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16/07/2010

UN AVENIR DESESPERANT.

 

 

 

 

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Je peux me tromper mais il me semble que les journalistes vont plus loin dans leur analyse et, forcément dirais-je, sont plus pessimistes qu'après les élections.

 

Revenons en arrière. Bart De Wever est, comme c'est la coutume, désigné informateur par le roi. D'emblée, il dit qu'il n'est pas question d'être Premier Ministre, car tous les Flamands qu'ils l'ont été ont été obligés d'être le Premier de tous les Belges, ce qu'il ne veut pas. Cette déclaration ne suscite pas une grande indignation. Il ajoute que, puisque les Socialistes ont gagné les élections, c'est donc Elio Di Rupo qui doit être le Premier ministre, ajoutant, ce que je qualifierais de cynisme, qu'il est temps qu'un Francophone le soit, sous-entendu, il devra faire le boulot que je ne veux pas, tant pis pour les Francophones. Elio Di Rupo est donc, selon le souhait de Bart, désigné pré-formateur. Petite nuance, pas tout de suite formateur. Nuance ou prudence ?

 

Monsieur De Wever fait donc son job d'informateur. Il reçoit dans la plus grande discrétion et à toute allure. Une demi-heure par consultation. Il écoute, prend des notes et ne dit rien. C'est un truc bien connu. Ecouter attentivement sans rien laisser paraître met votre interlocuteur en confiance, plus, en valeur. L'écoute sans contradiction est si rare... Résultat acquis : plusieurs de ses invités le louent ! Il remet un rapport au roi, rapport dont on ne sait rien, sinon ce qu'en dit Elio Di Rupo : des convergences ont été trouvées mais il reste beaucoup à faire. On s'en doute.

 

Voilà donc Monsieur Di Rupo nommé pré-formateur. Il reçoit, la plupart du temps avec Bart De Wever... Certains disent que c'est bien. Pour moi, Bart De Wever veut garder la main même s'il ne l'a plus officiellement. Et certaines phrases ne trompent pas. Un exemple ?  Elio Di Rupo a insisté pour que Bart De Wever reçoive Joëlle Milquet !

 

Fête de la communauté flamande. Plus question de discrétion. A l'hôtel de ville de Bruxelles, le président du Parlement flamand, devant des ténors francophones de la politique, met les points sur les i. "Discours provocateur, inacceptable, qui nie l'existence de Bruxelles et qui, dès lors est anticonstitutionnel et méprisant à l'égard d'un million de Bruxellois", dira, plus tard, Armand De Decker. Le hic, c'est qu'ils ont tous applaudi, mais oui, par politesse diront-ils plus tard. Bart De Wever boit du petit lait, cravaté, presque élégant, il a réussi : son scribe a dit ce que sa fonction l'empêchait de dire. C'est du grand art. Quelques jours plus tard, son porte-parole dit qu'il n'ira évidemment pas fêter le 21 juillet !

 

Le 15 juillet, Chris Peeters, pour le cas où les francophones n'auraient pas bien compris le discours du Président du parlement flamand, en rajoute une couche. "Il faut une charte pour la Flandre "Etat Fédéré".

 

Je souscris entièrement à l'analyse faite dans La Libre du 16 juillet, par Jean-Paul Duchâteau. "Que veut la Flandre ? Aujourd'hui, seuls les sourds devraient pouvoir dire qu'ils n'en savent rien. (...) On ne sera donc pas quitte pour 20 ans, comme l'affirment certains et comme le croient – ou feignent de le croire – beaucoup de francophones. Ceux-ci sont donc devant un dilemme : dire non à tout, et prendre le risque de faire exploser la marmite flamande ou faire des concessions qui ne seront  qu'une étape avant d'autres."

 

La réalité est bien celle-là. Que va faire Elio Di Rupo, qu'on disait chargé d'un rôle historique, réussir là où les autres ont échoué ? Je le lui souhaite mais ce que nous vivons actuellement ne rend pas optimiste.

 

Et pourtant, il y a dans notre pays, des politiques qui ont encore du bon sens. Ainsi, les Germanophones plaident pour qu'il y ait quatre régions, mises sur un pied d'égalité. Plus de tutelle sur eux ni sur Bruxelles, qu'elle vienne du nord ou du sud. Trop simple sans doute. Ou plutôt ne convenant ni à l'appétit flamand, ni à l'appétit wallon.

 

La grande réforme de l'Etat, qu'on nous promet, ne la souhaitons pas, craignons-la.

 

Commentaires

"La grande réforme de l'Etat, qu'on nous promet, ne la souhaitons pas, craignons-la." Ou mieux : refusons-la !

Excellent article de mon point de vue.

Écrit par : Marcel Sel | 17/07/2010

Merci pour votre commentaire. Je suis vraiment très pessimiste !

Écrit par : mado | 17/07/2010

Les commentaires sont fermés.