Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

28/12/2010

2011 !

 

 MEILLEURS VOEUX !

 

200px-Viscum_album_fruit.jpg

18:24 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2)

22/12/2010

GRAND DIRECT : DIDIER REYNDERS.

art_117010.jpg
 
 
 

Avant l'entretien, Laurent Haulotte annonce le menu : le MR battu aux élections, la situation de la Belgique, le dîner avec Bart De Wever, le bilan de sa présidence, les divisions internes au MR, le rôle que Didier Reynders jouera après la présidence.

 

Je n'ai pas l'intention de reprendre tout l'entretien. J'ai trouvé Laurent Haulotte fort agressif mais je ne le connais pas bien. De plus, j'ai absolument oublié comment il avait conduit l'entretien avec Elio Di Rupo. Par contre, Didier Reynders, était fort à l'aise comme d'habitude, a évité les pièges tendus, avec un sourire narquois, par le journaliste, a rétabli certaines vérités.

 

D'emblée, Didier Reynders fera remarquer que le MR n'est pas seul à avoir perdu les élections et qu'il a reconnu son échec. Question réentendue pour la xième fois : le dîner avec Bart De Wever, qui, d'après Elio Di Rupo, était la cause de la méfiance établie entre lui et Bart De Wever ! Réponse logique : un déjeuner parmi d'autres et le regret de ne pas avoir pu avoir des contacts avec les négociateurs francophones. Une petite pique (bien méritée selon moi) : "Je pense que la critique de monsieur Di Rupo n'est pas très fair play. Je trouvais qu'il était assez logique de voir quelle était la volonté réelle de travailler ensemble et de voir ce que nous voulions encore faire ensemble au fédéral. (...) Si Bart De Wever est totalement infréquentable, je me demande pourquoi les trois formations politiques francophones le fréquentent quasi tous les jours depuis six mois." Et voilà.

 

Ne pas avoir de gouvernement après six mois, en souhaiter un pour mars prochain, dire que les spéculateurs pourraient s'attaquer à la Belgique si la crise se prolonge, que plus on attend plus ce sera dur, sont, me paraît-il des propos de bon sens, dits sans animosité. Faire de son bilan, un bilan positif, que ce soit notamment pour le sauvetage des banques ou son travail à l'Union européenne ces six derniers mois, me semble logique. Comme de se réjouir des résultats du sondage paru pendant l'émission.

 

Je n'aurais pas fait de billet sur cet entretien si je n'avais pas lu les commentaires des invités de "Sans langue de bois". En vrac, sans citer personne : il s'est donné le beau rôle, un homme cool qui n'a pas grand-chose à se reprocher dans la crise actuelle. Rien que cela. Le MR ne participe pas aux négociations mais il serait responsable de leur échec ! Comme impartialité, il y a mieux. Ce n'est pas fini. Selon un des invités, Didier Reynders aurait dit qu'il pouvait mieux faire que les autres en matières financières. Je n'ai pas entendu cela, du moins dit comme cela, mais je ne vais pas passer mon temps à vérifier. Mais, là, où j'ai vraiment sursauté c'est d'entendre que le salut des citoyens ne pouvait se trouver que dans le PS. Alors là, c'est ce que j'appelle le conditionnement des citoyens si fréquent dans la bouche des socialistes. Cela me rappelle le fameux bain de sang annoncé par la FGTB si jamais le MR était au pouvoir... Qu'on se le dise une fois pour toutes : en-dehors du PS, pas de salut. Et le bleu, même en cravate, cela ne va pas !

 

Vais-je me permettre de m'amuser un peu en rappelant les propos d'Elio Di Rupo, à Sud-Press, sur "le militantisme autonomiste de politiques et jounalistes au nord du pays alors que dans le sud du pays, les journalistes ont une attitude professionnelle qui leur permet de distinguer le vrai du faux." Négations de l'intéressé sur Twitter. Je ne me souviens plus : qui disait être toujours mal compris ? C'était, paraît-il, une attitude de victimisation opportuniste...

 

Trêve de plaisanterie. Nous avons battu le record des jours sans gouvernement. Un sondage paru ce matin nous apprend que près de sept Belges sur dix s'inquiètent au sujet de leur santé et de leur épargne et que près de la moitié affirment qu'ils reporteront leurs achats, en 2011, au moment des soldes.

 

Et pour couronner le tout, il neige encore et toujours. Et d'après un représentant du GIEC en France, c'est dû au réchauffement climatique...

 

Dans quelques jours, nous fêterons Noël, puis l'entrée en 2011. Alors, souhaitons-nous une meilleure année que celle qui va se terminer.

 

13/12/2010

SIX MOIS SANS GOUVERNEMENT.

Haspengouw.jpg
 
 
 

Comment qualifier cette longue période : utile ? inutile ? courageuse ? scandaleuse ?

 

Sans points d'interrogation, je peux dire : une période de dissimulations, de mensonges, d'allers et retours, de mépris du citoyen, des électeurs, de méfiance, de haine...

 

Des négociations uniquement constitutionnelles, sans même parler de BHV pourtant à l'origine de la chute du gouvernement, sans aucune prise en compte de la situation économique et des risques de voir la Belgique sombrer comme la Grèce,  du triste spectacle donné à l'étranger, d'une volonté des politiques d'accroître leur pouvoir, sur leur région.

 

Un hold up sur la Belgique, une Belgique trahie, humiliée.

 

Des négociations où le fric semble être la dominante principale. Au nord, bien sûr, mais au sud aussi. Plus de compétences, plus de moyens. Et cette affirmation ahurissante des négociateurs : il faut une réforme équilibrée qui n'appauvrira aucune région ! L'impossible.

 

Comment en est-on arrivé là ? Revenons en arrière. Le marrant d'abord de la campagne électorale : le PS : 150 de sécurité sociale ! Grande victoire socialiste ! Le CDH : l'union fait la force ! Je dis "marrant" car bien vite oublié.

 

La première surprise vient des déclarations d'Elio Di Rupo. La victoire écrasante de la NVA l'oblige, dit-il, à débuter les négociations à partir de leurs demandes. Un entretien avec Bart De Wever scelle leur accord. Elio Di Rupo sera Premier ministre, Bart De Wever accepte de ne pas parler de la loi de financement et du rejet des libéraux.

 

Dans sa conférence de presse, avec son lyrisme habituel, Di Rupo affirme : "Vu les résultats des élections en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera de l'Etat fédéral vers les entitées fédérées." Que les socialistes, régionalistes depuis 1960, acceptent volontiers ce programme n'a rien d'étonnant. Le désir d'une wallonie toute rouge, dominée uniquement par eux, ce n'est pas neuf. Exclure les libéraux et faire alliance avec le CDH et Ecolo, non plus. Et la justification est vite trouvée : puisqu'il s'agit de transférer des compétences aux régions, il est logique de négocier avec ceux qui gouvernent les régions ! Question naïve : la réforme sera définitive, l'Olivier aussi ? Plus récent, la Fédération Wallonie-Bruxelles, déjà proclamée par le FDF.

 

Je ne vais pas revenir dans ce court billet sur tous les événements qui ont jalonné ces six mois. Fin de la mission d'informateur de Di Rupo après la volonté de la NVA de mettre quand même sur la table la réforme de la loi de financement. Rejet rapide de la note de Bart De Wever, appel à des spécialistes, bal d'échanges de notes etc.

 

Je ne puis quand même pas passer sous silence le scandale du plan B. Une aubaine que de rendre Bart De Wever responsable de la scission de la Belgique, ballon d'essai enterré par les économistes qui vont démontrer l'impossibilité de ce scénario. Retour en arrière, protestations, discours embarrassés et une phrase martelée : nous ne voulons pas la fin de la Belgique. Vraiment ! Et pour appuyer cette déclaration : c'est la première fois que nous devons négocier avec un parti nationaliste. La fin de la Belgique est inscrite dans les statuts de la NVA. Oui, mais Bart De Wever a dit cent fois que pour lui, elle arriverait mais qu'il ne la verrait pas ! L'excuse est un peu facile même si je peux admettre que certains se disent que Bart De Wever pose les jalons d'une future scission. Si les socialistes ne sont pas nationalistes, ils sont régionalistes. Fédéralisme, confédéralisme, même les mots ont perdu leur sens.

 

Je ne dirai certainement pas que Bart De Wever a rendu les négociations faciles. Non, mais tout de même, PS, CDH et ECOLO savaient clairement ce que la NVA souhaitait. Alors la sempiternelle question : "mais que veut-il vraiment?" est bien bizarre. Les négociateurs savaient, savent ce qu'il veut. Ils sont entrés dans son jeu et ne savent plus comment en sortir.

 

Il y a autre chose que je n'ai pas compris. Les socialistes affirment que ce que veulent les libéraux, se préoccuper du Fédéral avant de voir quelles compétences transférer aux régions, est nuisible pour la Belgique. A propos du MR, j'aurais voulu que Didier Reynders ne se contente pas de dire qu'étant en dehors des négociations, il n'était au courant de rien En se basant uniquement sur ce qui était dans les journaux, il pouvait expliquer à ses électeurs ce qui était réellement en train de se passer. Pourquoi ce silence ? Dans l'espoir d'être associé, comme le veut Bart De Wever, bien conscient des difficultés qu'il rencontrera quand on abordera, enfin ! , le socioéconomique ? Je ne sais pas.

 

Pourquoi n'avoir jamais envisagé un autre scénario ? Quatre régions autonomes, Bruxelles aux Bruxellois comme le veut la population, répondre aux souhaits des Germanophones. Difficile, certes, mais la seule piste envisagée ne semble-t-elle pas sans issue ? 

 

Après six mois, le pessimisme n'a jamais été aussi fort. Oubliées les affirmations maintes fois entendues, "nous sommes proches d'un accord". Nous en sommes là : la question la plus posée est : "qui osera tirer la prise ?"

 

Je pense à ce que disait Aristophane : "Il faut être rameur avant de tenir le gouvernail, avoir gardé la proue et observé les vents avant de gouverner soi-même le navire".

 

10/12/2010

EMMANUEL CARRERE.

280px-Carrere2.jpg
 
 
 

Emmanuel Carrère est un romancier, scénariste et réalisateur français né le 9 décembre 1957 à Paris. Il est le fils de l'académicienne Hélène Carrère d'Encausse. Il a été critique de cinéma à Télérama. Son premier livre, Werner Herzog, essai sur le cinéaste, a été publié en 1982. Il a écrit de nombreux romans, traduits en une vingtaine de langues : L'amie du Jaguar, Bravoure, La Moustache, Hors d'atteinte, La classe de neige.

 

Sa filmographie est impressionnante : La classe de neige, Angel, L'adversaire,(histoire de Jean-Claude Roman), Retour à Kotelnich (documentaire) et La Moustache.

 

 Plusieurs téléfilms à partir de romans : Léon Morin prêtre (Béatrix Beck), Monsieur Ripois (Louis Hémon), Le Blanc à lunettes (Georges Simenon), Pêcheur d'Islande (Pierre Loti).

 

Il est aussi le scénariste de Fracture d'Alain Tasma, d'après le roman de Thierry Jonquet, "Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte". Le livre avait suscité une vive polémique. Le téléfilm diffusé récemment sur France2 est moins noir que le livre. Anna Kagan, jeune professeur d'histoire-géographie, débute sa carrière à Certigny, une commune de Saint-Denis. Le film se veut un regard sur la violence et le désespoir de ceux qui savent leur avenir bouché.

 

D'AUTRES VIES QUE LA MIENNE.

 

L'auteur, sa femme Hélène et leurs deux enfants passent leurs vacances au Sri Lanka. Ils ont décidé de se séparer. Survient le tsunami. Juliette, la petite fille de leurs amis, Delphine et Jérôme, est emportée par la vague. Philippe, le grand-père de Juliette, demande à Emmanuel Carrère d'écrire un livre sur le drame mais il refuse. Il se décidera plus tard.

 

Quand survient le tsunami, Emmanuel Carrère, qui loge dans un hôtel bâti sur les hauteurs, donc à l'abri, avoue, avant de connaître l'ampleur du désastre : "J'étais plutôt excité, à mon retour du village, parce qu'au milieu de ces vacances languissantes survenait quelque chose d'extraordinaire..." Avec Hélène, journaliste pour LCI, il aidera Jérôme et Delphine à retrouver le corps de Juliette. Delphine est effondrée mais Jérôme, lui, s'engage à tout faire désormais pour sauver sa femme du désespoir : "Je ne peux plus rien pour ma fille, alors je sauve ma femme."

 

Lors du rapatriement, Hélène et l'auteur vont décider de ne plus se quitter. "Je pensais : elle pourrait être morte aujourd'hui. Elle m'est précieuse. (...) Ce qui avait eu lieu durant ces cinq jours et prenait fin là, à ce moment précis, nous a submergés. Une vanne s'ouvrait¸ libérant un flot de chagrin, de soulagement, d'amour, tout cela mêlé. J'ai serré Hélène dans mes bras et dit : je ne veux plus qu'on se quitte, plus jamais. Elle a dit : moi non plus, je ne veux plus qu'on se quitte."

 

De retour à Paris, Hélène va apprendre que sa soeur Juliette est atteinte d'un cancer. Elle en avait déjà eu un, adolescente, qui faisait qu'elle marchait avec des béquilles. Elle était juge à Vienne, spécialiste des surendettements, avec un autre juge, Etienne, oui aussi victime d'un cancer, qui l'a laissé unijambiste. Juliette, mère de trois enfants, âgée de trente-cinq ans, meurt du cancer. L'auteur nous raconte son calvaire dans des pages dont la lecture est presque insoutenable.

 

Après la mort de Juliette, Emmanuel Carrère va rencontrer Etienne qui lui dira "Nous avons été de grands juges". Cette phrase et un entretien de deux heures avec Etienne,  décidera l'auteur à écrire son livre, sur la vie des autres : Delphine, Jérôme, Juliette et son mari Patrice,   Etienne.

 

L'auteur nous parlera longuement du problème des conflits opposant les établissements de crédit et leurs débiteurs défaillants. Une plongée dans un monde peu connu, emblématique de l'horreur économique contemporaine.

 

Son regard sur le monde, sur le couple, sur l'amour, sur le bonheur va changer. Le livre se refermera sur la naissance d'une petite fille, Jeanne.

 

"Auprès d'elle (Hélène) je sais où je suis. L'idée que je pourrais la perdre m'est insupportable, mais pour la première fois de ma vie, je pense que ce qui pourrait me la ravir, ou me ravir à elle, ce serait un accident, la maladie  quelque chose qui nous tomberait dessus de l'extérieur et pas l'insatisfaction, la lassitude, l'envie de nouveauté."

 

Je ne connaissais pas l'auteur. Les scénaristes sont parfois moins connus que les réalisateurs. L'auteur se décrit sans complaisance, ainsi mentionne-t-il son cynisme au début du tsunami, lorsqu'il apprend qu'il y a deux morts. Mais, peu à peu, confronté à la douleur de Delphine et d'Hélène, le courage de Patrice qui "porte sa femme", celui de Juliette qui s'inquiète pour le futur de ses enfants, "la vie des autres", les conversations avec Etienne, tout l'amènera à une réflexion sur la vacuité de sa vie : écrire des livres, des films... Il découvrira l'injustice et surtout, apprendra ce qu'est l'amour.