Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

19/07/2010

IMPOSSIBLE D'ETRE PLUS CLAIR !

rue_van_praet.jpg
 
 
 

Ce matin, dans Matin Première Bertrand Henne recevait Eric Defoort, historien, cofondateur de la NVA dont il est l'éminence grise, ami de Bart De Wever, Président de l'Alliance libre européenne qui regroupe une série de partis nationalistes ou indépendantistes, au sein de l'Union européenne.

 

En quinze minutes, il est arrivé à redire ce que veut toujours la NV-A. Deux régions fortes : la Flandre et la Wallonie. Bruxelles ? Pas de réponse sauf le principe de territorialité réaffirmé. Ce qu'on appelle le premier paquet de réformes? Des Zakousis. Cette réforme sera-t-elle la dernière ? Non, évidemment même si on arrivait à se mettre d'accord, la Belgique devra évoluer, comme l'Europe. L'amnistie ? Cela ne nous intéresse pas. Elio au 16, oui, car "Leterme s'est déculotté pour pouvoir rester au 16, on ne va pas imiter ce mauvais exemple". Elio Di Rupo devra améliorer son néerlandais pas comme sa compatriote Paola ! Il faut régionaliser le marché du travail, les soins de santé, les allocations familiales. Donc la sécu ? Oui, mais pas complètement. Il ajoute que le Vlaams Belang a perdu parce qu'il se préoccupe d'immigration plutôt que de l'avenir de la Flandre. Il insiste : la Flandre ne cherche pas à être indépendante, mais une région intégrée comme région dans l'Union européenne..

 

Ce bref entretien a le mérite d'être clair mais il ne donne que le point de vue de la NV-A. Je le relaie donc comme information. Nous ne savons rien de ce que se sont dit Bart et Elio. La discrétion est peut-être une bonne tactique mais elle a ses limites. Nous devrions savoir ce qui se prépare. Je m'inquiète de l'affirmation d'Elio Di Rupo qu'il garde des contacts constants avec Bart De Wever dont il loue le travail fait comme informateur et qu'il insiste sur la confiance installée entre les deux partis.

 

Le comique, si je puis dire, est que le seul point de divergences connu est la composition du gouvernement : MR et pas Groen, pour Bart ; Ecolo et pas le MR pour Elio.

 

J'avoue que je ne vois pas bien les convergences auxquelles le deux seraient arrivés. Bruxelles est-elle toujours une priorité pour les socialistes ? Pas sûr, Charles Picqué a l'air bien seul dans son parti et Rudy Demotte est assez naïf pour croire que sa fédération Wallonie-Bruxelles est bénéfique pour Bruxelles. La Flandre a besoin de Bruxelles pour se vendre à l'étranger. La fameuse carte qui avait fait scandale était bien intentionnelle. Pour les nationalistes,  Bruxelles est en Flandre. Si Bruxelles ne devient pas très vite une région à part entière, la Flandre se l'appropriera, tôt ou tard. Les Flamands ont fait de Bruxelles leur capitale, la preuve qu'ils ne la considèrent pas comme une région ! Seul le Parlement bruxellois, ayant les mêmes compétences que les autres parlements, pourra éviter une tutelle flamande.

 

Reste la périphérie. Pour Eric Defoor, pas de problème, elle est et restera en Flandre et, a-t-il ajouté, la reconnaissance des droits des minorités, comme le veut l'Europe, est une absurdité.

 

Je ne crois pas à une réforme constitutionnelle équilibrée. Sincèrement, pour moi, si ce qui est mis sur la table des négociations est le programme décrit par Eric Defoor, alors il faut refuser cette réforme et les partis qui accepteront d'aller au gouvernement pour assurer les 2/3 porteront une lourde responsabilité. Je regarde comme un rêve de la NV-A que la Flandre puisse être intégrée comme région dans l'Union européenne mais le reste...

 

Je sais que les éditorialistes flamands nous répètent que c'est la dernière chance qu'ont les Wallons d'avoir une bonne réforme. Je crois qu'un mauvais accord serait pire que tout. Si nous devions revoter, la NV-A devrait bien admettre son échec.

 

En Flandre toujours, on se réjouit de ce que les Francophones aient enfin compris qu'une réforme de l'Etat était nécessaire et acceptent le confédéralisme. Les Francophones disent qu'ils ne l'acceptent pas mais dans les faits, ils l'acceptent, en l'appelant autrement. Pour eux, la sécurité sociale doit rester fédérale mais s'ils acceptent qu'elle soit amputée, ce sera grave.

 

Elio Di Rupo, nous dit-on, ne veut pas rééditer ce qui s'est passé en 2007. C'est piquant quand on se rappelle que l'orange bleue a été sabotée pour que les socialistes reviennent au pouvoir...

 

Encore une fois, pourquoi le confédéralisme à quatre n'est-il pas possible ? Poser la question c'est y répondre, ni les Flamands, ni les Wallons, ne le souhaitent, pour des raisons différentes. Faut-il pour cela accepter n'importe quoi ? Quid des programmes économiques ? Quid du déficit ? Je souhaite un accord mais je reste sceptique.

 

Les commentaires sont fermés.