Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

20/10/2008

BENOITE GROULT.

Benoîte Groult.jpg

Le dernier livre de Benoîte Groult Mon évasion est une autobiographie. Elle y relate sa vie, décrit son époque, parle de la condtion féminine. Les trois sujets sont intimement liés. Elle décrit son époque et parle de la condition féminine à travers son vécu.

Je ne m'étendrai pas sur le récit de sa vie, autobiographie classique. Elle est élevée par une mère dessinatrice de mode et un père styliste de meubles. Education catholique conforme à l'époque. Née en 1920, son premier mariage, en 1945 avec un étudiant en médecine, Pierre Heuyer est un mariage d'amour mais il meurt quelques mois plus tard. Elle épouse Georges de Caunes et essaie "d'être une bonne épouse et une bonne mère", mais vit mal le machisme de son mari. Troisième mariage, Paul Guimard avec qui elle vivra un amour heureux.

Son livre est très éclairant sur l'époque mais l'idée de progrès y est totalement absente  sauf en ce qui concerne les femmes : le droit de vote, la contraception, l'IVG. Elle s'étend longuement sur le machisme ambiant dans les relations sociales et professionnelles. Très présent, tout au long du livre, son désir de liberté, d'échapper au conformisme imposé par son sexe.

Ses premiers romans sont écrits avec sa soeur Flora : Journal à quatre mains, Le Féminin Pluriel, Il était deux fois. (1963 à 1967). Elle écrira seule d'autres romans mais c'est Ainsi soit-elle qui la fera vraiment connaître, livre traitant de sujets douloureux et tabous, comme l'excision. Il fera scandale et, pour certains, la fera basculer dans le féminisme.

Beaucoup, dont je suis, ne la considèrent pas comme une féministe et elle s'en étonne. Elle a collaboré à plusieurs journaux féminins : Elle, Marie-Claire, F Magazine mais, même si elle a toute sa vie été très concernée par la condition féminine, elle n'a jamais été militante. Elle a aussi assuré la présidence de la Commission pour la féminisation des noms de métiers, pas vraiment approuvée par les féministes.

Moi, je retiens surtout d'elle son amour de la vie, de la mer, du bateau, de la pêche, de son jardin, de la Bretagne, de l'Irlande. J'apprécie aussi qu'elle milite pour l'ADM (Association pour le droit de mourir dans la dignité) dont elle parlait déjà dans La touche étoile, livre un peu triste où elle réfléchit sur la vieillesse, qu'elle accepte mal. Mon évasion est un livre beaucoup plus serein.

13:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

11/10/2008

DANIEL BARENBOIM.


250px-Daniel_Barenboim.jpg

"La musique est une école de vie".

Ce matin, dans Thé ou Café, Catherine Ceylac recevait Daniel Barenboïm, un pianiste de génie, un chef d'orchestre mondialement connu, un homme de conviction, engagé pour la paix. Il est d'une grande simplicité. L'animatrice laisse toujours son invité seul, pendant une minute, le priant d'agir à sa guise. Malicieux, il a ouvert des tiroirs, à la recherche d'un cigare, qu'il voulait fumer, même si c'est interdit, puisqu'elle lui avait dit de faire ce qu'il voulait !

Je relate cette anecdote parce qu'elle reflète bien sa personnalité, son humour. J'ai la chance de l'écouter souvent sur la chaîne musicale Mezzo et j'ai même eu le bonheur d'assister à plusieurs leçons de piano. Il commence toujours par féliciter son élève puis de manière très vivante, suggère l'interprétation, avec une argumentation développée, même s'il ne s'agit que d'une seule note. De plus, sa gentillesse est extraordinaire. Ainsi, l'ai-je entendu dire à un élève . "Me permettez-vous de vous interrompre ?"

Il est né le 15 novembre 1942 à Buenos Aires. Il apprend le piano avec son père et donne son premier concert à sept ans. En 1952, il s'installe en Israël avec ses parents juifs d'origine russe. Il enregistre ses premiers disques en 1960. Tout en continuant à jouer du piano, il devient chef d'orchestre, à Paris, de 1975 à 1989, puis à Chicago jusqu'en 2006 tout en menant une carrière de chef à Berlin.

En 1999, il crée le "West-Eastern Divan Orchestra" dans lequel il réunit des musiciens israéliens, arabes et andalous. La création de son orchestre est un engagement politique. Il préfère parler de "forum humaniste" car chacun est incité à écouter et comprendre l'histoire de l'autre.

Il a pu, avec beaucoup de difficultés, donner un concert à Ramallah, le 21 août 2005, concert diffusé par Arte. La chaîne avait organisé une conférence de presse à Paris, le 13 juin, au cours de laquelle Daniel Barenboïm avait eu l'occasion de souligner la portée hautement symbolique du concert.

De nationalité israélienne et argentine, il possède aussi un passeport espagnol, et depuis peu, palestinien. "La vraie dimension du Divan arrivera le jour où l'orchestre pourra jouer dans tous les pays qui y sont représentés, en Espagne, en Turquie, au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Palestine, en Israël et en Iran".

Daniel Barenboïm dirigera le concert du Nouvel An, à Vienne, le 1er janvier prochain.

15:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

07/10/2008

POURQUOI ?

La crise financière a bien secoué notre pays. Je ne me prononcerai pas sur les solutions apportées par le gouvernement. Je ne suis pas économiste et je constate que les spécialistes ne disent pas tous la même chose. Ce que je puis relever, sans me tromper, c'est l'insistance sur la nécessité de redonner confiance. Les citoyens ont suivi puisqu'on n'a pas assisté à des retraits massifs d'argent, provoquant des difficultés supplémentaires.

Alors qu'on ne sait toujours pas ce qu'il adviendra de Dexia, on nous annonce la nomination de Jean Luc Dehaene. On aurait pu croire que le gouvernement allait choisir un homme d'expérience dans la finance. Cela semblait élémentaire. Et non, on choisit un politique, inculte en économie, flamingant, dont le moins qu'on puisse dire, est que son passé n'est pas glorieux. Mais, il est CD&V, c'est plus important que les compétences. On ajoutera quelques socialistes au conseil d'administration pour faire bonne mesure. C'est cela "redonner confiance" ? J'en doute.

Autre nomination, Olivier Maingain comme négociateur pour le MR Contesté par les Flamands, oui, mais aussi, on le sait moins, par les Francophones de la périphérie - hors communes à facilités. Je ne compte plus les attaques distillées depuis des mois. Habilement, c'est vrai, car comme il n'hésite pas à pratiquer le double langage, ce qu'il dit dans les médias ou ce qu'il écrit ou fait écrire dans "Perspectives Nouvelles" est très différent. On connaissait le chantage qu'il exerçait sur le MR mais n'était-ce pas justement pour cela qu'il ne fallait pas le choisir comme négociateur ?

Je n'ignore pas que beaucoup lui font confiance, parce que selon eux, il serait seul capable de tenir tête aux Flamands, c'est oublier qui il est vraiment. L'Etat Wallonie-Bruxelles voté par le congrès du FDF n'était, a-t-il dit, qu'une solution de rechange. Vraiment ?

15:43 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

02/10/2008

CES GENS-LA.

"Les gens" c'est certainement le terme le plus utilisé par les hommes politiques. "Ce qui compte, c'est le bien des gens", phrase déclinée sur tous les tons, le terme "gens" apparaissant parfois plusieurs fois dans une même déclaration.

Dieu sait pourquoi, je pense chaque fois à la chanson de Jacques Brel : "Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là..." Brel l'emploie d'une manière péjorative, courante, même, s'il est vrai, qu'accolé à un adjectif, il peut être utilisé de manière positive : "Ce sont de braves gens.".

Je me suis demandé par quels mots, ce terme pouvait être remplacé. Le Robert ne m'a pas aidée. Comme synonymes, je trouve . être, foule, hommes, individus, monde, nation, personne, public. Etre, plutôt philosophique, hommes, trop impersonnel, individus, trop proche de voyou, monde, trop général, nation, trop particulier, personne, négatif, public, synonyme de spectateurs.

Exit le dictionnaire. J'ai trouvé Belges, concitoyens, compatriotes. Nouvelle impasse. Belges, interdit bien sûr. On ne peut admettre que Wallons, Flamands, Bruxellois. Concitoyens et compatriotes pourraient convenir puisqu'ils signifient "qui appartient au même pays". Est-ce cela qui cloche ? Concitoyens, est fort utilisé en France, chez nous aussi, avant. Avant la crise communautaire. Idem pour compatriotes qu'on ne retrouve plus que dans les discours royaux.

Je pense aussi à population. Pour ce mot-là, je ne trouve rien de péjoratif. Pourtant, il n'est plus employé. On n'entend plus : "Nous ne voulons que le bien de la population." Trop précis, sans doute. Utiliser un terme vague, même à connotation méprisante, convient sans doute mieux à nos politiques.

Ma réflexion, futile au départ,m'a conduite à m'interroger. Nous exigeons de nos hommes politiques, la vérité. On l'a encore constaté ces derniers jours. Mais sommes-nous prêts à l'accepter,même quand elle dérange ? Ne sommes-nous pas tentés par le chant des sirènes ?

Cela dit, il restera toujours des choses indéniablement choquantes, comme les parachutes dorés récompensant les responsables de mauvaise gestion.

13:51 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)