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23/06/2009

JOUR DE DEUIL.

Prestation de serment, de la première femme voilée, dans le parlement bruxellois, sous les regards des télévisions mondiales. Quelle image donne une fois de plus la Belgique ! Même en Turquie, chère, je suppose, à la députée, ce ne serait pas possible.

- pour toutes celles qui se sont battues pour la dignité de la femme;
- pour les associations comme "Ni putes, ni soumises";
- pour ceux et celles, qui comme moi, ont vécu la difficulté de séparer religion et état;
- pour ceux et celles, qui ont cru, que les députés n'accepteraient pas : ils ont applaudi, honte à eux !;
-pour ceux et celles qui, comme moi, ont soutenu les musulmanes dans leur désir de ne plus accepter la tutelle "du grand frère";
-pour les profs qui n'avaient vraiment pas besoin d'autres difficultés.

En Iran, des femmes, non voilées, se font assassiner, pour défendre leur idéal.

Les hommes, né pour vivre ensemble, sont nés aussi pour se plaire; et celui qui n'observerait pas les règles de la bienséance, choquant tous ceux avec qui il vivrait, se décrétiserait au point qu'il deviendrait incapable de faire aucun bien.

La vertu politique est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose très pénible. On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières; elles ne sont que cette préférence.

Montesquieu, 18ième siècle.

 

20:07 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2)

19/06/2009

LA CRISE, ET APRES ?

Publié en 2008 chez Fayard, ce livre de Jacques Attali a suscité beaucoup de polémiques. L'auteur résume son livre dans son introduction. "Comment en est- on arrivé là ? Le monde semblait aller bien ... Et voilà que, sans préavis, nous sommes à l'aube d'une dépression planétaire, la plus grave depuis quatre-vingts ans."

Dans la première partie du livre, l'auteur insiste sur le fait que l'humanité a toujours traversé des crises, religieuses, morales, politiques et économiques mais la crise actuelle est la première planétaire. L'auteur se penche sur le passé, le déplacement du centre du capitalisme : Bruges, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Etats-Unis jusqu'à la grande crise de 1929 qui a duré quarante-trois mois et dont l'issue viendra malheureusement de la guerre mondiale.

Il est impossible de résumer l'analyse que fait Attali de la crise actuelle. Je retiendrai, ce qui est connu, les subprimes, soit des prêts hypothécaires accordés non en se basant sur les revenus mais sur la valeur de la maison, qui ont mis des Américains dans la rue et ont enrichi les investisseurs.

On a coutume de dire que personne n'avait vu venir la crise, ce que dément Jacques Attali en citant de nombreux experts qui se sont exprimés dès 2003 mais n'ont pas été écoutés. Tout va s'accélérer à partir de 2005, la prise de conscience en 2007 que la crise financière n'est pas qu'américaine et que les banques européennes sont mêmes plus fragiles que les banques américaines. La faillite de la banque Lehman va entraîner en quelques jours le système mondial au bord du gouffre. On connaît la suite, l'intervention des états, dont la Belgique, pour sauver les banques, ce qu'il fallait faire et n'a pas été fait pour la banque Lehman.

Jacques Attali consacre la seconde partie de son livre aux solutions non seulement pour sortir de la crise mais pour en éviter d'autres : crises financières, guerres, dégradation climatique. Je renvoie le lecteur à toutes les solutions proposées dont la plus contestée, la création d'un gouvernement mondial.

Cette seconde partie du livre est décevante car Jacques Attali ne cesse de dire : voilà ce qu'il faudrait faire, je sais qu'on ne le fera pas !

Mais, la dernière page du livre est rédigée comme un appel pour prendre conscience de quatre vérités qui nous feront vivre dans un monde où les seules crises seront celles de la vie privée :

Chacun, laissé libre de la faire, va au bout de ce qui peut servir ses intérêts, même au détriment de ceux de ses propres descendants;
L'humanité ne peut survivre que si chacun se rend compte qu'il a intérêt au mieux être des autres;
Le travail, sous touts ses formes, surtout à visée altruiste, est la seule justification de l'appropriation de richesses;
Le temps est la seule denrée vraiment rare; et celui qui contribue, par son travail, à en augmenter la disponibilité et à lui conférer sa plénitude doit être particulièrement bien rémunéré.

L'AUTEUR.

Jacques Attali est né en 1943 à Alger. Il a été conseiller de François Mitterand. Il a participé, en 1979, à la fondation d' "Action internationale contre la faim. En 1998, il a fondé PlaNet, une association présente dans 60 pays et qui forme les institutions de microfinance. Il a aussi présidé La commission pour la libération de la croissance française qui a rendu son rapport à Nicolas Sarkozy le 23 janvier 2008, rapport qui a aussi suscité bien des polémiques.

Brillant économiste, Jacques Attali est un écrivain aux multiples talents. J'ai beaucoup aimé Blaise Pascal ou le génie français (2000), un vibrant hommage, Les juifs, le monde et l'argent (2002), une lutte contre les préjugés, La confrérie des Eveillés (2005), une rencontre imaginaire entre Maïmonide et Averroès.

Je n'ai pas aimé Karl Marx ou l'esprit du monde (2005), un livre très documenté mais où je n'ai pas retrouvé le souffle de son livre sur Pascal.

 Il vient de publier le Dictionnaire amoureux du Judaïsme dans lequel il donne une interprétation originale mais pas toujours orthodoxe de certains passages du Talmud. Ce livre a pourtant impressionné Josy Eisenberg qui anime l'émission "La source de vie" sur France2.

Jacques Attali est brillant mais il ne plaît pas à tout le monde et peut se montrer cassant. Ainsi, lors de la polémique sur la Commission qu'il avait présidée, il n'hésitait pas à dire à ceux qui l'interrogeaient :"Si vous dites cela, c'est que vous n'avez pas lu le rapport, donc je ne répondrai pas" ! Et pour La crise, et après ? il a quitté le plateau de Laurent Ruquier où il s'ennuyait... (voir la vidéo de You Tube)

Heureusement, il a aussi ses admirateurs, comme Jean Daniel par exemple et.... ses admiratrices !

 

16/06/2009

ROUGE PARTOUT.

Ne me parlez plus d'éthique.

Ne me parlez plus de bonne gouvernance.

Ne me parlez plus de volonté de changement.

Ne me parlez plus du respect de l'électeur.

Ne me parlez plus d'honnêteté.

Ne me parlez plus de courage.

De l'avis général, l'Olivier était décidé le jour même des élections. ECOLO a fait semblant de réfléchir (sic) avec le CDH. Jean-Michel Javaux annonce qu'il va négocier pendant trois semaines avec le PS. Qu'il va obtenir des garanties de bonne gouvernance....après les élections communales. Comment pourrait-il nous convaincre qu'il est de bonne foi ? Impossible. Le choix est fait, qu'il l'assume mais ne nous berne pas en annonçant des négociations qu'il ne fera pas.

Le CDH avait bloqué le pays pendant un an pour faire revenir le PS au pouvoir. Ensemble, ECOLO et CDH imposent l'Olivier. Si on peut le comprendre pour la Wallonie, pour les Bruxellois, c'est une trahison, camouflée par la symétrie qu'il juge nécessaire ! Bruxelles doit rester une vassale de la Wallonie, pas une vraie région. Bravo ! Merci pour les Bruxellois.

De deux choses, l'une ou Jean-Michel Javaux est naïf quand il annonce qu'il va changer le PS ou il ment. Le système socialiste existe depuis des décennies, le clientélisme est inscrit dans ses gènes, le président n'a aucune autorité sur ses fédérations. On le sait. On le constate tous les jours.

Autre argument : le bain de sang prédit par Elio Di Rupo si le MR était au pouvoir. Quelle blague ! Le PS n'a aucune autorité sur la FGTB. Le PS n'a jamais empêché aucune grève, aucune manifestation. Le syndicat a eu l'intelligence de mettre une sourdine à ses revendications pendant la campagne électorale mais elles reviendront, même si le PS est au pouvoir. On le sait depuis trente ans.

Et l'enseignement ? Toujours géré par les socialistes. On a vu ce que cela donnait. Au moment où nos gosses triment pour obtenir leur CEB je repense à tous ceux qui ont été massacrés par le décret mixité sociale. Qu'est-ce qu'ils inventeront encore en plus des jeunes filles forcées d'être voilées pour sauver leur peau ?

Jean-Michel Javaux veut un vote d'adhésion pour ses nouveaux électeurs, ceux qui ont été déçus par le PS. En choisissant le PS. Comprenne qui pourra.

"Il semble que la logique est l'art de convaincre de quelque vérité, et l'éloquence un don de l'âme, lequel nous rend maîtres du coeur et de l'esprit des autres, qui fait que nous leur inspirons ou que nous leur persuadons tout ce qui nous plaît" (La Bruyère).

Et oui !

 

10:12 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2)

09/06/2009

ANALYSE TRES SUBJECTIVE DES ELECTIONS.

Philosophes, sociologues, psychologues nous entretiennent abondamment de la crise des valeurs. Notre société, disent-ils, est devenue de plus en plus égoïste et individualiste. Fini le respect inconditionnel des parents, des grands-parents, l'altruisme n'est plus de mise. La première valeur est devenue le droit au bonheur, le mien, celui de ma famille. Les gourous du bien-être font recette. Sans doute cela est-il légitime mais pathétique dans un monde de plus en plus dur.

Qu'est-ce cela peut avoir avec les résultats des élections ? Beaucoup, je pense. Le PS devait, confronté aux affaires, être laminé. Il reste le premier parti en Wallonie. Cela ne m'étonne pas. Le socialisme apparaît comme la valeur sûre de la défense des intérêts personnels. Le clientélisme est gravé dans le subconscient. Seuls les vertueux s'indigneront que Didier Donfut soit réélu. Qu'être vedette sur internet appelle les électeurs à voter pour vous peut paraître étrange mais s'explique : il me fait rire, je l'aime bien.

Il faut dire qu'Elio Di Rupo a bien exploité sa haine envers Didier Reynders. Son affirmation surprise qu'il ne participerait pas à une coalition avec le MR, alors qu'il a tout fait pour être au Fédéral, était dangereuse mais s'est révélée payante. Tant pis pour les conséquences. Il suffit d'affirmer que les socialistes sont les seuls à se préoccuper des "gens" pour que cela marche. Pas besoin de preuves, les paroles suffisent. Arriver à faire croire que la haine que vous éprouvez fait de vous une victime, c'est du grand art !

Le CDH a eu l'intelligence de rester en dehors de la guerre Reynders/Di Rupo. Il a très habilement récupéré les catholiques ralliés autour de madame Nyssen. Un passage dans un home, une bonne com. Et puis quel autre vote ? Ecolo, possible, MR, pour beaucoup c'est voter franc-maçon... Les clichés ont la vie dure.

Les Ecolos sont les gagnants des élections. Ils étaient dans l'opposition et un vote sanction qui est en même temps un vote moral, voter pour la planète, quoi de mieux. La diffusion du film "Home" tombait à pic. Les craintes diffusées depuis des mois sur les catastrophes climatiques ont marqué les esprits. Ils ont très habilement persuadé les électeurs que les taxes qu'ils envisageaient ne les toucheraient pas. Oubliées les déclarations sur le voile. Leur position dans l'affaire Fortis leur a certainement amené des électeurs.

Le MR a fait une très mauvaise campagne. Répéter pendant des mois, qu'il était le premier partie en Wallonie et à Bruxelles a fini par agacer. S'attaquer au PS, c'est péché mortel ! L'amalgame fait entre fédéral et régions, ne pouvait que lui nuire. Le sauvetage des banques est devenu : "Je dois payer pour des escrocs" et Didier Reynders n'est pas parvenu à convaincre que sauver les banques, c'était sauver le pays. D'où les attaques sur le ministre des Finances, pourtant fédéral. Ce qui m'étonne toujours, c'est le discours socialiste et CDH, qu'il faut plus de sévérité envers la fraude fiscale et sociale. Laquelle ? Les "grands" sont à l'abri, leurs sous sont ailleurs. Lutter contre la fraude sociale peut devenir une lutte contre les sans-papiers et les chômeurs...

Et maintenant ? Tout le monde est bien persuadé que le résultat des élections ne va pas rendre facile la formation des parlements, que ce soit en Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre. La menace sur le Fédéral est renforcée. Et l'éthique ? Seulement une promesse électorale ? On verra. L'enseignement était annoncé comme une priorité des électeurs. Comment sera-t-il géré ? Comme avant ?

Je pourrais paraphraser le Journal du Pire de FOG :"Cette semaine, c'était dur, la semaine prochaine ce sera pire."

 

10:22 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2)

05/06/2009

CAMPAGNE ELECTORALE.

Je voudrais rendre hommage aux journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision qui ont suivi la campagne électorale. Je les remercie pour leurs informations et leurs analyses. Je donnerai une mention particulière à Bertrand Henne, de Matin Première sur la RTBF qui a fait preuve d'un grand professionnalisme. Il a posé les bonnes questions, a insisté pour avoir des réponses quand il n'en obtenait pas et je trouve qu'il a été impartial.

Je rends aussi hommage aux hommes politiques mais avec des bémols. La campagne électorale était particulièrement difficile en ces temps de crise et ils ont donné beaucoup d'eux-mêmes. Bien sûr, c'est leur métier, ils tiennent à être réélus ou à faire gagner leur parti, mais je tiens à souligner l'énergie qu'ils ont dû déployer.

Les bémols ? Ce que j'ai regretté.

1. Les attaques personnelles, les phrases assassines, les déclarations intempestives.

2. L'amalgame entre régions et fédéral. Trop souvent, alors que les élections sont régionales les candidats ou présidents de parti ont puisé leurs arguments, pour attaquer les autres, dans le travail accompli au gouvernement fédéral.

3. Le peu d'importance accordée aux élections européennes. Bien souvent, les programmes étaient identiques régions/europe alors qu'il me semble qu'il y a des spécificités européennes à défendre.

4. Le non respect des électeurs, bien qu'ils aient tous dit que l'électeur trancherait, j'ai souvent eu l'impression que les propos qui suivaient démentaient cette affirmation. Pire, prononcer des exclusions. Certains ont trouvé que c'était plus clair, je ne partage pas cette opinion.

5. Le flou dans la présentation de leur programme ou pire, le changement au fur et à mesure de la campagne.

C'est volontairement que je ne cite aucun parti, que je ne donne aucun nom. J'exprime mon opinion parce que j'écris sur un blog personnel, mais je ne tiens pas à refaire la campagne ni à tomber dans le travers que je dénonce, les attaques personnelles.

Citoyenne ordinaire, je tenais à m'exprimer. Pourquoi ? Peut-être uniquement pour dire que voter est important même si nous avons souvent l'impression que notre vote a peu d'importance, que tout se joue ailleurs. En Belgique, les alliances sont malheureusement obligatoires et les précédents existent où la volonté de l'électeur n'a pas été respectée.

Malgré tout, comme les Politiques le disent si bien, il faut envoyer un signal fort....

Un espoir : qu'il soit respecté.

 

 

14:11 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)