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08/02/2011

QUEL JEU JOUE ELIO DI RUPO ?

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Ce matin, RTL et la RTBF, parlent de l'entrevue Reynders/Di Rupo. Première surprise, les propos rapportés ne sont pas les mêmes. RTL montre la différence entre ce qu'a dit Elio Di Rupo avant l'entretien : pas question de changement de méthode, de page blanche, insistance sur l'immense travail accompli et la fameuse dernière idée : il FAUT un gouvernement d'union nationale. Propos beaucoup plus nuancés à la sortie, quasi contradictoires. La RTBF ne reprend que ce que le grand chef a dit avant l'entrevue.

 

Première question : la discrétion n'est plus de mise ? On parle longuement aux journalistes avant et après l'entretien. Pas innocent, évidemment.

 

On avait déjà eu le fameux document photographié devant les grilles de Laeken abondamment commenté par les journalistes. Fait exprès, bien sûr; message envoyé à ??? , les avis divergent. De toute manière, coup de bluff ou stratégie, c'est inacceptable. J'ai bien aimé la réponse de Bart De Wever : "La curiosité est un vilain défaut" avec le message de Di Rupo reproduit à l'écran. Humour mais pour moi, une belle gifle envoyée à celui qui s'affirme toujours être le champion du respect du Souverain et du colloque singulier. Entre cela et le non-port de la cravate lors de la première entrevue royale de Bart, largement commenté, il n'y a pas photo.

 

"Vu la gravité de la situation, il faut un gouvernement d'union nationale." Ainsi, après avoir volontairement tenu les libéraux à l'écart pendant des mois, le président du PS a une idée géniale : un gouvernement d'union nationale : tous les citoyens ont, tout d'un coup, le droit d'être associés ! De qui se moque-t-il ? Que cette déclaration ait été accueillie du côté flamand par des ricanements me semble logique. Mais, apparemment pas pour Elio Di Rupo, qui, puisque requinqué par ses vacances, il y revient.

 

La question essentielle : pourquoi ? Optimiste ou crédule, j'applaudirais. Mais, hélas ! je crois plus aux autres théories : souci de mouiller les libéraux avant les élections, peaux de banane glissée sous les pieds de Didier Reynders, beau rôle qu'il s'attribue devant les citoyens. Le genre connu : "Je vous ai compris". Curieusement, cela rappelle bien la trahison de De Gaulle.

 

Je crois, de manière plus générale, que l'hypocrisie, j'irais même jusqu'à dire, le mensonge des politiciens n'a jamais été aussi flagrants. Ils ont tous souhaité bonne chance aux conciliateurs, tous dit qu'ils le soutiendraient, CDH et ECOLO allant même jusqu'à affirmer que s'ils devaient quitter les négociations, pour le bien du pays, ils le feraient. Mais, attention, pas question de changer de méthode, pas question de faire autre chose que ce qu'ils ont fait nuit et jour pendant des mois. Autrement dit, en langage clair : sans nous, oui, mais nous restons aux commandes.

 

Evidemment, je ne sais pas ce que Didier Reynders va faire. Ne pas tenir compte du travail effectué par les experts, serait stupide. J'imagine mal que ce soit son intention. Mais, annoncer comme Pascal Delwit, avant même qu'il n'ait commencé son boulot, qu'il avait neuf chances sur dix d'échouer, alors que sa mission est très limitée, est vraiment cynique, pour ne pas dire plus.

 

Mission difficile, certes, impossible si les autres partis ont d'emblée décider comme cela paraît être le cas, qu'elle devait échouer.

 

Lamentable de répéter que la situation est grave, qu'on ne veut pas aller aux élections, qu'on ne cherche pas à foutre le pays en l'air et dans le même temps surfer sur ce qui pourrait plaire aux futurs électeurs, si jamais on devait revoter.

 

J'ai bien des questions. Par exemple, la définition de ce que qu'est une scission pure et simple de BHV a changé aux cours des mois. Honnêtement, je ne sais plus ce que cela veut dire. Que le rattachement à Bruxelles des trois communes à facilités fasse que Bruxelles ne soit plus une menace flamande, je ne comprends pas non plus. S'acharner à demander une consultation populaire quand on en connaît les risques reste aussi pour moi incompréhensible. Que Bruxelles et la Région Germanophone soient des régions à part entière, ce n'est pas dans le périmètre défini par Di Rupo : pourquoi  alors affirmer qu'on défend Bruxelles comme région ? Pourquoi insister constamment sur la Fédération Wallonie-Bruxelles au lieu de voir comment établir des liens de coopération à égalité ? Pourquoi affirmer l'urgence de la situation économique et rester dans le schéma de départ qui, de l'avis de beaucoup d'économistes, ne peut qu'être préjudiciable à court et à long terme à la Wallonie ?

 

Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? J'ai, comme tout le monde, plus de questions que de réponses. Mais, une certitude, les dégâts de ce qui se passe maintenant seront graves et irréversibles. Comme l'ont été les autres réformes constitutionnelles. Il suffit de se rappeler la fixation de la frontière linguistique, la communautarisation de l'enseignement etc.

 

Loin de moi l'idée que les politiciens ne sont pas devant d'énormes difficultés, je suis moins sûre pourtant qu'adopter d'emblée le programme flamand, comme base de discussion, était ce qu'il fallait faire et inévitable.

 

Dans dix ans, on dira encore : si on avait su !

 

Commentaires

Et le pire du pire, c'est que même les flamands continueront à dire non à tout pour flinguer Reynders. Argh, les salauds !
:-))

[Pour Bruxelles, il semble à mes yeux évident que de n'en pas parler jusqu'alors a été une erreur et que, puisque le MR y est fort, c'est légitime que ça tombe au calendrier maintenant ! :-) ].

Écrit par : Monsieur Poireau | 08/02/2011

Bonjour,
Merci pour votre commentaire. Je suis bien d'accord avec vous. Pour Bruxelles, c'était certainement une erreur de n'en pas parler plus tôt. C'est peut-être un piège pour Didier Reynders, mais de toute manière, il faudra régler ce problème.

Écrit par : mado | 09/02/2011

Les commentaires sont fermés.