Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

27/07/2009

SOCRATE, JESUS, BOUDDHA.

 

fréderic lenoir,religions,bouddhisme,christianisme

Ce livre de Frédéric Lenoir, sous-titré "Trois maîtres à penser", peut surprendre. Pourquoi ces trois maîtres, fort éloignés l'un de l'autre dans le temps ? En quoi, comme il le dit au dos de la couverture du livre, peuvent-ils nous aider en ce temps de crise économique ?

 

La réponse est dans l'avant-propos : il a rencontré Socrate, à 15 ans, en lisant "Le Banquet de Platon"; Bouddha, à 16 ans, à travers un roman de Hermann Hesse; Jésus, à 16 ans, en lisant les Evangiles bien qu'il ait été élevé dans la foi catholique. Pour l'auteur, Socrate, le philosophe athénien, Jésus, le prophète juif palestinien et Siddhârta, dit "le Bouddha", le sage indien, nous apprennent à vivre.

 

Dans son livre, il va souligner les convergences qui existent entre ses trois maîtres, ayant vécu dans des cultures différentes, mais aussi les différences.

 

Historien des religions, rédacteur en chef de la revue, "Le Monde des Religions" Frédéric Lenoir s'interrogera d'abord sur la réalité de leur existence, parfois contestée. Il y répond évidemment par l'affirmative, s'appuyant sur des textes.

 

La première convergence est leur enseignement oral. Leur message a été écrit par leurs disciples, parfois très tard. Seconde convergence, la croyance en l'immortalité de l'âme. Socrate croit retrouver un monde meilleur, Bouddha, croit en la réincarnation pour ceux qui n'ont pas accédé à l'Eveil, Jésus, au royaume de Dieu, devenu le paradis pour les chrétiens.

 

Tous les trois ont commencé leur enseignement tardivement et l'on peut dire, motivés par une inspiration divine. Pour Socrate, ce sera,  les paroles de la pythie qui aurait affirmé "De tous les hommes Socrate est le plus sage". Il se rendra à Delphes et fera sienne la devise inscrite au fronton du temple d'Apollon : "Connais- toi toi-même." Il fera souvent allusion à l'existence en lui d'une voix intérieure, un daimôn, qu'il considère comme une émanation de la divinité.

 

Le prince Siddhârta, quittera sa famille, après avoir rencontré, comme on l'avait prédit à sa naissance, un vieillard, un malade, un mort, un moine mendiant. A trente ans, il devient le prince mendiant, "Gautama" "celui qui est doté d'une sagesse digne de louange". L'auteur décrit longuement comment il est devenu, l'Eveillé et a répandu son message dans l'Inde : le désir, origine de la souffrance; le détachement, la méditation, la compassion, pour accéder à la paix.  Qu'on me pardonne de présenter sa doctrine, d'une manière aussi sommaire.

 

Jésus commencera sa prédication à trente ans. Il se présente comme l'envoyé de son Père, le Fils de l'homme, un prophète. Pour ses disciples, il est  un rabbi, puisque prédicateur errant et même le Messie, traduction hébraïque de "Christ". Mais, reconnaît l'auteur, Jésus ne correspond pas à la tradition biblique du Messie, qui devrait libérer Israël et surtout, dont la  venue devrait être pour toute l'humanité, une ère de paix.

 

La famille dans laquelle naît Jésus est pieuse, respecte le shabbat, participe aux fêtes juives. Jésus est circoncis et présenté au Temple peu de temps après sa naissance. Même pendant sa prédication, il se rend à Jérusalem. Mais, il apparaîtra comme révolutionnaire parce qu'il affirme vouloir réformer la loi :"Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir". "Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c'est en esprit et en vérité qu'ils doivent adorer."

 

Je ne me hasarderai pas à résumer la prédication du Christ, je me bornerai à dire que pour l'auteur, la vérité ultime que Jésus entend révéler est "Dieu est amour". Un message universel qui, malheureusement, a parfois été perverti.

 

Frédéric Lenoir tiendra à dire que l'antijudaïsme chrétien s'est nourri pendant des siècles d'un argument fallacieux : les Juifs sont responsables collectivement de la mort de Jésus ce qui fait d'eux le "peuple déicide". Ce que ne suggèrent jamais les Evangiles. Il faudra attendre Vatican II pour que l'Eglise retire du missel la prière du vendredi saint incitant les fidèles catholiques à prier pour la conversion du "peuple perfide" responsable de la mort de Jésus.

 

D'autres aspects sont abordés par l'auteur : les miracles accomplis par Jésus et Bouddha, la manière de s'exprimer de Jésus, souvent en paraboles qui rend son message parfois peu explicite.

 

Socrate, lui, prenait toujours le rôle d'interrogateur, avouant ne rien savoir, mais voulant que son interlocuteur découvre la vérité par lui-même. (maïeutique). Il maniait volontiers l'ironie.

Il enseignait la connaissance du Beau, du Vrai, du Bien, du Juste.

 

Bouddha est mort dans sa quatre-vingtième année, après avoir une dernière fois, visité ses communautés. Jésus et Socrate auraient pu échapper à la mort. Socrate, qui sera, plus tard, considéré comme le père de la philosophie, accusé de pervertir la jeunesse, boira la ciguë et à son épouse qui se lamente de le voir mourir injustement, il dira : "Voulais-tu donc que ce soit justement ?" On connaît la mort de Jésus et sa résurrection, fondement de la foi chrétienne.

 

Frédéric Lenoir termine son livre par un hommage à ses trois maîtres : "Ils m'ont donné la force de vivre pleinement ... La connaissance du vrai n'a de sens que si elle nous permet d'agir de manière bonne."

 

Commentaires

En quoi nous aident-ils "en ce temps de crise économique" !
La question semble racoleuse (choix de l'auteur? de l'éditeur?)
Les voies de Socrate, Jésus et Bouddha sont d'un autre ordre, comme le dit bien la conclusion.

Écrit par : Tania | 28/07/2009

J'ai eu la même réaction que toi en lisant le dos de la couverture : opportunité marketing. Mais, ce qu'il dit, mais qu'il ne développe pas, c'est que dans une société de consommation, matérialiste, le spirituel peut redonner du sens à la vie, d'où son sous-titre "maîtres de vie".
Le livre tend bien à établir des convergences entre ses trois maîtres mais surtout pour Jésus, ce n'est pas évident.

Écrit par : mado | 29/07/2009

"La connaissance du vrai n'a de sens que si elle nous permet d'agir de manière bonne."
Pour ce qui est de la foi chrétienne, elle suppose d'adhérer à un certain nombre d'affirmations absolument improuvables (résurrection, existence d'entités invisibles, transubstantiation, etc.) : quel rapport avec la "connaisance" ? Qu'est-ce que "le vrai" pour l'auteur ?
Attention à conserver son esprit critique face aux formules creuses !

Écrit par : Dès l'aurore | 05/08/2009

tu ment

Écrit par : djingou | 01/10/2009

@djingou
Un peu court pour une affirmation aussi grave !

Écrit par : mado | 02/10/2009

Les commentaires sont fermés.