Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

29/06/2010

FRANCOISE GIROUD.

francoise_giroud.jpg
 
 
 

 

Tout au long des années, j'ai admiré Françoise Giroud, sa réussite exceptionnelle, son courage, son obstination, son féminisme. Elle a certainement été une personnalité qui a marqué son époque, une femme influente, une grande journaliste. Elle s'est décrite abondamment dans ses livres. Elle le reconnaît, disant souvent :"J'ai déjà dit" ou encore "J'ai dit ailleurs"... Féroce, elle l'a certainement été, se souciant peu de ce qu'on pouvait dire d'elle. L'indulgence n'est certainement pas ce qui la caractérise mais n'est-ce pas souvent le cas de  ceux qui exercent le pouvoir ?

 

Dans Leçons particulières, elle parle de sa mère avec émotion : "On sait qu'il n'y a pas de mère laide. Quiconque parle de la sienne vous dira qu'elle était belle. La mienne irradiait aussi le charme, l'esprit, la fantaisie. C'était une personne tout à fait originale. Elle m'emmenait, à douze ans, entendre une conférence de Paul Valéry parce qu'il faut absolument que la petite sache ce qui est beau." Elle aimait aussi beaucoup sa soeur, qu'elle appelle Douce, qui a été déportée dès 1943; ses deux enfants, Caroline, qui est devenue pédopsychiatre et psychanalyste, son fils Alain qui s'est tué en faisant du ski.

 

Lea France Gourdji est née le 21 septembre 1916, décédée le 19 janvier 2003. Le jour de sa mort, je me suis dit que la vie lui avait évité ce qu'elle craignait le plus, les ravages de la vieillesse.

 

A seize ans, elle quitte l'école, diplôme de dactylo en main, elle qui aurait souhaité être médecin. Elle devient scrip-girl de Marc Allégret et de Jean Renoir, assistante-metteur en scène puis scénariste, d'une quinzaine de films.

 

Pendant la seconde guerre mondiale, elle est agent de liaison dans la Résistance, arrêtée par la Gestapo et incarcérée à Fresnes. Au sortir de la guerre, elle est engagée par Hélène Lazareff comme directrice de rédaction pour la création de Elle, magazine moderne et féministe. Elle quittera le journal pour fonder L'Express avec Jean-Jacques Servan-Screiber dont elle est amoureuse et qui deviendra son amant. "J'avais rencontré J.-J. S.-S. et nous avions décidé de fonder ensemble un nouveau journal. Celui-ci était encore dans les limbes, mais nous savions ce qu'il devait être : un organe de combat destiné à porter au pouvoir Pierre Mendès France. Le beau est qu'il ait vu le jour après des péripéties que l'on aurait pu croire décourageantes, mais nous étions amoureux, et cela donne des ailes." (Arthur ou le bonheur de vivre).

 

Elle sera directrice de rédaction de l'Express, de 1953 à 1974. A cette date, elle devient secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Condition féminine. Elle lance cent une mesures en faveur des femme. De 1976 à 1977, elle sera secrétaire d'Etat à la culture.

 

A sa sortie du gouvernement, l'Express vient d'être vendu à James Goldsmith et elle n'est pas réintégrée. Jean Daniel lui propose l'être éditorialiste au Nouvel Observateur, elle y écrira durant vingt ans.

 

Parallèlement, elle publie vingt-quatre livres : Si je mens, Leçons particulières, Journal d'une Parisienne, Arthur ou le bonheur de vivre, un roman Mon très cher amour, des biographies Dior, Alma Malher ou l'art d'être aimée, Jenny Marx ou le femme du diable, Lou, histoire d'une femme libre. Dans La Comédie du Pouvoir elle raconte son expérience ministérielle ce qui ne fera pas plaisir à Valéry Giscard d'Estaing...

 

ON NE PEUT PAS ETRE HEUREUX TOUT LE TEMPS.

 

C'est un livre de réflexions sur la vie, la religion, les femmes, le monde actuel, la culture, l'Europe. Le livre débute par une réflexion sur la vieillesse : On a un corps fier, dru, on est invulnérable à la fatigue, on irradie une énergie communicative, on reçoit des coups mais on se redresse, on prend des risques, on bouillonne de désirs, de révoltes, d'élan vital. Les années défilent par dizaines sans qu'on les voie passer... Un jour, on se découvre petite chose molle, fragile et fripée, l'oreille dure, le pas incertain, le souffle court, la mémoire à trous, dialoguant avec son chat un dimanche de solitude. Cela s'appelle vieillir..."

 

Les photos entassées dans une boîte en carton lui donnent l'occasion de parler de ceux qu'elle a rencontrés. Ils ont nombreux ! Steve Jobs, rencontré à Pittsburg, l'inventeur d'Apple,  Marlen Dietrich, Coco Chanel, Hélène Lazareff, André Gide, Paul Valéry, Churchill et bien d'autres.

 

Il y a "les grands" qui ont écrit dans l'Express :  "De qui n'ai-je pas remis un texte en forme pendant les grandes années de L'Express ? Ni Mauriac, ni Sartre, ni Malraux, ni Camus, bien sûr : ils n'avaient pas besoin de moi. Ni Mitterand, dont la plume a toujours été souveraine. Mais  les autres, tous les autres, dans toutes les spécialités!..."

 

Je retiendrai le portrait qu'elle trace de François Mauriac : 'Personne ne m'a fait rire comme François Mauriac. Le génie de la formule, cette disposition très française qu'on appelle "l'esprit" (...) Ce vieux monsieur éblouissant, fin, et courageux – ô combien : il risquait sa vie à écrire ce qu'il écrivait – ce vieux monsieur avait un petit défaut : il ne supportait pas les femmes avant qu'elles aient atteint l'âge canonique, après quoi il les trouvait bien vilaines."

 

Celui de Robert Badinter : "Depuis, je l'ai revu cent et une fois, il a été mon avocat, celui de L'Express, nous avons été très proches tout au long de cette bataille contre la peine de mort à laquelle il s'était tout entier dédié. Si quelqu'un a jamais cru à ce qu'il faisait, c'est lui."

 

Je terminerai par cet aveu : "Parfois on fait mal, c'est inévitable. Pas tous les jours, pas toutes les semaines. Quelquefois." Et cette profession de foi qui termine le livre : "C'est l'une des rares certitudes que m'a apportée l'expérience d'une vie : il faut croire, certes, croire en soi."

 

24/06/2010

MADELEINE CHAPSAL.

DSCN6311_JPG_Madeleine_Chapsal.JPG
 
 
 
 

 

Madeleine Chapsal est née le 1er septembre 1925 à Paris. Elle est la fille de la couturière Marcelle Chaumont. Journaliste, elle a collaboré au journal Les Echos, puis à l'Express jusqu'en 1978. Elle a écrit une trentaine de romans dont La Maison de Jade transposé au cinéma.

 

J'ai été très déçue de son roman "Il vint m'ouvrir la porte" qui vient de paraître en livre de poche. L'histoire est banale, l'héroïne Mathilde cherche à se faire aimer. Autour d'elle, Paul, qui l'idolâtre mais qu'elle n'aime pas, Hélène (une amie), François, Guillaume. Trente ans plus tard, elle rencontre Douglas, un architecte, obsédé par la sexualité. Elle a une liaison qui se transforme en véritable amour. Les personnages sont inconsistants, l'histoire quelque peu invraisemblable et surtout,  le style est très différent de ses autres romans, mots crus, voire grossiers. Le livre refermé, j'ai eu envie de lire la Madeleine Chapsal, que je connaissais.

 

L'HOMME DE MA VIE.

 

L'homme de sa vie, c'est Jean-Jacques Servan-Schreiber, son premier mari à qui elle voue toujours un amour qu'elle estime "intemporel". Elle nous raconte sa vie, étroitement liée à celle de JJSS. Leur première rencontre à Mégève en 1942, leur mariage en 1945, leur séjour au Brésil. JJSS écrit pour des journaux locaux puis, un peu inattendu, reprend un hôtel. Leur aventure brésilienne est courte, ils reviennent à Paris. Très brillant, JJSS est engagé au Monde comme éditorialiste en politique étrangère. Mais il rêve d'avoir "son journal" car il veut faire passer ses idées, changer le monde, soutenir Mendès France qu'il croit le seul homme capable de sortir la France de l'enlisement.

 

Chez Julliard, il rencontre Françoise Giroud avec qui il va décider de fonder l'Express. Il a trente ans et très vite, le journal atteint une grande notoriété. Françoise Giroud est rédactrice en chef, Madeleine Chapsal est journaliste, chargée de la culture.

 

L'auteur nous raconte avec émotion ses premiers entretiens notamment avec Mauriac. Mais, son succès ne lui rend pas confiance en elle. Elle reste la femme du patron, mais en retrait, JJSS ne l'ayant jamais mise en valeur. Car c'est bien un macho qu'elle a épousé ! Un mari de qui elle accepte tout, avec une inquiétude constante : "Pourvu que je ne devienne pas nulle à ses yeux !".

 

Ce qui semble ahurissant, c'est la relation qu'elle entretient avec Françoise Giroud, qui est la maîtresse de son mari. Elle rivalise avec elle mais uniquement au niveau des vêtements ! Elle ne remet aucunement en cause sa position de rédactrice en chef et va même considérer avec reconnaissance qu'elle publie ses articles sans les réécrire comme elle le fait pour d'autres journalistes. Pas de franche critique et un leitmotif dans tout le livre : "c'est moi la femme légitime". Le seul éloge qu'elle s'autorise pour elle-même est la reconnaissance par les autres de son talent littéraire. "Et si je suis bien accueillie, appréciée, je dirai même affectueusement considérée par certains, en même temps je demeure à l'écart. Il ne me reste qu'une chose à faire, et je m'y emploie avec acharnement : m'enfoncer encore plus dans mon travail de rédactrice littéraire pour prouver que je mérite mon poste. Là j'excelle : je suis la première à parler "nouveau roman", des nouveaux penseurs..."

 

Elle aurait pourtant le droit d'exiger un autre statut : "Ainsi Françoise ne tient pas à ce que j'aie un bureau à l'Express et je n'en aurai pas, sauf l'année où elle se trouvera éloignée et remplacée par Françoise Verny. (...) Je dispose d'un petit bureau – en fait, d'une table que je vais devoir quitter au retour de la directrice, après son année d'absence. (...) Par ailleurs, mon nom n'est jamais apparu au générique – à l'ours – et Françoise ne souhaite pas non plus que j'écrive dans une autre rubrique que les pages littéraires. (...) Il faut dire que je ne réclame rien." L'amertume est bien là. Jean-Jacques lui dira même : "Tu comprends, il ne faut pas faire de peine à Françoise."

 

Un soir, Jean-Jacques lui déclare qu'il veut un enfant. Il a fait la connaissance de Sabine de Fouquière et il en est amoureux. Elle lui propose de divorcer pour qu'il puisse se remarier et avoir des enfants, car elle est stérile. Elle divorce donc après treize ans de mariage mais JJSS reste comme le dit le titre de son livre "l'homme de sa vie".

 

Plus tard, elle sera virée de L'Express par le nouveau propriétaire à qui JJSS a vendu le journal. Elle fera la brillante carrière littéraire que nous lui connaissons.

 

En avril 1961, Jean-Jacques, un bouquet de fleurs à la main, vient lui annoncer qu'il a un fils."Je prends les fleurs, referme la porte. Je ne sais pas si je vais rire ou pleurer, les deux sans doute. Il a ce qu'il désire le plus au monde à ce moment précis de sa vie : un fils. Et moi, je n'ai rien – que son bonheur à lui."

 

C'est aux fils de Jean-Jacques et à sa femme qu'elle va dédier  son livre : "Ecris-nous Papa, écris Papa et toi" lui ont-ils dit. Le livre se terminera d'ailleurs par l'éloge de David, devenu neuropsychiatre, auteur de Guérir, revenu en France au moment où son père est atteint d'une dégénérescence neurologique affectant sa mémoire. Madeleine et Jean-Jacques iront aux obsèques de Françoise Giroud, en janvier 2003, la dernière apparition publique de JJSS.

 

"L'homme de ma vie" a été publié en 2004, un an après la mort de Françoise Giroud.

 

J'ai beaucoup aimé le livre. Madeleine Chapsal nous fait revivre toute une époque. Elle rend  hommage à JJSS qu'elle nous présente comme un grand homme, celui qui a servi sous de Gaulle, a fait la guerre d'Algérie, a dénoncé la torture, a été un éditorialiste virulent et influent. Mais il y a comme une ombre qui plane sur ce passé glorieux, du moins pour moi.

 

Pour elle, l'essentiel c'est "qu'après bien des déchirements, mais aussi des réussites et des joies, Jean-Jacques et moi nous aimons toujours. Je veux dire comme au jour de notre mariage. L'amour véritable est intemporel."  

 

17/06/2010

HIER... MAINTENANT... DEMAIN...

bart2_1269937672.jpg
 
 
 
 

 

Le jour des élections, quelqu'un, je ne sais plus qui, avec un humour que je qualifierais de déplacé, disait que le résultat des élections reflétait le drapeau belge : jaune et rouge. Il oubliait le noir, symbole du deuil. Journée noire bien sûr pour les perdants, MR ou CD&V et   pour la Belgique.

 

J'ai été complètement ahurie d'entendre dire que la victoire de la NVA était historique. Que le score soit historique, oui, mais l'événement, non. Les historiens qualifient d'historique ce qui est exceptionnel mais pas n'importe quoi. Ainsi n'ai-je jamais entendu la guerre de 1940 et, Dieu sait ce qu'elle avait d'exceptionnel, qualifiée d'historique !

 

Autre surprise, Bart De Wever est devenu un homme d'état. Par un seul discours. Il a suffi d'un peu de sémantique : la Belgique ne va pas exploser mais imploser, il ne veut pas une révolution mais une évolution jusqu'à l'évaporation lente du pays et il tend la main aux Francophones !

 

L'insistance est mise aussi sur le fait qu'il est démocrate, entendez par là, élu démocratiquement mais cela me semble aussi un peu facile. L'élection ne suffit pas. Combien d'hommes ont été élus démocratiquement et ne sont pas considérés comme démocrates ? Je ne voudrais pas être désagréable en citant des noms, mais je crois que c'est une évidence.

 

S'asseoir sur la Constitution, qui est tout de même la base de notre pays, est-ce vraiment une attitude de démocrate ? Apparemment, ses discours électoraux sont oubliés mais vouloir faire de Bruxelles une ville non une région, dire que la famille royale doit disparaître avec un commentaire désobligeant "ils sont assez riches !" restent pour moi, un discours qu'il ne faut pas oublier. Puisqu'en Belgique, on aime bien les symboles, être reçu par le roi, en tant que   président victorieux donc appelé à gouverner, s'y présenter "sans cravate" est soit une provocation, une de plus, soit une marque de mépris qui devrait le faire descendre de son piédestal d'homme d'Etat.

 

"Ils sont bien obligés de s'entendre" dit-on à propos d'Elio Di Rupo et de Bart De Wever et, la mine grave, les politologues essaient de nous persuader que ce sera difficile mais faisable. Même discours d'ailleurs de la part d'Elio Di Rupo, qui veut rassurer.

 

Rassurer, c'est bien l'ambiance actuelle. Je comprends, les agences de notation, sont attentives et pour elles, l'instabilité d'un pays peut peser lourd. Guy Quaeden le rappelait encore ce matin. Mais on ne peut pas dire que la campagne électorale ait été centrée sur la situation économique grave de la Belgique, sauf pour faire des promesses qui vous amènent des électeurs... Après, il suffit de dire qu'une coalition est toujours synonyme de compromis.

 

N'empêche que, tout le monde est d'accord pour dire que les programmes économiques des deux partis sont très éloignés. Il est vrai que déjà aujourd'hui, on ajoutait que Bart De Wever avait aussi des préoccupations sociales... Rassurer, vous dis-je, rassurer... Dois-je rappeler que certains Flamands, expliquant pourquoi ils avaient voté NVA, ont parlé "d'un bon coup de pied donné aux Francophones" ?

 

Je ne peux pas souhaiter que la formation d'un gouvernement soit impossible, l'enjeu est trop important. Mais, je suis sceptique. Même s'ils y arrivent, le compromis sera-t-il durable ? Bart De Wever ne posera-t-il pas aisément les jalons qui lui permettront d'aller plus loin, quand il l'aura décidé ? Croire, comme on le dit, que nous allons avoir quatre ans de paix, certains disent même dix ans, je ne le crois pas. Quelle sera la réaction des électeurs du PS ? Il est vrai que tout est fait pour préparer le terrain. Elio Di Rupo, premier ministre, quel honneur ! Et petit à petit, les députés wallons s'expriment, serait-ce si grave si tel ou tel domaine était régionalisé ? Seule, jusqu'ici la sécurité sociale reste un tabou. Pour combien de temps ? Et, franchement, est-ce suffisant ?

 

11/06/2010

DEBATS ELECTORAUX. (2)

 

J'avais été très déçue des débats électoraux dimanche dernier. Je voudrais corriger cette mauvaise impression. Cette semaine, la campagne a vraiment été fertile en confrontations et je crois que les futurs électeurs ont pu se forger une opinion. Je tenais à le dire.

 

J'ai particulièrement apprécié le "Face aux Belges" de RTL. Les questions étant posées par les citoyens étaient plus concrètes, les réponses aussi. J'ai vu deux débats, Elio Di Rupo et Didier Reynders. Ils ont répondu très franchement, manifestant une réelle volonté d'écoute. J'ai pu remarquer aussi que les deux présidents exposaient clairement la position de leurs partis, avec je crois, beaucoup de franchise. Ils ont tous les deux eu l'occasion de rectifier ou de clarifier ce que les citoyens avaient entendu dans d'autres débats. Comme d'habitude, Pascal Vrebos a tenu à ce que tous les citoyens sur le plateau puissent s'exprimer ce qui l'a amené à intervenir "énergiquement" pour contenir la verve des deux présidents mais sans jamais manifester de l'agressivité. Mais, on le sait, c'est un grand professionnel.

 

Je reste toujours aussi critique pour "Huis Clos". Johanne Montay, du haut de sa cage, dominant les politiques, choisissant les questions, à qui elle donne la parole en premier, m'a agaçée. Je sais qu'elle appelle cela "prendre de la hauteur", moi, j'y vois une manière pour le moins étrange de "dominer" les hommes politiques.Ce n'est pas le rôle d'une journaliste.

 

J'ai d'ailleurs trouvé que le choix fait par la RTBF de confronter Flamands/Wallons n'était pas des plus heureux. Les Flamands étaient souvent, malgré eux, forçés de retourner au communautaire. Je pense par exemple à Guy Vanhengel, sur des oeufs pour défendre Bruxelles, comme il l'a toujours fait.

 

Le débat de ce matin sur la RTBF, avec les têtes de liste au sénat n'était pas un modèle de courtoisie. Paul Magnette, par exemple, n'a cessé de couper la parole aux autres. Il a certainement raison de dire que MR et Socialistes, c'est un autre choix de société, mais il le dit avec une telle agressivité qu'il m'exaspère.

 

Je n'ai pas l'intention de faire un compte rendu des débats, sur le fond. Je tenais seulement à souligner que les électeurs ont, cette semaine, été vraiment informés. A chacun d'interpréter ce qui a été dit !

 

Je me permettrais quand même de regretter que l'institutionnel ait tenu une si grande place, en cette période de crise. Et ce d'autant plus que c'était inutile, les politiques ne pouvant pas dire ce qu'ils pourraient ou non accepter. Or, les grandes lignes sont connues depuis longtemps. On a donc tourné en rond sauf le fameux plan B, mais je crois qu'il ne faut pas y accorder trop d'importance. Je la considère comme une petite dérive...

 

Un mot, même si cela n'a rien à voir, (encore que !) sur l'angoisse des 668 élèves qui attendent toujours leur inscription. Décidément, ce décret voulu par les socialistes, puis repris par le CDH, est vraiment une calamité. L'enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions...

 

06/06/2010

DEBATS ELECTORAUX.

di_rupo_reynders_milquet_javaux_belga.jpg
 
 
 
 

 

Que de débats décevants ! Aujourd'hui, à la RTBF, une vraie partie de ping-pong ! Des accusations et toujours les mêmes réponses. Nous, nous...... Les autres...... Normal, direz-vous mais aucun argument et quand il y en a, aucune cohérence.

 

Prenons d'abord ce qui pourrait paraître comme positif. D'après Laurette Onkelinks, très en forme comme d'habitude, les socialistes flamands et francophones sont d'accord sur tout. (A ce moment-là, on ne parle pas de BHV, mais passons). Les socialistes prennent la parole et expliquent comment il faut régionaliser l'emploi. Pas de réaction. J'en conclus que les socialistes francophones ne considèrent plus comme tabou la scission de la sécurité sociale ! Nous voulons le refinancement de Bruxelles et d'ajouter :  c'est un scoop, les Flamands sont d'accord avec moi. Deux minutes plus tard, même pas, les Flamands redisent qu'ils n'admettront le refinancement de Bruxelles que si la réforme de l'état est telle qu'ils la souhaitent. Ce que tout le monde sait, sauf apparemment Laurette.

 

Joëlle Milquet, apparemment très touchée, des attaques dans la presse, explique pour la xième fois, que ses propos ont été déformés et qu'elle a dit ce que tous les Francophones disent depuis toujours. C'était vrai, jusqu'aujourd'hui où les Ecolos et les Socialistes mettaient des nuances, que je ne qualifierai pas de bémols, nuances étant même un euphémisme.

 

Olivier Maingain, comparé une fois de plus à Bart De Wever, alors qu'il fait partie du MR, que Didier Reynders dit et redit qu'ils sont d'accord, essaie d'expliquer que des allocations familiales différentes pour des familles bruxelloises, habitant le même immeuble mais étant de régime linguistique différent, c'est une aberration... Il n'a pas le temps de finir, le journaliste lui coupe la parole....

 

Le CD&V, l'Open Vld, les socialistes ont exactement le même discours. Ce n'est pas une surprise, alors pourquoi ne pas l'admettre ? Même Guy Vanengel a complètement changé !

 

Ecolo, comme d'habitude, met l'accent sur son accord avec Groen. Très bien. Mais, Groen veut la scission comme les autres partis. Nuance donc.

 

Le plus comique, était l'insistance mise sur "la famille libérale" et évidemment dans un sens négatif, notamment pour la chute du gouvernement. Pas sur les programmes économiques où il serait légitime de souligner les ressemblances.

 

Donc un débat qui servait plus à des règlements de compte qu'à permettre à chacun d'expliquer son programme sur un point précis. Un débat pollué... Décevant.

 

A propos de la RTBF, quelle mouche les a piqués de faire du débat du soir, un jeu de lettres. Cela n'apporte rien puisque les politiques savent, et c'est normal, quelle lettre sera tirée. Seul l'ordre change. Je ne sais plus quel professeur flamand, opposé à Monsieur Delperée, disait qu'il ne savait pas qu'il n'y avait que quatre lettres en français... Cela m'a bien fait rire.

 

Quelle idée aussi d'appeler le débat du soir "Huis Clos" comme la pièce, très noire, de Jean-Paul Sartre. Huis clos, quand on est censé s'adresser à des milliers de spectateurs !

 

Toujours dans la même ligne. Le débat qui précède "Mise au Point" s'appelle "Revu et corrigé". Titre copié du débat français, sur France5, animé par Paul Amar. Mon décodeur Telenet, qui présente toutes les émissions, fait d'ailleurs de celle-ci la copie-conforme du débat de Paul Amar. Mais, allez, c'est une machine...

 

J'ai apprécié l'entrevue "Septième jour" où, bizarrement, le journaliste a laissé Didier Reynders s'exprimer, du moins, presque. Didier Reynders dit que la fraude fiscale de vingt milliards pointés par un rapport FGTB concerne surtout le travail au noir. Si c'est vrai, les socialistes devraient cesser d'en parler.

 

Comme j'aimerais pouvoir dire des choses positives. "Je ne savais pas cela, j'ai appris quelque chose, je suis d'accord ou je ne le suis pas...." Ce serait trop beau. Je pourrais peut-être ne pas les suivre, ne voir que ce qui est comique, ou encore, compter les points comme dans un match : un, moins un, plus un.... Mais, voilà, je ne regarde pas le sport à la TV.