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27/07/2009

SOCRATE, JESUS, BOUDDHA.

 

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Ce livre de Frédéric Lenoir, sous-titré "Trois maîtres à penser", peut surprendre. Pourquoi ces trois maîtres, fort éloignés l'un de l'autre dans le temps ? En quoi, comme il le dit au dos de la couverture du livre, peuvent-ils nous aider en ce temps de crise économique ?

 

La réponse est dans l'avant-propos : il a rencontré Socrate, à 15 ans, en lisant "Le Banquet de Platon"; Bouddha, à 16 ans, à travers un roman de Hermann Hesse; Jésus, à 16 ans, en lisant les Evangiles bien qu'il ait été élevé dans la foi catholique. Pour l'auteur, Socrate, le philosophe athénien, Jésus, le prophète juif palestinien et Siddhârta, dit "le Bouddha", le sage indien, nous apprennent à vivre.

 

Dans son livre, il va souligner les convergences qui existent entre ses trois maîtres, ayant vécu dans des cultures différentes, mais aussi les différences.

 

Historien des religions, rédacteur en chef de la revue, "Le Monde des Religions" Frédéric Lenoir s'interrogera d'abord sur la réalité de leur existence, parfois contestée. Il y répond évidemment par l'affirmative, s'appuyant sur des textes.

 

La première convergence est leur enseignement oral. Leur message a été écrit par leurs disciples, parfois très tard. Seconde convergence, la croyance en l'immortalité de l'âme. Socrate croit retrouver un monde meilleur, Bouddha, croit en la réincarnation pour ceux qui n'ont pas accédé à l'Eveil, Jésus, au royaume de Dieu, devenu le paradis pour les chrétiens.

 

Tous les trois ont commencé leur enseignement tardivement et l'on peut dire, motivés par une inspiration divine. Pour Socrate, ce sera,  les paroles de la pythie qui aurait affirmé "De tous les hommes Socrate est le plus sage". Il se rendra à Delphes et fera sienne la devise inscrite au fronton du temple d'Apollon : "Connais- toi toi-même." Il fera souvent allusion à l'existence en lui d'une voix intérieure, un daimôn, qu'il considère comme une émanation de la divinité.

 

Le prince Siddhârta, quittera sa famille, après avoir rencontré, comme on l'avait prédit à sa naissance, un vieillard, un malade, un mort, un moine mendiant. A trente ans, il devient le prince mendiant, "Gautama" "celui qui est doté d'une sagesse digne de louange". L'auteur décrit longuement comment il est devenu, l'Eveillé et a répandu son message dans l'Inde : le désir, origine de la souffrance; le détachement, la méditation, la compassion, pour accéder à la paix.  Qu'on me pardonne de présenter sa doctrine, d'une manière aussi sommaire.

 

Jésus commencera sa prédication à trente ans. Il se présente comme l'envoyé de son Père, le Fils de l'homme, un prophète. Pour ses disciples, il est  un rabbi, puisque prédicateur errant et même le Messie, traduction hébraïque de "Christ". Mais, reconnaît l'auteur, Jésus ne correspond pas à la tradition biblique du Messie, qui devrait libérer Israël et surtout, dont la  venue devrait être pour toute l'humanité, une ère de paix.

 

La famille dans laquelle naît Jésus est pieuse, respecte le shabbat, participe aux fêtes juives. Jésus est circoncis et présenté au Temple peu de temps après sa naissance. Même pendant sa prédication, il se rend à Jérusalem. Mais, il apparaîtra comme révolutionnaire parce qu'il affirme vouloir réformer la loi :"Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir". "Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c'est en esprit et en vérité qu'ils doivent adorer."

 

Je ne me hasarderai pas à résumer la prédication du Christ, je me bornerai à dire que pour l'auteur, la vérité ultime que Jésus entend révéler est "Dieu est amour". Un message universel qui, malheureusement, a parfois été perverti.

 

Frédéric Lenoir tiendra à dire que l'antijudaïsme chrétien s'est nourri pendant des siècles d'un argument fallacieux : les Juifs sont responsables collectivement de la mort de Jésus ce qui fait d'eux le "peuple déicide". Ce que ne suggèrent jamais les Evangiles. Il faudra attendre Vatican II pour que l'Eglise retire du missel la prière du vendredi saint incitant les fidèles catholiques à prier pour la conversion du "peuple perfide" responsable de la mort de Jésus.

 

D'autres aspects sont abordés par l'auteur : les miracles accomplis par Jésus et Bouddha, la manière de s'exprimer de Jésus, souvent en paraboles qui rend son message parfois peu explicite.

 

Socrate, lui, prenait toujours le rôle d'interrogateur, avouant ne rien savoir, mais voulant que son interlocuteur découvre la vérité par lui-même. (maïeutique). Il maniait volontiers l'ironie.

Il enseignait la connaissance du Beau, du Vrai, du Bien, du Juste.

 

Bouddha est mort dans sa quatre-vingtième année, après avoir une dernière fois, visité ses communautés. Jésus et Socrate auraient pu échapper à la mort. Socrate, qui sera, plus tard, considéré comme le père de la philosophie, accusé de pervertir la jeunesse, boira la ciguë et à son épouse qui se lamente de le voir mourir injustement, il dira : "Voulais-tu donc que ce soit justement ?" On connaît la mort de Jésus et sa résurrection, fondement de la foi chrétienne.

 

Frédéric Lenoir termine son livre par un hommage à ses trois maîtres : "Ils m'ont donné la force de vivre pleinement ... La connaissance du vrai n'a de sens que si elle nous permet d'agir de manière bonne."

 

20/07/2009

JOURNAL D'UNE BOURGEOISE.

 

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J'avais un peu d'appréhension en relisant ce roman de Geneviève Gennari, paru chez Grasset, en 1959. Je sais peu de chose sur l'auteur. Elle est née en 1920, morte en 2001. Elle a fait des études de lettres, a beaucoup voyagé et fait partie de "mes" féministes comme Betty Friedam, Evelyne Sullerot ou Kate Millet.

 

L'intrigue du roman est classique, toujours d'actualité. A quarante ans, Silvestre Fontaine perd son mari. Elle va prendre conscience qu'elle était une privilégiée. Mais, comme elle n'a jamais travaillé, elle va se heurter, à ce qu'elle ne connaissait pas, la difficile recherche d'un travail, les difficultés financières. Elle croit d'abord naïvement que ses amis, qui dirigent une maison de couture, où, avec condescendance, elle achetait ses robes, refusent de la prendre comme vendeuse :"Tu es trop bien pour cela.".Grâce à son ami Georges Höberlin, elle va travailler dans un cercle qui organise des voyages d'étudiants. Sa collègue Eliane lui fera découvrir une réalité sociale qu'elle ne soupçonnait pas.

 

Elle va retrouver un ami d'enfance, dont elle était amoureuse. Il est marié et elle devra admettre qu'on ne ressuscite pas son passé.

 

Son fils Christophe se marie, rendant sa solitude encore plus pénible. Le cercle fermé, elle  parcourra la France pour vendre du parfum. Et, pour la première fois, elle va éprouver une certaine fierté de s'assumer, d'être libre.

 

Son ami Georges Höberlin, lui propose un poste intéressant en Amérique. Mais son vieil ami, Martin, un amoureux de toujours, insiste pour qu'elle refuse et l'épouse. Elle hésitera : retrouver la sécurité, même sans amour ? Elle choisira la liberté et s'envolera pour l'Amérique.

 

Le livre est intéressant parce qu'il est bourré d'anecdotes qui nous apparaissent complètement dépassées. J'en citerai une : elle additionne les dépenses qu'elle ne fait pas, comme de réelles économies ! Un aperçu aussi, par les réflexions qu'elle fait sur sa vie ou celle de ses amies de ce que pensaient les femmes du début du siècle dernier : le mariage, seul salut, la religion, l'amour, le bénévolat qu'elle faisait pendant son mariage et dont elle était si fière...

 

Ce livre, qu'on pourrait penser dépassé, est plus consistant que certains romans actuels.

 

Le dossier de la femme, paru en 1965, est une histoire du féminisme depuis 1889. Il est intéressant parce que bourré de témoignages, de citations d'époque,de photos qui illustrent le combat des féministes, les difficultés auxquelles elles se sont heurtées, la conception de la femme, partagée aussi bien par les catholiques que par les athées, qui ne peut être qu'épouse et mère, les victoires : droit au travail, à la dignité, droit de vote, le combat pour la contraception ou la dépénalisation de l'avortement qui ne seront obtenus que beaucoup plus tard.

 

Ce qui m'a surtout intéressée c'est de relire à quel point les revendications féministes n'avaient pu aboutir que par leur mondialisation. Les mêmes aux Etats-Unis, en Angleterre, en France ou en Belgique.

 

Un aspect aussi auquel je n'avais pas tellement prêté attention, l'évolution vestimentaire, fruit elle-aussi, d'un long combat. Abandon du corset, des robes longues, la silhouette change tout au long du siècle. Les cheveux : peut-on imaginer que les femmes aient dû se battre pour pouvoir se couper les cheveux ? Etre coiffée "à la garçonne" ! Sortir "en cheveux" !

 

J'ai retrouvé ce qui réapparaît actuellement, d'une manière insidieuse : la femme, source de concupiscence pour l'homme ! Un concept que nous retrouvons déjà dans l'interprétation que certains faisaient de la Genèse, Eve, mère de tous nos maux.

 

Une citation,  faite aux Etats Généraux du Féminisme, en 1929 :

"Lorsqu'une jeune fille majeure entre à la Mairie, avant d'avoir prononcé le "oui" sacramentel, elle jouit encore de ses droits civils; elle peut, très vivement, s'empresser de signer un contrat, il est encore temps pour elle; mais aussitôt qu'elle a prononcé le "Oui, Monsieur le Maire" tous les droits qu'elle avait avant lui sont retirés.

Mariée, la femme ne peut plus signer un contrat, elle ne peut ni acheter ni vendre sans la signature de son mari, elle ne peut pas plaider en justice au point de vue civil, ni comme demanderesse, ni comme défenderesse, sans l'autorisation maritale. Elle est placée au même rang que les idiots, les fous, à qui l'on donne un conseil spécial."

 

Et Béatrice Beck, romancière belge :

"Que les hommes aient du génie et les femmes des enfants."

 

L'égalité hommes/femmes n'est toujours pas acquise, toutes les statistiques montrent que la femme est toujours moins payée qu'un homme et que peu accèdent à des fonctions de direction.

 

Si on peut regretter certaines dérives des féministes, qui ont parfois envisagé le combat pour les femmes comme un combat contre les hommes, il est juste de rendre hommage à toutes celles qui se sont battues pour que nous puissions jouir des droits qui nous paraissent actuellement tout à fait naturels.

 

16/07/2009

JOE DASSIN.

 

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Joe Dassin fait partie de ces chanteurs populaires, qui presque trente ans après leur mort, ne sont pas oubliés. Ses chansons passent encore régulièrement à la radio. Pourtant, rien ne semblait le destiner à devenir chanteur. Il était attiré par le cinéma, il aimait chanter mais n'envisageait pas d'en faire une carrière.

 

Joe, Joseph Ira, est né le 5 novembre 1938 à New York. Il est le premier enfant de Jules Dassin, réalisateur hollywoodien et de Béatrice Launer, violoniste. L'enfance heureuse à Los Angeles se termine brusquement en 1950. Son père, dont les parents étaient juifs russes, est mis sur la lise noire, à l'époque de la tristement célèbre "chasse aux sorcières" du maccarthyme. Joe a douze ans quand ses parents quittent les Etats-Unis et s'installent à Londres puis en Italie. Joe est mis en pension en Suisse, où il apprend le français, puis suivra sa famille en Italie, en France avant de revenir à Grenoble où il passera son bac.

 

Profondément affecté par le divorce de ses parents, il retourne aux Etats-Unis et, pour payer ses études d'ethnologie à l'université de Michigan, il fait des petits boulots, il sera plongeur dans un restaurant, plombier, éboueur, chauffeur, garçon de café... Il chante dans les bars, en s'accompagnant de sa guitare, des chansons folkloriques américaines et celles de Georges Brassens dont il restera toujours un fervent admirateur.

 

Après ses études, en 1963, il revient en France, est un moment l'assistant de son père, puis à une soirée organisée par Eddie Barclay, il rencontre Maryse Massiera qu'il épousera. La meilleure amie de Maryse, Catherine Regnier, est secrétaire chez CBS France. Il fera un disque "juste pour voir" et c'est un bide. Idem, pour le second mais le troisième, avec la chanson "Bip-Bip" est un succès.

 

C'est en 1966, avec Les Daltons, qu'il avait écrite pour Henry Salvador, que sa carrière musicale commence vraiment. Vedette américaine d'Adamo, en 1967, il chante en chemise rouge, pantalon noir moulant, grosse ceinture, un cowboy !

 

Il va enchaîner les succès :  Siffler sur la colline, Le P'tit pain au chocolat, Cécilia, Salut les Amoureux, L'Eté indien, Et si tu n'existais pas, Ca va pas changer le monde, Il était une fois nous deux, A toi, Les Champs-Elysées, L'Amérique, Si tu t'appelles mélancolie pour ne citer que les plus connus. (1968/1979).

 

C'est au cours d'une émission de télévision "Salves d'Or" animée par Henri Salvador et Jacqueline, son épouse, qu'il s'habille tout en blanc, tenue qu'il ne quittera plus.

 

Il aura une carrière internationale, enregistrera ses chansons dans plusieurs langues, collectionnera les disques d'or, fera l'Olympia en 1974 et 1979.

 

Dandy pour les uns, trop intellectuel pour d'autres, élégant, il séduit. Travailleur acharné, perfectionniste, emmerdeur mais adorable comme disaient de lui ses deux paroliers Pierre Delanoë et Claude Demesle, qui l'avaient surnommé "atta-chiant". Lui dira souvent : "Je suis perpétuellement étonné face au succès".

 

Joe Dassin a, comme il a pu, essayer de sauvegarder son intimité. Son premier accroc de santé date du 1er avril 1969. En 1973, il perd son fils Joshua, prématuré, mort cinq jours après sa naissance. Il sombre dans la mélancolie mais se noie dans le travail : album pour Carlos, préparation de son disque et du passage à l'Olympia. Sa femme et lui divorcent, de commun accord, en 1978. Si tu t'appelles mélancolie.

 

En 1978, il épouse Christine Delvaux, qu'il lui donnera deux fils, Jonathan et Julien. Il divorce en mars 1980. Dernier passage à l'Olympia en 1979.

 

Nouvelle attaque cardiaque le 11 juillet 1980, dans sa propriété de Tahiti, où il était parti se reposer, entouré de ses amis. Le 20 août, 1980, il meurt d'une troisième crise cardiaque dans un restaurant de Pepeete.

 

FRANCOFOLIES DE SPA.

 

Encouragez les jeunes groupes : evanson – 18 juillet – 13 heures.

 

 

 

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08/07/2009

CATHERINE CLEMENT

 

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Catherine Clément est née le 10 février 1939, dans une famille mi-catholique, mi-juive. Ses grands-parents juifs ont été dénoncés, déportés, puis morts à Auschwitz en mai 1944.

 

Agrégée de philosophie, elle devient l'assistante de Vladimir Jankélévitch, à la Sorbonne, poste qu'elle quittera après douze ans. Elle est engagée au quotidien Matin de Paris, chargée de la rubrique culturelle et à ce titre réalise des interviews notamment de Jean-Paul Sartre et de Claude Lévi-Strauss. Elle consacrera à ce dernier son premier essai : Lévi-Strauss ou la Structure et le malheur, paru en 1970. Elle suit le séminaire de Jacques Lacan mais ne sera jamais psychanalyste.

 

Nommée au ministère des Relations extérieures, en 1982, elle est chargée de la diffusion de la culture française à l'étranger et effectuera de nombreux voyages. Elle séjournera cinq années en Inde, aux côtés de son second mari, l'ambassadeur André Lewin, cinq ans en Autriche, trois au Sénégal. Depuis 2002, elle dirige l'Université populaire du quai Branly.

 

Elle a écrit une trentaine de romans : La Sultane, La Senora, Pour l'amour de l'Inde, La valse inachevée, La Putain du Diable, le Voyage de Théo, Martin et Hannah, Jésus au bûcher, Cherche-midi  et de nombreux essais Le pouvoir des mots, Les fils de Freud sont fatigués, L'Opéra ou la défaite des Femmes, Gandhi ou l'Athlète de la liberté.

 

Pour l'amour de l'Inde est le récit de l'amour entre lady Edwina, la femme de Lord Mountbatten, vice-roi des Indes britanniques et Nehru, futur Premier ministre de l'Inde libre. Un amour fou dans un pays ensanglanté.

 

La valse inachevée est inspiré par un épisode authentique de la vie de Sissi, sa rencontre avec un jeune homme, rédacteur au ministère des affaires étrangères, au cours d'un bal, en 1874. Elle entretiendra une correspondance amoureuse sans qu'il sache qui elle est. Le prétexte sert à l'auteur pour nous faire revivre l'Europe des Habsbourgs, les guerres des Balkans et la Vienne de Strauss.

 

La Putain du Diable est une fresque extraordinairement intéressante de la vie des intellectuels français de 1945 à 1989. Le prétexte du livre est un documentaire pour Arte. Deux témoins racontent ce qu'ils ont vécu : le communisme, le structuralisme, Mai 68, le nouveau roman, les nouveaux philosophes mais aussi Freud.

 

Tout est expliqué, critiqué, l'époque défile, passionnante. Les portraits de Claude Lévi-Strauss, Jacques Lacan, Michel Foucault, Roland Barthes, Bernard-Henri Lévy, pour ne citer qu'eux, sont brossés sans complaisance, mais avec un accent de vérité qui ne trompe pas. C'est du vécu.

 

J'allais oublier d'expliquer le titre : l'expression vient de Luther, qui caractérisait ainsi la Raison.

 

Le voyage de Théo est une initiation aux grands courants spirituels de l'humanité. Théo, quatorze ans, est malade. Sa tante Marthe, excentrique, cultivée, grande voyageuse l'emmène pour un long périple en Europe, Asie, Amérique et Afrique. Le suspense tient à une invention de l'auteur, l'enfant doit découvrir les destinations par des énigmes dont sa tante ponctue le voyage. L'auteur, à travers les personnages rencontrés, dresse le tableau des religions, à sa manière, pas toujours orthodoxe.

 

Jésus au bûcher va plus loin. C'est un récit tout à fait imaginaire de la vie de Jésus, faite par un Thaïlandais,  qui s'appuie sur les Evangiles, mais pour les réécrire. (Précision : Jésus ne meurt pas sur un bûcher.)

 

Martin et Hannah a été publié en 1999. Catherine Clément imagine une soirée passée en 1975, par Hannah Arendt et Elfride, l'épouse de Martin Heidegger. Les deux femmes, l'amante et l'épouse, règlent leur compte. Chacune revendique le rôle joué auprès d'Heidegger et les reproches s'enchaînent. Hannah reproche notamment à Elfride d'avoir poussé Heidegger dans le nazisme, Elfride lui rappelle le procès Eichmann et les critiques dont elle a été l'objet de la part de la part de la communauté juive.

 

Si le livre est entièrement consacré à cette conversation imaginaire, il est entrecoupé par des retours dans le passé d'Hannah. Sa liaison avec Heidegger, entrecoupée d'absences mais dont elle restera amoureuse pendant cinquante ans, ses souvenirs d'enfance, ses mariages, sa vie en Amérique, sa période sioniste, son amitié avec Karl Jaspers, son ancien professeur, trahi par Heidegger, ses doutes, ses interrogations.

 

Le livre n'est pas une biographie d'Hannah Arendt puisque sa vie n'est évoquée que dans de courts chapitres ou dans l'affrontement auquel les deux femmes se livrent. On n'y trouvera pas une ligne sur l'oeuvre d'Hannah mais comme dans les autres romans de Catherine Clément, une description de l'époque et un essai d'explication du nazisme d'Heidegger, pour lequel il n'a jamais exprimé le moindre regret.

 

Quant au procès d'Eichmann, elle tentera d'expliquer à Elfride sa fameuse phrase : "Le mal est une banalité". Venue à Jérusalem, couvrir le procès, elle s'attendait à trouver un monstre. Or, elle se trouve en face d'un fonctionnaire discipliné, qui affirme avoir obéi, sans état d'âme. "Elle craint par-dessus tout de découvrir le pire : la banalité du mal lui-même, puisqu'il a fallu que le mal passe par ce bonhomme falot. Pas un instant non plus, elle ne croit qu'elle est en face du vrai coupable. Le vrai coupable est en tous. Sans exception."

 

Que puis-je ajouter sur l'écrivain ? Elle a une vaste culture, raconte admirablement. On ne s'ennuie jamais. Ce qui est peut-être le plus étonnant, c'est sa manière d'écrire. Un style familier, beaucoup de dialogues mais aussi de très belles descriptions. Mais, si je devais la caractériser, je parlerais de son côté humain. La manière dont elle passe d'un sujet sérieux à une scène quotidienne, comme la préparation d'un repas, est assez inattendue. On la sent passionnée mais je pense que si elle a choisi le roman, pour des sujets qui auraient pu être des essais, c'est sans doute pour être libre, être non la philosophe, l'intellectuelle, mais Catherine, tout simplement.

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03/07/2009

GAGS INFRABEL.

Par hasard, j'entends à la radio qu'Infrabel met à disposition un numéro gratuit pour ceux qui désirent en connaître un peu plus sur les travaux faits dans leur quartier. Il s'agit du projet DIABOLO.

 

Je retranscris la première conversation téléphonique :

 

- Allo, j'ai des questions à poser sur les travaux dans mon quartier.
- Votre nom ?
- ..................

- Je vois. J'ai votre dossier sous les yeux. Vous avez déjà téléphoné, vous ne pouvez plus le faire.
- Impossible, je viens d'entendre le numéro à la radio.
- Si, madame, vous avez pris contact avec nous.
- Ah ! oui, je me rappelle, je vous ai envoyé un mail au début des travaux et vous ne m'avez jamais répondu.
- On ne vous a pas répondu, mais on a ouvert un dossier.
- Bien, je voudrais savoir...
- On vous retéléphonera.
Clac ! Elle a raccroché.

 

Un bon mois plus tard :

 

- Vous êtes bien madame...
- Oui.
- Ici, Infrabel.
- Ah ! je suis contente que vous me téléphoniez, j'ai beaucoup de questions...
- Vous n'avez pas le droit de poser des questions et moi je suis seulement autorisée à vous lire ce que j'ai sur mon papier.
- Bon, lisez.
- Fin des travaux : 2012. Trois lignes. 430 trains par jour, 230 le week-end. Gare la plus proche de votre domicile : 1 km 5.
- Comment trois lignes ?

 

Elle hurle.

 

- Vous n'avez pas le droit de poser des questions et moi je suis seulement autorisée à lire ce que j'ai sur mon papier.

Clac ! Elle a raccroché.

 

Je suis d'abord prise d'un fou-rire. C'est digne d'un gag pour humoriste !

 

Infrabel prend donc la peine d'ouvrir une ligne de renseignements mais on ne peut savoir que ce qu'ils veulent bien dire, on ne peut pas rêver d'un meilleur service !

 

Ce matin, je suis retournée sur le site. Ils avaient tout supprimé, ils ont remis le projet DIABOLO  en ligne. J'apprends peu de choses.

 

Le Diabolo rend l'aéroport plus accessible par le nord

.

Des trains directs pourront relier Brussels Aiport à Bruxelles, aux lignes de Malines/Anvers et Louvain/Liège. En plus d'une connexion directe avec les grands axes vers Paris, Amsterdam, Cologne, Francfort et d'autres grandes villes européennes. Avec le Diabolo, Infrabel intègre l'aéroport de Bruxelles dans le réseau ferroviaire national et international.

 

Comme c'est bien dit. C'est le TGV et les autres lignes RER ?

 

Une ligne Bruxelles/Malines. Investissement Infrabel : 250 millions d'euros.

 

Une liaison Zaventem/Bruxelles/Malines sous l'échangeur routier de Machelen.

Investissement Infrabel : 300 milliards d'euros par un partenariat public-privé.

(Traduction : un pont va enjamber le Boulevard de la Woluwe.)

 

430 trains par jour, soit un train toutes les dix minutes.

 

Dans ma petite rue, les trois-quarts des maisons sont en vente ou ont été vendues à un prix "défiant toute concurrence". ! Seuls sont restés, les propriétaires récents, à qui on s'est bien gardé de leur faire connaître le projet et deux "résistants" qui n'ont pas le choix.

 

Plusieurs RER sont prévus en Wallonie mais la date est constamment reportée. La communauté flamande, seule souveraine, m'a-t-on dit, dans la décision, s'est empressée de réaliser les travaux sans doute avant la régionalisation de la SNCB.

 

La Flandre était déjà largement favorisée au niveau ferroviaire. Etienne Scoupe y a veillé.

Quant à la Wallonie, elle attendra. Les caisses sont vides.

 

11:16 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1)