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27/09/2010

DEBATS DU DIMANCHE 26 SEPTEMBRE.

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Le philosophe André Comte-Sponville avoue qu'il déteste les dimanches. "Le dimanche. Pour quoi ?Pour le repos. Pour attendre le lundi. Pour rien." (Le goût de vivre). Bien entendu, il développe son point de vue mais ce n'est pas mon sujet.

 

Chez nous, les débats Controverse et Mise au point suscitent souvent beaucoup d'intérêt. Une manière de décrypter l'information, d'écouter les politiques, journalistes ou politologues, l'espoir de comprendre un peu mieux l'actualité.

 

Ce dimanche, les deux débats étaient consacrés à Bart De Wever. Que veut-il ? Est-il capable de compromis ? En cas d'échecs des négociations se dirige-t-on vers de nouvelles élections ?

 

Questions, on s'en doute, restées sans réponse. Sauf une. Jean-Marie De Decker, à RTL, affirme avec son assurance habituelle, que Bart De Wever souhaite des élections. Inutile de préciser le peu de fiabilité du président de la LDD qui ne représente plus rien. Je me demande encore pourquoi il est invité, parlant sans y être autorisé, coupant la parole à tout le monde sans qu'aucun de ses propos ne soit intéressant. L'inviter parce qu'il est le seul Flamand à accepter de participer me semble peu probant. D'autant plus que, Eric Donckier, éditorialiste flamand, pouvait avantageusement jouer "le Flamand de service". Pour clore ce chapitre, j'ai été étonnée d'entendre Pierre Vercauteren, politologue à la Fucam, dire que la probabilité d'élections était de 50/50.

 

En réalité, le débat à RTL comme à la RTBF, portait sur la chronique de Bart De Wever sur la collaboration. Indignation générale sur le contenu. Accusation de provocation. Boule puante. Moment inopportun.  La question de fond me semble être l'argument qu'un homme politique ne peut pas écrire de chroniques. Là, je m'étonne. Un homme politique peut donner des entretiens, des conférences de presse mais ne peut pas s'exprimer librement dans un journal ! Je dirais qu'écrire une chronique est bien plus périlleux que de répondre à des questions de journaliste. Pratiquer la langue de bois lors d'entretiens est un exercice auquel tout politicien est rodé et si, bien sûr, le mensonge est toujours possible quel que soit l'exercice auquel on se livre, j'ai l'impression qu'une chronique révèle mieux ce que le signataire pense vraiment. Bart De Wever réagissait à quelques minutes de reportage sur son grand-père, collabo, réalisée par la RTBF et reprise par la VRT. C'est donc bien l'homme qui s'exprimait. Pourquoi n'en aurait-il pas le droit ? Au lecteur d'exercer son sens critique.

 

Patrick Roegiers, écrivain, a rappelé le livre d'Hugo Claus Le Chagrin des Belges qui, pour moi, est très éclairant sur la collaboration en Flandre et le nationalisme flamand. "Les Allemands sont nos cousins." Mais, bien entendu, la collaboration restera toujours un sujet sensible et il faut laisser les historiens faire leur travail et admettre qu'ils ne sont pas toujours objectifs.

 

Olivier Maroy, avait invité René Zayan, qui s'est livré à son exercice habituel sur la personnalité de Bart De Wever. Je ne reprendrai pas ses propos, que je ne puis considérer comme crédibles, mais je soulignerai la réaction des invités : le rire ! J'ai bien aimé la remarque de Guy Vanhengel : il faudrait se livrer au même exercice pour Elio Di Rupo. Je crains, cher Guy, qu'à la RTBF cela soit impossible !

 

En résumé, deux débats décevants. Un mot sur la non-participation des socialistes "pour ne pas jeter de l'huile sur le feu". Très amusant quand on se rappelle les déclarations de Laurette Onkelinx et de Rudy Demotte sur le plan B ! Il est vrai qu'Elio Di Rupo a l'habileté de laisser parler ses scribes sans se manifester. Du grand art. Une manière de préparer l'opinion ou de la tester; la discrétion est de mise, mais les négociateurs peuvent, comme le dit si bien Laurette Onkelinx, s'exprimer sous le coup de la colère... Je ne crois pas qu'il s'agissait d'un coup de gueule. Comme on a pu le voir, l'effet médiatique a été immense, même à l'étranger.

 

Une semaine commence. Fête de la Communauté française, commentaires des sondages, travail des experts de "haut niveau", elle sera sans doute fertile en débats. Pour me faire plaisir, je vais reprendre la formule devenue rituelle : elle sera décisive !

 

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