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10/05/2010

JE VOTE OU JE NE VOTE PAS ?

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Cette question était le thème des débats télévisés de ce dimanche. Les sondages annonçant un record d'abstentions inquiètent les hommes politiques. De plus, les sites appelant à ne pas voter se multiplient sur internet et il est vraiment facile d'ajouter sa signature à une pétition. Malgré cela, je trouve positif que des citoyens puissent manifester leur opinion, c'est la preuve que, contrairement à ce que l'on entend souvent, ils se sentent bien concernés.

 

Je vais reprendre les arguments entendus pour persuader les citoyens de voter. Le premier : "Le suffrage universel est une victoire après un long combat." Peu convaincant comme d'ailleurs tout rappel au passé. Un exemple ? Le féminisme. Dites aux jeunes ou au moins jeunes que les luttes des féministes leur ont permis de profiter de la contraception, de libertés pour les femmes, du droit de vote etc... La réponse sera toujours la même : " Et après ? C'est acquis, c'est tout." Ou encore "Oh là ! le passé ne m'intéresse pas."

 

Deuxième argument : "Pensez aux nombreux pays où les habitants ne peuvent pas voter librement." Cela ne marche pas non plus. Pas plus que de dire aux musulmanes de penser à leurs soeurs qui se battent pour ne pas porter le voile.

 

Troisième argument : "Voter est un droit donc ausi un devoir." Là, c'est très mauvais. Nous ne sommes plus dans une société où l'impératif, le "tu dois" est accepté. Le monde a changé, les valeurs aussi et l'individualisme prime sur l'intérêt commun. D'autant plus que les politiques eux-mêmes sont dans cette logique. Dois-je rappeler la chute du gouvernement provoquée par Alexander De Croo ? Ou encore, le "tout est bon pour gagner" même parfois au détriment de la vérité ou de moyens peu dignes utilisés pour discréditer l'adversaire ?

 

J'aurais dit : "Pensez à votre intérêt. Examinez les programmes des politiques et posez-vous les bonnes questions." Suis-je pour la baisse des impôts ? Suis-je pour le soutien des entreprises ? Suis-je pour une intervention toujours plus importante de l'état dans ma vie ? Est-ce que j'accepte d'être culpabilisée quand je laisse mon ordinateur ou ma TV en veille, quand j'utilise ma voiture, quand je n'isole pas ma maison ? Suis-je pour ou contre le port du voile ou de la burqua ? Est-ce que j'accepterais que mes enfants soient forcés de manger "halal" à la cantine ? Est-ce que je veux plus de sécurité ? Etc.

 

Je sais qu'il est très difficile de voir clair dans les programmes politiques mais certaines phrases sont parfois très éclairantes sur le choix d'un projet de société.

 

Les arguments des "contre le vote" qui reviennent le plus souvent sont :  "On prend les mêmes et on recommence. On ne tient de toute façon pas compte de mon vote. Les partis promettent puis après font ce qu'ils veulent, d'autant plus qu'ils sont forcés de faire des alliances."

 

Je dois dire que je serais prête à dire la même chose ! Laurette Onkelinx annonce qu'elle est pour l'Olivier, Elio Di Rupo dément et se prononce pour un gouvernement d'union nationale, ce matin, dans Le Soir, je lis la déclaration de Paul Magnette faite sur la VRT : "Une majorité "olivier" rassemblant socialistes, chrétiens et humanistes ainsi qu'écologistes, serait la meilleure coalition."

 

De quoi vous rendre perplexe. Hier, en choeur, ils disaient tous qu'il n'y avait pas d'accord préélectoral mais nous ne sommes qu'au début de la campagne et cette insistance à rejeter les libéraux sans attendre le vote des électeurs est, disons à tout le moins, très déplaisante. Dois-je rappeler qu'en 2007, on a perdu un an parce que l'orange bleue, soit un gouvernement sans les socialistes, n'était pas acceptable pour le CDH ? Ils sont revenus...

 

Je disais que les politiques n'hésitaient pas à travestir la vérité. Hier, avec insistance, on fait porter la chute du gouvernement non plus sur Alexander De Croo mais sur Olivier Maingain ! En téléphonant de sa voiture, il aurait fait capoter les négociations ! Quel pouvoir ! Et cette phrase déformée : "Il a traité les Flamands de nazis." Je rappelle la citation "Si les Flamands nommaient des bourgmestres qui n'ont pas la confiance des électeurs, ce serait une pratique digne de l'occupation allemande. Nuance tout de même.

 

Discussion aussi sur le vote obligatoire. Je ne sais plus qui a dit que si le vote n'était pas obligatoire, seuls les "riches" voteraient. Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. Les socialistes votent souvent par reconnaissance ou encore parce que le socialisme est dans leurs gènes ou qu'ils apprécient les discours de la FGTB, souvent très simplistes il faut le reconnaître, mais qui marchent depuis des années. "Prenez l'argent aux riches". Lesquels ?  Je ferais une exception pour les jeunes qui sont moins sensibilisés que leurs aînés au devoir de "reconnaissance".

 

J'irai voter. Non parce que je le "dois" mais parce que je le "veux". Je pense que si l'abstention était beaucoup plus forte en Wallonie et à Bruxelles, qu'en Flandre, nous serions dans une situation très grave. Ceux qui veulent la fin de la Belgique profiteraient d'un affaiblissement des partis francophones.

 

Mais, de grâce, faites une campagne "digne" et n'anticipez pas sur le vote des électeurs. Et après les élections, respectez-le.

 

Commentaires

Vous faites bien le point sur le vote et les questions à se poser. J'irai voter, bien sûr : les femmes ne votent en Belgique que depuis une soixantaine d'années, il ne s'agit pas de se taire et laisser faire !

Écrit par : Tania | 12/05/2010

Merci, Tania. J'espère que ce désir d'abstentions va retomber.

Écrit par : mado | 13/05/2010

Je partage votre point de vue sur le vote... par contre votre comparaison sur les musulmanes et les gens qui ne peuvent pas voter librement me semble déplacée.

Écrit par : sylvie | 16/05/2010

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