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23/12/2008

GENEVIEVE LHERMITTE.


 

Geneviève Lhermitte.jpg

Madame Lhermitte a été condamnée, par un jury populaire, à la réclusion à perpétuité. Une peine plus lourde que celle réclamée par l'avocat général Pierre Rans, mais conforme à son rejet de circonstances atténuantes ou de ce que plaidait la défense, l'état de déséquilibre grave  dans lequel elle se trouvait au moment des faits.

 

Le procès n'a pas répondu aux questions essentielles que tout le monde se posait : "Pourquoi ? Comment en est-elle arrivée là ?"

 

L'avocat général n'a pas dû se poser la question et ce qu'il a déclaré dans sa plaidoirie est particulièrement odieux : elle représenterait un danger social ! "La carapace risque de sauter sous la pression de ses affect. Elle a encore du mal à ne pas focaliser sur certains faits, certaines personnes."

 

Justement, cette phrase donne un début d'explication à l'inexplicable. Geneviève Lhermitte a dit clairement qu'elle voulait emporter ses enfants avec elle, autrement dit, ne pas les laisser à son mari, ni au docteur Schaar. L'a-t-on entendue ?

 

Les paroles de Bouchaïb Moqadem et du docteur Schaar, après le verdict sont particulièrement choquantes. En clair, "bien fait, elle a eu ce qu'elle méritait". Pas l'ombre d'un sentiment de culpabilité sur le rôle qu'ils ont tous les deux certainement joué dans la dépression grave de Geneviève Lhermitte. Pire, ils le nient. Comme les maris des femmes battues !  Et le cynisme est atteint quand le docteur Schaar, interrogé par un journaliste, sur la non-intervention du psychiatre, après l'appel au secours, déclare : C'est moi qui ai envoyé madame Lhermitte chez lui, c'est à moi qu'il devait parler".

 

Son mari lui défend de voir sa famille, l'éloigne de tout, la laisse s'enfoncer dans la dépression, s'en va se promener au Maroc; le docteur Schaar trouve normal d'être en contact avec son psychiatre, insiste sur sa générosité "gratuite". Vraiment ? Hallucinant !

 

Pourquoi la justice ne s'est-elle pas posé plus de questions sur les 17 ans qui ont peut-être amené Geneviève Lhermitte à commettre ces crimes horribles? Comment a-t-on pu croire ce qu'affirmaient Schaar et Moqadem ?

 

Et cette phrase cynique de Motte de Raedt : "Il fallait remettre les pendules à l'heure et c'est ce qu'ont fait les jurés avec sérénité". Vous avez bien entendu "sérénité".

 

Je laisserai le dernier mot à Me Xavier Magnée : "On inflige la peine la plus forte à une femme qui a commis l'irréparable pendant deux heures et on ne connaît pas le mobile."

 

Si j'avais le coeur à rire, je dirais : "Même dans les séries policières, la première question posée est :"Quel est le mobile" ?

 

Il est impossible de faire croire à un homme naturellement aveugle qu'il ne voit pas.

(Montaigne)

 

Je remercie le journaliste de La libre pour la manière dont il a rendu compte du procès.

 

15:58 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4)

15/12/2008

JEAN-FRANCOIS REVEL.

 

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Jean-François Revel, de son vrai nom, Jean-François Ricard est né le 19 janvier 1924 à Marseille, mort à Paris, le 30 avril 2006. Philosophe, écrivain, journaliste, élu à l'Académie Française en 1997, il est toujours resté un esprit libre.

 

Si j'ai décidé de parler de lui, c'est qu'il s'est intéressé très tôt, grâce à son fils Mathieu Ricard, à ce qui se passait au Tibet. Je crois pouvoir dire qu'il aurait été extrêmement choqué de la manière dont le Dalaï Lama a été reçu par Yves Leterme et Nicolas Sarkozy. Business oblige, la visite a eu lieu dans la plus grande discrétion. Et ce, au moment où nous commémorons le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

 

Dans ses Mémoires paru en 1977, il nous raconte sa vie. Premier mariage, à 21 ans, avec Yahne Le Toumelin dont il aura un fils, Matthieu et une fille, Eve. Le livre est surtout intéressant parce qu'il est un vrai survol de toute une époque. Membre actif de la Résistance pendant la guerre de 40, il a enseigné en Algérie, à Mexico, à Florence. C'est en 1957, qu'il commence une carrière littéraire et journalistique. Conseiller littéraire chez Robert Laffont, il devient directeur de l'Express, dont il était éditorialiste, de 1978 à 1981, puis chroniqueur au Point. Il a côtoyé de nombreuses personnalités appartenant à des milieux divers : politique, cinéma, littérature, art. Ses récits sont passionnants, son humour est parfois féroce, ses convictions très argumentées. Après sa rupture avec le socialisme, il s'est rapproché du libéralisme et a été un des principaux adversaires français du communisme.

 

Il a sous-titré ses Mémoires "Le voleur dans la maison vide" qui s'inspire d'un proverbe bouddhiste : tout homme entre dans la vie comme un voleur qui s'introduit dans une maison pour s'apercevoir, en fin de compte, qu'elle est vide.

 

Le moine et le philosophe est un dialogue sur le bouddhisme entre Revel et son fils, Matthieu Ricard, moine bouddhiste. Jean-François Revel pose les bonnes questions, argumente, pousse Matthieu Ricard à exposer clairement ce qu'est le bouddhisme et la raison de son succès en occident. Revel, agnostique, retiendra de l'enseignement  du bouddhisme, ce qu'il juge le plus valable : la sagesse dans la conduite de sa vie.

 

Je signalerai aussi son Histoire de la philosophie occidentale, écrit, dit l'auteur, à l'usage des non-philosophes Dans L'obsession anti-américaine, paru en 2002, il tente d'expliquer le fonctionnement, les causes, les inconséquences de cette obsession très présente en France.

 

En 1967, il avait épousé la journaliste Claude Sarraute, fille de l'écrivain Nathalie Sarraute.

 

Dans un siècle dominé par l'idéologie marxiste, il n'a pas eu, l'auréole d'un Sartre, pas plus qu'Aron d'ailleurs, mais si ses écrits ont souvent suscité des polémiques, il aura été une personnalité brillante du vingtième siècle.

 

17:07 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

10/12/2008

LA BELGIQUE VUE PAR LE POINT.

La couverture de la revue Le Point du jeudi 4 décembre est consacrée à la Belgique : SI  LA  WALLONIE  DEVENAIT  FRANCAISE...

 

L'article signé par Yves Cornu et Alain Franco est tout sauf objectif. Les auteurs partent bien entendu, de nos difficultés communautaires et d'un sondage Ifop (Le Soir et La Voix du Nord) qui révélerait que si la Belgique venait à disparaître, 49 % des Wallons seraient favorables à un rattachement à la France et que 60 % des Français les accueilleraient volontiers.

 

Les auteurs ont donc interrogé Paul-Henry Gendebien, dont on connaît le rêve de rattachisme, Daniel Ducarme qui, sans rire, envisage que la Wallonie ait le statut de la Polynésie, tout en gardant son roi et son drapeau, Philippe Dutilleul, réalisateur du scandaleux et débile "Bye bye Belgium qui affirme que le scénario du rattachement de la Wallonie à la France est plausible. Pour corser le tout, une carte de la France incluant la Wallonie ! Un petit encart reprend les paroles d'Herman de Cros qui fustige les séparatistes mais, d'après les auteurs, parce qu'il n'a plus rien à perdre !

 

Toujours dans la même revue, on trouve un dossier "Spécial Belgique" : un article sur la proximité Givet/Dinant, un sur l'euométropole Lille-Courtrai-Tournai, une interview de Jean-Marie Dedecker et cerise sur le gâteau, un, sur notre attachement au "fritkot" !!!

 

Seule l'interview de Patrick Roegiers, auteur de "La spectaculaire histoire des rois des Belges" remet les pendules à l'heure. "L'Europe n'acceptera jamais fût-ce symboliquement, la disparition d'un pays qui l'a en partie enfantée." "Les Français ont, vis-à-vis des Belges un paternalisme de proximité. C'est pour eux un pays folklorique, rigolo et accueillant 160.000 Français vivant à Bruxelles pour des raisons fiscales évidentes."

 

Un encart reprend les paroles de Gérard Deprez, eurodéputé qui affirme avoir été apostrophé vertement par un élu européen "Vous habitez un Etat propère et vous vous déchirez sur des principes qui sont la nature même de l'Europe : la langue et la solidarité entre communautés. Vous envoyez un très mauvais signal au reste de l'UE."

 

Fidèle lectrice du Point que dirige Franz-Olivier Giesbert, où on retrouve aussi bien des articles de Bernard-Henry Lévy, Alain Duhamel, Claude Allègre, Jacques Marseille, je ne comprends pas qu'ils aient fait ce numéro, indigne d'une revue de qualité.

 

17:20 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1)

05/12/2008

CLAUDE ALLEGRE.

 

écologie,climat

Claude Allègre est né à Paris le 31 mars 1937. Scientifique de renomméee internationale, il s'attache à écrire des livres accessibles au grand public. Dictionnaire amoureux de la science. Un peu de science pour tout le monde. Dieu face à la science.

 Ma vérité sur la planète publié en 2007 a fait couler beaucoup d'encre. L'auteur rappelle qu'en science, on parle d'écologie et de pollution depuis plus d'un siècle mais dans une indifférence quasi générale. Lui-même y a consacré une grande partie de sa vie scientifique.

Mon propos n'est pas de résumer le livre mais d'inciter à le lire pour connaître un autre point de vue que ce que nous entendons actuellement. L'auteur dénonce le catastrophisme ambiant, le peu de sérieux de certaines analyses, regrette que ses propos aient été caricaturés.

Claude Allègre analyse tous les problèmes, montre leur complexité, plaide pour qu'on établisse une hiérarchie d'urgence et une stratégie d'action sans céder à la peur irrationnelle, à la panique.

Il souligne que si certaines thèses actuellement largement répandues étaient appliquées, elles aboutiraient à une décroissance alors que pour lui, l'écologie doit être un moteur de croissance.

Il insiste sur le problème futur que sera la pénurie d'eau, sur la nécessité de nourrir une population mondiale dont on prévoit le développement.

Contrairement à ce que l'on a dit, Claude Allègre ne nie pas le changement climatique, mais fait remarquer qu'il a toujours existé, que prévoir par ordinateurs le climat ou la montée des eaux, dans quinze ans, est absurde. Le problème est complexe et l'augmentation de la température ne relève pas simplement de l'émission de CO2. Comment expliquer la fonte des glaces au pôle nord, leur épaississement au sud ?

Autre idée fausse, la nocivité des OGM. Ceux-ci ont toujours existé. Produire des plantes qui permettraient de résister à la pénurie d'eau et d'éviter les engrais, de  nourrir la population, lui semble plus utile que de faucher les champs.

10:01 Publié dans Belgique | Tags : écologie, climat | Lien permanent | Commentaires (0)

02/12/2008

ANNA GAVALDA.

 

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Anna Gavalda est née en 1970 en région parisienne, où elle vit toujours. Son premier livre "Je  voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" est un recueil de nouvelles, qui a eu un très grand succès.

 

"Ensemble, c'est tout" est un roman. L'action se déroule à Paris. Quatre personnages, qui n'auraient jamais dû se rencontrer, vont finir par vivre sous le même toit. Ils ont un point commun : leurs difficultés à vivre. Dans un entretien à Evene, l'auteur les appelle "des tendres, des cabossés, des coeurs purs".

 

Camille, vit dans une chambre de bonne, est femme de ménage et a un vrai don pour le dessin. Philippe est le gardien provisoire d'un immense appartement de famille. C'est un passionné d'histoire. Pour sa famille, un raté qui vend des cartes postales et bégaie. Franck est cuisinier dans un très bon restaurant, aime les filles, sa moto et surtout sa grand-mère Paulette, qu'il a été obligé de placer dans un home.

 

Le titre révèle bien l'objectif de l'auteur : raconter une histoire où l'amour entre des êtres qui n'ont rien de commun, va les reconstruire.

 

Le livre est facile à lire, passionnant même. On s'attache aux personnages que l'auteur décrit bien. On suit leur transformation sans se poser trop de questions sur la vraisemblance. Les dialogues sont nombreux, trop peut-être, de valeur inégale, mais reflétant bien le quotidien.

 

Je n'avais pas aimé "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part", j'avoue avoir acheté "Ensemble, c'est tout" à cause du succès de l'auteur. Ce livre m'a plu, je pense parce qu'il est un hymne à la solidarité. Lire une histoire réconfortante fait du bien même si ce n'est pas de la grande littérature.

15:48 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)