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25/02/2010

GUY VERHOFSTADT REPOND.

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Guy Verhofstad, dans Le Soir du 24 février répond aux critiques de son article paru dans Le Monde du 11 février sur le débat autour de l'identité nationale en France.

 

Que les réactions aient été contrastées lui paraît normal. Approbations par les lecteurs du journal, réactions très vives des autorités françaises. Une petite pique envoyée à Bernard Kouchner : "Une réaction épidermique pas tout à fait sincère, je crois, de la part de l'ancien fondateur de "Médecins sans frontières", qui en d'autres temps aurait marqué moins de compréhension pour la thèse gouvernementale." C'est vrai, Bernard Kouchner, ministre du président Nicolas Sarkozy, n'est plus, et je peux le comprendre, celui que nous avons connu avant ses fonctions ministérielles.

 

Il exprime son étonnement que sa tribune ait été considérée comme "une attaque dénigrante envers la République française." Il redit qu'il y a exprimé de l'affection pour la France. C'est vrai. Par contre, je ne sais pas s'il peut affirmer que le débat sur "l'identité nationale" avait été organisé pour récupérer les voix du Front National en vue des élections régionales. Les socialistes français le disent, c'est de bonne guerre, mais tous les politologues ne sont pas d'accord. Luc Ferry et Jacques Julliard, par exemple, trouvent utile un débat sur l'identité nationale mais déplorent la manière dont il a été organisé.

 

Il dénonce aussi la critique faite parce qu'étant un étranger, "il n'aurait pas le droit d'avoir une opinion sur quelque chose qui ne serait en fin de compte qu'une préoccupation française". J'avais aussi trouvé cette critique plus qu'étrange quand on voit comment les Français se mêlent de ce qui se passe en Belgique, à tort et à travers, annonçant par exemple, sans aucune retenue, la scission probable de la Belgique...

 

Guy Verhofstadt va plus loin en affirmant que "l'identité" est une question qui fait polémique dans les Etats membres de l'Union européenne. Il rappelle qu'à la fin du XVIIIème siècle, une discussion avait opposé Herder, philosophe allemand, et Kant. Le premier prônant la glorification de l'identité nationale, opposée à l'esprit des Lumières. C'est la Révolution française qui marquera le triomphe des idées des lumières. "Les valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité ont été exportées, y compris par la force, par la France révolutionnaire à travers toute l'Europe."

 

Guy Verhofstadt rappelle la version "identitaire" de l'Allemagne qui amènera Goebbels à affirmer "que le triomphe des Nazis marquait la fin de la Révolution française." Rappel aussi du désir de l'Alsace-Lorraine, ancienne province germanique, d'être rattachée à la France : "Une nation est une question de solidarité consciente, une véritable décision de vivre ensemble sur la base des mêmes lois et principes."

 

Guy Verhofstadt fera un long développement sur l'identité. Il fait référence à Amin Malouf qui affirmait dans son livre "Les Identités meurtrières" que l'identité d'une personne est constituée d'une foule d'éléments : appartenance religieuse, nationalité, groupe ethnique ou linguistique, une famille, une profession, un milieu social. Chacun, disait-il, doit assumer toutes ses identités. Mais, lorsqu'une identité devient prioritaire, elle pèse lourd et peut entraîner des dérives, voire devenir "meurtrières". Ainsi par exemple, la religion, la langue, l'ethnie, l'appartenance à une communauté.

 

Guy Verhofstadt le rejoint mais son raisonnement m'a paru moins clair que celui d'Amin Malouf. Ce qu'il cherche à prouver c'est "qu'une société identitaire est une société d'exclusion et de conflit".

 

Pour lui, l'avenir de l'Europe ne réside pas dans une quête d'identités nationales, une somme d'identités nationales d'où cette affirmation "l'avenir de l'Europe et de l'Union européenne sera post-national, ou ne sera pas."

 

Je ne suis pas totalement convaincue. Cette conviction, il l'avait déjà développée dans son livre "Sortir de la crise. Comment l'Europe peut sauver le monde." publié l'année dernière.

 

Je crois que l'Europe devrait certainement être plus forte. Mais n'est-ce pas utopique d'imaginer que les pays très différents qui la composent fassent l'impasse sur leurs intérêts nationaux ?

 

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