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27/01/2010

RAPHAEL ENTHOVEN ET BLAISE PASCAL.

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Raphaël Enthoven est né en 1975 à Paris. Il est le fils de l'éditeur Jean-Paul Enthoven. Il est ancien élève de l'Ecole normale supérieure et agrégé de philosophie. Il a enseigné à l'université Lyon-III et l'Institut politique de Paris. En 2002, il rejoint l'Université populaire de Caen à la demande de Michel Onfray. Il n'y reste qu'un an "viré" dira-t-il par Michel Onfray.

 

 Il anime la rubrique "Sens et vie" de "Philosophie Magazine", l'émission "Philosophie" sur Arte, "Nouveaux chemins de la connaissance" sur France- Cuture et est professeur à l'Ecole Polytechnique.

 

En 1999, il a une romance qui  fait scandale, avec Carla Bruni, alors que celle-ci entretient une liaison avec son père. Il quitte sa femme Justine Lévy, fille de Bernard-Henri Lévy, pour Carla avec qui il aura un fils, Aurélien, en 2001. Il sera le personnage principal du livre de Justine "Rien de grave" paru en 2004. Dans son album "Quelqu'un m'a dit" Carla lui dédie sa chanson "Raphaël". Il vit aujourd'hui avec l'actrice Chloé Lambert avec qui il a eu un fils,  Sacha en 2008.

 

L'émission "Philosophie" sur Arte est enregistrée dans une ancienne usine. Il s'entretient avec un invité, tout en marchant, et, selon le sujet, en s'arrêtant devant des affiches, des tableaux, livre en main. L'émission est donc un dialogue avec un invité, ponctué de lectures de textes. Cette idée de "déambuler" il dit l'avoir eue d'un aphorisme de Niezche : "les bonnes idées sont celles qui viennent en marchant".

 

PASCAL OU LES INTERMITTENCES DE LA RAISON.

 

Ce livre reprend les entretiens diffusés sur France-Culture du 8 au 12 septembre 2008, dans les cadres des "Nouveaux chemins de la connaissance".

 

Il est évident qu'il est impossible de faire une étude approfondie des "Pensées" en cinq entretiens, repris dans 176 pages. Néanmoins, j'ai été fort intéressée par l'ouvrage. Etonnée très souvent. Les auteurs font une analyse différente de celle que je connaissais. J'aime beaucoup Blaise Pascal, surtout "Les Provinciales" mais certaines pensées me laissaient perplexe, voire choquée comme le célèbre "Abêtissez-vous". Que Blaise Pascal fasse l'apologie du christianisme ne me semblait pas évident. Maintenant, c'est, pour moi, beaucoup plus clair.

 

Raphaël Enthoven ouvre son premier entretien par ces mots : "C'est de Blaise Pascal, l'effrayant génie, l'homme au gouffre, le mathématicien de coeur dont nous allons  parler(...) ce drôle d'homme qui porte à croire par la raison des vérités qui dépassent la raison."

 

L'auteur rappelle que les Pensées sont écrites en fragments, que l'on peut classer dans l'ordre qu'on voudra, d'où les nombreuses éditions différentes les unes des autres, et, si on retrouve des pensées très proches l'une de l'autre, leur sens sera différent selon l'ordre dans lequel elles seront présentées.

 

Les thèmes abordés sont : l'infini, la condition de l'homme, l'imagination (qui nous détourne du réel), le divertissement, le "moi" (employé pour la première fois comme substantif), le pari, la pensée politique, le "Mémorial".

 

Blaise Pascal ne cherche pas à démontrer l'existence de Dieu. Il cherche à convaincre que la religion est "vénérable et aimable". Dans le pari, que les auteurs analysent longuement, il affirme que celui qui croit que Dieu existe aura une existence meilleure que celui qui croit que Dieu n'existe pas. "Il y a ici une infinité de vies infiniment heureuses à gagner, un hasard de gain contre un nombre fini de hasards, de perte et ce que vous jouez est fini. Cela ôte tout parti."

 

D'après Vincent Carraud, un des interlocuteurs de Raphaël Enthoven, la phrase : "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point, on le sait en mille choses" n'est pas assumée par Blaise Pascal mais mise dans la bouche de l'honnête homme par excellence, son ami Milton à qui il va dire : "Le moi est haïssable. (...) Vous Milton, vous le couvrez, vous ne notez point pour cela, vous êtes donc toujours haïssable."  Il dira aussi : "Je ne suis pas aimable fondamentalement. (...) Seul Dieu peut m'aimer tel que je suis, c'est-à-dire non aimable." Je renvoie le lecteur au long développement fait par les auteurs pour expliquer ces pensées.

 

J'ai envie de terminer par une phrase, plus simple, que j'aime beaucoup : "Il n'est pas nécessaire parce que vous êtes duc que je vous estime, mais il est nécessaire que je vous salue."

 

Je suis obligé d'être déférent envers celui qui a autorité sur moi, je ne suis pas obligé de l'estimer.

 

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