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13/08/2009

ANDRE COMTE-SPONVILLE.


 

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Philosophe français, il est né le 12 mars 1952, à Paris. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, il a été l'élève et l'ami de Louis Althusser. Maître de conférence à la Sorbonne, il a démissionné en 1998 pour se consacrer exclusivement à l'écriture et à des conférences. Il est membre du Comité consultatif national d'éthique.

 

Ses premiers livres sont d'un accès difficile : "Traité du désespoir et de la béatitude" (Deux tomes : Le mythe d'Icare et Vivre) Dans"Une éducation philosophique" il se présente comme un matérialiste, concept qu'il étudie longuement et rend hommage à ses maîtres : Montaigne, Spinoza, Claude Lévi-Strauss.

 

Il va ensuite s'efforcer de rendre la philosophie plus accessible. "Impromptus" titre emprunté à Schubert, dont il est grand admirateur, est un recueil de réflexions sur des questions que tout le monde se pose : l'angoisse, l'argent, le goût de vivre, la médecine, le suicide, l'euthanasie. Le livre est assez déprimant car le fil rouge est "Nous sommes mortels". Les idées développées choqueront certains : de quel droit ne pourrait-on pas se suicider ? l'angoisse est inhérente à la vie : "Nous naissons dans l'angoisse, nous mourons dans l'angoisse. Entre les deux la peur ne nous quitte pas." Mais il dira aussi : "Si le sage est celui qui n'a plus d'angoisses, le philosophe est peut-être celui qui ne s'angoisse plus d'en avoir."

 

Pessimisme aussi dans "Le deuil" : "Il y a deuil chaque fois qu'il y a perte, refus, frustation. Il y a donc deuil toujours." Le titre du chapitre consacré à la médecine peut apparaître comme une provocation : "Mourir guéri?"

 

A propos de l'argent : "L'argent mesure tout ce qui a un prix, mais aussi par là, ce qui n'en a pas, je veux dire le prix lui-même que nous mettons aux choses, aux gens, à tout ce qui n'est pas nous."

 

L'auteur est moins pessimiste dans ses autres livres. Il perdra assez vite cette étiquette de matérialiste pour celle de "philosophe humaniste" à la recherche de la sagesse "penser mieux pour vivre mieux" Il s'affirme athée mais récuse l'opinion si répandue qu'un athée n'a pas d'éthique. Il le développera dans "Petit traité des grandes vertus" : la liste est longue : politesse, fidélité, prudence, tempérance, courage, justice, générosité, compassion, miséricorde, gratitude, humilité, simplicité, tolérance, pureté, douceur, bonne foi, humour et bien sûr l'amour, vertu qu'il met au-dessus de toutes les autres.

 

Ces vertus, me direz-vous sont universelles mais le philosophe les analyse finement, sans aucune banalité, avec un objectif : "Essayer de comprendre ce que nous devrions faire, ou être, ou vivre, et mesurer par là, au moins intellectuellement, le chemin qui nous en sépare."

 

En collaboration avec Luc Ferry, il a écrit "La Sagesse des Modernes. Dix questions pour notre temps." Comment vivre ? Quelle sagesse après la religion et au-delà de la morale ? Qu'est-ce qu'une vie bonne ? Les deux philosophes dialoguent, soulignent leurs points d'accord mais aussi leurs différences.

 

Je citerai aussi "Le capitalisme est-il moral ?" écrit en 2004, "Présentation de la Philosophie." et un excellent "Dictionnaire philosophique." dans lequel le lecteur retrouvera tous les concepts de la philosophie, illustrés par de nombreuses citations.

 

Que dire de l'auteur ? D'abord, ce qu'il dit de lui-même : il n'est pas un intellectuel engagé mais un philosophe citoyen, un athée fidèle; qu'il pratique "le gai désespoir" : "le maximum de bonheur, dans un maximum de lucidité".

 

Je le trouve très proche du bouddhisme notamment dans sa conception de voir les choses comme elles sont plutôt que de s'illusionner à leur sujet. Il est d'ailleurs fort attiré par la sagesse orientale et  par les Grecs surtout Epicure et les stoïciens.

 

Il a été, un moment, très médiatisé mais, je ne sais pourquoi, il n'est plus guère invité à la télévision. Il m'est toujours apparu sympathique, convaincant, jamais arrogant. Oserais-je dire qu'il parle mieux qu'il n'écrit ? Ses livres sont bourrés d'une suite de questions qu'il enchaîne avant d'y répondre, parfois laborieusement.

 

Il abuse des citations, ce qui en soi ne mérite pas de reproche, mais d'une certaine manière, elles nuisent à l'auteur car quand il cite Spinoza ou Montaigne, ce sont leurs phrases, claires, lumineuses que le lecteur retient.

 

Il dit qu'on lui a souvent reproché cet abus de citations. Ne peut-on pas y voir le souci de rendre un hommage à ses maîtres en s'effaçant derrière eux ?

 

Commentaires

C'est vrai. Il y en a peu maintenant qui ne font pas autre chose ! Par exemple, Luc Ferry, reconverti en "politique" ou BHL, en journaliste !

Écrit par : mado | 24/12/2009

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