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13/03/2009

LE BIEN ET LE MAL.

Ces deux notions fondamentales ont été étudiées par les philosophes, les théologiens, les moralistes. Elles ont changé au cours des temps. L'esclavage, par exemple, a été longtemps considéré comme un bien, nécessaire même, mais, actuellement, il est unanimement condamné.L'histoire nous fournirait bien d'autres exemples : croisades, inquisition, Saint-Barthélemy etc.

 

Pour moi, la notion du bien et du mal est tout à fait subjective. Certains trouveront bien, ce que d'autres condamneront. Les opinions peuvent être induites par les croyances religieuses ou autres. Il existe cependant des textes fondamentaux censés dire ce qu'est le bien ou le mal : les dix commandements, juifs ou chrétiens, la Déclaration Universelle des droits de l'homme. Mais ces deux textes ont une valeur très relative. Par exemple, le "tu ne tueras point" qui devrait faire l'unanimité, est enfreint par le droit de faire la guerre. De plus, un kamikaze qui, en se faisant exploser, tue, considère qu'il accomplit un geste héroïque. Il est clair que son geste sera condamné par les victimes ou ceux qui ne partagent pas sa vision religieuse.

 

Les problèmes éthiques – euthanasie, avortement, suicide – engendrent des convictions très différentes. Ainsi pour les partisans de l'euthanasie, pour ceux qui ont voté les lois la dépénalisant, il s'agit de rendre aux hommes le choix de mourir dans la dignité. Ceux qui la contestent le feront au nom du "tu ne tueras point" ou encore de la vie donnée par Dieu, qui seul peut la reprendre. Certains vont encore plus loin et associent l'euthanasie à l'eugénisme voire au nazisme !

 

Prenons des exemples plus simples. Le décret Mixité sociale a suscité bien des polémiques. Pour les uns, il était impératif d'introduire la mixité sociale dans les écoles. Pour les autres, le décret bafouait le droit des parents de choisir une école pour leurs enfants. Et comme rien n'est simple, personne n'a osé attaqué le dogme de la mixité sociale, on s'est donc rabattu sur la procédure et le décret est devenu le décret d'inscription. Se heurter à un tabou est difficile car comment ne pas craindre d'être classé dans ceux qui pensent "mal" ?

 

Dans l'affaire Fortis, j'ai aussi été frappée par l'opposition entre le bien et le mal. Pour les actionnaires, défendre leurs intérêts était juste. Pour le gouvernement ou les citoyens, tenir compte de l'intérêt général (économie, emplois, garantie pour les épargnants) était bien. Deux conceptions qui ont suscité des critiques virulentes et nous ont entraînés loin : chute du gouvernement, accusation du non-respect de la séparation des pouvoirs, création de commissions parlementaires pour "la transparence".

 

Qu'avons-nous vu ? Censées créées pour le bien des citoyens, l'équité, elles se sont transformées en réglements de comptes et en chasse aux sorcières. Et puisqu'il s'agit de politique, on a vu l'affrontement classique entre opposition et partis de la majorité, et même entre partis de la majorité. A se demander si ceux qui s'exprimaient avaient bien participé aux mêmes réunions ! Que penser de l'intervention des magistrats ?

 

Un autre sujet délicat est l'immigration. Je ne me prononcerai pas sur un sujet aussi sensible mais il s'agit aussi d'une conception différente du bien et du mal. Encourager les grèves de la faim est-ce un chantage ? une non-assistance à personne en danger ? un devoir moral ?

 

L'actualité nous donne un autre exemple. En Irlande, l'Ira-véritable recommence les attentats. La condamnation étant unanime, on pourrait dire qu'il ne s'agit pas de bien ou de mal. Pourtant ceux qui les commettent sont persuadés qu'ils font ce qu'ils doivent faire.

 

Dans notre propre vie quotidienne, ne nous heurtons-nous pas aussi à des conceptions différentes de ce qui est bien ou mal chacun étant persuadé se trouver du côté du bien ? Qu'il s'agisse de l'éducation des enfants, du style de vie, de l'enseignement, du couple, de la sexualité, des jeux vidéos, internet etc. Que d'avis divergents !

 

Afin de lever toute ambiguïté, j'ajouterai que si la conception du bien et du mal est subjective, elle peut aussi être faussée. L'être humain est complexe.

 

Je terminerai par un sourire : un extrait des Lettres Persanes, de Montesquieu (1689-1755), livre que j'aime beaucoup :

 

Je trouvai, il y a quelques jours, dans une maison de campagne où j'étais allé, deux savants qui ont ici une grande célébrité. Leur caractère me parut admirable. La conversation du premier, bien appréciée, se réduisait à ceci : "Ce que j'ai dit est vrai, parce que je l'ai dit." La conversation du second portait sur autre chose : "Ce que je n'ai pas dit n'est pas vrai, parce que je ne l'ai pas dit."

 

A méditer, ce proverbe juif :

"Mieux vaut un mal connu qu'un bien qui reste à connaître."

Commentaires

Bonjour,

votre article est très intéressant!
En fait, je recherche des arguments qui opposent le bien et le mal, bien sûr en faveur du bien ^^.
Mais je recherche des sujets un peu plus softs que l'euthanasie, le suicide et le génocide.

merci beaucoup d'avance =)

Jessica

Écrit par : Jessica | 13/12/2009

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