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02/07/2009

SECURITE SOCIALE.

Je n'étonnerai personne en disant que les politiques nous parlent constamment du déficit de la sécurité sociale. C'est leur devoir, me direz-vous. Oui, mais je constate qu'ils en profitent pour culpabiliser les citoyens. Les vieux coûtent trop cher, ils vivent trop longtemps et pèsent sur les générations futures. Très bien, mais que doivent-ils faire ? Les entreprises ont parfois abusé des prépensions, mais, à part cela, je ne vois pas.

 

Autre catégorie visée, les consommateurs de médicaments. Tout le monde se souvient des débats sur les génériques où les spécialistes n'étaient pas tous du même avis. Je suppose que je ne suis pas la seule à avoir remplacé mon médicament par un générique pour constater que les effets secondaires étant trop importants, je devais demander à mon généraliste de revenir à mon "bon" médicament. Il y a eu la campagne contre les antibiotiques, sans doute justifiée, puis contre les antidépresseurs. Je me souviens des déclarations proprement scandaleuses du ministre socialiste de l'époque : "On ne me fera pas croire qu'il y a tant de gens déprimés". Je dis scandaleux parce que même s'il y a eu des abus, condamner un médicament qui a permis aux malades de retrouver une vie normale ou d'éviter le suicide, revient à nier la souffrance de ceux qui sont déjà fragilisés et ne demanderaient pas mieux que d'être en bonne santé.

 

Ce qui m'étonne, c'est qu'on ne dénonce jamais un scandale bien plus grand, certaines pratiques des hôpitaux. Découvrir sur sa facture, le nom de consultation d'un médecin, qu'on n'a pas vu, suscite une interrogation. Il y a pire et pour une fois, je parlerai, pour illustrer mon propos de ce qui m'est arrivé.

 

CLINIQUES  UNIVERSITAIRES  SAINT-LUC.

 

Un mauvais virus me procurait des crises d'étouffement très pénibles. Un samedi après-midi, ma fille, choquée, m'emmène à la consultation des urgences. Examen clinique, promesse d'une ordonnance, puis, je ne sais pas pourquoi, le médecin me dit que je dois absolument me rendre au service des urgences. Je passerai sur l'accueil déplorable, l'arrogance des médecins. Soit, leur boulot est difficile. Prise de sang et déclaration sans appel : vous risquez une embolie pulmonaire mortelle et une crise cardiaque. Les deux. Je m'étonne de ce diagnostic à partir d'une prise de sang et avec un humour, sans doute déplacé, je fais remarquer que pour avoir les deux, le même jour, je devrais ressusciter. Bref, j'accepte de faire les examens en refusant absolument l'hospitalisation. Les examens étant négatifs, je peux enfin rentrer chez moi, sans ordonnance, parce que le service d'urgence donne des renseignements au généraliste mais ne soigne pas.

 

Mon généraliste m'apporte le rapport tout en me disant que la clinique lui avait téléphoné pour lui dire qu'il ne fallait pas tenir compte du troisième paragraphe qui était une erreur. Il m'apprend aussi, que d'après la prise de sang, je ne risquais ni l'embolie pulmonaire, ni la crise cardiaque et que les examens que j'avais subis étaient...inutiles.

 

Ce n'est pas fini. En regardant le rapport, je constate que j'ai passé, non une radio du thorax, mais un électrocardiogramme.  J'envoie un mail au médecin en lui demandant, très poliment, de rectifier. Je reçois ma facture et je découvre avec stupeur, qu'il y a bien eu rectification, mais erronée,  le médecin a rajouté la radio du thorax en laissant l'électrocardiogramme !

 

En soi, à part la fraude à la sécurité sociale et l'angoisse distillée tout au long de l'après-midi, ce n'est pas très grave. Si j'en parle, c'est que je suis excédée du pouvoir que s'arrogent certains, en toute impunité. Excédée aussi qu'une chose aussi simple que de reconnaître une erreur ne fasse pas partie de l'éthique médicale.

 

J'ai prononcé le mot fatal "éthique". Je constate de plus en plus souvent que, dans de nombreux domaines, pas seulement politiques, elle n'existe plus. Que certaines valeurs semblent obsolètes, soit, mais je considère dangereux ce dépassement, devenu anodin, de la ligne rouge.

15:22 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

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