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09/10/2010

MISSION ROYALE PARADOXALE.

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Depuis que Bart De Wever a quitté la table des négociations, plusieurs hypothèses circulaient. Certains estimaient qu'il était logique que le souverain lui confie une mission ; d'autres, socialistes surtout, préféraient Johan Vande Lanotte, socialiste comme eux et qui leur inspirait plus de confiance.

 

En effet, la méfiance est telle que Bart De Wever, qui n'arrête pas de monter dans les sondages, devient un épouvantail pour les Francophones. Ils disent maintenant, je cite l'article de V. de W. dans La libre d'aujourd'hui : "Les Francophones gardent un mauvais souvenir de sa mission d'information, une mission qu'il avait conduite à la lègère." Bizarre ce peu de mémoire. Dans sa conférence de presse, Elio Di Rupo avait trouvé "remarquable" le travail d'informateur de Bart De Wever, ce qui m'avait d'ailleurs étonnée, car pour moi, il s'était contenté d'écouter et de prendre des notes... (voir mon billet du 31 août.) Trois mois ont passé et comme on le sait, ce n'est plus le grand amour entre Bart et Elio....

 

Le roi a finalement décidé de confier à Bart De Wever une mission de clarification, très encadrée, puis qu'il s'agit de rapprocher les points de vue avec les sept partis qui étaient autour de la table, en dix jours ! C'est bien un paradoxe. Bart De Wever quitte les négociations et sa conférence de presse est très claire : "Cette histoire est au bout, reconnaissons-le. Arrêtons de patauger, il n'y a pas de temps à perdre. (...) Nous devons effacer le tableau, mettre les compteurs à zéro et essayer une nouvelle histoire. Faisons cela à visage découvert, sans tabous, ni au niveau du contenu, ni au niveau de la formule. Je serai disponible si l'on estime que c'est souhaitable." La mission que le roi lui confie ne va pas vraiment dans ce sens. Comme le titre Le Soir : "Le palais a écouté la voix de la majorité."

 

Après l'arrêt des négociations, les Francophones avaient réagi violemment : "Pas question de partir d'une feuille blanche. Pas question d'ouvrir la négociation aux libéraux. La méthode d'Elio Di Rupo était la bonne." Et cerise sur le gâteau, Laurette Onkelinx, ne craignait pas de clamer : Bart De Wever ment. Sur quoi ? Mystère. J'aurais voulu en savoir plus... En tous cas, la méfiance semblait s'installer pour un bon moment. 

 

Et voilà bien le paradoxe : le roi nomme Bart De Wever "clarificateur" mais avec l'obligation de s'en tenir aux sept partis. Victoire apparente des Francophones, car la NVA n'hésitera pas à affirmer que Bart De Wever verrait qui il veut..."

 

Cette dernière déclaration va susciter des commentaires, avec l'éternelle question : "Mais que veut-il vraiment ?" et les suppositions récurrentes sur sa capacité de faire un compromis ou sa volonté d'en faire un.

 

Je n'en dirai pas plus. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que la crise est gérée bien plus par "l'égo" des hommes politiques, que par des hommes d'état qui chercheraient vraiment ce qui est le mieux pour tous.

 

Un peu d'humour en ces jours sombres :

 

"La politique est plus dangereuse que la guerre... A la guerre,vous ne pouvez être tué qu'une seule fois. En politique, plusieurs fois." (Winston Churchill).

  

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