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22/02/2010

DOUGLAS KENNEDY.

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Douglas Kennedy est né à New York en 1955. Après avoir publié trois récits de voyages, c'est un polar Cul-de-sacqui va le rendre célèbre. Le livre suivant L'homme qui voulait vivre sa vie  paraît en 1998 et est traduit dans une quinzaine de langues. Suivront Les désarrois de Ned  Allen, La poursuite du bonheur, Rien ne va plus, Une relation dangereuse, Les charmes discrets de la vie conjugale, La femme du Ve, Au pays de Dieu. Tous sont de grands succès de librairie.

 

PIEGE NUPTIAL.

 

Ce livre est une réédition, une nouvelle traduction de son premier roman Cul-de-sac. Fasciné par une carte d'Australie, Nick, un journaliste américain, décide de tout plaquer pour atterrir à Darwin. Sur une route déserte, la nuit, il heurte un kangourou. Il va rencontrer Angie, qui va le mener dans son village, où après l'avoir drogué, elle l'épousera. Il va se trouver dans une communauté, coupé du monde, dans un village qui n'existe même plus sur la carte. Il n'aura qu'une idée, s'échapper.

 

A l'origine, les gens du village, chassés après la fermeture de leur usine, recasés ailleurs, décident d'y retourner et de vivre en communauté. Peu à peu, la vie de tous, devient un tourment. Les "chefs" qui ont pris le pouvoir, règnent par la terreur. Personne ne peut leur échapper. Une description d'un rêve collectif qui se transforme en cauchemar, par le pouvoir que s'octroient quelques-uns. Un livre brutal et sauvage, des personnages grossiers et cyniques, des scènes crues, violentes.

 

Le lecteur retrouvera ce qui fait le succès des romans de Douglas Kennedy, un suspense bien construit et, malgré l'invraisemblance de la situation, le lecteur est pris par l'histoire dont il ne peut absolument pas soupçonner le dénouement.

 

Nick, le héros, est un personnage hallucinant, terrorisé par les chefs et par "son épouse" Angie. Il va passer par tous les sentiments : terreur, humiliation, perte de toute dignité, hantise d'être pour toujours enfermé dans ce cul-de-sac.

 

"Cinq ans. Il m'arrivait souvent de me réveiller en sursaut, la nuit. Au rythme des ronflements réguliers comme un métronome d'Angie, je contemplais le plafond en tôle ondulée en me disant. "La perpétuité à Wollanup sans conditionnelle." Est-ce possible que mon destin s'achevait réellement ici ? Comme tout prisonnier purgeant une peine maximale, il ne me restait qu'à espérer follement qu'un responsable quelconque me donne une claque dans le dos et claironne un beau matin : "La plaisanterie est terminée, tu peux y aller."

 

Dans une interview,  Douglas Kennedy, confie que le début du roman est autobiographique. Il a bien été en Australie, a été choqué par le pays, le désert, trois cents kilomètres séparant un village d'un autre, la route et rien. Il le décrira dans son roman.

 

"Un univers voué au rouge, un rouge aride comme du sang séché. De la terre écarlate et des buissons épineux, de la même couleur, à perte de vue. J'étais sur un plateau aux dimensions insondables. ... Un pays nu sous le ciel d'un bleu solide, affolant par sa taille hypnotisant par sa monotonie primitive."

 

Après un accident de voiture causé par un kangourou, il entre dans un bar où se trouve une cinquantaine de personnes complètement soûles. Il est abordé par une femme qui veut l'emmener mais contrairement à ce qui se passe dans le roman, il s'enfuit...

 

Dans l'interview, il parle des difficultés d'être écrivain. Mais, avec beaucoup d'humour : "Il faut écrire deux pages par jour, en six jours cela fait 12 pages, en un an, un livre de six-cent pages. Le tout est d'écrire !" Il dira aussi que, quand il a commencé son livre, il ne savait pas comment se faisait un roman...

 

J'ai beaucoup aimé les autres livres qui se passent en Amérique, pays pour lequel il n'a aucune complaisance et surtout Au pays de Dieu qui est un voyage hallucinant dans les Etats du sud, connus sous le nom de "Ceinture de la Bible", le pays des fondamentalistes chrétiens. Un univers effrayant.

 

 

Douglas Kennedy vit actuellement entre Londres, Berlin et Paris.

 

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