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06/05/2009

ALBERT EINSTEIN.


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François de Closets a publié en 2004 Ne dites pas à Dieu ce qu'il doit faire sous-titré Einstein Le roman d'une vie. Le sous-titre est emprunté à un dialogue entre Einstein et Niels Bohr. (physicien danois).

"Dieu ne joue pas aux dés !"

"Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu'il doit faire ?"

L'auteur retrace la vie d'Einstein, relate des anecdotes peu connues. Il fait aussi une brillante vulgarisation de ses découvertes. N'étant pas scientifique, je m'en tiendrai à la vie d'Einstein.

On a souvent dit d'Einstein qu'il avait été un cancre, qu'il n'avait parlé qu'à quatre ans. L'auteur nuance cette affirmation : son élocution était laborieuse, le débit lent. Il ne voulait pas étudier les matières qui ne l'intéressaient pas et il s'opposait souvent à ses professeurs. D'où la fameuse phrase de son professeur de grec : "Einstein, vous n'arriverez jamais à rien !" Il détestait le "par coeur" et dira plus tard: "Ma grande faiblesse était le manque de mémoire pour les mots et les textes".

A cinquante ans, il aura encore des mots très durs pour l'enseignement :"A mes yeux, la pire chose pour une école est de fonder l'essentiel de sa pédagogie sur la peur, la force et l'autorité artificielle."

Né à Ulm, en 1879, il passe sa jeunesse à Munich. L'école l'ennuie et, à quinze ans, il la quitte et rejoint sa famille à Milan. Il a une autre bonne raison de s'enfuir : le service militaire, obligatoire dès seize ans. Il finira sa scolarité à Aarau, en Suisse, obtiendra le diplôme de Polytechnicum de Zurich, puis un doctorat en 1905

Il publie des articles scientifiques importants mais ne parvient pas à trouver du travail. Il paie son opposition à deux de ses anciens professeurs qui ne désirent nullement qu'il soit engagé à l'université. En 1901, il n'obtiendra qu'un poste d'examinateur au bureau des brevets suisses, à Berne. En 1905, il épouse Mileva Maric, ancienne camarade de classe, brillante mais qui n'arrivera pas à terminer ses études. Ils auront deux enfants : Hans Albert et Edouard mais ils divorceront en 1919.

En 1909, il sera, enfin ! professeur à l'université de Zurich puis à Prague, en 1911. Il reviendra à Berlin en 1913. Il devient mondialement célèbre en 1919 et reçoit le prix Nobel de physique en 1922. Il voyage en France, au Japon, en Palestine, en Amérique du Sud, en Amérique pour s'évader de l'atmosphère berlinoise, en proie aux violences antisémites. Pourtant en 1929, à l'occasion de ses cinquante ans, la municipalité de Berlin décide de lui offrir une maison de campagne, loin de Berlin. Il la quittera en 1932, pour la Californie, disant à sa deuxième épouse :"Regarde bien cette maison, Elsa, car tu ne la reverras plus."

En 1933, Hitler prend le pouvoir et Einstein déclare à la presse internationale, qu'il ne retournera plus en Allemagne. "Tant que j'en aurai la possibilité, je ne résiderai que dans un pays où règnent la liberté politique, la tolérance et l'égalité des droits. Ces conditions de vie ne sont pas remplies actuellement en Allemagne."

Grâce à son amie, la reine Elisabeth, il réside un moment à Coq-sur-mer mais, sous la pression de ses amis qui s'inquiètent pour sa sécurité, la haine nazie le poursuivant, il quitte définitivement l'Europe pour s'établir à Princeton. (1933).

Ce ne sera pas "le rêve américain". Comme il est Allemand, anarchiste, qu'il multiplie les déclarations, qu'il est un professeur atypique, le FBI le surveille. Il est pourtant citoyen américain depuis 1940.

Un événement va bouleverser sa vie. Ses amis croient que les nazis vont avoir la bombe atomique. Ils vont persuader Einstein d'attirer l'attention de Rooseveld sur le danger que représente cette menace. C'est la fameuse lettre à Roosevelt en faveur du développement de la bombe atomique. Lui, le pacifiste ! Il ne fera pas partie des scientifiques chargés de la construire mais ceux-ci s'inspirent de ses travaux. Le 6 août 1945, lorsqu'il apprendra qu'une nouvelle arme a été utilisée contre le Japon, il dira : "Mon Dieu ! Quel malheur!" Et à un de ses amis :"L'humanité n'est pas prête pour ''l'ère nucléaire". Même s'il n'a pas participé à la décision, ni à la réalisation de la bombe, il se culpabilisera et démentira toujours être le père de la bombe atomique. "J'ai commis une seule erreur dans ma vie, écrira-t-il à un ami, c'est le jour où j'ai signé cette lettre au président Roosevelt".

C'est l'antisémitisme qui le poussera à s'affirmer comme juif. "Nous ne devons pas consacrer tous nos efforts à ne pas passer pour des Juifs, bien au contraire, nou devons mettre un point d'honneur à nous imposer en tant que Juifs"dira-t-il en 1924. En 1944, lors d'un éloge funèbre aux victimes du ghetto de Varsovie, il aura des mots très durs "C'est en tant que peuple dans son entier que les Allemands sont responsables des massacres. ... Derrière le parti nazi, il y a le peuple allemand qui a voté pour Hitler." Et en 1951, lorsque les Allemands veulent le réintégrer dans l'Ordre allemand du mérite, il se récrie : "Aucun Juif qui se respecte ne voudra plus jamais être lié à une manifestation ou une institution allemande quelle qu'elle soit".

On peut se demander comment un humaniste comme Albert Einstein a pu conserver une haine si forte contre les Allemands, même après la période nazie.

Il m'a semblé intéressant de donner l'explication de François de Closets : "Cette haine, il ne pourra jamais la dominer car il s'agit d'un sentiment étranger à sa nature. Il l'a combattue sous toutes ses formes pendant les cinquante premières années de sa vie. Il ne lui trouvait aucune place dans l'humanisme qu'il avait chevillé au corps. L'horreur nazie la lui a imposée. Le crime contre l'humanité, c'est aussi d'avoir retiré à des milliers de justes comme Einstein une parcelle de leur humanité."

En 1952, il refuse la présidence de l'Etat d'Israël. Il meurt le 18 avril 1955 à l'hôpital de Princeton, d'une rupture d'anévrisme. Ses archives sont conservées à l'Université hébraïque de Jérusalem.

 

08:57 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Intéressante biographie en paroles et en actes, merci.

Écrit par : Tania | 06/05/2009

Merci Tania.

Écrit par : mado | 06/05/2009

Celle-là, je vais la sortir à mon prof, à l'unif dans des formations scientifiques (ingénieur), ils donnent beaucoup trop d'importance à la manière de s'exprimer oralement. Maintenant plus que jamais, je pense. C'est la clé de la productivité, et ouais ils nous formatent pour l'entreprise, ah ce bon vieux Einstein, heureusement qu'il y en a des comme lui qui leur rabattent tous le caquet à ces imposteurs.

Écrit par : Siko | 11/06/2009

Les commentaires sont fermés.