Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

12/02/2009

GILLES LIPOVETSKY

 

Gillles Lipovetky.jpg

Né en 1944, Gilles Lipovetsky est un essayiste français et professeur agrégé de philosophie à l'université de Grenoble. Son livre L'Ere du Vide est certainement le plus connu.

 

LE  BONHEUR  PARADOXAL.

 

Paru chez Gallimard en 2006, il est sous-titré "Essai sur la société d'hyperconsommation".

L'auteur dresse l'historique de ce qu'on appelle " La société de consommation" terme apparu depuis les années 1920. Il décrit longuement les transformations opérées dans la consommation mais montre comment elle a façonné la société et les individus. Pour lui, l'hyperconsommation commence vers la fin des années 1970 et touche tous les domaines : alimentation, vêtements, appareils électroménagers, télévision, santé et plus surprenant, la culture et même la religion.

 

Le bonheur paradoxal tient à démontrer que les individus n'ont pas trouvé le bonheur dans une société de plus en plus consumériste. Par contre, l'auteur relève aussi le paradoxe que les valeurs qu'on pouvait imaginer disparues sont toujours  présentes.

 

Il est évident que la satisfaction des besoins ne rime pas nécessairement avec le bonheur. Si nous apprécions le confort qui rend la vie plus facile, il faut bien reconnaître que nous ne sommes pas nécessairement plus heureux.

 

Je vais essayer d'illustrer le propos par quelques exemples. La télévision a pris une part importante dans nos vies, nous la regardons de plus en plus. On  a souvent parlé de  société de cocooning et pourtant, souligne l'auteur, on n'a jamais publié autant de livres, les voyages se sont multipliés, les grands concerts connaissent un franc succès. Même les jeunes qui passent de plus en plus de temps devant l'ordinateur, cherchent à se retrouver entre copains pour discuter, aller au cinéma ou manger un hamburger.

 

Marque de "classe" auparavant, le vêtement est devenu un choix individuel, on achète ce qui plaît et même l'attrait des "marques" est en disparition sauf peut-être chez les jeunes.

 

Dans le monde du travail, si l'argent a encore une grande valeur parce que permettant la consommation, la valorisation qu'on l'on obtient par son travail, la reconnaissance de ce que l'on accomplit, paraissent plus importantes.

 

La religion elle-même s'est transformée. On assiste à un "shopping" de la spiritualité. On prend ce qui plaît et l'attrait des religions orientales ne se dément pas. Et, de plus en plus, l'homme est préoccupé par sa santé, son bien-être même si la pratique du sport reste faible et la surconsommation de médicaments, en hausse.

 

Notre société est certes devenue égoïste et pourtant les appels de dons sont toujours un succès. Que l'on pense à l'argent récolté pour des causes jugées importantes comme la lutte contre les maladies ou la recherche.

 

L'auteur parle de l'évolution de la publicité qui joue un rôle très important dans l'hyperconsommation. Actuellement, l'accent est mis sur les nouveautés. On croit généralement que les fabricants font des produits moins bons pour vendre plus. Ils ne le font pas car cela nuirait à la crédibilité de leurs marques mais créent de nouveaux produits plus performants.

 

L'auteur est bien conscient qu'une grande, toujours plus grande partie de la société est touchée par la pauvreté et la précarité. Les mères vivant seules, les chômeurs, n'arrivent plus à boucler leur budget. Mais l'accent mis par la publicité sur les produits, qu'ils ne peuvent acquérir, engendrent des frustations. Tout le monde voudrait offrir à ses enfants ce qui est le mieux. Aux frustations s'ajoute souvent un sentiment de culpabilité et de dévalorisation de soi.

 

Dans les quartiers difficiles, les jeunes vivent mal la vie précaire et la pauvreté ce qui les pousse à la délinquance : vols, combines, violences. La télévision leur montre la violence mais aussi l'image d'un bonheur dont ils sont exclus.

 

 

 

Que dire du livre ? On pourrait penser qu'il n'offre aucun intérêt, qu'il n'est qu'une énumération de constats. Pour ma part, je trouve intéressant de voir l'évolution de la société et, je dirais, la manipulation dont nous sommes l'objet.

 

Le livre est ambitieux et fourmille de références. On n'y trouvera pas la recette du bonheur. Je dirai aussi que le mal-être n'est pas toujours lié à la consommation. La solitude par exemple, très présente dans la société actuelle.

 

 

 Le bonheur, un rêve éternel...

08:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.