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29/07/2010

MARION RUGGIERI.

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Marion Ruggiéri est responsable des pages culture à Elle et chroniqueuse à Paris Première, France Inter et France Info. L'année dernière, elle interrogeait les invités de Franz-Olivier Giesbert, dans son émission "Vous aurez le dernier mot", sur France2. Elle est la fille d'Eve Ruggiéri, connue surtout pour l'animation de l'émission Musiques au coeur, sur France2.

 

PAS CE SOIR, JE DÏNE AVEC MON PERE.

 

C'est son premier roman qui a obtenu le Prix des lecteurs en 2009.

 

Les premières lignes du roman donnent le ton : "Le problème avec les parents d'aujourd'hui, c'est qu'ils ne meurent jamais. Ou qu'on les aime trop." (...)"Mon père appartient à cette génération qui sous prétexte qu'elle est née après guerre et en plein progrès a décidé que son combat d'une vie serait de ne pas mourir. De ne pas mourir, donc de ne pas vieillir. D'arrêter le temps. Au début, je croyais qu'il était le seul atteint. Et puis j'ai vu d'autres spécimens, dans la rue, à la télé, tout près, je les ai parfois côtoyés : les faux jeunes."(...)Les gens ne veulent plus mourir. Alors ils volent la vie de leurs enfants. Ce sont des ogres."

 

Un constat cruel, né de son expérience, mais qui ne fera pas, je crois, l'unanimité. Pascal Bruckner, lui, est enthousiaste : "Sur l'immaturité de notre temps et la confusion des âges, on a rarement lu récit plus convaincant et désopilant."

 

Pas vraiment d'histoire, une confrontation de personnages : Marion, la narratrice ; son père François ; l'amant de Marion, ami de François, Georges ; la dernière conquête de François, Truffen. Le prétexte est l'anniversaire de François, que Marion espérait fêter en tête-à-tête. Or, il a invité Georges et Truffen, qu'il va présenter à Marion.

 

L'intérêt réside dans la description des personnages. François, divorcé, la cinquantaine, est un séducteur avéré. Amoureux de lui-même, profondément égoïste, se voulant "toujours jeune", il collectionne les conquêtes. Truffen, a dix-sept ans. Elle est dix ans plus jeune que Marion.

 

D'emblée, celle-ci la déteste et elle en trace un portrait féroce. Elle arrive, perchée sur ses hauts talons, accueillie par "Hello, mon Bébé, c'était bien l'école ? de François. Durant le dîner, elle monopolise la conversation. "Là, on n'entend plus qu'elle. Petite voix haut perchée, shootée aux bulles de champagne, qui domine le dîner. Une coupe qui valse à la main, le coude arrimé à la table, les jambes qui tricotent sous la nappe (...) et la voilà qui part crescendo dans une escalade sonore hystérique, pour finir par s'étouffer de rire, les doigts devant la bouche, dans un grognement de truie qu'elle doit juger délicieusement enfantin et sexy."

 

Paradoxe, Truffen reproche à Marion de vivre avec Georges, qui est né le même jour, le même mois, la même année que son père. Marion, trop attachée à son père, est devenue la maîtresse de Georges, qu'elle trouvait laid, pire, chauve, sans lèvres, un dégoût physique qu'elle va surmonter parce qu'un fiancé de cinquante ans, c'est sérieux, hyperrassurant. Elle le quitte, le trompe, revient et finira par trouver l'amour avec quelqu'un de son âge mais... qui a le même prénom que son père.

 

Le récit de cette soirée est entrecoupé de souvenirs de Marion. Souvenir de sa mère et surtout de ses grands-parents qui eux, étaient d'une génération "normale". Elle leur dédicace son livre.

 

Roman de vacances, désopilant certes par les petites phrases assassines mais guère convaincant. Ainsi, Marion, qui ne veut pas grandir par amour de son père, fait pitié. Malgré son âge elle ressemble à une adolescente, mais aussi mal dans sa peau que dans son époque.

 

Dans une interview, elle dit qu'elle a écrit le livre pour son père : "Ce livre est aussi une façon, pour moi, de lui dire des choses. De lui dire que je l'aime. C'est une histoire d'amour entre un père et une fille. C'est un couple avec tout ce qu'il y a d'incongru et de complexe."

 

La critique est élogieuse, au lecteur de juger !

 

 

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