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11/02/2010

GEORGES BRASSENS.

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Un anarchiste au grand coeur. Un regard empreint de bonté. Georges Brassens a pu, mieux que personne, manier les mots et les rimes, composer des poèmes et en faire des chansons. Un grand bonhomme.

 

Né à Sète le 22 octobre 1921, il meurt le 29 octobre 1981. Sa mère est catholique, son père, entrepreneur de maçonnerie, libre-penseur, anticlérical. A quinze ans, il s'intéresse à la poésie grâce à son professeur de Français, Alphonse Bonnafé, qui l'initiera à la technique de la versification. En 1963, il lui demandera d'écrire la préface du livre qui lui est consacré aux éditions Seghers.

 

En 1940, Georges convainc ses parents de rejoindre Paris. Il s'installe chez sa tante Antoinette et profite de son piano. Il apprend à maîtriser l'instrument bien qu'il ne connaisse pas le solfège. Il passe ses journées à la bibliothèque municipale du quartier, lit Villon, Verlaine, Baudelaire, Hugo et beaucoup d'autres. Il écrit aussi des poésies.

 

En 1943, l'Allemagne nazie avec la complicité de Vichy, instaure le service du travail obligatoire. (STO). Georges va se retrouver dans une manufacture de moteurs d'avion. En 1944, il profite d'une permission de quinze jours : il ne retourne pas en Allemagne. Plus question de s'installer chez sa tante Antoinette, c'est sa tante Jeanne qui l'héberge. Elle habite une maison modeste et sa cour est une vraie ménagerie : chiens, chats, canaris, tortues, et la fameuse cane qu'il célèbrera dans une chanson : "La cane – De Jeanne – Est morte au gui l'an neuf – Elle avait fait, la veille, - Merveille ! – Un oeuf."

 

Après la guerre, il se lie avec des militants de la Fédération anarchiste et écrit dans leur journal Le libertaire sous des pseudonymes. Il quittera la Fédération trois ans après mais gardera toujours de la sympathie pour eux.

 

En 1947, il rencontre Joha Heiman. Originaire d'Estonie, elle est son aînée de neuf ans. Il l'appelle "Putchen". Ils ne se marieront ni cohabiteront jamais. C'est pour elle qu'il écrit : J'ai rendez-vous avec vous, Je me suis fait tout petit, La Non-demande en mariage.

 

"Mon Seigneur l'astre solaire, - Comm' je l'admir" pas beaucoup, - M'enlèv' son feu, oui mais d'son feu, moi  j' men fous – J'ai rendez-vous avec vous – La lumièr' que je préfère – C'est cell" de vos yeux jaloux, - Tout le restant m'indiffère, - J'ai rendez-vous avec vous."

 

"J'ai l'honneur de – Ne pas te de- - mander ta main – Ne gravons pas – Nos noms au bas – D'un parchemin."

 

Il se produit dans des cabarets, joue de la guitare mais est paralysé par le tract. C'est Patachou, chez qui il a passé une audition, qui l'imposera en 1952. Il signe un contrat avec Polydor. Commence une carrière impressionnante, l'Olympia, Bobino, des tournées internationales.

 

Il va se lier d'amitié avec Paul Fort, Marcel Amont, Guy Béart, Georges Moustaki, Jacques Brel, Lino Ventura, Bourvil et beaucoup d'autres. En 1967, L'Académie Française lui décerne le Grand Prix de Poésie pour l'ensemble de son oeuvre.

 

Il aura la satisfaction de voir la peine de mort – contre laquelle il avait écrit Le Gorille -  abolie le 9 octobre 1981 : "La suite serait délectable – Malheureusement je ne peux – Pas la dire et c'est regrettable – Ca vous aurait fait rire un peu – Car le juge au moment suprême – Criait : "Maman", pleurait beaucoup – Comme l'homme auquel le jour même – Il avait fait trancher le cou – Gare au Gorille..."

 

Georges Brassens a chanté l'amitié, l'amour, la charité, le bonheur, la liberté mais aussi ses révoltes. Il a dénoncé la malveillance, la soumission à l'ordre, l'absurdité de la guerre. Après le succès de L'Auvergnat il répondra par Le Mécréant pour dissiper tout malentendu...

 

Tout au long de sa carrière, Georges Brassens a mis en chansons et interprété de nombreux poètes : Louis Aragon "Il n'y a pas d'amour heureux." Paul Fort "Le Petit Cheval" Francis Jammes "La Prière" François Villon "Ballade des dames du temps jadis" Paul Verlaine "Chanson d'automne" Alfred de Musset "Ballade à la lune" Théodore de Banville "Le Verger du roi Louis" et beaucoup d'autres.

 

Ses chansons donnent une impression de facilité mais ce "naturel" est le fruit d'un long travail, d'une exigence. Il mélange allègrement le langage le plus cru comme le plus raffiné, les archaïsmes, les jurons et les mots très simples.

 

Je lui laisserai le dernier mot : "Au village, sans prétention – J'ai mauvaise réputation. – Qu' je m' démène ou qu' je reste coi – Je pass' pour un je-ne-sais-quoi ! – Je ne fais pourtant de tort à personne – En suivant mon ch'min de petit bonhomme. – Mais les brav's gens n'aiment pas que – L'on suive une autre route qu'eux, - Tout le monde médit de moi, - Sauf les muets, ça va de soi." 

 

 

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