, ne sera pas la dernière. Beaucoup le craignent. Je vais être optimiste en pensant qu'il s'agit d'une évolution du pays par rapport à la situation actuelle.

 

Ce qui me gêne plus est le parallèle entre les souhaits de la Flandre et ceux de la Wallonie. C'est incontestable que la réforme constitutionnelle était voulue par la Flandre comme le fait que "le centre de gravité va se déplacer de l'Etat fédéral vers les Régions et les communautés". Mais, la volonté de stabilité de la Belgique n'était pas voulue uniquement par la Wallonie et Bruxelles. Même si la NVA pèse lourd en Flandre, les sondages ont bien montré qu'une grande majorité de Flamands était pour le maintien de la Belgique.

 

Que BHV soit enfin scindé ne peut que me réjouir. Ce dossier pèse lourd depuis trop longtemps. L'essentiel a été préservé même si d'aucuns regrettent le non élargissement de Bruxelles. J'ai toujours été convaincue qu'exiger cela était rendre tout compromis impossible. A ceux qui disent que le droit du sol l'a emporté sur le droit des gens, je dirais : les Wallons auraient-ils accepté que la communauté germanophone sorte de la Wallonie ? Et affirmer que sans élargissement de Bruxelles la frontière linguistique devient une frontière d'Etat est aller un peu vite. Depuis quand la frontière linguistique existe-t-elle ? Faut-il conclure un accord constitutionnel pour renforcer le pays ou pour préparer une scission ? Poser la question est y répondre.

 

Bien entendu le transfert des compétences vers les régions, le financement de ces compétences ne me font pas bondir de joie. Je souhaite que, comme l'affirme le formateur, cela rendra le pays plus efficace, qu'un Etat fédéral plus compact sera plus efficient. Mais, c'est vrai, je ne suis pas totalement rassurée.

 

J'espère aussi que Bruxelles soit vraiment devenue, comme l'affirment les négociateurs, une région à part entière.

 

Certes, un grand pas vient d'être fait mais la route reste longue et pleine d'embûches. Réussir une réforme économique efficace sera peut-être encore plus difficile que l'accord constitutionnel.

 

Et le gouvernement ? Les avis divergent quant à la participation des Verts. Et, les arguments des uns et des autres paraissent aussi pertinents. Les Verts ont participé aux négociations institutionnelles, il paraîtrait donc normal qu'ils soient au gouvernement. Par contre, trop de partis peuvent nuire à l'efficacité. Je suis moins sensible à l'argument d'une opposition nécessaire pour la démocratie. Je ne puis pas accepter non plus que leur participation au Fédéral soit indispensable parce qu'ils sont au pouvoir dans les régions. C'est au nom de l'Olivier que les libéraux avaient été écartés du gouvernement... Bref, c'est difficile et je ne voudrais pas devoir trancher.

 

Elio Di Rupo a aussi rappelé qu'il s'était engagé à la transparence car les citoyens avaient le droit de savoir. J'ai déjà dit que pour moi c'était important même si les spécialistes seront bien nécessaires pour comprendre les textes.

 

Même une citoyenne lambda peut se permettre de remercier tous ceux qui ont oeuvré à cette réforme et leur souhaiter le courage qu'il leur faudra pour continuer.

 

Gouverner, dit-on, c'est prévoir. Mais soyons justes, prévoir le long terme, avec certitude, est une mission impossible. Mais, comme le dit Aristote : "Dans toute action, dans tout choix, le bien est la fin, car c'est en vue de cette fin qu'on accomplit tout le reste."

 

04/10/2011

DAVID GROSSMAN.

 

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David Grossman est né en 1954 à Jérusalem. Il est considéré comme un des écrivains israéliens les plus importants. Son premier livre "Le vent jaune" l'a rendu célèbre. Plusieurs de ses romans ont été traduits dans de nombreux pays. "Le sourire de l'Agneau" Voir ci-dessous l'amour" "Le livre de la grammaire intérieure" "Dans la peau de Gisela" "Quelqu'un avec qui courir" (voir billet du 15 avril 2010)

 

Il vit près de Jérusalem, est père de trois enfants. Son fils Uri a été tué pendant la guerre du  Liban. Proche du mouvement "Camp de la paix" il a souvent critiqué la politique du gouvernement.

 

L'ENFANT ZIGZAG.

 

Amnon  "Nono" Fayenberg est le fils d'un talentueux commissaire de police de Jérusalem, Jacob.. Il n'a pas connu sa mère, Zohara, morte un an après sa naissance. Il a été élevé par Gaby, secrétaire de son père. Celle-ci voudrait qu'il l'épouse mais il refuse : "Voilà douze ans que je l'élève et que je m'occupe de vous deux et de la maison. Je te connais comme personne et je veux vivre avec toi et pas seulement être la secrétaire ou ta bonne à tout faire."

 

Une semaine avant son treizième anniversaire et de sa "bar mitzvah" qui doit marquer son entrée dans l'âge adulte, il est envoyé par son père à Haïfa, rendre visite à son oncle. Au cours du voyage, il trouve une lettre qui lui promet des surprises et la rencontre d'un personnage mystérieux auprès duquel il devra dire le mot de passe : "Qui suis-je".

 

C'est Félix Glick qu'il rencontre, un gangster qui est recherché par la police internationale et a été autrefois, arrêté par son père. Il suit Félix, dont il apprendra plus tard l'identité, croyant participer à un jeu de piste organisé par son père.

 

Félix l'emmène dans des aventures rocambolesques. Nono conduira la locomotive, verra Félix obliger le conducteur à arrêter le train en pleine campagne pour rejoindre une Bugatti, noire, avec des portières jaunes, aller dans un restaurant de luxe en laissant un portefeuille plein de sable en guise de paiement, détruire un mur qui cache la vue de la mer d'une amie, actrice célèbre, Lola Chiperolla, se déguiser en fille pour échapper à la police...

 

Nono va éprouver bien des sentiments. La curiosité : qui est donc ce mystérieux individu ? Comment connaît-il son père ? Que sait-il de lui celui qui l'a appelé tout de suite par son nom :  "Vous êtes Amnon Fayenberg"  finit-il par dire en souriant. Il avait une surprenante voix de tête et un accent roumain. "Mais, à la maison, monsieur votre père vous surnomme Nono", ajouta-t-il."

 

Dès leur rencontre, dans la locomotive, il est partagé entre son sens moral : "J'étais révolté"  et l'admiration : "Je restais là paralysé. Emerveillé. Malgré moi. Frissonnant de dégoût et écoeuré par son culot. Eperdu d'admiration."

 

Nono se posera encore bien des questions en voyant les agissements de Félix dont il finit par apprendre l'identité. A-t-il raison de le suivre ? Ne devrait-il pas abandonner un jeu aussi dangereux ? Peut-il approuver sa malhonnêteté, devenir en sorte son complice : "Alors nous deux, vous et moi..., balbutiai-je tant j'avais peur de la réponse, nous sommes des... hors la loi ?"

 

Des liens d'amitié vont peu à peu se nouer entre Nono et Félix. Celui-ci va lui parler de sa mère qu'il a bien connue, une voleuse dont son père était devenu éperdument amoureux. Il apprendra aussi que l'actrice tant admirée par Gaby, Lola Chiperolla, est sa grand-mère.

 

Ce roman qui débute par une question "Qui suis-je" n'est pas comme s'attendait le lecteur un roman d'initiation au sens strict du terme. Mais, la connaissance du passé de son père, la découverte de sa famille, les aventures vécues dans la peur parfois mais surtout avec fierté, va faire de Nono un "initié".

 

La fin du roman est tout à fait inattendue, pleine d'émotion et d'amour.

 

Ce n'est pas un triller qu'a écrit David Grossman, c'est un très beau roman même si le suspense est constant. La personnalité de Nono, les questions qu'il se pose, les sentiments qu'il éprouve rendent  le livre attachant.