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23/08/2009

DE L'INEGALITE.

Personne ne contestera que nous sommes tous différents. Certains sont intellectuels, d'autres manuels, artistes ou dénués de dons artistiques, gros ou maigres, hommes ou femmes, sportifs ou non sportifs, bons en math ou pas et je pourrais continuer l'énumération.

 

Pourquoi ces différences causent-elles problèmes ? Plusieurs causes : l'organisation de la société, le regard que nous portons sur d'autres que nous, les mentalités souvent issues de deux mille ans d'histoire ou de religion. Les conséquences sont que ce qui est naturel peut devenir scandaleux.

 

Je m'explique. Certains métiers paraissent plus nobles que d'autres. Ainsi, un médecin, un juge, un avocat seront considérés comme socialement supérieurs aux ouvriers. Pourtant, le diplôme de médecin ne fait pas de vous de facto un bon médecin, capable d'un bon diagnostic ou d'une bonne interprétation d'un scanner. Mais la société a établi une hiérarchie des métiers avec des conséquences : statut social, notoriété, rémunérations différentes. Et pourtant, il y a de bons et de mauvais avocats, de bons et de mauvais juges, de bons et de mauvais chefs d'entreprise, mais le statut social l'emporte sur la qualité humaine. Il faut qu'un scandale surgisse pour qu'on affirme qu'un juge, par exemple, est d'abord un être humain, avec tout ce que cela comporte.

 

Certaines disparités ont appelé la société à réagir pour rétablir une plus grande égalité. Qu'une femme soit moins payée qu'un homme, pour le même travail, a suscité l'indignation et l'essai d'une correction : la loi l'interdit mais elle reste inopérante parce que l'égalité ne s'établit pas par des lois. Deux mille ans de mépris de la femme ne se corrige pas par une décision législative. De la même manière, en politique, l'essai d'établir des quotas a toujours échoué.

 

En sport, la société admet qu'un footballeur soit mieux payé qu'un autre sportif et pire déroge à une loi universelle : il peut être "vendu" contrairement à une exigence éthique, reconnue par tous, qu'est l'interdiction de la vente d'êtres humains. C'est admis parce que l'unanimité s'est faite pour conférer ce statut très spécial à un footballeur.

 

Si un plombier est moins considéré socialement que celui qui exerce une profession libérale, il aura pourtant la reconnaissance de ses clients. Je ne crois pas qu'étant dépanné pour une fuite d'eau ou une machine à laver, nous soyons moins reconnaissants à notre plombier qu'au médecin qui nous a, le même jour, délivré une ordonnance. Quant à l'argent, il y a de telles disparités qu'on ne peut pas en faire un critère d'inégalité.

 

Pourquoi ai-je réfléchi à ces questions d'égalité ? Tout bonnement, à propos du décret de mixité sociale. Nous en connaissons les ravages et l'aberration qui a consisté à établir la liste de bonnes et de mauvaises écoles, les inscriptions multiples, les tirages au sort, et cerise sur le gâteau, 250 élèves qui seront pris en charge pour des "activités" s'ils ne sont pas inscrits dans une école.

 

Ce qui me paraît le plus inacceptable, c'est que les politiques n'admettent pas que la mixité sociale existe, et que, de toute manière, elle ne peut, en aucun cas, s'établir par un décret. Si on juge notre enseignement inégalitaire, il faut réfléchir à ce que cela veut dire, sans brandir des slogans dont tout le monde sait qu'ils ne veulent rien dire :"Les mêmes chances pour tous" ! Un décret ne changera rien aux inégalités inhérentes à la condition humaine ou établies par la société.

 

Il y a d'autres paradoxes à propos de l'enseignement. Nos politiques affirment vouloir faire de l'enseignement technique ou professionnel, un enseignement de qualité mais ne disent jamais comment ils vont s'y prendre. Peut-être, par une circulaire affirmant : "Dorénavant, l'enseignement technique et professionnel doit être considéré comme l'équivalent de l'enseignement général." ? (!)

 

Autre paradoxe : on proclame la mixité sociale, qui devrait selon moi, être interprétée comme le fait d'établir une égalité entre tous les enfants. En même temps, on s'engage dans un communautarisme qui en est tout le contraire : le port du voile fait des musulmanes un groupe "à part", bien visible dans une classe, ce qui ne me semble bon, ni pour elles, ni pour les autres.

 

J'espérais qu'au moins vu l'échec du décret de mixité sociale, on abandonnerait cette fausse bonne idée. Hélas, on nous promet de recommencer, en partant d'une page blanche ! mais sans aucune réflexion sur la nécessité de légiférer pour mettre fin à quelques abus qui seraient bien plus simple de régler autrement.

 

"La France a toujours cru que l'égalité consistait à couper ce qui dépasse" (Jean Cocteau).

 

"Les Français n'aiment point la liberté : l'égalité seule est leur idole."  (Chateaubriand).

 

Commentaires

Bravo pour votre billet

Écrit par : xavier | 23/08/2009

Tout à fait d'accord, magnifique billet...puisse-t-il être lu par un max de personnes !!!

Écrit par : martine | 23/08/2009

Merci à Xavier et Martine. Cela me fait plaisir.

Écrit par : mado | 23/08/2009

Les commentaires sont fermés.