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10/05/2011

DELPHINE de VIGAN.

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Delphine de Vigan, née le 1er mars 1966, vit à Paris. Elle est mère de deux enfants. Le succès de No et moi, récompensé par le Prix des Libraires  lui a permis de se consacrer entièrement à la littérature. Les Heures souterraines  est son cinquième roman, publié chez Lattès  en livre de poche. (Voir billet du 25 novembre 2010).

 

LES HEURES SOUTERRAINES.

 

Mathilde Debord, la narratrice, est veuve et vit avec ses trois garçons. Elle est l'adjointe du Directeur Marketing de la principale filiale Nutrition et Santé d'un groupe alimentaire international. Elle collabore activement et en bonne entente avec son directeur Jacques Pelletier depuis plus de huit ans.

 

Un jour, tout va basculer. Jacques et elle accueillent un institut renommé, venu leur présenter les résultats d'une étude commandée deux mois plus tôt. Mathide trouve l'étude excellente; Jacques, de manière inattendue, la critique. Mathilde, qui d'habitude est d'accord avec lui, ne comprend pas. "Mais cette fois, l'attitude de Jacques lui avait paru d'une telle injustice qu'elle n'avait pas pu s'empêcher de reprendre la parole. Sur le ton de l'hypothèse, sans le contredire directement, elle avait expliqué en quoi il lui semblait que les orientations proposées (...) méritaient d'être étudiées." Jacques l'avait regardée longtemps puis avait quitté la salle sans la saluer.

 

Depuis ce jour, l'attitude de Jacques à l'égard de Mathilde se modifie. Si bien qu'elle s'interroge et demande à un collaborateur, Eric, son avis. "A voix basse, Eric lui avait répondu qu'elle avait agi ce jour-là, comme aucun d'entre eux n'avait osé le faire, et c'était bien."

 

Tout aurait pu en rester là. Mais, sans qu'elle comprenne pourquoi, Jacques va enclencher une véritable persécution tout en refusant de s'expliquer.

 

Delphine de Vigan va décrire minutieusement la stratégie du directeur. Il ne l'invite plus aux réunions, lui enlève ses dossiers et va même profiter de son absence pour la remplacer. Il la relègue dans un cagibi, appelé "les chiottes", le local 500-9, sans fenêtre, situé à côté des toilettes et de la photocopieuse. Il va justifier cette décision par une soi-disant réorganisation au sein de l'entreprise.

 

Mathide tombe en pleine dépression. "Elle a cru qu'elle pouvait résister. Elle a cru qu'elle pouvait faire face. (...) Elle ne savait pas qu'une entreprise pouvait tolérer une telle violence" "Avant, elle prenait des nouvelles de ses amis. Elle téléphonait. (...) Aujourd'hui, elle n'appelle plus. Elle ne sait plus quoi leur dire. Elle n'a rien à raconter. Elle refuse les dîners, les soirées, elle ne va plus au restaurant, ni au cinéma, elle ne sort plus de chez elle."

 

Elle a cherché l'appui du syndicat, qui lui a conseillé de construire un dossier et surtout de ne pas démissionner. Eric, à qui elle demande de témoigner de la manière dont elle est traitée, refuse : "Je ne peux pas, Mathilde. Tu sais que je ne peux pas me permettre de perdre mon boulot. Je suis désolé, je ne peux pas."

 

Mathide se rend compte qu'elle a laissé Jacques construire un système d'exclusion, système efficace contre lequel elle ne peut rien.

 

Elle fait appel à la DRH, Patricia Lethu, qui affirme qu'elle va l'aider. Mais, elle finit par lui avouer que Jacques Pelletier s'est plaint de ce qu'elle était agressive à son égard, qu'elle n'adhérait plus aux orientations de l'entreprise etc. Il a rédigé une note qui figure dans son dossier.

 

 Patricia va lui proposer de postuler dans une autre filiale du groupe. Ce qu'elle fait. Sa candidature est acceptée mais Jacques Pelletier refuse de la laisser partir. "Selon lui, aucune mutation ne peut être envisagée avant quatre ou cinq mois".

 

Sa vengeance, il la pousse jusqu'au bout. Il a décidé qu'il aurait sa "peau", il a réussi.

 

Mathilde se décidera à démissionner...

 

En parallèle, Delphine de Vigan, décrit la vie d'un médecin généraliste, Thibaud, déprimé par une déception amoureuse et qui n'arrive plus à assumer son métier.

 

Mathide et Thibaut se rencontreront...

 

Le harcèlement au sein d'une entreprise, l'abus de pouvoir, la volonté de déstabiliser, voire de détruire quelqu'un est malheureusement, parfois, une réalité. Sans aller aussi loin que ce que décrit Delphine de Vigan, directeur ou collègue peuvent pourrir la vie de n'importe qui. Parfois, insidieusement et faire face est toujours difficile. Combien " de victimes"se culpabilisent, arrivent à perdre toute estime de soi ?

 

Que dire ? La vie professionnelle est souvent difficile. Nous ne sommes, tout compte fait, que des hommes, comme le disait Alain, des animaux énigmatiques !

 

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