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13/10/2009

JUSTINE LEVY.

 

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Justine Lévy est née le 27 septembre 1974. Elle est la fille de Bernard-Henri Lévy et d'Isabelle Doutreluigne, mannequin. Après des études de philosophie, elle travaille pendant neuf ans comme lectrice chez Calmann-Lévy puis aux éditions Pauvert.

 

En 1995, elle épouse Raphaël Enthoven, le fils de Jean-Paul Enthoven, éditeur. Elle publie son premier roman "Le rendez-vous" dans lequel elle traite des rapports difficiles avec sa mère. Le livre obtient un succès mitigé mais est cependant traduit en anglais et lui vaut le prix Contre-point de  littérature française.

 

En 2000, son mari et Carla Bruni, qui vit avec Jean-Paul Enthoven,  père de son mari, ont une liaison. Raphaël divorce et s'installe avec Carla, ce qui plonge Justine dans un anéantissement profond dont elle ne sortira qu'au bout de quelques années.

 

C'est en 2004, qu'elle racontera cette expérience douloureuse dans un roman autobiographique "Rien de grave". Le roman est un réel succès, il est traduit en anglais et en allemand et est édité aux Etats-Unis en 2005.

 

Elle épousera l'acteur Patrick Mille avec qui elle aura une fille, Suzanne et un fils, Lucien.

 

RIEN  DE  GRAVE.

 

Le livre débute par l'enterrement de sa grand-mère dont Louise (Justine) était très proche et elle, qui pleure facilement, s'étonne de ne pas pouvoir pleurer. "Dans le cimetière aussi je suis sonnée, trop brisée pour pleurer, sans réaction, sans âme..." Brisée par son divorce avec Adrien (Raphaël) et le cancer de sa mère.

 

L'auteur raconte avec des mots simples les situations difficiles que vit son héroïne, son addiction aux amphétamines.  Mais le livre n'est pas déprimant car elle s'amuse de ses coups de gueule, de ses mensonges puérils. Si elle traite Paula, (Carla) qui lui a pris son mari, de "Terminator" elle ne se venge pas vraiment. Louise guérira d'Adrien par sa rencontre avec Pablo.

 

MAUVAISE FILLE.

 

Le livre pourrait s'appeler le livre de la vie et de la mort. Elle y raconte la lente déchéance, l'agonie puis la mort de sa mère qui a fait une rechute du cancer. Mais, elle attend un enfant dont la naissance sonnera comme une victoire de la vie.

 

Son héroïne, Louise, supporte mal la déchéance de sa mère, elle se culpabilise de ne pas en faire assez et est persuadée que c'est parce qu'elle ne l'a pas assez aimée, qu'elle meurt. Ainsi, par exemple, raconte-t-elle comment elle n'arrive pas à profiter d'un séjour à Rome, qu'elle a organisé pour l'anniversaire de Pablo, parce qu'elle le vit comme un abandon de sa mère qui est hospitalisée. "J'ai cette vilaine petite musique dans la tête."

 

Louise vit mal sa grossesse tellement elle est angoissée à l'idée qu'elle ne saura pas être une bonne mère. Elle envie Pablo qui se prépare dans la joie à être un bon père. Elle s'inquiète à chaque échographie "Elle est parfaite, votre petite fille, il me dit. Parfaite, vous êtes sûr ? Je suis sûr. Vous avez bien tout vu ? J'ai tout vu."

 

La naissance d'Angèle va la transformer : "Quand l'infirmière l'a posée, si petite, sur ma poitrine, j'ai inventé mes premières caresses, mes premiers baisers, mon premier souffle de maman, son petit corps contre le mien, ces gestes neufs et étrangement familiers, cet amour tout frais mais que je connais si bien. Ma toute belle, je lui ai dit, ces mots qui viennent de si loin, ma toute belle me disait maman, quand j'étais petite, ma toute belle, je n'en reviens pas qu'elle soit si réussie ... il n'y avait personne et maintenant il y a quelqu'un et je suis la mère de ce quelqu'un."

 

Je ne vais pas raconter tout le livre. Il est poignant, constitue un hommage à sa mère, une mère magnifique, marginale, qui a fait de la prison. L'auteur raconte certains souvenirs d'enfance et notamment, comment quand sa mère était en prison – ce qu'elle ignorait - son père s'arrangeait pour qu'une fois par mois, elle la retrouve dans "l'appartement Potemkine".

Une découverte de BHL père...

 

Beaucoup d'émotion mais aussi des anecdotes acides. Louise en veut au grand Toubid qui soigne sa mère, avec arrogance, condescendance, sans aucune compassion. Lors d'une visite, elle va lui sauter à la gorge. "Un bond littéralement. Une rage que rien n'arrête ... Je serre le plus fort que je peux. Je serre et je hurle. Je serre et je pleure."

 

Un très beau livre, bien accueilli par les critiques. "Justine Lévy, brillante" affirme Marie-Françoise Leclère, dans "Le Point". Le miracle, c'est qu'une fois encore Justine Lévy arrive à alléger ce magma d'angoisse, de douleur et de colère. Parce qu'elle a le don de la saynète cocasse et du croquis à l'acide".

 

 

17:36 Publié dans Culture | Tags : bhl, raphaël, carla, cancer, mort, vie | Lien permanent | Commentaires (0)

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