Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

13/10/2011

ELIETTE ABECASSIS.

 

éliette abécassis,le guet,divorce,combat pour le droit des femmes,religion juive,christianisme

 

Eliette Abécassis est née en 1969 à Strasbourg. Son père, Armand Abécassis, est spécialiste de la pensée juive. Après les classes préparatoires au lycée Henri IV à Paris, elle intègre l'Ecole Normale supérieure de la rue d'Ulm et obtient l'agrégation de philosohie. Elle enseigne pendant trois ans à l'Université de Caen puis se lance dans l'écriture. Mère de deux enfants, elle vit à Paris.

 

Son premier roman "Qumram" a remporté un énorme succès. Suivront "L'or et la cendre""Petite métaphysique du meurtre" "La répudiée" inspirée du film israélien "Kadosh", dont elle a écrit le scénario, "Un heureux événement" "Le corset invisible" "Mon père" "Sépharade" (voir billets du 20 octobre 2009 et du 17 novembre 2010).

 

ET TE VOICI PERMISE A TOUT HOMME.

 

Anna qui a une petite fille, Naomi, est divorcée civilement de Simon Attal depuis trois ans. Elle travaille dans une librairie. Son ex-mari lui refuse le "guet" qui lui permettrait de se remarier religieusement. "Le guet, il n'y a que le mari qui puisse le donner à sa femme. Eh bien, sache que tu ne l'auras jamais."

 

Anna rencontre Sacha Steiner et ils tombent éperdument amoureux. Mais, elle refuse d'abord toute relation sexuelle, sans oser dire à Sacha la vraie raison. Il est photographe, juif mais non pratiquant. Elle a peur de lui avouer la vérité et qu'il ne comprenne pas. D'après la loi juive, sans le guet, elle ne peut rencontrer un autre homme, ni l'épouser, ni avoir des enfants qui seraient considérés comme des bâtards.

 

Elle va entreprendre un long combat pour obtenir le guet qui lui permettrait d'épouser religieusement Sacha. Simon lui fait un chantage odieux. Il exige qu'elle lui donne la part de son appartement, puis une grosse somme d'argent qu'elle ne possède pas. Les rabbins l'encouragent à donner à Simon ce qu'ils demandent . "Madame, me dit-il en me regardant dans les yeux, un guet ça s'achète."

 

Le rabbin va même ajouter : "Soyez prudente. Si jamais vous étiez avec quelqu'un, et que cela se sache, tant que vous n'avez pas le guet, vous serez considéré comme une femme adultère. Et alors vous ne pourriez plus jamais sortir de votre état d'adultère car aucun rabbin n'aurait le droit de vous marier avec cet homme, même après avoir obtenu le guet."

 

Anna est révoltée mais ne veut pas à abandonner sa foi. Elle finira par avoir des relations sexuelles avec Sacha mais elle éprouvera un terrible sentiment de culpabilité.

 

Ses frères et soeurs la rejettent. Sa mère regrette son impuissance, son père la considère avec une inquiétude grandissante. "Je sais, murmura-t-il un soir, les yeux perdus dans le vague, cette loi est absurde. Je suis contre. Mais que faire, les rabbins ne la changeront pas. Cela fait longtemps qu'il en est question. Les rabbins refusent, avec obstination. Il ajoutera même : "C'est vrai, les rabbins trouvent toujours des solutions. C'est ainsi que le judaïsme a survécu pendant tout ce temps."

 

Désespérée, révoltée, comprenant que malgré ses promesses, Simon ne lui donnera jamais le guet, elle contacte des associations qui s'occupent de défendre les femmes. C'est une avocate qui trouvera "l'astuce" qui lui permettra de retrouver sa liberté. C'est Anna qui a acheté la bague et non Simon, c'est contraire à la loi. Avec son avocate, elle se rendra en Israël et un tribunal rabbinique prononcera l'annulation de son mariage.

 

Dans ce roman, Eliette Abécassis continue à se battre pour défendre les droits des femmes comme elle l'avait déjà fait dans d'autres romans. Mais si le combat d'Anna occupe une grande place dans le livre, Eliette Abécassis s'étend aussi longuement sur le bonheur que lui donne Sacha. Elle découvrira ce qu'elle ne connaissait pas, l'amour basé sur un respect mutuel.

 

Je ne serais pas honnête si je ne parlais pas de la situation de la femme divorcée dans le christianisme. Une femme divorcée est exclue de la communauté, elle ne peut communier, elle ne pourra jamais plus contacter un mariage religieux. Très souvent, elle sera rejetée par sa famille. Il est vrai que la situation est la même pour les hommes ce qui n'est pas le cas dans la religion juive.

 

Les récentes déclarations de Monseigneur Léonard sur les divorcés dans l'enseignement ont suscité un tollé. Mais cela ne réconfortera pas ceux qui souffrent du rejet de l'Eglise.  

 

Les commentaires sont fermés.