Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

21/05/2010

TATIANA de ROSNAY.

TATIANA_IPHONE.jpg
 
 
 
 

 

Tatiana de Rosnay est née le 28 septembre 1961 à Neuilly-sur-Seine d'une mère britannique et d'un père français. Mariée, elle a deux enfants. Elle a vécu à Paris, Boston puis en Angleterre. De retour à Paris, en 1984, elle est attachée de presse, puis journaliste pour Elle et critique littéraire pour Psychologies magazine.

 

Elle a publié huit romans en français et deux en anglais. Son roman "Elle s'appelait Sarah" écrit en anglais, a connu un grand succès et a dépassé les deux millions d'exemplaires vendus dans le monde. C'est l'histoire de deux familles que lie un terrible secret et l'évocation d'une des pages les plus sombres de l'Occupation.

 

BOOMERANG.

 

Traduit de l'anglais par Agnès Michaux, il a été publié en 2009 aux Editions Héloïse d'Ormesson.

 

Antoine a décidé d'offrir comme cadeau d'anniversaire à sa soeur Mélanie, un séjour à Noirmoutier, plage où, enfants, ils passaient leurs vacances. Au retour, Mélanie, qui conduit, se retourne vers Antoine et lui dit : "Antoine, il faut que je te dise quelque chose. J'y ai pensé toute la nuit dernière, à l'hôtel, tout m'est revenu. C'est à propos..." Elle ne peut terminer sa phrase. La voiture fait une embardée, Mélanie est projetée hors de la voiture. Elle est hospitalisée, inconsciente et il faudra longtemps pour qu'elle puisse dire ce dont elle s'était souvenue à l'hôtel.

 

Ce souvenir est un secret de famille qui concerne leur mère Clarisse. Qui était-elle vraiment ? Comment est-elle morte à trente ans ? Où ? La thèse officielle de rupture d'anévrisme est-elle vraie ? Antoine va se lancer dans une véritable enquête. Je ne puis dévoiler ce secret car il forme la trame même du roman qui tient le lecteur en suspens, comme dans un thriller.

 

Antoine est le personnage principal du livre. Séparé de sa femme Astrid, il va mal. Il n'accepte pas son divorce. "Ce que j'ai le plus détesté à propos du divorce, c'est la division entre nos amis. Certains ont choisi le camp d'Astrid, d'autres le mien. Pourquoi ? Je n'ai jamais compris."

 

 Son métier d'architecte l'ennuie. Il n'arrive pas à avoir de bonnes relations avec son père, avocat célèbre, remarié après la mort de sa femme mais qui n'est pas heureux :"Après la mort de Clarisse, notre père s'est refermé sur lui-même. Il est devenu dur, amer et toujours pressé. Difficile de se souvenir du vrai père, celui qui était heureux, qui souriait et riait, qui s'amusait à nous tirer les cheveux et nous préparait des crêpes le dimanche." C'est ce père-là, non celui de son enfance, qu'il voit. Il n'arrive pas à communiquer et ne trouvera même pas le courage d'aller le réconforter lorsque sa soeur lui apprendra qu'il souffre d'un cancer.

 

C'est aussi à Mélanie qu'il confiera les difficultés qu'il éprouve à comprendre ses enfants, se culpabilisant de ne pas être à la hauteur : "Pour tout te dire, en ce moment, j'ai la sensation que mes enfants sont de parfaits étrangers ! – Qu'est-ce que tu veux dire ? – Ils ont leur vie désormais,  une vie dont je ne sais rien. Les week-ends où ils sont avec moi, ils se plantent devant leur ordinateur ou la télé, quand ils ne passent pas des heures à envoyer des SMS à Dieu sait qui – J'ai du mal à te croire. – Et pourtant, c'est la vérité. On se croise à l'heure des repas, qu'on prend dans un silence de mort. Il arrive même que Margaux vienne à table avec son iPod dans les oreilles."

 

Antoine sera terrifié quand Margaux vivra un drame terrible, la mort subite de son amie Pauline. Il propose à Margaux d'appeler sa mère mais elle le prend très mal. "C'est tout ce que tu as trouvé ? me dit-elle, ulcérée. Appelons ta mère ? C'est comme cela que tu crois m'aider ? (...) Tu es pathétique ! C'est le pire jour de ma vie, et tu ne sais même pas comment m'aider, putain ! Je te déteste ! Je te déteste !"

 

Même désarroi quand il apprend par la police que son fils Arno a été arrêté après avoir, avec des amis, saccagé un appartement. Et cet aveu : "Pourquoi ai-je été un père si pâlot, si transparent ? Je n'ai jamais imposé mes règles, comme mon père le faisait. Après ma rupture avec Astrid, la chose que je craignais le plus, c'était que mes enfants m'aiment moins si je me montrais autoritaire avec eux."

 

Comme vous le constatez, Tatiana de Rosnay trace un tableau très noir d'un père d'aujourd'hui, mal adapté comme le lui dira son fils : "Laisse tomber, papa, quand t'avais mon âge, y'avais rien, pas d'Internet, pas de portable, c'était le Moyen Age, enfin, c'que je veux dire c'est que t'es né dans les années soixante, alors... j'vois pas comment tu pourrais comprendre le monde d'aujourd'hui !"

 

Il se trompe Arno. Antoine va rencontrer Angèle, une embaumeuse et son amour va le transformer. Même son métier ne lui pèsera plus. Il sera heureux.

 

Un roman facile, un peu caricatural mais passionnant. Un livre qui se lit d'une traite, qu'on n'arrive pas à quitter. Alors, pourquoi bouder son plaisir ?

 

Les commentaires sont fermés.