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30/01/2009

DE LA VERITE.

Nous n'avons jamais eu accès à autant d'informations : radios, télévisions, internet, journaux rivalisent pour nous mettre au courant de l'actualité. Que de débats politiques ! Avec la multiplication des chaînes, nous pouvons suivre des débats quasi tous les jours. D'où vient donc mon malaise ? Suis-je informée ou désinformée ? Politiques, journalistes, spécialistes psychiatres etc. n'ont pas toujours la même opinion. Qui croire ?

 

Qu'un libéral ne dise pas la même chose qu'un socialiste semble logique. Moins tout de même quand il s'agit de ministres faisant partie du même gouvernement où les décisions, nous dit-on souvent, ont été prises à l'unanimité. Que l'opposition attaque systématiquement ce que fait le gouvernement fait partie, dit-on, du jeu politique. Je suis plus sceptique quand des membres d'un même parti ne disent pas la même chose tout en affirmant qu'ils défendent la position de leur parti.

 

Il y a longtemps, les journaux avaient une connotation bien précise. Les lecteurs de "La Libre" n'étaient pas ceux d'un journal soi-disant neutre comme "Le Soir". On n'était donc pas choqué d'avoir, sur le même sujet, des avis divergents. Ce clivage a disparu mais j'ai l'impression que l'information brute, rapide, sommaire a pris le pas sur l'argumentation d'une opinion.

 

Dans les débats politiques, l'animateur compose son plateau de manière à avoir un équilibre : équilibre politique des invités, équilibre des spécialistes. Tout devrait donc être formidable. Mais, trop souvent, l'animateur ou le journaliste, donne la parole à qui il veut, laisse certains s'exprimer longuement, coupent les autres s'ils ne disent pas ce qu'Il veut entendre. Le jeu est donc faussé.

 

Que les spécialistes économiques ou autres défendent des opinions différentes m'apparaît normal. Ce qui me gêne c'est que la parole étant limitée, les débats souvent houleux, on finit par se dire qu'on ne comprend plus rien.

 

Que dire de la saga Fortis, comme on l'appelle ! Le gouvernement est applaudi, critiqué huit jours plus tard, les actions en justice se mettent en route, certains avocats appellent les actionnaires à voter contre sans attendre les dernières décisions du gouvernement ou comme Modrikamen, sans argument vraiment convaincant. Et on nous annonce que ce n'est pas terminé. En attendant, qui trinque ?

 

Ce qui vient de se passer à Gaza a suscité beaucoup d'émotion, justifiée. Autant de morts. Une ville dévastée. Mais, n'est-ce pas la première fois que l'on donne la parole aux Israéliens ? Les ambassadeurs ont pu s'exprimer à la télévision, parler des roquettes, du Hamas. Donner la parole aux deux parties a pu, je crois, aider chacun à se forger une opinion.

 

 Toujours dans l'actualité récente, la décision du pape de chercher à réintégrer la Fraternité Saint-Pie X et de lever l'excommunication des évêques est tout à fait choquante. Même si le pape dit ne pas partager les propos négationnistes de Mgr Willamson, même s'il affirme "ressentir une solidarité entière et indiscutable avec les juifs". Je comprends, je partage l'indigation des évêques français et de nombreux catholiques.

 

De Vlaamse Raad dans son journal Rand krant fait la publicité pour le site web de la VRT qui selon lui, doit permettre aux "anderstaligen" d'avoir une meilleure connaissance de ce qui se passe en Flandre. D'un simple clic on passe du néerlandais, au français, à l'anglais ou à l'allemand. Le site est très bien fait mais je ne comprends pas pourquoi les articles ne sont pas les mêmes sur le site en français ou en néerlandais. Mystère.

 

J'ai intitulé mon post "De la vérité". Je ne suis pas naïve au point de croire qu'il existe une vérité. Il y en aura toujours plusieurs. Ce que je souhaiterais, c'est qu'au moment où on nous parle constamment de la nécessité de  transparence (on l'a vu pour les commissions parlementaires mises en place pour Fortis) l'information qu'on nous donne soit à défaut d'être objective, au moins audible.

 

 

Sites VRT : www.flanderinfo.be

                    www.flandreinfo.be

                    www.flandernews.be

 

 

15:57 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1)

28/01/2009

VLADIMIR FEDOROVSKI.


 

Vladimir Fedorovki.jpg

Cet écrivain, né à Moscou, le 27 avril 1950, est un ancien diplomate russe. Il a été ambassadeur à Paris en 1977 et en 1985, il a passé un doctorat en histoire sur le rôle des cabinets dans l'histoire de la diplomatie française. Interprète de Brejnev, partisan de Gorbartchev, il est opposé à Poutine.

 

Il a écrit une série romanesque de l'histoire russe Le Roman de Saint-Pétersbourg, Le Roman de Moscou, Le Roman de la Russie insolite. Il est aussi l'auteur d'autres livres, parus en livre de poche, dont Le Roman de l'Orient-Express, Le Roman du Kremlin, Les Tsarines.

 

LE ROMAN DE SAINT-PETERSBOURG.

 

D'emblée je dirais que le titre de "roman" me semble peu approprié. Il s'agit plutôt d'un documentaire, illustré, il est vrai, de portraits de personnages liés à la ville et d'anecdotes. Pierre le Grand est fondateur de la ville. D'après l'auteur, trois éléments furent à l'origine du projet : son amitié avec les étrangers, sa passion des voyages et enfin sa volonté de construire un grand port.

 

La ville a été construite sur les rives de la mer Baltique, au fond du golfe de Finlande. Elle est restée capitale de l'empire russe jusqu'à la révolution de 1917. Elle est construite sur pilotis et son édification a coûté énormément d'argent et de vies humaines, 40.000 serfs enrôlés de force. Le sol était si spongieux que les hommes devaient apporter de loin, dans des sacs, la terre nécessaire aux fondations. Des canaux furent creusés ce qui donna à la ville son surnom de "Venise du Nord". Le tsar s'y installa en 1703, dans une demeure modeste, en attendant l'achèvement du palais de Peterhof. Un oukase prescrivit à trois cent cinquante familles nobles et autant de familles de marchands et d'artisans d'y bâtir leurs maisons. L'objectif de Pierre proclamé empereur, était atteint, faire de la ville une capitale de style européen.

 

"Les voyageurs occidentaux ne tarirent pas d'éloges sur le classicisme des nouveaux bâtiments de la ville et annoncèrent la naissance d'une "vraie" architecture en Russie, réfutant avec mépris son style ornementé traditionnel. Les élégants bâtiments et les larges avenues de Saint-Pétersbourg les convainquirent que la Russie n'était plus la nation barbare que suggérait l'éclectisme débridé de ses anciens édifices."

 

L'auteur nous parle abondamment de Pierre 1er et de son impératrice paysanne, de Catherine II et son compagnon, le prince Potemkine, d'Alexandre 1er mais aussi de Pouchkine, Dostoïevki, Balzac, Voltaire, élu à l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg. Qui choisir parmi toutes ces célébrités ? De manière complètement subjective, j'ai décidé de parler du grand poète.

 

Alexandre Pouchkine  est né à Moscou, le 6 juin 1799 mais il a fait ses études au lycée impérial près de Saint-Pétersbourg. A sa sortie du lycée, il mène une vie dissipée.

 Il cherchera, en vain, à faire publier son premier recueil de poèmes. Editer un livre écrit en russe était impossible !

 

Il faut dire qu'à l'époque, la langue française était largement répandue chez les aristocrates et que le russe était perçu comme  une sorte de patois indigne de leurs salons.  En 1820, Pouchkine est condamné à l'exil par le tsar Alexandre 1er. Ces années d'exil sont celles de ses grandes oeuvres Le prisonnier du Caucase, Eugène Onéguine et Boris Goudounov. Il reviendra à Moscou sous Nicolas 1er.

 

L'énorme mérite de Pouchkine est d'avoir imposé le russe tel qu'il était parlé et d'avoir libéré la littérature russe de l'influence étrangère même si ses condisciples le surnommaient "Le Français". Après son exil, il a vécu à Saint-Pétersbourg où il est mort 10 février 1837.

 

 

 

Le Roman de l'Orient-Express évoque les grands moments de ce train mythique. Sa création par un ingénieur belge, Georges Nagelmackers, la signature dans la voiture de l'armistice de 1918, les personnages emblématiques comme Mata-Hari, Lawrence d'Arabie, Marlène Dietrich et bien sûr Agatha Christie, qui s'est inspiré de ses voyages où elle rejoignait son mari archéologue en Syrie et en Irak, pour écrire trois de ses célèbres romans Mort sur le Nil, Le Crime de l'Orient-Express et Meurtre en Mésopotamie.

 

09:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

23/01/2009

ERIC-EMMANUEL SCHMITT.

 

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Né le 28 mars 1960, écrivain et dramaturge d'origine française, il est installé à Bruxelles depuis 2002. Ayant obtenu la naturalisation belge en 2008, il dispose de la double nationalité. Ecrivain à succès, sympathique, il est très médiatisé.

 

ULYSSE FROM BAGDAD.

 

Son dernier roman paru chez Albin Michel en 2008 a comme narrateur Saad Saad, qui signifie en arabe Espoir Espoir et en anglais Triste Triste. Double signification qui permet à l'auteur de s'interroger sur l'identité. "Qui étais-je moi-même ? Irakien ? Arabe ? Musulman ? Démocrate ? Fils ? Futur père ? Epris de justice et de liberté ? Etudiant ? Autonome ? Amoureux ? Tout cela; pourtant tout cela résonnait mal ensemble." (page 45).

 

Le livre s'ouvre sur son adolescence à Bagdad, sous la dictature de Saddam Hussein. Saad vit mal le régime de terreur du dictateur qui se croit au-dessus de Dieu. Arrestations arbitraires, un régime où tout le monde est suspect, peut être emprisonné, torturé, disparaître, sans aucune explication. Aussi, Saad vit l'arrivée des Américain comme un espoir. Il applaudit à la chute du tyran mais hélas ! les Américains ne réussissent pas leur guerre et la vie devient pire qu'avant. Son père est tué par un soldat américain alors qu'il tente de les avertir qu'un kamikaze vient de se faire sauter en plein marché.

 

C'est alors que Saad décide de partir pour l'Angleterre, sa mère l'encourageant pour qu'il puisse aider sa famille en leur faisant parvenir de l'argent. C'est un long périple qui le mène au Caire, Tripoli, Malte, Italie, Suisse, France pour atteindre enfin Londres.

 

Le récit de son voyage est décrit par l'auteur de façon très réaliste, ce qui le rend à peine soutenable. Amasser de l'argent pour les passeurs, de n'importe quelle manière, voyager dans des conditions très pénibles.

 

Eric-Emmanuel Schmitt introduit dans le récit, les dialogues avec son père, mort, qui le conseille ou s'indigne, mais parlant surtout par métaphores, n'est pas toujours compris par son fils. Une respiration dans un récit poignant qui nous permet de continuer la lecture.

 

Le titre est une référence à Ulysse mais l'auteur le justifie par des anecdotes. Un exemple : ayant jeté ses papiers pour ne pas risquer de dévoiler d'où il vient lors d'une arrestation et courir le risque d'être renvoyé à Bagdad, il dit s'appeler "Personne" ou "Ulysse venant d'Ithaque". Autre référence, un groupe musical Les Sirènes dont il se servira pour poursuivre son voyage.

 

On dit souvent que les images sont plus fortes que l'écrit. Le livre prouve le contraire car les images de clandestins vues à la télévision sont brèves et anonymes. Dans le livre, nous nous attachons au personnage et ce que vit Saad, nous le vivons avec lui.

 

"Au terme de ce voyage, au début d'un nouveau, j'écris ces pages pour me disculper. Né quelque part où il ne fallait pas, j'ai voulu en partir; réclamant le statut de réfugié, j'ai dégringolé d'identité en identité, migrant, mendiant, illégal, sans-papiers, sans-droits, sans-travail; le seul vocable qui  me définit désormais est clandestin...Bienvenu nulle part. Etranger partout." (page 11).

 

On retrouvera à la fin du livre une carte qui reprend le voyage de Saad et une synthèse de L'Irak de Saddam Hussein.

  

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09/01/2009

PATRICK ROEGIERS.

 

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Patrick Roegiers est né à Ixelles le 22 septembre 1947. Depuis 1983, il vit à Paris. Il a écrit une trentaine de livres : romans, poèmes, ouvrages sur la photographie.

 

En 2007, il a publié La spectaculaire histoire des rois des Belges sous-titré "roman- feuilleton". Un livre  bourré d'anecdotes, sur la vie de la Belgique ou sur la vie, même privée,  des rois. Un livre d'affection et de reconnaissance.

 

Le livre s'ouvre sur l'arrivée en Belgique de Léopold 1er en 1831. A  quarante et un an il découvre le pays dont il sera le roi. Un roi élu par le Congrès,  ce qui est une première et ce qui explique l'appellation de roi des Belges. Il a longtemps hésité, étudié la Constitution, qui est reconnue comme remarquable pour l'époque. Il prête serment le 21 juillet 1831, date qui sera retenue comme jour de fête nationale.

 

Léopold de Saxe Cobourg Gotha devra "faire" la Belgique, qui a proclamé son indépendance le 10 novembre 1830. Convoitée par les Français et la Hollande, la neutralité lui a été imposée par le grandes puissances  pour garantir son indépendance. Il guidera la Belgique vers l'équilibre et la prospérité.

 

Le livre de Patrick Roegiers est bien, comme l'indique le titre, l'histoire des rois des Belges. Bien sûr, on y retrouve l'histoire de la Belgique, mais toujours à travers le regard ou les actions de ses rois. Détail assez piquant, aucun homme politique n'est mentionné.

 

J'ai découvert que les trois premiers rois avaient une obsession,  le désir d'abdiquer, de grandes difficultés à comprendre ce pays et ses habitants, une propension à la dépression mais un objectif : faire de la Belgique un pays envié par l'Europe.

 

Patrick Roegiers arrive à nous faire voir nos rois autrement que ce que nous avons appris dans nos livres d'histoire car il les rend "humains" avec leurs manies, leurs angoisses, leur propre personnalité.

 

Lépold 1er était "le roi", Léopold II le "roi d'affaires", Albert "notre roi". (page 186).

 

Ce qui frappe à la lecture du livre, c'est le souci d'objectivité de l'auteur. Ceci même quand il  raconte les événements difficiles, comme, par exemple, l'abdication de Léopold III, pour éviter un bain de sang, le montage peu constitutionnel inventé le jour où Baudouin refuse de signer la loi sur la dépénalisation de l'avortement.

 

Par contre, il rétablit l'honneur de Léopold II, accusé d'exploiter les noirs au Congo, pire de leur couper les mains, rumeurs répandues par l'Angleterre, furieuse de voir un état si rentable lui échapper. Il léguera le Congo à la Belgique, par testament,  le 9 août 1890.

 

C'est évidemment impossible de résumer plus de quatre-cent–cinquante pages. Je ne puis que vous inciter à lire le livre, bien documenté, au style alerte, coloré, qui mérite bien son sous-titre "un roman-feuilleton".

 

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