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22/10/2009

ELIETTE ABECASSIS.

 

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Eliette Abécassis est née le 27 janvier 1969 à Strasbourg. Son père, Armand Abécassis, est professeur de philosophie à la faculté de Bordeaux et spécialiste de la pensée juive. Après avoir suivi les classes préparatoires littéraires au lycée Henri IV à Paris, elle intègre L'Ecole Normale supérieure de la rue d'Ulm et  obtient l'agrégation de philosophie.

 

Elle publie son premier roman "Qumran" en 1996 : un jeune juif orthodoxe enquête sur des meurtres mystérieux, liés à la disparition des manuscrits de la mer Morte. C'est le premier ouvrage d'une trilogie : "Le Trésor du Temple" et "La dernière tribu".

 

 "L'Or et la cendre" paraît en 1997. La même année, elle commence à enseigner la philosophie à la faculté de Caen. Après avoir publié un essai sur le Mal, "Petite Métaphysique du meurtre", elle s'installe pendant six mois à Mea Shearim, le quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, pour écrire le scénario du film israélien d'Amos Gitaï "Kadosh". Elle s'inspirera du scénario pour son roman "La répudiée".

 

Elle se marie en 2001, à Jérusalem, et poursuit sa réflexion sur la condition féminine dans "Un heureux événement" et "Le Corset invisible".

 

MON PERE.

 

Le roman paraît en 2002. La narratrice Héléna, déprimée après le mort de son père, reçoit une lettre d'un inconnu, qui se présente comme son demi-frère. Ils iront tous deux à la recherche des secrets de ce père inconnu.

 

Ce n'est pas l'aspect de roman policier qui fait l'intérêt du livre mais la description de la relation quasi fusionnelle que la narratrice entretenait avec son père.

 

Le livre débute par la description de l'état où elle se trouve après la mort de son père : "Il y a deux ans, lorsque j'ai perdu mon père, je n'avais plus de goût à la vie. Plus rien, plus personne ne trouvait grâce à mes yeux, et je me suis laissé envahir par une force inquiétante et diffuse, qui m'aspirait, m'empêchant de me lever le matin, de sortir et de voir des amis, sans que je puisse rien faire."

 

Ce père libraire qu'elle décrit comme " un voyageur de l'esprit, un passeur, un donneur de rêves, un promeneur de l'Histoire".

 

Elle dira comment il lui a appris ce qu'à son tour, elle devra transmettre :
"Mon père m'a appris que le langage est essentiel pour l'homme, car c'est par la parole que l'homme a accès au monde. ... Mon père disait : il ne faut pas oublier que nous avons des ancêtres, le passé est si proche que l'on peut tendre la main pour y toucher. ... Mon père disait : on ne peut pas être heureux, on peut être joyeux."

 

On retrouve des valeurs essentielles du judaïsme : le devoir de transmission, la certitude de n'être qu'un "maillon" dans la chaîne humaine.

 

LA  REPUDIEE.

 

Rachel et Nathan ont fait un mariage arrangé comme il est de tradition dans la communauté hassidique. (mouvement religieux ultra-orthodoxe). Rachel a aimé son mari dès le premier regard. Elle travaille dans la boutique de son oncle pour permettre à son mari d'aller étudier toute la journée à la yechiva et accepte toutes les contraintes imposées aux femmes. Ils sont heureux, très amoureux, mais n'ont pas d'enfant.

 

Le drame va ébranler leur couple après dix ans de mariage. La loi hassidique donne au mari la possibilité de répudier une femme stérile. Le Rav presse Nathan de le faire. Mais, pour lui comme pour elle, c'est un vrai déchirement. Nathan ne se décide pas au divorce mais est malheureux car les pressions de la communauté sont très fortes. Il décide de ne plus avoir de relations sexuelles puisqu'ils ne peuvent procréer. "Je suis retournée dans mon alcôve pour une nuit d'insomnie. Tourner et tourner dans mon lit, encore et encore à penser à lui, à son corps, au dessin étrange de son dos un peu arqué, à sa poitrine imberbe. Mon sein me faisait mal de le vouloir".

 

Rachel décidera de quitter Nathan alors qu'elle sait qu'elle n'est pas stérile mais ne le dit pas : "Je lui tends le parchemin. ... Tout mon corps frémit. IL me retient entre ses bras. Longtemps, nous restons ainsi, sur le pas de la porte, serrés ensemble, avec amour et pitié."

 

La soeur de Rachel, Naomi, n'acceptera pas d'épouser Yossef  car elle est amoureuse de Yacov, dont la communauté ne veut plus, parce qu'il est parti faire l'armée "une abomination".

 

Deux chemins différents pour ces deux soeurs, acceptation ou rébellion, mais toujours par amour.

 

J'avais beaucoup aimé le film, j'ai aimé le livre. J'adhère à ce qu'elle dit :"Je crois que le romancier doit raconter une histoire, prendre le lecteur par la main, et l'entraîner dans une intrigue construite qu'il ne puisse plus quitter."

 

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