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12/08/2011

FRANCOISE GIROUD.

 

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Françoise Giroud de son vrai nom Lea France Gourdji est née le 21 septembre 1916 à Lausanne, en Suisse. Journaliste, écrivain, femme politique, elle a marqué son époque. Elle est décédée à Paris, le 19 janvier 2003. (Voir billet du 29 juin 2010).

 

LOU : HISTOIRE D'UNE FEMME LIBRE.

 

Lou Andreas-Salomé est née le 12 février 1861 à Saint-Pétersbourg, décédée à Göttingen le 5 février 1937. Elle est écrivain et psychanalyste.

 

Elle a intrigué tous ses biographes parce qu'elle est restée vierge jusqu'à ses trente-six ans malgré les multiples demandes en mariage et l'incompréhension de sa mère. Françoise Giroud émet l'hypothèse d'un inceste dans sa jeunesse mais rien ne le prouve.

 

Elle est surtout connue pour l'amour fou qu'elle a inspiré à Friedrich Nietsche, au philosophe Paul Rée, au poète Rainer Maria Rilke. Tous les trois l'ont demandée en mariage mais elle a refusé. Elle sera une amie très admirée de Sigmund Freud, mais il dira n'avoir jamais eu d'attirance sexuelle pour elle.

 

FRIEDRICH NIETSCHE.

 

Elle a 21 ans quand elle le rencontre, il en a 38. Il en tombe éperdument amoureux mais elle refuse de l'épouser. Il l'initie à la philosophie. Il est connu mais pas encore célèbre. Souffrant de maux de tête violents,  il a dû renoncer à sa chaire d'enseignement. Accompagné de son ami Paul Rée, il rencontre Lou à Rome, chez une amie Malwida. Le séjour sera idyllique.

 

Paul Rée est aussi épris de Lou, avec qui il parle philosophie, métaphysique et d'une question qui poursuivra Lou toute sa vie, l'existence de Dieu.

 

Lou lui proposera de vivre platoniquement à trois, Nietsche, lui et elle. Un projet fou. Nietzche accepte mais il finit par rompre, profondément blessé. Il tombe en pleine dépression. C'est après la rupture qu'il écrira Ainsi parlait Zarathoustra où apparaît  la notion de "surhomme".

 

François Giroud rappelle comment la soeur de Nietzsche, Elisabeth, trafiquera plus tard l'oeuvre de son frère la transformant en bible de la pensée allemande.

 

Quant à Nietzche, il finira par détester Lou et écrira sur elle des choses horribles. Devenu célèbre, il sera le philosophe de la mort de Dieu. Lou va profiter de sa notoriété pour écrire des articles donnant le sentiment qu'il a existé une grande intimité entre eux. Mais certains ne lui pardonneront jamais d'avoir rejeté Nietzche. Sa mort en 1900, à cinquante-cinq ans, ne l'affectera pas, elle l'a admiré pas aimé.

 

Paul Réé se tournera vers la médecine et après des années d'amitié finira par rompre avec Lou. Il lui laissera un papier plié sur lequel il a écrit : "Soyez bonne, ne me cherchez pas."

 

FRIEDICH CARL ANDREAS.

 

C'est en 1887, qu'elle rencontrera Friedich Carl Andreas. Il passe à Berlin pour le meilleur spécialiste de la culture persane. Il a des relations intenses avec la nature. Lou va accepter de l'épouser, mais un mariage blanc, pour l'éternité. Ils finiront cependant leur vie ensemble dans une maison à Gôttingen. On ne saura jamais pourquoi Lou a décidé d'associer son nom au sien.

 

RENE MARIA RILKE.

 

Lou le rencontre en 1897 à Munich. Il a quatorze ans de moins qu'elle. Il la surnomme "mon buisson ardent". Leur amour durera trois ans, mais leur amitié, plus de trente. Elle est sa muse. Ils font un voyage en Russie, mais après bien des accros, elle le jette. "Tu dois partir... Va-t-en".

 

SIGMUND FREUD.

 

Elle a cinquante ans et est installée avec Andreas à Gottingen, quand elle rencontre Freud. Elle suivra ses séances de travail du mercredi et participera au IIIe Congrès de psychanalyse de Weimar. Freud sera fasciné par son amour de la vie et son intelligence. Lou n'est pas une grande figure de la psychanalyse mais elle n'hésitera jamais à marquer son désaccord avec Freud notamment sur le narcissisme. Il l'encouragera à pratiquer la psychanalyse.

 

UNE FEMME LIBRE.

 

 

Françoise Giroud parle des nombreux amants de Lou après sa période virginale. Cela a peu d'intérêt. Je mentionnerai seulement qu'elle n'a jamais ressenti aucun sentiment de culpabilité et malgré sa croyance en Dieu, la notion de péché lui est totalement étrangère.

 

Françoise Giroud terminera son livre en disant : "Ni modèle, ni exemple, Lou Adreas-Salomé fut simplement pionnière dans l'art d'être soi."

 

Au début de sa vie, écoeurée des demandes en mariage, elle dira :  "Nous devons faire ceci, nous devons faire cela. Je n'ai aucune idée de ce qui est ce nous. C'est seulement de moi que je sais quelque chose. Je ne puis vivre selon un idéal, mais je puis très certainement vivre ma propre vie et je le ferai quoi qu'il advienne. En agissant ainsi, je ne représente aucun principe, mais quelque chose de beaucoup plus merveilleux, quelque chose qui est en moi, quelque chose qui est tout chaud de vie, plein d'allégresse et qui cherche à s'échapper."

 

"Mais qu'est-ce qu'ils ont, ces hommes, incapables d'amitié, oui, d'amitié tout simplement."

 

On peut trouver sa vie scandaleuse. Néanmoins, il fallait du courage et une grande confiance en soi pour résister à toutes les pressions sociales qui, à l'époque surtout, poussaient les femmes à ne voir leur salut que dans le mariage. Elle n'a jamais dépendu de quelqu'un financièrement. Elle a choisi sa vie. Elle a montré que l'amitié entre un homme et une femme était possible, dans l'égalité, mais on comprend combien pour un homme ce principe était difficile à accepter.

 

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