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25/03/2009

MICHEL ONFRAY.

 

Michel Onfray.jpg

Michel Onfray est un philosophe français très médiatisé mais aussi très contesté. Sur les plateaux de télévision, il apparaît très vindicatif, défend ses idées avec un acharnement qui pourrait être pris pour de l'arrogance.

 

Il est né à Argenta, en 1959. Docteur en philosophie, il a enseigné dans les classes terminales d' un lycée technique. Il a démissionné en 2002 et a créé l'Université Populaire de Caen qu'il dirige toujours.

 

Pour lui, la philosophie telle qu'elle est enseignée, n'apprend pas à philosopher. Dans une tribune libre, parue dans L'humanité, en 2004, il précise : "La philosophie est d'abord un art de vivre et de mieux vivre. Elle permet de se débarrasser des illusions. Les gens viennent effectivement à l'université populaire parce qu'ils en constatent les effets sur leur vie quotidienne. La philosophie peut être une thérapie. Tant mieux si on y fabrique du sens, si on y fabrique du lien social, si on rencontre des gens qui ne désespèrent pas."

 

Il se revendique d'Epicure, Freud, Nietsche, Marx et rejette violemment Platon. Dans ses nombreux ouvrages, il développe une théorie de l'hédonisme, propose de réconcilier l'homme avec son corps, de bâtir une éthique fondée sur l'esthétique. Il affiche aussi un athéisme sans concession.

 

La puissance d'exister s'ouvre sur une introduction d'une cinquantaine de pages, autobiographiques. "J'aborde enfin sur le papier en ce moment de mon existence après le prétexte d'une trentaine de livres pour n'avoir pas à écrire ces pages qui suivent." Il y raconte, avec férocité, son séjour dans un pensionnat dirigé par les prêtres salésiens. Pensionnat, qu'il appelle "orphelinat" où sa mère l'a placé, sans raison valable. Pages émouvantes, le chagrin d'un enfant réconforté seulement par de rares lectures. Cette phrase terrible : Je suis mort à l'âge de dix ans."

 

Dédicace de son portrait : "A ma mère, retrouvée."

 

Son Traité d'Athéologie, écrit en 2005 est une attaque vigoureuse des religions : judaïsme, christianisme, islam. Ce livre qui s'est vendu à 300.000 exemplaires a été violemment critiqué. On lui a reproché son manque d'objectivité et une déformation des religions. Je dois avouer que sa lecture m'a mise mal à l'aise, sans doute par l'outrance et la haine distillée tout au long du livre.

 

Michel Onfray est déconcertant. Il écrit bien, avec élégance. Son engagement dans l'Université Populaire, sympathique, contraste avec les autres aspects de sa personnalité. Il se réjouit d'accueillir un public de classe moyenne et à ceux qui lui reprochent de ne pas y voir d'ouvriers, il fait cette réponse cinglante . "Je comprends que le type qui fait sa journée à l'usine n'ait pas envie de venir faire de la philo à 18 heures."

 

 

Franz-Olivier Giesbert vient de le recevoir dans son émission FOG pour la parution du tome 6 de sa Contre-Histoire de la philosophie. Il lui consacre une page dans le dernier numéro du Point.

 

Je trouve ce qu'il en dit intéressant.

 

"La philosophie a ceci de commun avec le journalisme qu'elle accouche d'imposteurs à la chaîne. Des pseudo-philosophes, généralement médiatiques, qui enfilent les perles et les banalités sur le bonheur, l'amour ou la mort. Michel Onfray est à rebours de tous ces fumistes. C'est qu'il y a chez lui une sincérité aveuglante. Elle donne à ses livres cette force qui est sa marque de fabrique.

Je ne partage pas ses convictions politiques, ni ses analyses sur la religion. Sur ces sujets, il est à peu près aussi subtil que la hache du bûcheron qu'il fut, sans doute, dans une autre vie. Observez-le Pas de calcul chez cet homme. Il ressemble de plus en plus à son oeuvre. Tout en muscles. Un mélange d'ogre, de boxeur et de bagarreur du samedi soir, jamais dénué de mauvaise foi."

 

11:13 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

je ne connais pas la personne responsable de cet écrit sur Michel Onfray, et qu'il ou qu' elle ne partage pas ses convictions à propos de la politique ou à propos des religions c'est son droit.
Quand à écrire:...l'outrance et la haine distillée tout au long du livre, en évoquant son "Traité d'athéologie", relève justement de la mauvaise foi la plus caractéristique...
Et puis la finale:...Un mélange d'ogre, de boxeur et de "bagarreur du samedi soir", jamais dénué de mauvaise foi.
Autrement dit: UN CON
Aussi, sans avoir l'air d'y toucher, des propos plein de mépris voir justement de haine qui me donnent à penser à tous ces intégristes religieux aux abois. Et pour cause...

Écrit par : jean stals | 25/03/2009

Cher Monsieur,
Je suis l'auteur du post sur Michel Onfray et vous vous trompez absolument. Je suis une admiratrice de Michel Onfray, j'ai lu ses livres mais je n'ai pas aimé son "Traité d'athéologie" parce qu'il mélange les trois religions, dit des choses inexactes, et comme je l'ai dit, j'ai été mal à l'aise et j'ai trouvé que, contrairement à ses autres livres, il y avait beaucoup de haine. C'est l'impression que j'ai eue à l'époque où je l'ai lu.
Quant aux autres propos, ils ne sont pas de moi. Je le dis très bien, je reprends ce que dit de lui FOG, dans le Point. C'est un article de journaliste, au trait forcé, je vous l'accorde. Comme je connais bien FOG, je n'ai pas pensé qu'on pouvait interpréter ses propos comme vous le faites. Il insiste au contraire sur le fait qu'il est un homme sincère et les propos "d'ogre, de boxeur, de bagarreur", sont une allusion à la manière où, sur les plateaux de TV, il défend ses convictions. Faites-moi plaisir et relisez le post. Merci.

Écrit par : mado | 25/03/2009

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