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04/02/2010

L'ENTRETIEN DE JEAN-MICHEL JAVAUX AU SOIR.

 
 
 
 
 
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Dans son édition du 30 janvier, Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du Soir disait sa surprise de voir que Jean-Michel Javaux apparaissait en 13e position de leur "Top des catholiques belges les plus influents." La première question que je m'étais posée au moment du sondage, était : peut-on vraiment évaluer l'influence des personnalités catholiques ? Selon quels critères ? Les plus "connus", j'aurais compris, les plus "influents" ? J'étais perplexe.

 

Le 2 février, Le Soir publiait un entretien avec Jean-Michel Javaux. Je n'ai pu consulter que la version internet  publiée, je crois, plus tard. Très honnêtement, le co-président d'Ecolo parle d'être "connu" plutôt qu'influent et donne deux raisons : il communie, même lors des célébrations officielles et il a des liens avec des membres du jury. Cela relativise le sondage.

 

J'ai trouvé l'entretien émouvant, empreint de sincérité mais je suis aussi assez critique. La première raison est celle de l'opportunité. Affirmer sa foi quand on est à la tête d'un mouvement politique, même pluraliste, suscite un certain malaise. Jean-Michel Javaux en est conscient puisqu'il fait allusions aux "retours" qu'il aura. Josy Dubié a réagi à la RTBF : "Javaux peut croire en ce qu'il veut, c'est son choix. Mais le problème, c'est qu'à partir du moment où il met ses croyances sur la place publique, ça devient tout à fait inopportun. Dans les milieux laïques que je fréquente, Ecolo a déjà une  image de parti de calotins. C'est la réputation que nous avons. Et depuis dix ans que je suis sénateur Ecolo, je me bats contre cela, je répète à tout le monde que jamais l'adhésion philosophique et religieuse de certains membres d'Ecolo n'a eu d'interférence sur nos prises de décision."

 

Je veux bien croire qu'Ecolo est un parti démocratique, que les différentes sensibilités peuvent s'exprimer et que les décisions sont collectives. Mais, par contre, je ne crois pas qu'on puisse séparer ses convictions religieuses ou autres, de son travail politique, comme l'avait déjà affirmé Jean-Michel Javaux. Tracer une barrière entre le privé et l'espace public, oui, mais une personne est façonnée par ce qu'elle croit. Je mettrais sur le même plan les convictions religieuses ou politiques.

 

Pour en revenir à l'entretien, je n'ai pas aimé qu'il cite des noms. Chez les libéraux, un tel et un tel sont catholiques, Di Rupo.... phrase en suspens, il valait mieux.

 

Je n'ai pas apprécié non plus qu'il critique que des croyants pratiquants ne communient pas lors des cérémonies officielles. C'est leur choix. A contrario, je connais des athées qui communient lors des funérailles pour ne pas choquer la famille. Pour moi, c'est grave.

 

Un sujet abordé évidemment était le port du foulard islamique. Je le cite : "En exagérant,  je change d'avis tous les 15 jours. Au gré des discussions. Il est difficile d'avoir un avis aussi tranché que des militants laïques."

 

Alors il faudrait qu'il m'explique pourquoi "Les accommodements raisonnables" sont dans le programme d'Ecolo. Pourquoi Isabelle Durant a-t-elle été aussi nette dans ses positions qu'elle a, comme la députée bruxelloise dont j'ai oublié le nom, présentées comme étant la doctrine du parti ? Pourquoi traite-t-il Alain Destexhe de "pyromane" quand il exprime la position du MR ?

 

J'ajouterai que j'ai été fort étonnée d'entendre, lors d'un débat à la TV, le père Scholtès défendre le port des signes religieux à l'école. Les jeunes filles peuvent bien porter une croix ! Mes filles en ont reçu une comme c'était l'usage dans les familles chrétiennes, elle a rejoint un tiroir avant d'être volée lors d'un cambriolage. Alors maintenant.... Pour moi, il est clair que même inconsciemment sa position pour la défense du foulard islamique est influencée par ses convictions religieuses. Mais, c'est son droit.

 

J'en viens à une question essentielle. Jean-Michel Javaux n'est pas d'accord avec les positions éthiques de son Eglise tout en se disant croyant. Il avoue ne pas aller à la messe tous les dimanches. Il fait donc partie de ses chrétiens que certains qualifient de  "progressistes" et d'autres d'être "en dehors de l'Eglise". Il est vrai que l'Eglise de Belgique a cette particularité de prendre beaucoup de distances avec sa hiérarchie. On apprécie ou pas.

 

Voilà pour l'essentiel. J'avais envie de réagir, c'est fait ! J'espère ne pas avoir dénaturé l'entretien, j'en serais désolée.

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