Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

09/02/2010

L'INSECURITE A BRUXELLES EN DEBAT.

 
 
rue_van_praet.jpg
 
 
 

D'après la Bible, l'histoire de l'humanité commence par une désobéissance et un meurtre. S'ajoute le désir d'impunité : "C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé."  Et Caïn : "Suis-je le gardien de mon frère ?"

 

Si je rappelle le début de la Genèse, qu'il soit ou non un mythe, je pense qu'un concept fondamental est trop souvent nié : le bien et le mal coexistent dans l'homme.

 

Personne ne contestera que l'histoire de l'humanité est violente. Mais, heureusement, elle est aussi celle d'une humanité qui tend à devenir humaine. Révolutions, organisation de la société, vote de lois, proclamation des droits de l'homme etc. le monde dans lequel nous vivons est le résultat d'une longue évolution vers une société "policée".

 

Hélas ! la violence est toujours présente, mais dénoncée, condamnée ou réprimée du moins dans les pays démocratiques. Violences conjugales, meurtres, attentes aux droits de l'enfant : la réprobation est générale.

 

Pourtant, la violence urbaine avec son corollaire du sentiment d'insécurité des habitants suscite une polémique pour le moins étrange. Nous avons pu le constater lors des débats télévisés de ce dimanche. Les policiers dénoncent leur manque de moyens et de personnel dans une ville comme Bruxelles et  l'escalade de la violence allant jusqu'à l'utilisation par les malfrats d'armes de guerre.

 

Si les politiques admettent et condamnent l'usage accru des armes, ils semblent minimiser les agressions de personnes et surtout le sentiment d'insécurité des habitants. Pourtant, il y longtemps que les commerçants se plaignent d'être victimes d'attaques violentes. Longtemps que les femmes ou les seniors disent ne plus oser sortir le soir ou se promener dans certains quartiers. Longtemps que même les jeunes sont victimes d'agressions : vols de GSM, MP3, demandes d'argent !

 

Alain Destexhe qui parlait de "situation explosive" a été contesté par Céline Fremant, chef de groupe CDH ; Sarah Turine, co-présidente d'Ecolo, a affirmé qu'elle n'avait pas de problème dans les rues de Bruxelles. Quant à Philippe Moureaux, PS, bourgmestre de Molenbeek, tout le monde sait qu'il affirme toujours que la criminalité diminue à Bruxelles, que tout va bien dans sa commune ...  Il a simplement admis que le recours aux armes était préoccupant.

 

Que les politiques le reconnaissent ou non, il y a bien un problème d'insécurité à Bruxelles ou dans d'autres villes, le nier est absurde et inefficace. Mais quelle réponse apporter ? Si tout le monde est scandalisé de savoir que les auteurs de délits sont relâchés ou pire même viennent narguer leurs victimes comme se plaignent les commerçants, mettre fin à l'insécurité semble bien être une gageure. Un premier pas serait de l'admettre sans la minimiser. En rechercher les causes sans s'en tenir, comme on le fait trop souvent, à parler chômage ou précarité. Je trouve d'ailleurs que ces affirmations sont une injure à tous ceux qui vivent aussi des situations difficiles sans pour cela recourir à la délinquance.

 

Autre discours récurrent, la prévention. Oui, mais je n'ai jamais entendu de réelles propositions. L'éducation, la formation, certes, mais la violence est aussi présente dans les écoles que dans la rue. Les associations de quartiers font certainement du bon travail mais leurs moyens d'action semblent dérisoires et leurs discours parfois ambigus.

 

Peut-être pourrait-on au moins, s'attaquer aux problèmes de ventes d'armes. En France, on affirme, vrai ou pas, qu'il est très facile de se procurer une arme à Bruxelles.

 

La violence dans les stades a été combattue : plus question d'admettre qu'on ne puisse plus voir les matches de football en famille.

 

Mais dans nos villes ? A la RTBF, le bourgmestre d'Anderlecht venu crier sa colère et le ras le bol de ses policiers n'a pas rencontré beaucoup de sympathie !

 

Pire, ceux qui dénoncent l'insécurité risquent de se faire traiter de fascistes, racistes ou autres injures. L'angélisme est tellement plus confortable.

 

Nier un problème, c'est forcément, se condamner à ne jamais pouvoir le résoudre. Ce sera difficile. L'enfermement des jeunes voyous ne sera pas nécessairement une bonne solution. Les politiques disent qu'il y en a d'autres. Parfait, qu'ils le montrent !

 

Les commentaires sont fermés.