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17/11/2010

ELIETTE ABECASSIS.

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Eliette Abécassis est née à Strasbourg,en 1969. Elle est la fille d'Armand Abécassis, professeur de philosophie et penseur du judaïsme renommé, dont les écrits et les enseignements établissent un dialogue fécond entre judaïsme et christianisme.

 

Après avoir fait ses classes préparatoires au lycée Henri IV, à Paris, elle intègre l'Ecole Normale Supérieure, rue d'Ulm. Agrégée de philosophie, elle enseigne pendant trois ans à l'Université de Caen avant de se lancer dans l'écriture de romans, de livres pour enfants, d'essais et de scénarios. Mère de deux enfants, elle vit à Paris.

 

Eliette Abécassis a publié son premier roman "Qumram", thriller théologique consacré aux manuscrits de la mer Morte qui a remporté un énorme succès. En 1997, elle a publié "L'Or et la cendre". Après avoir publié un essai sur le Mal "Petite Métaphysique du meurtre" elle s'installe pendant six mois à Méa Shearim, le quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, pour écrire le scénario du film iraélien d'Amos Gitaï "Kadosh" Elle s'inspirera du scénario pour son roman "La répudiée".

 

Elle s'intéresse à la condition féminine dans "Un heureux événement" et "Le corset invisible"."Sépharade" a reçu le prix Alberto Benveniste.

 

L'OR ET LA CENDRE.

 

Le 27 janvier 1995, Carl Rudolf Schiller, homme politique allemand, théologien réputé, a été assassiné. Son corps a été coupé en deux horizontalement. La moitié inférieure a été retrouvée dans son appartement à Berlin. L'autre moitié reste introuvable. Ce meurtre suscite un grand émoi dans la presse internationale.

 

Deux amis, Félix Werner, journaliste d'investigation et Raphaël Zimmer, historien spécialiste de la seconde guerre mondiale, décident de mener une enquête. Qui l'a tué ? Pourquoi ? De Paris où ils ont l'habitude de se retrouver au bar de l'hôtel Lutétia, leur enquête va les mener à Washington, Berlin, Rome. C'est dans la bibliothèque du Palais Farnèse, à Rome, qu'ils vont retrouver la seconde partie du corps.

 

La police arrête Bela Perlman qu'il soupçonne être l'auteur du meurtre car un révolver a été retrouvé chez lui. Il sera relâché mais son ami, Jean-Yves Lerais, est aussi accusé du meurtre. Il sera jugé mais le procès révélera son innocence. Le lecteur devra attendre la fin du livre pour connaître le nom de l'assassin, tout à fait inattendu, comme dans les bons thrillers !

 

Raphaël va tomber éperdument amoureux de Lisa Perlman, qu'il rencontre pour les besoins de l'enquête. Elle est la fille de Mina et de Samu, rescapés d'Auschwitz qui, bien qu'ils aient l'air d'en savoir beaucoup sur le meurtre de Carl Rudolf Schiller, ne veulent rien dire. Lisa accepte d'épouser Raphaël malgré sa mère qui s'oppose au mariage de sa fille avec un goy. Le couple s'envole pour Israël où Raphaël pour qui les Juifs n'étaient que des "sujets d'histoire, des reliques, des pièces de musée" va être ébloui : "Alors je compris l'extraordinaire de ce peuple. Jamais il n'avait existé dans l'histoire du monde un Etat, qui après avoir été totalement anéanti, eût ressuscité deux mille ans plus tard, il n'y avait jamais eu un autre peuple qui, dispersé aux quatre coins de la terre, se fût rassemblé pour reformer une nation sur le sol ancestral."

 

L'histoire d'amour finira mal. Lisa attend un enfant, dont Raphaël apprendra plus tard qu'il n'est pas le père. L'enfant meurt à la naissance et Lisa le quitte.

 

Le vrai sujet du livre est la question du Mal. Félix et Raphaël, au cours de leur enquête, rencontrent des théologiens juifs et catholiques, des historiens, des rescapés des camps nazis, des résistants et d'anciens collaborateurs.

 

Tous s'interrogent sur la shoah et l'existence de Dieu. Pour Lisa Perlman, après Auschwitz, il est impossible de croire en Dieu : "ce Dieu de justice, d'amour, de clémence et de miséricorde"qui a laissé s'accomplir le Mal absolu. Moi, je dis que ou bien Dieu est Dieu, et il est tout puissant, et alors il est coupable d'avoir laissé faire, ou bien, il n'est pas tout-puissant et il n'est pas Dieu."

 

Sa mère Mina, qui a combattu dans la résistance jusqu'au jour où elle a été arrêtée et envoyée à Auschwitz, proclame, elle, sa foi en Dieu : "Au moment même où certains croyants trouvent des motifs pour rejeter le Dieu de l'histoire, je dis que le juif, lui, au contraire, a l'obligation de croire en Dieu. (...) "En les tuant, c'est ce Dieu de l'histoire qu'Hitler cherchait à faire mourir. Et c'est pour cela qu'il est interdit de faire comme lui. Il est interdit de donner à Hitler une victoire posthume."

 

Le père Francis, prêtre catholique, affirme que le monde est dominé par le Diable : "Vous savez, Satan, le père du mensonge et l'auteur du mal, celui qui fait se tourner l'homme contre lui-même."

 

Félix lui répondra : "La Shoah n'est pas la victoire de Satan. D'ailleurs ce n'est pas un phénomène religieux, c'est une manifestation de haine de l'autre (...) Ce n'est pas la défaite de Dieu, c'est la défaite des hommes."

 

Eliette Abécassis parle aussi longuement de la seconde guerre mondiale. Ainsi, par exemple, au procès de Jean-Yves Lerais, on apprendra qu'il s'appelle Jean-YvesVurtz, fils d'un officier de la Wehrmacht. Toute sa vie, il a été obsédé par l'idée de racheter la conduite de son père.

 

"L'Or et la Cendre" est un livre très dense, trop peut-être. C'est bien un thriller, le suspense est réel, les personnages sont décrits minutieusement mais le lecteur pourrait éprouver certaines difficultés ou lassitudes à suivre l'auteur dans ses réflexions métaphysiques. 

 

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